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Quelques articles sur l'égalité Femmes / Hommes

Et chez vous c'est comment ?

Et chez vous c'est comment ?

Les femmes ne peuvent ouvrir un compte en banque que depuis un peu plus de 50 ans, en revanche elles ont largement investi le secteur financier pour leurs vies professionnelles. 

Plus de 55 % des salariés des banques sont des femmes. Le secteur est perçu comme plus avancé que d’autres en matière de mixité ; plus de 8 cadres sur 10 estiment que le secteur est aussi, voire plus, favorable que d’autres au développement de la carrière des femmes : 3 femmes cadres sur 4 se disent d’ailleurs satisfaites de leur carrière. La part des femmes cadres continue d’augmenter avec 46 % de femmes cadres : à titre de comparaison les femmes représentent moins de 30 % de l’encadrement au sein des 60 plus grandes entreprises françaises.

Toutes les questions d’égalité professionnelle ne sont pas réglées pour autant, en effet près de la moitié des femmes cadres du secteur estiment ne pas être traitées à légal des hommes. Elles estiment ne pas avoir accès aux mêmes opportunités de carrière. Et seulement un cinquième des répondants estime bénéficier des actions mises en place pour favoriser la mixité.

Par ailleurs, au niveau des instances dirigeantes, la mixité reste encore trop faible ; si la part des cadres de direction progresse pour se situer à 30 % seulement 16 % de femmes sont présentes dans les Comités Exécutifs. 

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Salariées à l'index

Salariées à l'index

Vous êtes unique, comme  n’importe qui d’autre
   d’après  Anu Garg

Contradictions flagrantes? Les entreprises sont le théâtre de convergences et de divergences entre conditions d’emploi.  Les carrières des personnels féminin et masculin ne progressent pas identiquement.   Bien des écarts jouent en défaveur des femmes dans le monde du travail,  mais certains hommes s’estiment   progressivement déclassés.  Un tour d’horizon  éclaire des évolutions contrastées: puisque l’éventail des questions posées par les discordances est très ouvert,  l’inventaire n’ est pas exhaustif .  Un aperçu de pistes à explorer donne cependant à réfléchir.

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QVT et Travail des femmes, quel rapport ?

QVT et Travail des femmes, quel rapport ?

 

« De toute façon, c’est bien connu, les femmes travaillent moins que les hommes. Elles sont moins impliquées dans leur boulot, mais c’est normal, elles ont tellement de choses en tête : les enfants, le ménage, les courses… » « On ne va quand même pas recruter une trentenaire ? Elle va nous faire un bébé dans l’année, et hop, congé maternité, puis départ tous les soirs à 17h sans compter les absences pour s’occuper des enfants malades ! » « Oui elle gagne moins que son homologue masculin. Mais c’est normal, elle a moins de potentiel, et puis de toute façon en tant que femme elle n’atteindra jamais un poste de direction. »

Ces clichés ont la vie dure, j’ai l’impression de les avoir toujours entendus et, bien plus inquiétant, de ne pas percevoir d’évolution sur ce sujet, en particulier dans les médias. En tout cas, je n’en percevais pas, mais les choses changent progressivement et je suis d’avis que la Qualité de Vie au Travail n’est pas étrangère à cet embellissement.

Je souhaite partager avec vous ma vision des choses ainsi que mon expérience en tant que DRH « obsédée par la Qualité de Vie au Travail » sur cette question.

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Du modèle masculin au modèle féminin ? vraiment ?

Du modèle masculin au modèle féminin ? vraiment ?

Le modèle du manager masculin comme
« idéal-type » de l’entreprise traditionnelle

Historiquement, on a longtemps associé des caractéristiques telles que la force physique et mentale, le charisme, le goût du pouvoir et la domination au genre masculin. A contrario, la soumission et l’obéissance, fondées sur une incapacité à agir (passivité) et à faire face (aveu de faiblesse), la sensibilité ou l’empathie étaient plutôt considérées comme l’apanage du genre féminin. Il en résultait une séparation des univers selon son sexe : l’extérieur (le monde professionnel, la carrière) pour les hommes et l’intérieur (la maison, le cercle familial) pour les femmes.

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Libérez vous des réflexes sexistes au travail

L’exercice est amusant : on me demande de m’interviewer moi-même sur mon livre «  Libérez-vous des réflexes sexistes au travail » paru en janvier 2018 chez InterÉdition (Dunod). Une occasion de se poser les questions les plus sympas ? Ou au contraire de travailler le « style vachard », histoire de se préparer au pire…Ou alors un vrai exercice « schizo » comme me le propose André Perret, Vice-Président Groupe DEVER, en charge du Mag RH : une expérience de dissociation, un dédoublement de personnalité ; une version de moi-même journaliste (VJ) questionnant l’autre partie celle qui a écrit ? Dans tous les cas : un défi que je relève avec plaisir !

Version Journaliste : Noémie LE MENN, Pourquoi avez-vous écrit ce livre : « Libérez-vous des réflexes sexistes au travail » publié chez Dunod en janvier 2018 ?

NLM :   Les organigrammes des entreprises sont clairs : alors que les femmes sont plus diplômées que les hommes (34,05% des femmes françaises ont un diplôme d’études supérieures contre 30% des hommes, en 2015 – source OCDE), les fonctions les plus prestigieuses et les mieux rémunérées sont encore massivement occupées par des hommes. Psychologue du travail et coach, j’ai accompagné plus de 450 personnes (autant de femmes que d’hommes) depuis une trentaine d’années. J’ai pris conscience que l’ascension et l’épanouissement professionnels étaient plus difficiles pour les femmes que pour les hommes. Pourquoi cette injustice ? Pourquoi ce gâchis de talents ? Pourquoi les femmes occupent massivement les fonctions les plus dévalorisées ? C’est dans l’objectif de casser le déni et de créer une prise de conscience puis de proposer des actions  afin que chacune puisse retrouver son cercle vertueux que j’ai écrit ce livre!

VJ : Et vous avez trouvé des coupables, des réponses à vos questions, des solutions ?

NLM : J’ai trouvé des explications, des origines possibles et des chemins pour s’en sortir…Mais pas de coupable, surtout pas ! Personne n’est coupable dans cette histoire, ni les hommes, ni les femmes. En revanche, nous portons les unes comme les autres, la responsabilité de reproduire le système ou de le changer…Synthétiquement, je situe l’origine de ce mécanisme qui dévalorise le féminin dans l’histoire de la pensée humaine. Nous vivons dans un système dont les bases ont été fondées par une pensée archaïque. C’est une pensée binaire qui catégorise le monde en 2 puis hiérarchise les deux catégories : ainsi ont été créés un « sexe fort » et un « sexe faible ». C’est la définition du sexisme. Nous sommes équipés de schémas mentaux archaïques sexistes et nous sommes libres de nous en libérer ou pas.

VJ : Vous voulez dire que nous sommes tous équipés d’un vieux logiciel sexiste qui donne plus de valeur au masculin ? 

NLM : Exactement ! Et ce logiciel agit à notre insu en nous faisant prendre des vessies pour des lanternes, si j’ose dire…Une prise de conscience s’impose car nombreuses sont les personnes qui reproduisent des agissements et des propos sexistes toxiques pour les femmes, par réflexe sans aucune intention consciente de nuire voire même par bienveillance…

VJ : Les femmes et les hommes sont simplement différents ! Les femmes sont différentes émotionnellement des hommes par exemple, et ces différences nous rendent, femmes et hommes complémentaires ce qui explique que nous n’avons pas les mêmes métiers ! L’égalité professionnelle ou autre entre les femmes et les hommes est une utopie. Comme les hommes et les femmes ne sont pas identiques alors ils ne peuvent pas égaux, c’est de la logique de base, ça !

NLM : Les femmes et les hommes sont différents d’un point de vue physiologique. Les hommes n’ont pas d’utérus par exemple… Ces différences n’impliquent pas une différence par nature des émotions, des intérêts, des comportements et des potentiels intellectuels. Les orientations professionnelles n’ont pas a être définies selon les sexes… Les hommes et les femmes sont complémentaires pour fabriquer des enfants mais tous les hommes ne sont pas compatibles avec toutes les femmes d’un point de vue personnalité…La croyance en la complémentarité entre les hommes et les femmes est un mythe basé sur l’adhésion aux stéréotypes du genre et est renforcée par certains « bugs de la pensée», qu’on appelle des  « biais cognitifs ». Ce qui n’empêche pas des différences, par exemple les femmes expriment plus souvent des sentiments de peur que les hommes dans un système dans lequel elles sont souvent agressées (violences, harcèlements sexuels et sexistes). Il est logique de ressentir de la peur dans un climat social hostile (En France, en 2017, une femme est violée tous les 7 minutes). Les chiffres comptabilisant ce que subissent les femmes sont édifiants (http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/violences-de-genre/reperes-statistiques-79). C’est cette culture-là qu’il va falloir changer ! Aujourd’hui, il est reconnu que les femmes font deux fois plus de dépressions et de burn-out que les hommes…Et penser que « si cela est différent alors cela ne peut être égal » est un biais cognitif, c’est une erreur de raisonnement, une confusion de concept que nous avons toutes et tous tendance à faire. Le concept d’égalité des droits entre les êtres humains ne dépend pas de leur physiologie…S’il fallait être identiques pour être égaux alors seuls les jumeaux homozygotes pourraient prétendre à l’égalité et encore puisqu’ils peuvent être différenciables !

VJ : Faites-vous partie de ceux et celles qui pensent que tous nos comportements sont culturels en opposition à ceux qui pensent qu’ils sont génétiquement programmés. 

NLM : Non, je crois ce débat dépassé, sclérosé dans une logique binaire ! Nous sommes toutes et tous à la fois les produits de notre culture (pays, famille, condition socio-professionnelle, écoles, éducation…) et de notre corps (alimentation, santé, conscience…) qui interagissent de façon systémique. Le propre d’un être humain c’est qu’il peut facilement impacter sa culture, la remettre en question, diffuser des informations et la changer par des découvertes et des innovations, changer ses propres comportements et même sa vie s’il le souhaite…

VJ : Mais si les femmes font deux fois plus de dépressions et de burn-out que les hommes : cela prouve bien qu’elles sont plus fragiles, d’ailleurs elles pleurent davantage que les hommes, non ?

NLM : C’est difficile de compter les larmes des femmes… Mais il faut bien constater qu’elles ont davantage de raisons de pleurer que les hommes, ne serait-ce qu’au sujet de leurs rémunérations inférieures de 18.5% en équivalent temps plein, alors qu’elles sont plus diplômées… Jetez un coup d’œil sur les chiffres publiés par le gouvernement et demandez-vous si ce ne sont pas des bonnes raisons de pleurer ! Les larmes et les dépressions des femmes sont probablement des conséquences… Et dire : « les femmes sont fragiles et les hommes sont forts »,  c’est exprimer un stéréotype du genre. Je les ai appelés les «  stéréonanas » et les « stéréobeaufs » dans mon livre. Les difficultés avec les stéréotypes du genre, c’est qu’ils sont vrais et faux à la fois…

VJ : C’est incompréhensible que ce vous dites, là ! Faudrait savoir ; c’est vrai ou c’est faux ?

NLM : Les stéréotypes sont des paradoxes : vrai et faux à la fois. Pour les saisir il faut sortir d’une logique binaire…Ce sont des croyances et les croyances peuvent se réaliser selon le mode de prophéties auto réalisatrices. Les stéréotypes du genre peuvent former des réalités sociologiques car ils sont devenus des normes auxquelles beaucoup de personnes « bien élevées » se soumettent plus ou moins inconsciemment  par conformisme social. Ils ne relèvent pas d’un programme génétique puisqu’il y a des femmes (non modifiées génétiquement) qui y échappent ! Les croyances auxquelles nous adhérons inconsciemment ou pas gouvernent nos comportements, nos performances et même notre santé ! C’est pourquoi il est essentiel de s’interroger sur nos croyances et de rejeter les croyances fausses et toxiques !

VJ : Il y a de nombreux témoignages de femmes et d’hommes qui expriment leurs croyances dans votre livre : ils sont vrais ou vous les avez inventés ? 

NLM : Ils sont authentiques, issus d’une enquêtes que j’ai réalisée dans 62 entreprises, de mes démarches commerciales, de conversations amicales ou de coaching : certains sont anonymes alors que d’autres ont accepté que leurs propos soient publiés. Les cas de coaching que j’y raconte sont inspirés de cas réels.

VJ : Le sexisme c’est un sujet vieux comme le monde, vous pensez vraiment que nous pouvons nous en libérer et qu’un livre peut changer les mentalités ?

NLM : Oui, et c’est déjà fait ! Tous les jours, nous lisons des articles et observons des évènements partout dans le monde démontrant que les femmes ont atteint un niveau de saturation et disent «  Stop ! Ça suffit ! ». Je crois que nous avons franchi le point de bascule, le point de non-retour. Le changement est en route ! Et à propos de mon livre,  j’ai déjà eu des témoignages de personnes me disant que mon livre leur avait ouvert les yeux  et mis en mouvement…Oui, je crois qu’un livre peut provoquer des prises de conscience  et participer au changement des mentalités!

VJ : Votre livre est-il destiné uniquement aux  femmes ? 

NLM : Absolument pas ! C’est une question d’humanisme, c’est une histoire humaine, donc de femmes et d’hommes pour eux comme pour les personnes encadrées ou accompagnées. Nous devons tous changer ! A un certain niveau, les femmes doivent elles-mêmes améliorer leur condition : se prendre en main, identifier ce dont elles ont envie, construire un projet, prendre des risques professionnels pour évoluer, cesser de faire les bonnes élèves et de vouloir plaire à tous prix, recadrer les agissements sexistes et se défendre quand elles sont traitées injustement. Et certains hommes (qui heureusement ne sont pas majoritaires en entreprise) doivent cesser certains comportements ringards et pénibles (« les ringarbitudes* ») comme les remarques systématiques sur le physique et les vêtements des femmes, les « mecsplications* », les « mecterruptions *», les plaisanteries misogynes et autres  agissements sexistes…(* Ces termes sont définis dans mon livre)

VJ : Quels sont les messages que vous voulez faire passer dans votre livre ?

NLM : J’aimerais que soient retenus quatre principaux messages : 

1- Qu’il y a moyen de changer et il n’est jamais trop tard pour passer au mode Action : d’abord en prenant conscience du sujet et des mécanismes qui le maintiennent ( schémas archaïques, biais cognitifs et mécanismes sociaux) puis en triant ses croyances. J’ai rencontré de nombreuses femmes (non modifiées génétiquement) qui s’épanouissent professionnellement dans des fonctions dites «  d’hommes » . Elles démontrent qu’il est possible pour les femmes d’obtenir des postes et des rémunérations gratifiantes. J’en dresse les profils et reportent leurs conseils dans mon livre.

2- Il est nécessaire d’optimiser l’estime de soi des femmes. Les femmes sont (en moyenne) en déficit d’estime de soi par rapport aux hommes. Le déficit d’estime de soi produit un stress chronique et inhibe la confiance en soi. Il est corrélé aux états dépressifs, aux maladies cardio-vasculaires et à de nombreux autres troubles… La carence d’estime de soi favorise les sentiments de peur et des stratégies d’évitement qui limitent les performances dans de nombreux domaines créant et renforçant un cercle vicieux. Et chacune peut se prendre en main, dans mon livre, je propose des clés pour restaurer son estime de soi et affronter les peurs pour restaurer son cercle vertueux.

3- Il ne s’agit pas d’une guerre des sexes, elle serait complétement contreproductive. Les femmes et les hommes ont intérêt à supprimer cette injustice ensemble, sinon par respect de la démocratie et par éthique au moins par intérêt financier; la productivité, la satisfaction des clients, la croissance des entreprises et la santé publique s’améliorent avec la mise en place de l’égalité professionnelle (Je cite des études à ce sujet dans mon livre). Le problème des femmes, ce ne sont pas les hommes mais l’intériorisation d’un archétype de la féminité  bâti par des schémas contreproductifs pour l’épanouissement professionnel des femmes.

4- La loi n°2015-994 du 17 août 2015 a introduit la définition de l’agissement sexiste : « Nul ne doit subir d’agissement sexiste, défini comme tout agissement lié au sexe d’une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant » (article L. 1142-2-1 du Code du travail) L’employeur est tenu d’intégrer dans la planification des risques professionnels la prévention des agissements sexistes. Il doit ainsi tenir compte de ce risque, au même titre que de celui lié au harcèlement moral ou sexuel, notamment dans l’organisation du travail, les conditions de travail et les relations sociales (C. trav. art. L 4121-2modifié). Les dirigeants vont prendre conscience de la nécessité de libérer les entreprises des réflexes sexistes dans l’intérêt de toutes et de tous…

VJ : Merci pour toutes ces réponses  et nous espérons que vous allez être entendue autant par les femmes de tous les niveaux que par leurs compagnons comme les dirigeant(e)s et les directions des ressources humaines  des entreprises ! Nous souhaitons un excellent succès à votre livre !

Noémie Le Menn est psychologue du travail et coach depuis 1995. Elle anime des conférences et ateliers de sensibilisation contre le sexisme. Elle a créé un modèle de coaching DU féminin pour optimiser la carrière des femmes. Elle a publié un ouvrage chez DUNOD (Interédition) en janvier 2018 : Libérez-vous des réflexes sexistes au travail.

 

  

 

 

      

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