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Regard en coin - Business, show-business, même combat ?

Regard en coin - Business, show-business, même combat ?

 

Matt Houston

En octobre dernier, des agences de Pôle Emploi se sont appuyées sur l’émission musicale The Voice pour leurs recrutements. Même si cela ne fait pas figure d’exemple, il faut toutefois reconnaître que le jargon et les codes qui entourent les Ressources Humaines tendent à s’inspirer du milieu artistique. Qu’en est-il de la gestion des talents, ces fameux « high po », aussi rares que précieux, courtisés par de multiples recruteurs ? La guerre des talents, au sens des Ressources Humaines, est-elle comparable à celle du milieu artistique ? Peut-on s’inspirer du show-business pour attirer et fidéliser ce type de population ?

Pour répondre à ces questions, Matt Houston, auteur, compositeur, interprète et producteur de On the Track, également disque d’or et disque de platine, a accepté de partager avec nous ses vingt années d’expérience du milieu musical.

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La poussée ultime de l’évaluation du personnel : l’autoévaluation

La poussée ultime de l’évaluation du personnel : l’autoévaluation

 

Chantal HEMARD & Gérard REYRE 

L’autoévaluation se présente sous de multiples facettes dont, en particulier, les sciences de l’éducation se font l’écho depuis de très nombreuses décennies pour dénouer et éclairer la complexité de l’individuation et son rapport à l’apprentissage. Par contre, il faut attendre une période plus récente pour que la poussée de l’individualisation et particulièrement son entrisme dans l’entreprise mette en exergue qu’en toute simplicité, le destin d’un individu lui appartient quoiqu’il lui arrive. 

Lui donner la parole ne procède pas d’un seul point de méthode qui consisterait à ce que l’on attend par exemple d’un apprenant : « accepter de voir en arrière pour porter un œil critique sur soi, appuyé sur des critères (…), conduisant à une prise de décision pertinente et efficiente sur la base d’un référentiel intériorisé. Cette aptitude réflexive permet une prise de conscience de son action ; lucidité indispensable à tout apprentissage signifiant que seul l’élève, en tant que sujet, peut réaliser. ». L’enjeu est tout autre en entreprise, même si, dans l’absolu, cette dimension d’apprentissage est centrale pour le développement d’une personne. Nous ferons l’hypothèse que l’autoévaluation dans sa version entrepreneuriale est frappée d’une ambiguïté majeure qui fait tanguer le dispositif d’évaluation et sa récente promotion de l’autoévaluation vers l’auto-admonestation du contrôle par l’intériorisation de la mesure prescrite et sa dérive vers la sanction. 

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Portrait de DRH - Samuel Dewitte, DRH mais pas que ...

Portrait de DRH - Samuel Dewitte, DRH mais pas que ...

 

Samuel Dewitte

Bonjour Samuel, Qui êtes-vous ?

Jai 49 ans. Je suis le DRH d’HOPPS basé à Aix en Provence, les enseignes ADREXO, qui distribue des imprimés publicitaires dans les boites aux lettre, et COLIS PRIVE. Natif du Nord où j’ai fait mes études j’ai eu mon premier poste chez LAMY LUTTI. J’ai ensuite traversé la France pour être le DRH des SOUPES CAMPBELL à Avignon. Par la suite j’ai travaillé chez SHELL et à Sciences Po.

Un fil rouge à ces différents postes ?

Oui l’insertion des plus démunis. Mon engagement a toujours été comment aider les personnes en difficulté, en situation de précarité. Comment faire en sorte d’aider ceux qui n’ont ni réseau, ni accès au travail, les invisibles. J’ai toujours voulu tendre la main à ceux qui n’ont rien.

C’est pourquoi je me suis très tôt investi dans le CFA Hors les murs de l’Agroalimentaire l’IFA.

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Portrait de DRH - Samuel Dewitte, DRH mais pas que ...

 

Samuel Dewitte

Bonjour Samuel, Qui êtes-vous ?

Jai 49 ans. Je suis le DRH d’HOPPS basé à Aix en Provence, les enseignes ADREXO, qui distribue des imprimés publicitaires dans les boites aux lettre, et COLIS PRIVE. Natif du Nord où j’ai fait mes études j’ai eu mon premier poste chez LAMY LUTTI. J’ai ensuite traversé la France pour être le DRH des SOUPES CAMPBELL à Avignon. Par la suite j’ai travaillé chez SHELL et à Sciences Po.

Un fil rouge à ces différents postes ?

Oui l’insertion des plus démunis. Mon engagement a toujours été comment aider les personnes en difficulté, en situation de précarité. Comment faire en sorte d’aider ceux qui n’ont ni réseau, ni accès au travail, les invisibles. J’ai toujours voulu tendre la main à ceux qui n’ont rien.

C’est pourquoi je me suis très tôt investi dans le CFA Hors les murs de l’Agroalimentaire l’IFA.

Une première action forte ?

Chez CAMPBELL on faisait de la soupe quatre mois par an. En hiver. Chez notre voisin FLORETTE on faisait de la salade en sachet. En été. Tous les deux avec des intérimaires une partie seulement de l’année. Je me suis demandé comment permettre à des gens de travailler toute l’année pour ces deux entreprises. C’est ainsi que j’ai porté la création d’un Groupement d’employeurs le GESTI. C’est une belle expérience de Social au service de l’Economie. J’y ai aussi appris que le Groupement d’employeurs est une structure lourde et difficile à manier.

Vous ne voulez pas dire plutôt d’Economie au service du Social ?

Non. L’Economie reste la raison d’être des entreprises. Mais elles se grandissent quand elles mesurent leur responsabilité sociétale et trouvent des moyens de poursuivre leurs objectifs en aidant des publics en difficulté. Concilier le Social et l’Economie est pour moi une Valeur forte. Je sais ce que c’est de travailler durement. J’ai payé mes études en travaillant la nuit. J’ai été marqué par Antoine Riboud le grand Patron de Danone. Il voulait se préoccuper de ses salariés. La bonne personne à la bonne place. Mais aussi une personne bien là où elle est. Il invitait à centrer sur la dimension sociale. Je suis aussi un homme du Nord, une région où on a des Valeurs humaines.

Vous aviez déjà eu un premier contact avec la précarité ?

Chez le confiseur LAMY LUTTI, vous savez les caramels LUTTI, on employait 500 intérimaires par an. Et on s’étonnait de la faible qualité de leur travail. Je me suis aperçu qu’on ne prenait pas la peine de les accueillir. Mon premier job a été de les accueillir, de les intégrer. De leur dire simplement Bonjour. J’ai négocié la prise en charge de ces journées avec les sociétés d’intérim. Juste se préoccuper de ces personnes et la qualité de leur travail en a profité. C’était déjà des publics en difficulté. Les mêmes que j’ai retrouvés à Avignon chez SOUPE CAMPBELL. 

Et maintenant chez HOPPS

J’avais quitté la RH en me jurant de ne plus y revenir. Quand on m’a dit que cette entreprise avait un turnover annuel de 10 000 salariés sur 18 500 et qu’il fallait trouver un moyen innovant de les retenir j’ai été tenté. Chez nous il y a 25 000 salariés dont 18 500 « distributeurs » dans toute la France. Les personnes qui mettent les imprimés dans les boites aux lettres. Parmi eux 5 000 retraités, le plus âgé a 83 ans. Des personnes qui sans ça ne joignent pas les deux bouts. 10% de personnes en situation d’handicap, 5 000 femmes isolées, 4 à 5 000 jeunes des quartiers défavorisés. Tous en temps partiel, rarement choisi.

Et donc ce turn over de 1 000 salariés par mois

Oui. Pour essayer de le comprendre j’ai accompagné dans sa tournée un distributeur de 72 ans. Au bout d’un moment où je le pressais de questions il m’a simplement regardé et m’a dit « Vous vivez vous avec 15 heures au Smic ? ». Peu après j’ai parlé à un type de la société de nettoyage de nos bureaux qui lui aussi travaillait à 15 heures par mois. Un invisible. Il ne s’en sortait pas mais ne savait pas faire autrement. Je pensais avoir compris et je lui ai trouvé un deuxième job à 15 heures avec lequel il avait désormais un revenu fixe. Il est revenu assez peu de temps après et m’a dit qu’il n’y arrivait pas, certes avec deux jobs, mais à quarante kilomètres l’un de l’autre. Il faudrait que les deux soient dans le même secteur. Et c’est enfin que j’ai compris ce que je devais faire

L’idée ?

S’occuper du temps non travaillé de ses salariés. Il s’agit de dire aux gens : je vous donne un job à temps partiel et aussi je vous aide à trouver le job de complément. Un job qui leur aille bien et qui soit sur place.

On fait comment ? 

J’ai pris mon bâton de pèlerin et j’ai rencontré tout le monde. Les Drh de mon secteur, les associatifs -je suis moi-même bénévole aux Restos du Cœur-, le monde de l’insertion, les institutionnels. J’ai vite compris qu’un Groupement d’employeurs était une solution trop compliquée, inadaptée, en fait irréaliste à force de contraintes. Il fallait fournir une application pour aider à travailler autour de soi. Connaître les offres de proximité et y postuler de la façon la plus simple qui soit. C’est ainsi qu’est née l’appli JOB HOPPS.

Qu’est-ce que c’est ?

Un outil simple et efficace au service des personnes en difficulté ou en précarité. Mais c’est plus qu’un outil. C’est une posture. La Social Digital Attitude. Social parce que c’est un accélérateur pour l’insertion, Digital parce que c’est un outil informatisé et Attitude parce que cela dépend de chacun de nous. Il ne faut pas d’effort, d’engagement militant, de contraintes bureaucratiques. Un simple Clic suffit le plus facilement qui soit pour aider un démuni en postant une offre d’emploi. Nous collectons des offres de proximité, des heures de complément, des activités de toutes natures que l’intéressé peut combiner pour accéder à un temps de travail suffisant. Il peut revenir à l’emploi, acquérir des compétences, en un mot travailler.

Vous en attendez beaucoup ?

Cet outil est ce qui manque dans le monde de l’insertion. Il permet d’accompagner les personnes en difficulté. Plus il y aura d’offres mieux ça marchera. Nous avons actuellement en moyenne environ 7 000 offres dans toute la France. Pour 6 à 8 000 candidatures. Le point de tension est que les personnes en difficulté accèdent vraiment à l’appli. Elles n’ont pas forcément un rapport aisé au Digital. Les acteurs sociaux peuvent les mettre au contact de l’appli. Il faudrait qu’ils se l’approprient pour accompagner les personnes précaires. Pour leur faire connaître JOB HOPPS, pour les aider à l’utiliser. Peu importe qu’elles sachent que c’est grâce à moi, ce qui compte c’est qu’elles trouvent le job.

Au fond vous avez Uberisé l’insertion ?

Oui si c’est dans le bon sens du terme. Aider les gens à trouver en temps réel un job à 200 mètres. Je dirais plutôt que nous n’avons pas Uberisé la recherche de jobs de complément mais que nous l’avons Humanisée. J’ai plutôt Uberisé le Groupement d’employeurs.

Tout cela a-t-il plu à votre patron ?

Au début pas trop. Il m’a dit plutôt que de t’occuper du temps non travaillé de nos salariés occupe-toi de leur temps de travail. Il a refusé l’idée. Mais j’ai continué sur mon temps libre, mes loisirs, le dimanche. Je pense que l’Innovation est une désobéissance qui a réussi. Aujourd’hui ils sont fiers. C’est beaucoup de temps et aussi un enjeu pour l’entreprise. Personne d’autre ne fait ce que nous faisons. Vous savez une enseigne de Fast Food se vante de donner 15 heures aux jeunes qui veulent travailler. Mais au-delà de ces 15 heures… Nous nous faisons vraiment vivre notre responsabilité sociétale.

Et aujourd’hui que vous atteignez la cinquantaine ?

Choisir mes combats. Me retourner et tendre la main. Donner le relais.

Et pour finir, la question impertinente… Est-ce que vous êtes le DRH des Gilets Jaunes ?

C’est dommage qu’on en soit arrivé là. Au début ce mouvement exprimait cette précarité, ces difficultés que je rencontre tous les jours. Puis on a oublié les gens du début, les vrais gens qui travaillent 15 heures, ou ne travaillent pas, et qui ont besoin d’être aidés. On a perdu de vue l’essentiel du sujet. On l’a politisé. JOB HOPPS au contraire est au cœur du sujet. C’est de ça dont ils ont vraiment besoin. C’est ma réponse à moi aux Gilets Jaunes.  

 

  

 

 

      

Mots-clés: FORMATiON, REFORME, APPRENTISSAGE, COMPETENCES, MagRH5, TEMOIGNAGE, GPEC, PROSPECTIVE, EVALUATION, PORTRAIT

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