Former ou Déformer ?

Blended learning: dans les coulisses des futures formations linguistiques

Blended learning: dans les coulisses des futures formations linguistiques

Robert Szabo

Toutes les études montrent un intérêt grandissant des Responsables Formation pour le blended learning – la combinaison entre e-learning en autonomie et travail avec un formateur. Cette modalité est particulièrement adaptée à la formation linguistique, mais elle n’est pas toujours bien exploitée. Après sa fusion avec le spécialiste du e-learning GlobalEnglish, l’organisme linguistique Learnship a entrepris de porter un regard neuf sur la formation blended, pour proposer une solution innovante – et surtout efficace.

La formation linguistique, un domaine en constante mutation

De tous les domaines de la formation, la branche linguistique est sans nulle doute celle qui a connu le plus de bouleversements ces dernières décennies. Dans les années 80 et 90, les formations en langue étaient principalement assurées en centre ou à domicile. Au tournant des années 2000, la démocratisation des Nouvelles technologies de l’information et la nécessité de rationaliser les coûts ont permis l’avènement de nombreuses plateformes linguistiques en ligne, dont les qualités techniques et ergonomiques étaient le meilleur argument contre des formateurs en langues traditionnels, jugés chers, contraignants et peu efficaces, comme le souligne A. Wickham dans son article Le formateur en langues revient par la fenêtre.

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Un haut niveau d'expertise et une formation de qualité

Un haut niveau d'expertise et une formation de qualité

Rencontre avec Vincent Cocquempot, Vice-Président de la formation continue et de l’alternance et Thomas Petit, Directeur de la formation continue et de l’alternance au sein de l’Université de Lille, qui nous en disent plus sur le positionnement de l’Université et ses axes de développement.

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Valoriser les compétences pour maîtriser le changement

Valoriser les compétences pour maîtriser le changement

Parce que la fonction RH traverse toutes les strates et toutes les business unit de l’entreprise, Aix-Marseille Université améliore et optimise son offre de formation en permanence. Rencontre avec Ariel Mendez, Professeure de Sciences de gestion et du management et responsable de la mention GRH et Christophe Baret, Professeur de Sciences de gestion et du management et Directeur du département Management, Culture et Territoires (MCT) au sein de la Faculté d’économie et de gestion à Aix-Marseille Université.

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Nos diplômés sont nos meilleurs ambassadeurs

Nos diplômés sont nos meilleurs ambassadeurs

Entretien avec Thomas Froehlicher, Doyen et Directeur Général de l’École Rennes Business School. Il nous présente son école, son positionnement et ses axes de différenciationsur un marché très concurrentiel.

Avec la globalisation du marché de l’Executive Education, quels sont vos axes de développement et vos enjeux  ?

Aujourd’hui, les politiques de recrutement dans les entreprises en France et à l’étranger sont de plus en plus tournées vers la recherche de talents qui ont une certaine ouverture sur l’internationale, une dimension multiculturelle, une capacité à travailler en mode collaboratif, un savoir-faire et un savoir-être (soft skills) … Cette multiculturalité se retrouve au sein de l’école aussi bien au niveau du corps professoral (90% de nos professeurs sont étrangers) et de nos étudiants. Et cela se retrouve aussi dans notre réseau d’Alumni composé de plus de 20 000, dont certains repartent vers leur pays d’origine à la fin de leurs études. 

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Chronique : de la Tenue !

Business Partner

Le Grand Drh s’ennuyait ferme à cette réunion du Comité de Direction. Il y a des jours comme ça. A l’ordre du jour Stratégie de Pricing et Cash Margin. Guère passionnant pour un Hr réputé pour sa vision du Développement des Talents et du Leadership. A dire vrai il ne comprenait pas grand-chose et ne suivait que de loin. Mais il ne pouvait guère se dispenser de cette réunion fort importante pour la stratégie du Groupe alors qu’il était l’apôtre de la Drh Business Partner. L’avantage des meetings en anglais si on veut décrocher c’est qu’il suffit de ne plus se concentrer pour suivre et se laisser bercer par la musique de la langue. Il avait lu tous ses messages sur son Blackberry, fait des petits dessins sur son ordre du jour, bu un café puis une bouteille d’eau, démonté cinq fois son stylo plume et tordu en tous sens un trombone jusqu’à ce qu’il casse. La réunion s’éternisait, le Daf et le patron de la Supply Chain étaient engagés dans un bras de fer sur des mécanismes obscurs de dépréciation des stocks. Il avait repéré qu’il y avait quarante-huit slides, on n’était qu’au douzième. Une pause technique lui permettrait peut être de s’aérer.

Il regardait distraitement les participants. Le Président portait comme toujours un costume sur mesure Super 100’S de Savil Row et une cravate siglée. Il était en mocassins anglais en cuir fauve, son signe distinctif il ne portait pas d’autres souliers. Dans le passé un collaborateur avait cru judicieux d’en faire autant. Il avait failli être viré, il n’avait pas compris que c’était le privilège du Boss. La Drh n’allait quand même pas faire une note de service pour que les imbéciles comprennent ce genre de non-dit. Lui-même était en blazer. Passé vingt pour cent de surpoids le style British est préférable à la coupe italienne. Une cravate Club et des Richelieu marron signaient un look chic et décalé qu’il entretenait à grand soin. Il avait eu une période nœud papillon mais il avait laissé tomber le jour où il avait réalisé que " les Drh à Nœudpap " étaient le symbole de la ringardise absolue. Pendant que les techniciens s’écharpaient sur l’assiette du taux de cash, son esprit vagabondait sur un pardessus trois-quarts en tweed moutarde à discrets motifs écossais qu’il irait bien essayer un de ces jours s’il trouvait sa taille.

Son collègue de l’informatique n’avait pas cette élégance. Malgré toutes les mises en garde amicales pour sa carrière il persistait à s’afficher dans des chemises bon marché trop petites qui le boudinaient et baillaient sur son nombril. Effet désastreux accentué par ses jeans trop étroits, serrés à la taille et qui soulignaient  sa bedaine. Il n’y avait rien à faire, ce n’était même pas un style, il se foutait éperdument de sa tenue. Placé à côté du Président, il était aussi affalé que celui-ci était élégamment posé. Le Grand Drh se disait qu’avec le prix d’une séance de l’artiste capillaire qui pomponnait son Chef on devrait pouvoir financer une année du coiffeur de quartier de son collègue. Tiens ce serait sympa un de ces jours d’organiser une activité manucure pour le Codir à l’occasion d’une journée au vert de réflexion stratégique.

Le Grand Drh tuait le temps avec ces questions vestimentaires, bien évidemment elles n’avaient pas de rapport avec l’activité professionnelle. Le Groupe opérait à l’échelle mondiale sur les composants électroniques et ses collaborateurs n’étaient pas contraints à un dress code. Les banquiers en gris, les informaticiens en bleu, ce n’était pas pour eux. Chacun était libre de s’habiller comme il voulait et le Grand Drh aurait été le premier à défendre cette Liberté. Il était large d’esprit et aurait mis tout son poids pour permettre le port d’un voile ou des dreadlocks. Bien sûr pas dans l’équipe Rh mais c’est quand même différent.

Il s’amusait intérieurement à se demander ce que pouvait bien en penser le directeur commercial. Le pauvre était un peu enfermé dans un look de gagneur, caricature de lui-même. Tout y était : Ray Ban et cheveux laqués, costume ajusté, pompes pointues, même la chevalière et la gourmette en or. L’antithèse du Daf qui était aussi poussiéreux que son vêtement était gris.  Il avait débuté comme comptable quand son futur collègue plaçait de la lessive dans les gondoles d’hypermarchés. L’un avait une cravate flashy provenance directe de Manhattan, l’autre une mocheté tricotée à carreaux qui pendouillait lamentablement. Mèche carnassière et gominée contre cheveux en brosse. Même leurs voitures les opposaient : italienne pétaradante contre break avec une galerie. Il n’imaginait pas plus le commercial tirant une caravane que le financier sur la Croisette. Cette perspective plaisante l’avait amené au slide vingt-et-un.

Tiens les voitures justement le moment d’y penser. Le directeur industriel était venu lui demander une faveur. Une option supplémentaire qui dépassait le montant de loyer autorisé. Un correcteur de je ne sais quoi super technique comme les ingénieurs adorent. Pas étonnant pour un Centralien. Le Grand Drh savait qu’il n’en avait pas vraiment besoin, il habitait à 2 km du siège et venait en métro. C’était le moment de lui faire une fleur, autant tuer le temps utilement avec son Blackberry " Bonne nouvelle Je le fais pour toi Ok pour ce que tu m’as demandé ". Le temps que le message passe par le Canada et revienne de l’autre côté de la table et il vit le visage de son collègue s’illuminer. Allons en voilà un de content. Autre bonne nouvelle les deux joyeux drilles du Chiffre s’étaient mis d’accord sur un taux de cash et les slides semblaient accélérer.

Il aurait bien discrètement fait quelques autres mails, il fallait que son assistante retienne un resto pour le lendemain, mais le Président avait interdit l’usage des mobiles dans les réunions. Obligé d’attendre que lui-même s’y remette, il le faisait toujours, pour pouvoir y aller. C’était ennuyeux, l’italien dans le 8e est souvent complet si on tarde trop. Mais le Président ne donnait aucun signe de faiblesse. Le débat sur la hauteur des racks à l’entrepôt avait même l’air de le passionner. Il n’avait pourtant pas dû voir un magasinier depuis son stage ouvrier à Hec, ce n’était pas hier. Le Grand Drh rongeait son frein, franchement il n’en pouvait plus cette réunion le gonflait prodigieusement. Pourvu que ça ne se voie pas. Il s’appliqua à un demi-sourire entendu et bon enfant, toute l’image d’un Grand Drh bienveillant. Il avait entendu dire qu’on pouvait dormir les yeux ouverts. Il faudrait que le Département Formation lui trouve l’organisme qui fait ça. Il y en a encore pour longtemps, c’est insupportable. Tiens le directeur R&D a craqué, il a les yeux mi clos et dodeline de la tête. La dernière fois il a dit que c’était le décalage horaire. Il arrive de l’Essonne.

Divine surprise les slides trente-deux à quarante-huit sont des annexes, le Daf proposait de les passer, il les enverrait à tout le monde, quoique si on voulait des détails. On n’en voulait pas. Enfin pas tout de suite. L’emm… de la Supply Chain tenta bien de se lancer sur les taux d’occupation comparés par gammes de produits (slide trente-neuf) mais un aimable brouhaha de tous les participants soudain rendus à la vie l’en dissuada. Le Président sortit sa pochette en soie pour s‘éponger le front. Il avait golf à 17 heures avec un vieil ami dans la banque d’affaires, on voudrait bien l’excuser de devoir interrompre la réunion. On l’excusait bien volontiers.

" Excellente réunion " dit-il au Grand Drh en quittant la salle " Tu avais raison il faut que la Drh soit proche du Business. Ta participation est enrichissante pour tout le monde "

" Je te remercie, des réunions comme celle-la je crois que tu devrais en faire plus souvent "

La Morale de cette Histoire

Ça, c’est Palace

Une fois mis de côté les entreprises à uniforme (le Retail, la Sncf ou McDo), les métiers à tenue spécifique (blouses blanches, égoutiers ou cuisiniers) et quelques cas particuliers (majorettes, clown Ronan ou Bonhomme Michelin) les tenues dans l’entreprise ne sont pas un sujet. Qu’on se le dise. Le sujet n’existe pas, l’entreprise ne se mêle pas de la tenue de ses collaborateurs et respecte à ce sujet une stricte neutralité. Voire de l’indifférence, après tout chacun s’habille comme il veut. Oublions aussi les deux cauchemars du Drh, le voile comme le bermuda -avec des tongs-. Ces deux accessoires vestimentaires relèvent plus de la provocation que de l’élégance au travail. Pour le reste le discours est simple : sujet privé qui ne concerne pas l’employeur. Tout est dit. Reste le non-dit.

Chacun fait ce qu’il veut mais il y a des choses qui ne se font pas. L’horrible cravate à fleurs flashy est possible chez les vendeurs de voitures ou de canapés –on se demande où ils les trouvent- pas dans la banque. Le pantalon de velours se porte dans le bâtiment ou les travaux publics pas dans l’enseignement catholique. La cravate dans la Finance pas dans le Marketing. Le boucher aussi et le conducteur de bus portent la cravate. Pas l’informaticien. Le pantalon trop court sur baskets blanches fait très branché pour un Community manager à Paris –et proche banlieue- beaucoup moins à Clermont Ferrand dans une usine de pneus. Et ne parlons pas des fautes de pied du genre sac à mains C…..l si on a le privilège de bosser chez V…..n –dans le même sac rouler Renault et bosser Peugeot-. Ou le petit col fourrure dans la boite qui s’emploie à sauver la planète. Plus insidieux il faut prêter attention à l’image que l’entreprise veut renvoyer avec les Valeurs qu’elle affiche. De même que dans le Luxe il faut particulièrement maitriser son look pour se risquer à porter du Tati, venir en escarpins de couturier dans l’Humanitaire pourrait choquer la bienpensance. Bien sûr rien de tout cela n’est officiel. Ce ne sont que nuances et allusions. Il n’y a pas de critères de look dans le recrutement, juste une autocensure tacitement partagée. Mais dans des mondes où le clonage est le fléau le plus communément partagé on aura vite fait de condamner l’excentrique qui " ne comprend pas la culture de l’entreprise ". Les Drh se grandiraient à être ceux qui porteraient la différence. Malheureusement ils manquent rarement d’hurler avec les loups.

Morale dans la Morale

L’extinction des " Drh à nœud papillon " a scellé la fin d’une époque. Grands dinosaures dont la ringardise valait signe d’évolution ils arboraient une excentricité que la profession ne partageait guère qu’avec les professeurs de médecine et quelques experts comptables. Leurs successeurs ont abandonné avec la cravate toute ambition vestimentaire.  La féminisation de la profession n’est pas la seule en cause. Les Drh.e.s –hasardeuse tentative d’écriture inclusive- ne sont guère plus audacieuses que leurs homologues masculins. Même dans les boites de Fringues la Fonction va rarement à des fashion victimes. On ne se fait pas remarquer quand on bosse à la Drh. Look sobre et tenue banale conviennent à la bienveillance de rigueur. La Mode et ses excès sont rarement compatibles avec le Corporate. Pour être proche des gens le Drh ressemble à Monsieur tout le monde. Consensuel, pas de débordements, pas de relâchement. Armand Thierry plutôt que Desigual. Le Drh qui avait cru malin de venir à son Comité de Direction avec la tenue bariolée des cast members de sa Company de fast food pour exprimer sa proximité avec les Clients n’a pas eu la reconnaissance espérée. Le Drh devenu Business partner est prié de ne pas faire le gugusse. Drh de l’année ce n’est pas un prix de beauté. Il est vrai que l’audace vestimentaire va de pair avec créativité et inventivité. Toutes compétences inégalement présentes dans les Drh.

Morale de la Morale

Le style est l’homme même

Philippe CANONNE

Philippe Canonne est l’ex-DRH d’une belle Institution française, après avoir été celui d’importantes entreprises notamment dans le Retail. Avec son personnage du " Grand Drh ", Double fantasmé, il livre dans ses Brèves un regard amusé ou désabusé (à vous d’en décider) sur une Fonction qu’il connaît bien. Toute ressemblance avec des personnes ou situations ayant existé pourrait bien ne pas être totalement une coïncidence. Evidemment tout celà n’est qu’Avatars et Coquecigrues. Ceux qui prétendraient se reconnaître ne seraient que présomptueux. De toutes façons s’agissant de RH on n’est jamais à l’abri du pire et la réalité dépasse toujours la fiction.

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Mots-clés: FORMATiON, E-LEARNING, CANONNE, EXPERIENCE

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