Former ou Déformer ?

Pour s’adapter aux transformations de la société et aux nouvelles générations d’apprenants, la formation de demain sera phygitale

Pour s’adapter aux transformations de la société et aux nouvelles générations d’apprenants, la formation de demain sera phygitale

Former les étudiants d’aujourd’hui, c’est les préparer à évoluer, travailler et diriger dans une société transformée en profondeur par le numérique, un monde confronté également à des mutations profondes et globales. Cette nouvelle génération d’étudiants, d’apprenants de demain ne se formera plus selon des modes d’enseignement qui pour certains n’ont guère évolué, vraiment évolué, depuis les premières universités nées au moyen-âge. En repensant les liens entre pédagogie, technologie et espace, les interactions entre apprenants et la place de l’enseignant, la formation évolue elle aussi pour devenir phygitale.

Un contexte de transformation de la société profond et rapide

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Docendi : Comment développer des compétences durables à l’ère du digital ?

Docendi : Comment développer des compétences durables à l’ère du digital ?

Le continuum pédagogique docendi renforce le transfert des acquis et la mise en œuvre des engagements. Le parcours, qui mixe présentiel et accompagnement digital, se complète d’un outil de mesure d’impact pour démontrer son efficacité dans le développement des soft skills. Décryptage d’Anne Ambrosini, directrice pédagogie et développement 

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Quel avenir pour la formation des futurs professionnels RH ?

Quel avenir pour la formation des futurs professionnels RH ?

Quel est le périmètre RH au sein de l’IGS ?

L’école IGS-RH existe depuis 45 ans, ce qui en fait le pionnier de l’enseignement dans le domaine des RH. Aujourd’hui, l’école offre des diplômes avec un cycle Bachelor (Post-bac +3), un cycle Mastère (+5) et un Master of Science International HR (+5), avec trois campus à Lyon, Paris et Toulouse.

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Edtech - La formation vers les étoiles

Edtech - La formation vers les étoiles

Depuis le temps que nombre d’acteurs Edtech nous promettent " la révolution de l’éducation " pouvons-nous espérer qu’en 2020 nous allons trouver matière à des innovations qui soient enfin à la hauteur d’une telle promesse ?

Voilà 30 ans que les dénominations successives des modalités de formation innovantes se sont transformées, passant tour à tour de l’EAO à la FOAD, puis au e-learning pour arriver au Digital Learning.

Parallèlement, les enjeux eux aussi ont fini par pivoter.

Longtemps l’ambition incarnée par l’usage du digital a résidé dans la potentielle capacité à embarquer des apprenants présents sur une zone de chalandise toujours plus grande, en s’affranchissant des contraintes du présentiel. Il fallait alors réussir à réduire les coûts et les temps de déplacement et offrir l’accès à la connaissance pour ceux qui en sont géographiquement les plus éloignés. Cette ambition sincère et louable, a fait long feu devant les chiffres cruels des taux d’attrition des apprenants abandonnés à leur isolement sur des parcours de formation en ligne. Cet échec patenté a permis aux acteurs EdTech d’apprendre, d’expérimenter et de tirer des enseignements riches de promesses.

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Lu pour vous

Utopies réalistes
Rutger Bregman. Paris. Points. 2017

Un ouvrage qui décoiffe et présente des exemples étonnants de transitions sociales, économiques, culturelles. Rutger Bregman est un touche à tout journaliste à la fois philosophe, historien et économiste. Il explore des voies alternative pour bâtir le monde de demain. Il tord tout de suite le coup au poncif "c’était mieux avant".

Selon sa lecture de l’histoire 99% de l’humanité était pauvre, affamée, sale, craintive, laide malade et bête pendant 99% de son histoire. Partant de là toute sa progression est faîte d’utopies qui n’ont cessées des se réaliser pour améliorer son sort. L’auteur montre chiffres à l’appui comment la misère et les maladies sont peu à peu limitées. Si 82% de la population mondiale vivait dans la misère au XIXème siècle, c’est désormais moins de 10% actuellement. L’incroyable accélération industrielle inventant l’électricité, l’ampoule, les antibiotiques, les moyens de transports modernes a permis à des masses d’individus d’évoluer. L’auteur accumule méthodiquement dans son ouvrage des recherches et analyses qui étayent la réalisation de nouvelles utopies, telles que la survenance de sociétés multiculturelles, la diminution de la durée du travail, ou encore l’orientation des systèmes éducatifs intégrant plus de valeur. Le plaidoyer pourfend des croyances en remettant le sens de la vie humaine au cœur des réflexions. C’est aussi une critique du capitalisme et de ses excès d’enrichissement qui produit des externalités négatives alors que des choix pro éducation seraient plus porteurs d’avenir. L’auteur montre encore qu’une diminution drastique du temps de travail limiterait le stress, les activités polluantes, les accidents, le chômage, les inégalités et faciliterait la vie des populations vieillissantes.

De nombreuses utopies se son réalisées dans l’histoire, l’abolition de l’esclavage, le vote des femmes, le mariage pour tous. D’autres sont encore en train de germer. L’utopie est un puissant moteur. On remerciera l’auteur de chercher toutes les façons de nous toucher comme les citations dont il parsème son ouvrage comme celle de Jeunes "La difficulté ne réside pas tant dans le fait de concevoir de nouvelles idées que d’échapper aux anciennes". Dans un monde qui semble divaguer, l’utopie apparaît comme l’option la plus réaliste.

Denis Cristol

Le pouvoir d’agir des citoyens. Comment ils créent des liens, des activités, des emplois...
Georges Dhers. Chronique sociale. 2019

Voilà un ouvrage singulier, mi-plaidoyer mi-boite à outils inspirants qui valorise toutes les formes d’ingénieries microsociales. Il parlera à tous les acteurs qui ambitionnent de se transformer eux-mêmes pour transformer le monde, qu’ils soient créatifs culturels, acteurs politiques locaux, catalyseurs de changement, innovateurs sociaux, responsables associatifs, ou simple citoyen. L’auteur présente son engagement social comme une recherche-action où il n’a eu de cesse d’explorer toutes les formes de prises de pouvoir des citoyens par l’action en petits groupes autoorganisés. Cette approche est aussi une philosophie de vie envisageant les liens avec d’autres différents de soi comme un moteur vitalisant les formes démocratiques. C’est tout un art de la reliences qui nous est tracé avec ses groupes projets émergeants, ses cercles de dialogue, ses réseaux maillés, ses communautés restauratrices, ses associations engagées en faveur d’un développement local et d’un bien commun. Tout l’enjeu est de faire advenir une "démocratie créative et une économie de liens". L’ouvrage est plein de l’énergie tutélaire des grandes icônes de paix et de construction de sociétés fraternelles : Jaurès, Mandela, Gandhi, Martin Luther King. Cette même énergie capable de se propager dans une dynamique de don/contre-don. Un beau recueil de cas inspirants pour aller contre les sombres idées d’effondrement et promouvoir une pensée créatrice, coopérative, humaine et responsable.

Denis Cristol

Going horizontal.
Samanta Slade. Berret Koehler publisher. 2018

Samantha Slade est une spécialiste québécoise de l’apprenance et du sel management. Elle met son talent au service des grandes causes du développement humain qui la passionnent. Son ouvrage Going Horizontal est un condensé de pratiques d’intelligence collective issues de la direction de l’entreprise Percolab qu’elle a créé et qu’elle fait rayonner dans plusieurs pays. Samantha part d’un constat simple. Alors que nous savons diriger nos vies privées nous sommes complètement déresponsabilisés dans nos environnements professionnels. Le propos de Going Horizontal est d’initier un mouvement vers un plus grand engagement quel que soit sa place dans l’organisation, en commençant par des petits pas l’un après l’autre. Il s’agit moins d’attendre d’une hiérarchie qu’elle résolve tous les problèmes que de penser et d’agir de façon horizontale en s’appuyant sur son talent et sur ceux des autres. Pour Samantha Slade l’horizontal est différent du plat qui gomme toutes aspérités. Dans une entreprise horizontale chacun trouve sa place. Les pratiques qui nous sont proposées nous aident à progresser dans un monde ou le mode hiérarchique est de plus en plus obsolète. L’ouvrage est en anglais mais se lit facilement.

Denis Cristol

En attendant les robots Enquête sur le travail du clic
Antonio A. Casilli, Editions du Seuil 2019

Par son titre, l’une des idées phare de ce livre est exprimée : l’intelligence artificielle tant attendue n’est pas pour aujourd’hui.

Antonio A. Casilli lève le voile sur ce qui est vendu comme de l’intelligence artificielle et s’attache à montrer ce qui se passe en coulisse. L’auteur, tout au long de son ouvrage, démonte chaque rouage de cet aspect de l’industrie numérique.

Le constat est sans appel : alors que dans l’espace médiatique l’idée que les IA et les robots vont mettre des humains au chômage prédomine ; la réalité est tout autre. En coulisse, il n’y a que des humains qui entraînent des programmes, des algorithmes. Par ailleurs, la mise en œuvre des diverses applications se fonde sur la fragmentation du travail et la parcellisation des tâches.

Le travailleur en est la victime même lorsqu’il est producteur de contenus pour des plate-formes.En effet, il n’y a pas d’enchantement pour les travailleurs du numérique, la liberté des autoentrepreneurs d’Uber et consort n’est qu’illusion. Car les incitations, les sollicitations adressées aux travailleurs font que le plus souvent, ils ne peuvent pas leur opposer un refus. Ainsi, Antonio A. Casilli démontre la soumission aux algorithmes dont souffrent les travailleurs. Il observe également que si l’outil de production est possédé par le travailleur, ce dernier n’a pas la main sur ce qui alimente l’outil de production. En conséquence, le rapport de dépendance est évident et en conséquence la requalification de l’activité des travailleurs en salariat semble logique.

Les seuls gagnants sont les propriétaires des plateformes, qui portent une lourde responsabilité dans la précarité des travailleurs, et dans leur inexistante protection sociale. Par ailleurs, leur espoir d’améliorer leur sort ne semble pas passer par le digital labour. La rémunération est d’ailleurs bien étudiée par l’auteur, et renforce l’idée de l’exploitation des travailleurs. Elle se fait à la pièce ou le plus souvent, de manière symbolique. On est à la lecture de ce livre amené à s’interroger sur la notion de valeur et de rémunération. Ainsi, les usagers ajoutent du contenu (photos, videos) et donc de la valeur à la plateforme, sans pour autant être payés au sens d’une rémunération.

A cette occasion, l’auteur interroge la distinction entre travail et loisir. Il montre que la frontière, en matière de digital labour, est très poreuse entre ces deux notions. Ainsi les micro-tâches qui relèvent d’un travail, que l’utilisateur de sites internets exécute presque inconsciemment, rendent le travail invisible. De plus, il souligne les efforts des plateformes pour faire paraître les productions des utilisateurs comme issues d’un loisir et non pas d’un travail. Enfin, Antonio A. Casilli constate que les tentatives d’organisation syndicales des travailleurs de plateforme ont échoués.

D’un point de vue méthodologique, l’auteur a le mérite de faire une synthèse des débats sur les différents concepts évoqués dans ce livre et de définir précisément les termes qu’il utilise dans cet ouvrage. Ce livre mérite donc de figurer en bonne place dans la bibliothèque des personnes intéressées par la révolution numérique ; mais aussi de celle de chaque individu utilisateur de plate-formes, afin qu’il prenne conscience véritablement de son rôle dans l’industrie du numérique.

David Peutat

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Mots-clés: FORMATiON, LU POUR VOUS