Former ou Déformer ?

Organismes de formation : cap sur la qualité !

Organismes de formation : cap sur la qualité !

La récente loi portant réforme de la formation professionnelle a sanctuarisé la qualité comme outil de clarification et de professionnalisation d’un marché jusqu’alors relativement hétérogène et fermé. 2020 sera l’année de la mise en conformité à Qualiopi des organismes de formation qui, à partir de 2021, voudront continuer à générer du chiffre d’affaires de financements publics ou mutualisés. Plus globalement, 2020 devrait faire passer un cap à tous les acteurs de la profession qui souhaiteront continuer de proposer une offre de formation utile et performante sur le marché.

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L’intérêt primordial de la technologie dans la singularité des softskills ...

L’intérêt primordial de la technologie dans la singularité des softskills ...

Stéphane Pomares

Les softskills sont des compétences comportementales humaines, liées à nos émotions, à notre connaissance de nous-mêmes. Les neurosciences ont beaucoup évolué ces 3 dernières décennies et nous permettent aujourd’hui de comprendre comment un comportement naît, s’ancre et se modifie. Parallèlement est apparu le courant de la Psychologie Comportementale et l’ère du Numérique. Au regard de ces nouvelles connaissances et sciences, comment la formation professionnelle peut-elle faire évoluer ses pratiques pour gagner en efficacité tout en réduisant ses coûts pour être accessible à un public plus large ?

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De nouvelles communautés d’apprentissage

De nouvelles communautés d’apprentissage

Comme les médias pour l’information il y a 15 ans, le transfert de savoirs académiques et professionnels est transformé par de nouvelles pratiques en ligne. En particulier, on voit se constituer des communautés d’apprentissage qui, si elles n’ont rien inventé, aspirent à de nouvelles pratiques, relations et outils pour atteindre leurs objectifs de savoir ou de compétences.

Depuis l’arrivée des MOOCs, le eLearning est devenu Digital learning. Toujours en anglais, ce glissement sémantique porte peu de sens en soi, mais il est témoin de la vitesse d’obsolescence des contenus d’apprentissage depuis les MOOCs, premiers cours massifs en ligne.

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La formation digitale pour tous

La formation digitale pour tous

Le monde de la formation étant en perpétuelle évolution, Brest Business School (BBS) a développé un modèle éducatif innovant en misant sur le digital et prenant en compte les besoins des entreprises pour les préparer aux métiers de demain. Le point avec Jean Baptiste Maurice, directeur du développement au sein de Brest Business School.

Dites-nous en plus sur l’école.

L’école a vu le jour en 1962 à l’initiative des CCI et des entrepreneurs bretons pour allier harmonieusement le monde de l’éducation supérieure et celui de l’entreprise pour répondre aux besoins de l’économie locale. Étant la seule grande école dans la région, suite au partenariat avec le groupe chinois Weidong Cloud Education, nous sommes aujourd’hui la 1re grande école franco-chinoise à l’échelle internationale. BBS est également la seule école à proposer un portefeuille de formations continues aussi complet grâce à son partenaire exclusif, le groupe Demos.

L’idée est de profiter de ces attaches pour accélérer notre développement, notamment en devenant un leader de l’éducation distancielle. À côté de cette forte croissance, nous avons à cœur de garder notre identité et de consolider nos valeurs fondamentales : l’ouverture, le défi et l’empathie.

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Des cailloux plein les poches

Christophe Lucas, qui êtes-vous ?

Un homme heureux et curieux, entre ma vie de famille - une femme et trois filles- , ma passion pour la minéralogie et une carrière dense et variée !

Professionnellement, je suis actuellement Chef de Projets Rémunération et Avantages Sociaux, pour Disneyland Paris. Cela concerne plus de 17 000 personnes, 121 nationalités, 500 métiers différents avec des profils parfois surprenants du monde du spectacle, et une diversité d’âge puisqu’avec près de 30 ans d’existence Disneyland Paris commence à avoir la troisième génération de ses salariés qui arrive, avec des attentes aussi différentes que leurs parcours, de l’autodidacte au surdiplômé.

La minéralogie, est-ce une rencontre de hasard, une passion familiale ; quel a été le déclencheur ?

Deux facteurs se sont combinés : tout d’abord je suis issu d’une famille d’enseignants, j’avais un grand-père un peu naturaliste qui s’intéressait à plein de sujets, il m’a très tôt emmené avec lui découvrir les différentes facettes de la nature. Ensuite, nous étions originaires du massif central : un haut lieu minier. Dès l’enfance, nous allions autant récolter des myrtilles et des framboises que des "cailloux".

Ce grand-père était membre d’un club d’amateurs de géologie à Châteauroux, je l’y ai rejoint à... 11 ans, avec une dispense d’âge pour pouvoir intégrer les différentes activités, des sorties sur le terrain comme des conférences, animées par des professeurs de sciences naturelles et des étudiants en géologie qui nous apprenaient à déterminer et classer les différents échantillons récoltés. Nous avons voyagé un peu partout avec de petits budgets, logé dans des MJC voire même des monastères ; j’ai pu écrire mes premiers articles, faire des dessins de fossiles, exercer ma curiosité et surtout partager mes connaissances comme mes trouvailles. J’ai même animé une sortie avec des terminales scientifiques (j’avais le même âge qu’eux), de l’organisation logistique à la transmission de savoir, il fallait tout gérer de front.

Est-ce que la question s’est posée à un moment d’en faire votre métier ?

Oui bien sûr, j’y ai pensé sérieusement mais les débouchés sont très rares, dans les années 80 le BRGM (Bureau des Recherches Géologiques et Minières) était déjà en train de réduire ses effectifs, et les métiers connexes étaient limités : auprès de la COGEMA ou de TOTAL par exemple.

Je ne regrette pas d’avoir choisi un cursus classique, qui m’a permis de me former en école de commerce comme en RH, d’être assistant d’un enseignant aux USA, de partir en coopération en Côte d’Ivoire, puis de me spécialiser en " Comp & Ben " : la minéralogie reste mon " jardin ", un peu envahissant parfois, mais ma famille est compréhensive !

Pourquoi cette passion pour la fluorite ?

C’est un minéral très esthétique et varié dans ses formes et couleurs, l’effet visuel est garanti ! Presque toutes les couleurs sont possibles, la fluorite a même donné lieu à une série de timbres. Elle est très présente dans le massif central, donc naturellement je suis " tombé dedans "…. Pendant longtemps les hommes n’ont pas su comment la mettre en valeur, elle est trop tendre pour en faire des bijoux et supporte mal les chocs thermiques. Puis à partir du 19ème siècle l’exploitation a démarré lorsque l’on s’est aperçu qu’elle permettait de faire fondre les minerais métalliques à une plus basse température, d’où des économies d’énergie substantielles ! Des dizaines de mines et de carrières à ciel ouvert ont vu le jour, mais elles ne sont plus en activité aujourd’hui.

Comment les scientifiques " officiels " vous perçoivent-ils, avec bienveillance, réserve, curiosité ? 

Dans ce domaine, il y peu de découvertes fondamentales donc peu de concurrence, ce n’est pas comme en archéologie par exemple ou on peut réécrire certains pans d’histoire. En minéralogie il y a de la place pour tous, nous échangeons beaucoup entre nous, les amateurs fournissent des pistes et des échantillons à analyser, il y a une bonne symbiose et une réelle complémentarité : nous fournissons les musées, avons nos propres collections.

A titre personnel, j’ai plus de 800 exemplaires de fluorite, avec une pièce entière dédiée à cette collection qui évolue avec le temps, au fil des découvertes, ventes et acquisitions. 

Ce livre (paru en juin 2019), c’est un aboutissement, un pari avec vous-même ?

C’est un projet que j’avais en tête depuis 30 ans, j’ai toujours eu envie de partager cette passion, mais en en faisant quelque chose de vivant, accessible à tous. Il me fallait trouver l’angle d’approche, la gestation a duré longtemps.

Le déclencheur a été la maladie d’un membre de ma famille, je l’ai accompagné durant un an avec mon épouse en arrêtant de travailler. Pour me changer les idées durant les moments où je n’étais pas en première ligne, j’ai plongé dans ce livre, et trouvé le fil rouge pour le construire.

Ce livre a été conçu au départ pour présenter les 50 gisements que je trouve les plus représentatifs en France, avec des photos de professionnels pour mettre en valeur les cristallisations spécifiques à chacun, dont certaines sont extraordinaires. J’ai sollicité 45 contributeurs de 15 nationalités aux profils très variés pour commenter chacun une pierre, sous forme d’une évocation libre, voire une anecdote, sans forcément une connotation scientifique. Au final ce couplage photos/commentaires fonctionne bien, des lecteurs sans aucune connaissance scientifique le lisent avec plaisir.

J’ai aussi voulu que ce livre soit bilingue français/anglais, il a été édité à 2000 exemplaires en juin 2019 et maintenant disponible directement auprès de l’éditeur et de quelques boutiques de musées. Trois photographes professionnels ont réalisé les illustrations, et la préface a été rédigée par Pierre Jacques Chiappero, Maître de conférences du Museum d’Histoire Naturelle de Paris, ancien chargé des collections de minéralogie.

Pour ce livre, j’ai rencontré des mineurs illettrés, des millionnaires américains passionnés, des alpinistes découvreurs de pierres, des conservateurs des plus grands musées de minéralogie. Un inventaire à la Prévert en quelque sorte, mais surtout un carnet d’adresse aussi fabuleux qu’improbable au départ, qui élargit un réseau que je tisse depuis mon enfance.

Pour résumer l’esprit de ce livre, je citerais juste George Sand, une grande dame qui s’intéressait réellement à la minéralogie (on le sait peu!) et dont étudiant en " job d’été " je faisais visiter le Château de Nohant….

" Il y a un trésor dans la terre.
Il n’est à personne ; il est à tout le monde.
Tant qu’un chacun le cherchera pour le prendre et pour le garder à lui tout seul, aucun ne le trouvera.  Ceux qui voudront le partager entre tout le monde, ceux-là le trouveront… "

Jeanne (1844)

Partager et apporter de l’humain à la minéralogie était vraiment mon idée de départ, réaliser une vulgarisation au sens noble du terme, cela j’en suis fier. Les Ressources Humaines au service des Ressources Minérales en quelque sorte…

Y a-t-il des interactions, voulues ou subies, entre votre vie professionnelle et cette passion pour la fluorite ?

Oui, ponctuellement. Sur Google mes articles apparaissent peu car je ne suis pas seul à m’appeler Christophe Lucas, donc ce n’est pas évident en première approche. Par contre auprès des recruteurs, après cette année de césure, la conception du livre a aidé à prouver que je ne m’étais pas déconnecté de la vie "réelle", que  j’avais toujours le besoin, l’envie et la capacité de mener des projets à leur terme.

Cela prouve aussi que je sais gérer un réseau riche et diversifié, à notre époque où ce mot revient sans cesse dans la bouche des recruteurs. La force du réseau est immense, dans tous les domaines, il faut savoir donner pour recevoir, partager sans réserve, sans hésitation, mettre en œuvre des démarches et surtout y croire.

Dans mon métier actuel certains collègues sont au courant, il y en a même qui ont lu le livre ou l’ont offert à un proche ! Mais je ne mets pas en avant cette facette de ma vie : lorsqu’une négociation de NAO tombe en même temps que le plus grand salon de minéralogie d’Europe, je m’y échappe le week-end mais mes priorités de la semaine restent professionnelles.

Quels seraient vos conseils pour d’autres passionnés, qui jonglent entre leurs vies professionnelles, personnelles et leur loisir ? Quelle est la suite de l’histoire pour vous ?

Y aller Franco, et le faire savoir !

Tout en restant lucide sur son équilibre pro/perso, ma famille est conciliante et patiente, mais j’essaie de ne pas en abuser : que ma passion ne doive pas être subie mais acceptée voire partagée. Après avoir suivi mon grand-père sur les déblais des mines, c’est à mon tour d’emmener mes enfants à la chasse aux trésors pour découvrir la beauté des pierres. D’autant que j’ai encore d’autres passions… la peinture entre autres, de l’école de Crozant… mais c’est effectivement une autre histoire !

Propos recueillis par Brigitte Taschini

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Mots-clés: FORMATiON, MOTIVATION