Pour aller plus loin avec la prospective ...

Comment nous avons infusé une culture RSE auprès des collaborateurs de BETC

Comment nous avons infusé une culture RSE auprès des collaborateurs de BETC

Par Valérie Richard Responsable RSE chez BETC

Au cours des dernières années, la notion de RSE en entreprise a considérablement évolué en même temps que la fonction éponyme. D’un rôle plutôt technique d’identification, de contrôle des risques et de reportings, la RSE est devenue une fonction stratégique qui est en train de transformer profondément l’entreprise et ses marques. C’est le sens de l’histoire : après avoir recensé et diminué les impacts négatifs, la RSE s’attaque maintenant à maximiser les impacts positifs pour créer une nouvelle génération d’entreprises plus contributives et collaboratives. Pourquoi ? Parce que l’on s’est rendu compte que la RSE a un impact énorme sur la réputation de l’entreprise et donc sur sa valeur et sur ses résultats économiques. En 2017, le Reputation Institute estimait à 40% le poids de la RSE dans l’évaluation de la réputation d’une entreprise (études RepTrak). Cela, couplé à des changements climatiques de plus en plus visibles et à des scandales remettant en question les principes éthiques de certaines grandes sociétés, augmente encore plus la pression et la vigilance de la société civile et des consommateurs. C’est donc une poussée massive qui oblige les entreprises à intégrer la dimension RSE dans leurs produits et marques, mais aussi dans leur fonctionnement interne, et en particulier dans la politique RH, parce qu’elle devient un élément de plus en plus important dans l’attraction et la rétention des talents.

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Il y a tellement de choses à dire

Il y a tellement de choses à dire

Par Martin Richer, consultant expert en Responsabilité Sociale des Entreprises

Tous d’abord, la très grande diversité des contributeurs à ce dossier (directeurs RSE, DRH, investisseurs, syndicalistes, chercheurs et universitaires, consultants…) met en évidence l’éventail très large de perceptions et d’attentes vis-à-vis de la RSE. Leur point commun : la plupart constatent les avancées mais attendent davantage de détermination et d’authenticité dans les changements promis par les entreprises et dans les comportements qu’elles adoptent. Il faut rappeler à cet égard que s’affirmer plus vert que les autres ou plus avancé socialement n’a rien à voir avec la RSE : il s’agit tout au plus de proclamations ou d’incantations. La RSE, c’est bien autre chose. C’est une démarche de management consistant à prendre des engagements avec ses parties prenantes, puis à les évaluer et à les réguler avec elles. C’est pourquoi je propose de traduire l’acronyme RSE par Retour Sur Engagements. Les exemples souvent légitimement mis en avant de « greenwashing » et de « social-washing », c’est-à-dire la constatation d’un écart entre le dire et le faire, ne reflètent en rien l’échec de la RSE, mais simplement l’amateurisme (ou plus grave, le cynisme) d’entreprises qui n’ont pas compris la discipline que nécessite la démarche de la RSE. Fort heureusement, et ce dossier le montre bien, bon nombre d’entreprises conduisent leur politique RSE de façon professionnelle et éthique. 

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RSE et création de valeurs

RSE et création de valeurs

Par Bernard Attali, President de Gouvernance et Valeurs

Les premières approches de valorisation des actifs immatériels sont dues à EDITH PENROSE (theory of the growth of the firm) dont la dernière édition a été publiée en 2009, aux presses universitaires d’OXFORD. 

Si ce thème du capital immatériel est longtemps demeuré absent du champ de pensées des économistes, les premières réflexions sur le capital immatériel remontent maintenant à près de 60 ans avec les travaux d’Edith Penrose sur les ressources tangibles et intangibles.

Dans les années 1990, Henri Tezenas du Montcel expliquait que les actifs immatériels étaient insuffisamment intégrés dans toutes les formes d’évaluation des entreprises, précisant si justement qu’« on ne tient pas compte de ce qu’on ne mesure pas ».

En 2010, le groupe de travail Thésaurus-Bercy a été constitué à la demande de Christine Lagarde, ministre de l’Économie et des Finances, par Alan Fustec. 

Ses conclusions se présentent sous la forme de deux rapports : Thésaurus V1, publié le 7 octobre 2011, et Thésaurus V2, publié le 13 octobre 2015.

Le Thésaurus-Bercy V1 identifie les actifs suivants :

  1. Capital Client
  2. Capital Humain
  3. Capital Organisationnel
  4. Capital des Systèmes d’Information
  5. Capital de Savoir
  6. Capital de Marque
  7. Capital Partenaire
  8. Capital Actionnaire
  9. Capital Sociétal
  10. Capital Naturel.

Ainsi il apparait que dans les 10 items identifiés par thésaurus V1, le capital social et que le capital immatériel constituent les actifs immatériels, et sont donc créateurs de valeur. 

Nous allons définir plus précisément le capital sociétal, celui-ci rassemble tous ce qui relève de diverses parties prenantes au sens large et le capital naturel il rassemble tout ce qui relève de l’environnement, nous pourrions également rajouter par extension le capital humain, car les salariés compétents, motivés épanouis et fidèles permettent à l’entreprise de se développer facilement ;

Selon Bernard Marois et Alain Fustec, les actifs d’une entreprise regroupent :

  • Des actifs solides (les immobilisations)
  • Les actifs liquides (actifs circulant)
  • Les actifs gazeux(immatériels).

La RSE fait donc partie des actifs immatériels (actifs gazeux) ou (actifs invisibles). D’autres méthodes existent, tel que sharing value développée par JAKY Ouziel, dans cette démarche il convient de vérifier que la société est engagée dans ce processus grâce à la signature de différents accords : 

  • Le label Emplitude et la charte de la diversité pour l’emploi et l’insertion
  • Le label d’engagement volontaire objectif CO2 et le label CO2 neutral 
  • La RSE contribue à valoriser directement la marque de l’entreprise et indirectement à capter ou fidéliser sa clientèle.

Afin de valoriser cet actif intangible, on retient selon la méthode développée dans sharing value généralement un montant :

  • D’environ 3 à 5 % du CA en B2B,
  • De près de 5 à 10 % du CA en B2C. 

Victor Waknine quant à lui développe une approche qui réconcilie performance économique, engagement des hommes, et qualité sociale son indice IBET mesure la qualité de vie au travail.

Les investissements à impact social initiés par les grandes entreprises tel que DANONE et l’OREAL, témoignent de l’importance de la politique RSE dans l’appréciation des parties prenantes d’une entreprise et donc de la marque. Ces exemples s’il en était besoin démontrent bien qu’aujourd’hui, création de valeurs, RSE et engagement social sont étroitement liés. 

La prise en compte de la RSE en tant que création de valeur est également soulignée par le rôle croissant que jouent les agences de notations dans la prise en compte des facteurs RSE. La transposition de la directive européenne N° 2014 /95 UE par l’ordonnance du 19 juillet souligne s’il en était besoin que l’appréciation d’une performance d’une entreprise ne se limite pas à l’appréciation des états financiers stricto sensu. La certification par le commissaire aux comptes des éléments contenus dans le reporting extra financier souligne s’il en était nécessaire le caractère stratégique des démarches RSE menées par les entreprises. 

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La RSE, c’est aussi le « bien-être » des collaboratrices (teurs)…

La RSE, c’est aussi le « bien-être » des collaboratrices (teurs)…

Par Clara Getzel, Directrice générale de Kandu

Le confort des espaces de travail, un enjeu sous-estimé. 17,2 jours : c’est en moyenne le nombre de jours d’absence par an et par salarié en France1. Un record depuis 10 ans ! Les entreprises l’ont compris : un salarié épanoui au travail sera moins absent et plus productif. … les initiatives, parfois superficielles, se multiplient pour améliorer la cohésion des équipes et entretenir une bonne ambiance de travail. 

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RSE² : les outils collaboratifs au service des engagements de l’entreprise

 

Par Gaelle Roudaut, Consultante, Facilitatrice & Formatrice

Plateforme collaborative, chatOps ou encore réseaux sociaux d’entreprise ont plus ou moins envahi nos organisations… Même si leur succès n’est pas toujours au rendez-vous et pour cause un choix d’outil technologique peu adapté aux besoins réels des salariés et un déploiement à marche forcée sans grand accompagnement pour peu qu’ils soient déployés à bon escient, les outils collaboratifs de l’entreprise peuvent jouer un réel effet de levier tandis qu’il s’agit d’impliquer les salariés. Et ça tombe bien ! En matière de RSE, la responsabilité sociétale de l’entreprise cette fois, c’est justement ce que l’on cherche … pour que le sujet ne reste ni l’apanage de la direction, ni une promesse sur papier glacé, tandis qu’au cœur de l’actualité, la loi PACTE incite justement les entreprises à repenser leur place dans la société et à renforcer la prise en considération des enjeux sociaux et environnementaux dans leur stratégie et leur activité.

Racine de RSE

En matière de dispositif collaboratif, on connaît surtout les espaces projet ou encore les communautés de pratiques qui permettent à des pairs comme à des experts d’échanger sur leurs sujets de prédilection. Moins répandues dans les organisations, si l’on en croit les chiffres du dernier Observatoire Intranet et Digital Working du cabinet Arctus, les communautés d’intérêt sont déployées dans un peu plus d’un tiers des entreprises. Parce qu’elles permettent aux collaborateurs d’échanger entre eux sur des sujets en marge de leur activité professionnelle, elles contribuent à créer de la transversalité, à faciliter la connaissance mutuelle, à développer le fameux sentiment d’appartenance à l’entreprise. Fondations, intérêt pour le sport, le chant, la lecture, … Les communautés d’intérêt trouvent également une illustration dans l’animation d’un dispositif RSE responsabilité sociétale de l’entreprise cette fois.

Mais souvent les communautés dédiées au développement durable ou à la RSE dans l’entreprise ne rencontrent pas le succès attendu auprès des salariés. En cause, des contenus à faible valeur ajoutée pour les salariés : quelques chiffres clés, le bilan carbone, et éventuellement un plan de déplacement entreprise (le PDE, un dispositif, exigé depuis le 1er janvier 2018 par la loi de transition énergétique auprès des entreprises regroupant plus de 100 salariés sur un même site, permet notamment d’encourager les usages de transports alternatifs pour venir le lieu de travail). Et même si les outils permettent de créer de la discussion autour de ces contenus, c’est le silence virtuel… peu de like, encore moins de commentaires, des indicateurs en berne, comme si le sujet n’intéressait personne… 

Et pourtant ! En tant que citoyen, nous sommes tous de plus en plus sensibles à la santé de notre planète dont les ressources naturelles annuelles sont englouties en à peine 7 mois chaque année, et nous sommes en général en tant que salariés, fiers des engagements de nos organisations pour répondre aux défis environnementaux ou plus largement sociétaux. Alors comment faire pour encourager l’engagement des salariés autour de la politique RSE en utilisant (entre autres, on est d’accord, ce n’est pas exhaustif) les outils collaboratifs de l’entreprise.

RSE + RSE = équation gagnante

Même si tous les espaces collaboratifs ne sont pas équipés des mêmes fonctionnalités, selon les technologies déployées, vous trouverez bien parmi ces usages, des idées pour animer votre politique RSE dans le RSE ! 

Bien sûr, publier régulièrement des articles de fonds sur l’actualité DD de l’entreprise (nouveaux engagements, etc.) peut paraître basique, mais c’est un début… Utiliser l’espace de discussion et un format comme le microblog peut permettre également de partager de la veille sur le sujet de la RSE, les tendances du secteur ou encore ce que fait la concurrence en la matière. C’est aussi un format court et direct qui permet de rappeler les dates clés du dispositif : la journée 0 papier, la semaine du développement durable, etc.

Dans un blog, il est également possible de partager du contenu de façon plus personnelle et plus engagée : la tribune peut ainsi être confiée à des ambassadeurs qui portent la RSE dans l’entreprise pour y témoigner de leurs engagements, de leurs convictions. Le blog peut aussi être tenu par un dirigeant de l’entreprise qui y exprime plusieurs fois dans l’année les promesses et les combats de l’entreprise en matière de RSE. Style éditorial plus incarné et authentique, possibilité de liker, de commenter, le blog est un canal de communication naturellement plus impliquant tant pour ceux qui y prennent la parole que pour ceux qui le lisent…

Au-delà de la mise à disposition de documents (bilan carbone, etc), l’espace collaboratif dédié à la RSE peut faire l’objet d’un réel travail en commun avec les collaborateurs de l’entreprise : inviter les salariés à co-écrire une charte de l’entreprise durable au sein d’un wiki par exemple, organiser une réflexion d’ensemble sur la mission de l’entreprise ou encore échanger des bonnes pratiques pour diminuer son empreinte écologique au bureau, au sein d’un forum… : autant de pistes à explorer !

Une communauté dédiée à la RSE permet aussi de retrouver les temps forts des rencontres physiques autour de ces thématiques en images : galerie photo de la journée 0 déchets ou encore reportages vidéos des opérations congés solidaires. Elle permet aussi de poursuivre ces rencontres physiques en ligne : animer un réseau d’ambassadeurs passe certes par des réunions, mais les échanges peuvent se poursuivre dans la communauté online, où l’on stockera aussi les compte-rendu de réunions et tous les documents utiles à la mission des ambassadeurs (supports de formation, kit de communication, …).

Par ailleurs, à l’heure où la consommation de seconde main n’est plus seulement un phénomène de mode, les bourses d’échange ou de dons entre collègues sont également simples à mettre en œuvre online autour d’un forum ou d’un système de publications de petites annonces dans l’espace collaboratif dédié à la RSE.

Enfin, quand capter l’attention est devenu une défi, il est aussi possible de s’appuyer sur les nombreux gadgets « gamifiés » des outils collaboratifs : badge, système de points, etc. qui permettent de récompenser ou de valoriser des collaborateurs impliqués dans la démarche RSE de l’entreprise et dont le RSE peut saluer les efforts.

Et pour finir, publiez une liste de liens vers les ressources utiles (site de covoiturage, règles d’utilisation de la flotte automobile, …) pour encourager les pratiques durables et vous aurez un espace collaboratif dédié à la RSE complet et utilitaire !

Plus de collaboration = plus de RSE

Au-delà de cette liste d’usages (qui n’est pas exhaustive !), encourager les usages collaboratifs au sein de l’entreprise, c’est aussi un engagement à plus de communication, de transversalité, de liens sociaux dans l’entreprise, autrement dit, cela pourrait être un levier de RSE en tant que tel.

Enfin, agir de façon écologique et durable en entreprise, c’est aussi limiter le réchauffement climatique lié aux usages numériques. D’ailleurs le secteur de la tech l’a bien compris et commence à prendre de ce côté aussi des engagements : développement des services d’hébergement dit « green », des pratiques d’ « éco-conception » web pour réduire son empreinte écologique, de label « Green-IT » indépendants, … Phénomène de mode me direz-vous … Ce qui ne l’est pas par contre, c’est que développer l’usage des outils collaboratifs, signifie aussi réduire l’usage des mails, de l’échange de pièces jointes qui diminueront d’autant l’impact environnemental des datas center. C’est aussi responsabiliser certains acteurs de l’entreprise, chargés d’animer leurs communautés collaboratives, et incités à y « faire le ménage » régulièrement afin de ne pas y stocker ad vitam eternam, des contenus qui n’ont plus de valeur ajoutée… contribuant également à une utilisation raisonnée des espaces de stockage en ligne.

Pour conclure, vous l’aurez compris, le RSE peut permettre d’animer la réflexion et les actions autour de la RSE, susciter davantage d’engagements de la part des salariés, mais aussi contribuer à sa mesure aux enjeux sociaux et environnementaux de l’entreprise. RSE x RSE : un combo gagnant !

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Mots-clés: RH, RSE, MagRH8

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