Pour aller plus loin avec la prospective ...

RSE, valorisation du capital humain et création de valeur...

RSE, valorisation du capital humain et création de valeur...

Par Bénédicte Merle (CEO Fondatrice de Dolphinus)

La RSE, concept né dans les années 1950 avait en 2006 déjà 37 définitions académiques dénombrées par A. Dashrud1. La définition de la norme ISO 26000 publiée en 2010, place les ressources humaines comme acteur privilégié pour élaborer et déployer la démarche. Mais, ce n’est pas systématique. En effet, en l’absence d’un fonction spécifique au sein de l’organisation, nous observons aussi le rattachement de la démarche qui nécessite pilotage et contrôle, à la finance.

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RSE, Droit souple et droit dur…

RSE, Droit souple et droit dur…

 

Par Elisabeth Saubadu, Directrice Juridique RSE Orange

La Responsabilité Sociale d’Entreprise (RSE) permet  d’anticiper et de prévenir certains risques et d’obliger les entreprises à ne pas uniquement privilégier la croissance et les profits au détriment des droits humains et de l’environnement. Il n’y pas de définition unique de la RSE. Elle résulte d’influences multiples et repose à l’origine essentiellement sur des engagements volontaires, des initiatives et des comportements considérés et voulus comme vertueux.

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La RSE au service de l’insertion, une affaire de DRH  !

La RSE au service de l’insertion, une affaire de DRH  !

Par Bertrand Martinot, Directeur du Conseil en Formation Professionnelle et Développement des Compétences, SIACI Saint-Honoré

Dans un contexte où un trop - plein de communication sur la RSE risque de la rendre illisible, voire suspecte, aux yeux de nos concitoyens, il est urgent de revenir au concret. De ce point de vue, les actions RSE en matière d’insertion sociale et professionnelle sont parmi les plus pertinentes  puisqu’elles visent à réduire l’un des problèmes sociaux majeurs tout en apportant une réponse à l’un des principaux freins à la croissance des entreprises : les difficultés de recrutement. Mais pour que ces actions soient véritablement efficaces, il est indispensable que les entreprises « classiques » parviennent à mieux coopérer avec les entreprises du secteur social en charge des publics en marge du marché du travail. Un beau chantier pour les DRH ! 

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RSE, bien commun et projet d’entreprise

RSE, bien commun et projet d’entreprise

Patrick Storhaye, Président de Flexity, Professeur Associé au CNAM Paris, fondateur de RH info

En 2014, plusieurs acteurs de l’industrie pharmaceutique Nord-Américaine avaient été pointés du doigt, notamment par Hillary Clinton, pour avoir augmenté brutalement le prix de certains médicaments vitaux, et ce dans des proportions ahurissantes. Martin Shkreli, alors CEO de Turing Pharmaceuticals qui avait augmenté un de ses produits de 5 000%, était au centre de la polémique1 et fut alors désigné2 comme l’homme « le plus détesté » des Etats-Unis.  Dans un entretien sur CNBC3, le CEO de Valeant vantait de son côté les mérites de sa stratégie de croissance par acquisitions, financée par une dette aussi galopante qu’importante, comme la meilleure option pour ses actionnaires. Plusieurs articles4 fustigeaient alors sa propension à servir le seul intérêt de ses actionnaires au détriment de celui des patient·es. Elu CEO de l’année5 en 2015, il fut limogé6 en 2016, sa stratégie explosant en vol, puis arrêté7 ensuite pour soupçons de fraude. Warren Buffet8 le donna alors en exemple de ce qu’il ne faut pas faire pour présider aux destinées d’une entreprise.

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Les collaborateurs au cœur de chaque « raison d’être » !

Par Sylvain Reymond, Directeur Général de Pro Bono Lab

L’adoption de la loi Pacte permettait, en mai 2019, de fixer la nouvelle vocation sociale et environnementale de l’entreprise, l’encourageant à raisonner bien au-delà de ses seules performances économiques. Elle fixait la vision d’une économie plus vertueuse, plus solidaire, plus durable et venait donner un cadre à une tendance de fond impulsée par quelques dirigeants pionniers. Plus globalement, cette loi permettait d’insuffler une prise de conscience collective et concédait justement à l’entreprise un rôle nouveau, un rôle central même, dans la prise en charge des urgences sociales et sociétales les plus vives. Les grands défis auxquels notre génération est confrontée, en premier lieu celui du réchauffement climatique, ne pourront clairement pas être relevés sans des engagements forts pris par des entreprises et leurs parties prenantes. Les visions désuètes et les vieux débats  qui consistaient à exclure de fait l’entreprise de toute prise en charge de l’intérêt général ou de ces enjeux d’utilité sociale semblent donc définitivement clos. Oui, l’entreprise est devenue un acteur essentiel de l’intérêt général, et l’intérêt général une préoccupation permanente de l’entreprise.

Raison d’être : l’heure du passage à l’acte

Après avoir posé ce cadre inédit et ambitieux, à l’heure où nombreuses sont les entreprises de toutes tailles qui se rêvent « à mission » et s’organisent pour définir au plus vite leur propre « raison d’être », vient indéniablement le temps du passage à l’acte. 

Au-delà d’une RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) normée et contrainte, en plus des pratiques responsables qu’elles adoptent (tant vis-à-vis de l’interne que de leurs parties prenantes externes), ou grandes orientations stratégiques vertueuses qu’elles se fixent pour faire le choix du long terme, les entreprises françaises disposent alors d’un très large panel d’investissements citoyens pour exprimer cet engagement de manière plus proactive. Le mécénat d’entreprise (porté en direct, par l’intermédiaire d’une fondation ou de tout autre véhicule), l’impact investing, l’open-innovation sociale, les JVS (Joint Venture Sociale), les contrats à impact social, le développement de produits « inclusifs », etc., qui consistent à mobiliser des financements, des compétences de collaborateurs ou des apports en nature, sont autant de leviers d’investissement qui permettent de renforcer cette vocation sociale. La France est ainsi un véritable laboratoire d’innovation sociale où se confrontent et se complètent les initiatives citoyennes d’acteurs très divers issus de la sphère publique, privée ou de la société civile. Le rôle de l’entreprise n’est désormais plus seulement de les soutenir financièrement, mais bien de les co-construire et de les porter très directement avec chacun. 

Au moment de construire ou d’arborer cette « raison d’être », fraîchement définie, nombreuses sont alors les entreprises qui oublient que leur premier capital reste la somme des compétences que les femmes et hommes qui la composent réunissent au service de cette mission. Que de l’épanouissement de ses ressources humaines dépendent leur pérennité et leur capacité à appréhender l’avenir sereinement. 

Le préalable au sein de toute entreprise engagée n’est-il pas de permettre à chacun de ses collaborateurs de pouvoir… s’engager eux-mêmes ? La première des raisons d’être d’une organisation collective, n’est-elle pas de permettre à ceux qui la composent de défendre et se faire les ambassadeurs directs de cette « Mission » ? N’est-elle pas, plus encore, d’agréger les engagements citoyens de chacune et chacun d’entre eux ? L’investissement citoyen le plus vertueux, le plus évident qu’il soit, à l’ère de la raison d’être, n’est-il pas l’investissement humain, la transmission directe de compétences quand 84% des structures qui font le bien public (associations, autres acteurs d’intérêt général, structures à finalité sociale, etc.), disent avoir besoin de compétences pour se développer durablement ?

Le partage de compétences, l’autre moyen d’investir dans la citoyenneté…

Pro bono est l’abréviation de l’expression latine pro bono publico, qui signifie « pour le bien public ». C’est le fait de transmettre gracieusement ses compétences à des structures à finalité sociale pour leur permettre de se développer durablement. A l’origine connu dans le monde du droit, aux Etats-Unis, le pro bono se répand désormais à tous types de professions, pour tous types de problématiques sociétales et dans plus de 30 pays à travers notre Global Pro Bono Network. En 2011, l’association Pro Bono Lab a été créée pour importer en France cette pratique. Notre pays s’étant doté en 2003 d’un dispositif fiscal en faveur du mécénat des entreprises parmi les plus généreux sur le plan international, la pratique du pro bono y intègre pleinement les dispositifs du mécénat de compétences (sur le temps de travail) comme du bénévolat de compétences (hors temps de travail).

Permettre à ses collaborateurs de s’engager, c’est leur ouvrir les portes de l’écosystème de l’entreprise et libérer des perspectives d’expérimentations nouvelles. C’est leur confier un rôle majeur dans le système d’investissement citoyen de l’entreprise, les rendre ambassadeurs-acteurs du projet et miser sur leurs talents pour mieux préparer l’avenir. Au contact d’acteurs nouveaux, le collaborateur développe de nouvelles compétences dont la résolution de problèmes complexes, l’empathie, la créativité... ces fameuses soft skills nécessaires pour exercer les métiers de demain. 

… et de mettre le collaborateur au cœur de la raison d’être.

L’implication des collaborateurs sert bien sûr les enjeux de réputation, de cohésion interne, de développement des ressources humaines ou d’ancrage territorial. Mais elle porte surtout, au cœur de l’entreprise, l’ambition d’un engagement transformatif qui irrigue l’ensemble de ses activités. Car elle ouvre de nouveaux modes de dialogue social et permet au salarié d’être pleinement acteur des mutations de l’entreprise, de mieux s’y préparer. Le Panorama du Pro Bono (Ifop-Pro Bono Lab – 2019) et les derniers chiffres d’impacts de l’Association Pro Bono Lab (Bilan 2018) révèlent que 78% des collaborateurs qui s’engagent disent développer de nouvelles compétences, bien au-delà de transmettre celles qu’ils possédaient déjà. 81% se sentent plus fiers d’appartenir à leurs entreprises après s’être engagés. 99% se sentent plus utiles, trouvant un sens supplémentaire à leur travail. 

Dans la grande diversité des formats d’engagement des salariés qui existent ou qu’il reste à inventer, l’engagement par le partage de compétences est celui qui sert et servira le mieux les enjeux de performance et d’impact social de l’entreprise engagée. De sa construction à son expression, les collaborateurs des entreprises sont au cœur de chaque raison d’être. Et leurs compétences constituent la meilleure ressource que l’on puisse adresser au bien public.

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Mots-clés: RSE, MagRH8

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