Pour aller plus loin avec la prospective ...

Reporting RSE, reporting de l’immatériel.

Reporting RSE, reporting de l’immatériel.

 

Par Jean-Claude Dupuis, professeur à l’Institut de Gestion Sociale, auteur de l’ouvrage « Économie et comptabilité de l’immatériel. Enjeux du reporting non financier »

Le champ du reporting non financier est travaillé depuis une vingtaine d’années par de nombreuses innovations tant au niveau national qu’international. D’un côté, des pratiques de reporting sur la Responsabilité Sociétale d’Entreprise (RSE) se sont développées, consacrées par le code de commerce : au-delà d’un certain seuil en capitalisation ou en effectifs, les sociétés ont l’obligation d’informer sur les impacts de leur activité et leurs engagements en matière de droits sociaux, de droits de l’homme, de protection de l’environnement, d’éthique des affaires, de liens avec les communautés environnantes et de gouvernance. D’un autre côté, la thématique du reporting du capital immatériel est montée en puissance avec un cortège d’initiatives visant à proposer des lignes directrices en matière de publication d’informations sur ledit capital immatériel.

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La RSE au service de l’insertion, une affaire de DRH  !

La RSE au service de l’insertion, une affaire de DRH  !

Par Bertrand Martinot, Directeur du Conseil en Formation Professionnelle et Développement des Compétences, SIACI Saint-Honoré

Dans un contexte où un trop - plein de communication sur la RSE risque de la rendre illisible, voire suspecte, aux yeux de nos concitoyens, il est urgent de revenir au concret. De ce point de vue, les actions RSE en matière d’insertion sociale et professionnelle sont parmi les plus pertinentes  puisqu’elles visent à réduire l’un des problèmes sociaux majeurs tout en apportant une réponse à l’un des principaux freins à la croissance des entreprises : les difficultés de recrutement. Mais pour que ces actions soient véritablement efficaces, il est indispensable que les entreprises « classiques » parviennent à mieux coopérer avec les entreprises du secteur social en charge des publics en marge du marché du travail. Un beau chantier pour les DRH ! 

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La RSE, c’est aussi le « bien-être » des collaboratrices (teurs)…

La RSE, c’est aussi le « bien-être » des collaboratrices (teurs)…

Par Clara Getzel, Directrice générale de Kandu

Le confort des espaces de travail, un enjeu sous-estimé. 17,2 jours : c’est en moyenne le nombre de jours d’absence par an et par salarié en France1. Un record depuis 10 ans ! Les entreprises l’ont compris : un salarié épanoui au travail sera moins absent et plus productif. … les initiatives, parfois superficielles, se multiplient pour améliorer la cohésion des équipes et entretenir une bonne ambiance de travail. 

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Les compétences du 21 ème siècle

Les compétences du 21 ème siècle

Régulièrement nous demandons à l'auteur d'un ouvrage récent de se livrer à l'exercice de l'auto-interview. Exercice auquel c'est plié Jeremy Lamri pour son ouvrage sur les compétences du 21ème siècle... 

Jeremy : Tout d’abord, ne trouvez-vous pas le terme « Compétences du 21ème Siècle » un peu racoleur ?

Jeremy : De toute évidence bien sûr que oui. En revanche je considère qu’il est approprié au sujet, et permet de comprendre explicitement l’enjeu abordé. Et surtout, c’est le terme consacré par les plus grandes institutions dans le monde. Plus exactement, c’est une traduction de « 21st Century Skills ». On retrouve ce terme dans des mémos datant de 1998 chez Microsoft, IBM et Cisco notamment. Ces géants de la technologie avaient à l’époque créé une initiative commune pour travailler sur les compétences nécessaires dans le monde du travail, une fois que leurs technologies seraient installées un peu partout. L’explosion de la bulle Internet a quelque peu stoppé ces bonnes volontés. L’OCDE utilise ce terme depuis plus de 10 ans, le World Economic Forum depuis 2016, et il existe des modèles de ces compétences créés par de nombreuses organisations spécialisées.

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Rendre les travailleurs acteurs de la RSE

Interview de Laurent Berger, Secrétaire Général de la CFDT

Quelle légitimité possède une organisation syndicale pour s’immiscer dans des considérations sociétales et écologiques ? 

Aujourd’hui plus que jamais, l’urgence sociale et environnementale nous oblige à prendre en compte les enjeux écologiques et sociétaux. Cela n’aurait pas de sens de faire autrement. Le réchauffement climatique accentue les inégalités sociales. On ne peut plus avoir une approche segmentée : les questions sont totalement liées. Pour la CFDT, ce n’est pas nouveau. Nous nous sommes toujours intéressés au développement durable. Notre boussole c’est le progrès, l’intérêt général dans toutes ses dimensions. En tant qu’acteur de la société civile le syndicalisme est légitime à défendre la planète car les activités du travail ont des effets sur elle et sur les droits humains. Ce n’est que dans une approche globale que nous pourrons construire des solutions. A la COP 21, le mouvement syndical international s’était d’ailleurs fédéré autour du constat suivant qui est devenu slogan : « Il n’y a pas d’emplois sur une planète morte ». Cela a été le point de départ d’un plan d’action sur la revendication d’une « transition juste » qui prenne en compte l’impact sur l’emploi d’une transition vers une économie bas carbone.

Ne risquez-vous pas avec cette approche de passer à côté de ceux qui n’ont pas les moyens de se projeter dans le « futur » ? 

Non, je ne crois vraiment pas au risque de « passer à côté de », tout simplement parce que nous « construisons avec ». Toutes nos orientations, tout ce qui constitue l’action de la CFDT et le projet de société que nous proposons est nourri par du débat, par des échanges avec les travailleurs, avec les citoyens et avec des associations sur tous les territoires.

Nous avons encore pu le vérifier avec la crise des Gilets Jaunes. Celle-ci a révélé un grand besoin d’expression dans la société. Elle a dit des choses sur le pouvoir d’achat, sur les mobilités, sur l’accès aux services publics, au logement, à la santé. Nous avons organisé des débats, des rencontres et nous avons cherché des solutions. Notre réponse s’est construite avec 18 organisations de la société civile à travers ce que nous avons appelé le « Pacte du pouvoir de vivre » qui vise justement à allier justice sociale, lutte contre les inégalités et transition écologique. Ce sont 66 propositions qui constituent des repères pour chercher à lutter contre le dérèglement climatique, enrayer l’érosion de la biodiversité, améliorer le quotidien des citoyens, progresser dans les pratiques démocratiques et la participation citoyenne, remettre l’exigence de solidarité et d’égalité au cœur de l’économie, afin de construire une société plus juste et solidaire dans laquelle chacun a sa place. Cette volonté d’avancer dans ce sens, elle est partagée, puisqu’aujourd’hui ce sont 43 organisations qui agissent avec la CFDT pour ce Pacte du pouvoir de vivre.

Dans l’entreprise, comment faire en sorte que l’entreprise prenne en compte la qualité du social et intègre en même temps le développement durable ? Comment rendre les travailleurs acteurs de la RSE ? 

Il existe une vraie attente de participation de la part des travailleurs et une profonde demande de sens du travail : 72 % d’entre eux souhaiteraient être davantage associés aux décisions qui les concernent. C’est l’un des principaux enseignements de l’enquête « Parlons travail » que la CFDT a menée en 2017 à laquelle plus de 200 000 personnes avaient répondu. 

Concrètement, la question est de savoir comment on transforme cette envie d’agir, comment on répond à ce besoin de sens du travail. D’ailleurs, il est intéressant de voir que les jeunes sont de plus en plus nombreux à exprimer cette recherche de sens quand ils marchent pour le climat ou que, fraichement diplômés, ils s’engagent dans un manifeste « pour un réveil écologique » à ne pas travailler pour les entreprises les plus polluantes.

Il n’y a pas de formule magique valable partout et qui permettrait à l’entreprise ou à l’organisation d’être vertueuse sur tous les aspects. En revanche, il y a une méthode efficace, celle du dialogue, élaboré entre les employeurs et les représentants du personnel. Et c’est particulièrement valable pour ce qui est de la responsabilité des entreprises puisque la RSE, ne l’oublions pas, est fondée sur des préoccupations sociales, sociétales, environnementales et économiques. La vertu ne se décrète pas, elle se construit. 

La loi sur le devoir de vigilance que la France a adoptée en 2017 nous invite à sortir de la logique très descendante qui prévalait jusqu’alors en matière de RSE. En demandant à l’entreprise que le plan de prévention des risques d’atteintes aux droits humains et à l’environnement dont elle doit se doter soit élaboré avec les parties prenantes, elle incite à co-construire la stratégie de prévention des risques. Et les travailleurs, partie constituante des entreprises, ont évidemment une légitimité particulière à y participer.

Ce qui change aussi avec cette loi, c’est que l’entreprise n’est plus seulement redevable de son action passée. Puisqu’elle doit veiller à prévenir les dommages, elle devient en quelque sorte responsable par rapport au futur. Et pas seulement dans son périmètre immédiat, mais dans ses frontières étendues, en prenant en compte ses sous-traitants et fournisseurs. Il est important que les entreprises jouent le jeu. Elles ont à y gagner : il s’agit pour elles d’un véritable levier d’amélioration de leur performance globale.

La loi PACTE a été présentée comme la grande réforme de l’entreprise. Le résultat est-il au rendez-vous ?

La loi PACTE n’est globalement pas à la hauteur de l‘ambition annoncée. Mais parmi les éléments positifs dont la CFDT se réjouit, il y a la révision de l’article 1833 du code civil. Sa rédaction datait de Napoléon. Le monde qui l’avait vu naître n’est plus le monde d’aujourd’hui. Il était donc important de l’adapter. Au XXIe siècle, il paraît indispensable que l’entreprise prenne en considération les enjeux sociaux et environnementaux de son activité. C’est une avancée positive puisque toutes les sociétés sont concernées : désormais elles devront toutes intégrer des éléments de RSE dans leur réflexion stratégique. C’était une demande forte de la CFDT !

Vous avez évoqué le rôle des salariés « parties constituantes » des entreprises : pouvez-vous préciser ? Comment peuvent-ils peser sur des choix de "multinationales" ?

Les travailleurs forment une communauté qui produit le travail, à l’origine de la valeur créée. Il est par conséquent légitime que leurs représentants participent aux conseils d’administration. Or, la représentation entre les intérêts du travail et du capital dans l’entreprise reste très déséquilibrée. Bien souvent, les conseils d’administration sont encore guidés par des intérêts financiers de court terme. Nous souhaitons que les administrateurs salariés soient plus nombreux car ils ont une connaissance irremplaçable de la réalité du terrain, du quotidien de l’entreprise. Leur sensibilité aux enjeux sociaux et environnementaux enrichit les débats des conseils et rend plus solide la stratégie des entreprises sur ces sujets. La loi Pacte a légèrement renforcé leur présence dans les conseils. Pour la CFDT, ils devraient représenter jusqu’à un tiers du conseil comme c’est le cas dans de nombreux pays d’Europe.

A propos d’Europe, existe-t-il une réflexion des syndicats européens sur ces sujets ? 

Oui, les syndicats européens sont très mobilisés sur ces sujets. Il est important d’agir au niveau européen et international car l’activité des entreprises ne connaît pas de frontières. La confédération européenne des syndicats, qui représente 45 millions de travailleurs, demande une réglementation européenne inspirée de la loi française sur le devoir de vigilance. Quant à la CFDT, elle est également favorable au traité onusien relatif aux entreprises et aux droits de l’homme.

Ces sujets sont-ils un moyen de sensibiliser un public plus jeune à l'action syndicale ?

A juste titre, les jeunes ont une attente très forte en matière d’écologie, de transparence et de sens donné au travail. Notre action syndicale en faveur du développement durable et de la RSE établie en lien avec des ONG peut leur permettre de mieux connaître ce qu’est le syndicalisme de transformation sociale, à quoi sert une organisation syndicale, quels sont ses moyens d’action. Nous ne sommes pas une organisation figée. Nos pratiques se renouvellent sans cesse. Par exemple, nous développons une stratégie de participation aux assemblées générales d’actionnaires. A chaque fois que nous sommes intervenus, cela a fait bouger les lignes ! Les jeunes peuvent se retrouver dans notre syndicalisme en prise avec le monde actuel. On a tous à y gagner : militer avec des jeunes est vraiment pour la CFDT une opportunité de se réinventer. 

 

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Mots-clés: RSE, MagRH8, SYNDICAT

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