Pour aller plus loin avec la prospective ...

RSE, Droit souple et droit dur…

RSE, Droit souple et droit dur…

 

Par Elisabeth Saubadu, Directrice Juridique RSE Orange

La Responsabilité Sociale d’Entreprise (RSE) permet  d’anticiper et de prévenir certains risques et d’obliger les entreprises à ne pas uniquement privilégier la croissance et les profits au détriment des droits humains et de l’environnement. Il n’y pas de définition unique de la RSE. Elle résulte d’influences multiples et repose à l’origine essentiellement sur des engagements volontaires, des initiatives et des comportements considérés et voulus comme vertueux.

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Rendre les travailleurs acteurs de la RSE

Rendre les travailleurs acteurs de la RSE

Interview de Laurent Berger, Secrétaire Général de la CFDT

Quelle légitimité possède une organisation syndicale pour s’immiscer dans des considérations sociétales et écologiques ? 

Aujourd’hui plus que jamais, l’urgence sociale et environnementale nous oblige à prendre en compte les enjeux écologiques et sociétaux. Cela n’aurait pas de sens de faire autrement. Le réchauffement climatique accentue les inégalités sociales. On ne peut plus avoir une approche segmentée : les questions sont totalement liées. Pour la CFDT, ce n’est pas nouveau. Nous nous sommes toujours intéressés au développement durable. Notre boussole c’est le progrès, l’intérêt général dans toutes ses dimensions. En tant qu’acteur de la société civile le syndicalisme est légitime à défendre la planète car les activités du travail ont des effets sur elle et sur les droits humains. Ce n’est que dans une approche globale que nous pourrons construire des solutions. A la COP 21, le mouvement syndical international s’était d’ailleurs fédéré autour du constat suivant qui est devenu slogan : « Il n’y a pas d’emplois sur une planète morte ». Cela a été le point de départ d’un plan d’action sur la revendication d’une « transition juste » qui prenne en compte l’impact sur l’emploi d’une transition vers une économie bas carbone.

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L’engagement solidaire, nouveau management RH  ?

L’engagement solidaire, nouveau management RH  ?

Par Lucie Gaudens, Directrice communication de microDON

Depuis quelques années, les RH sont confrontées à de nouvelles problématiques soulevées notamment par l’arrivée des Millenials sur le marché du travail. Des sujets tels que le sens au travail, l’engagement ou encore la qualité de vie au travail ont ainsi amené beaucoup d’entreprises à remettre en question leur mode de fonctionnement “traditionnel” pour s’ouvrir à de nouvelles formes d’organisation plus adaptées aux aspirations de leurs salariés. De profondes mutations qui ne sont pas sans conséquences sur le management qui lui aussi doit être réinventé… et si la solidarité en était la clé ? 

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Une RSE d’impulsion

Une RSE d’impulsion

Interview Antoine Vignial, Secrétaire Général du Groupe Saint-Gobain en charge de la RSE

Pour Saint-Gobain, comment est structurée la « filière » RSE et quels sont les sujets prioritaires  ?

La RSE chez Saint-Gobain est prise en compte dans la stratégie et les décisions quotidiennes, dans les modes de management et la gouvernance, à tous les niveaux, mais elle n’est pas pilotée comme une filière à part. C’est une RSE d’impulsion : impulser des dynamiques, des politiques, des plans d’action, mis en œuvre par les équipes sur le terrain. La RSE porte une vision transversale des enjeux et des intérêts croisés, financiers, sociaux, sociétaux et environnementaux. Elle aide à créer un dialogue positif, elle s’assure que le niveau des objectifs fixés est bien à la mesure des attentes de nos parties prenantes, internes et externes. Elle met l’organisation sous tension là où les sujets ne sont pas naturellement abordés. 

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RH, Communication & RSE cher INVIVO

Interview de Sébastien Graff, Directeur des Ressources Humaines, de la Communication et de la RSE chez INVIVO

Depuis quand la fonction RH est-elle en charge de la RSE chez InVivo ?

La thématique de la RSE est apparue dans l’entreprise fin 2010 et s’est naturellement intégrée au sein de la direction des RH. L’objectif de l’époque était d’introduire un quadrilatère vertueux traitant des mêmes sujets RSE, au sein des directions de la RH, de la communication, de la RSE et d’« Invivo Foundation » (le fonds de dotation d’InVivo dédié à une mission d’intérêt général).

Vous pouvez nous présenter le Groupe en quelques mots ?

Premier groupe coopératif agricole français, InVivo réunit 201 coopératives, qui rassemblent près de 300 000 agriculteurs. InVivo comprend 3 pôles d’activités : Bioline by InVivo (agriculture), InVivo Retail (jardinerie et distribution alimentaire) et InVivo Wine (vin). 2 entités transverses sont dédiées à l’innovation : InVivo Food&Tech et InVivo Digital Factory. Créateur d’intelligence alimentaire, InVivo a pour mission de transformer le monde agricole de manière responsable et durable, au bénéfice des agriculteurs, des coopératives et des consommateurs. 

Quelles sont les spécificités de vos métiers et marchés qui vous semblent les plus compliquées à faire entrer dans une démarche RSE ?

Je vais prendre le contrepied de votre question car nos métiers (InVivo Wine, InVivo Retail, Bioline by InVivo) sont « RSE inside », c’est-à-dire que la responsabilité sociétale et environnementale est intégrée dans notre stratégie comme levier de performance. 

Notre métier est de faire le lien entre la Terre, ceux qui la cultivent et ceux qui s’en nourrissent. En amont, côté terre, les enjeux RSE sont de produire suffisamment pour nourrir une population mondiale - dont le taux démographique augmente en continu - tout en respectant l’environnement. En aval, côté consommateur, l’objectif est de satisfaire les attentes sociétales en matière de santé, de goût et des pratiques respectant la nature et les animaux.  Au centre, les agriculteurs doivent bénéficier d’une juste rémunération, d’un accès aux apports technologiques pour une meilleure productivité et pour une amélioration de leur qualité de vie. 

Dans RSE il y a « social et/ou sociétal », en quoi la fonction RH est-elle impactée dans un processus RSE ?

Dans notre plan stratégique « 2030 by InVivo », les enjeux sociaux et humains sont au cœur de nos développements via 2 leviers : 

  • La performance « Smart RH », qui développe les meilleures pratiques en matière de RH ;
  • Le « #social » qui vise à bâtir la meilleure offre sociale pour les salariés en termes d’égalité des chances, de gestion des carrières, de dialogue social ou d’implication des salariés.  

Dans le cadre de la construction du projet « 2030 by InVivo », qui se veut collectif et engagé, ​les collaborateurs ont d’ailleurs été invités à partager leurs idées ​sur une plateforme collaborative, après avoir été réunis avec le DG pour entendre les ambitions et les tendances dans le domaine. 

Quel est le positionnement des partenaires sociaux sur le sujet ? Avez-vous un accord ?

La dynamique du dialogue social chez InVivo est très importante. Depuis 2010, le groupe signe en moyenne 3 à 5 accords par an. Il n’y a pas d’accord RSE à proprement parler mais les accords tels que celui sur le dialogue social, l’égalité, la diversité ou encore sur la GPEC reprennent en grande partie des thématiques liées à la RSE. 

On a coutume de dire que l’implication de la gouvernance est un facteur clé de succès sur l’atteinte des objectifs RSE, est-ce le cas chez vous ? Est-ce que ça permet à la fonction RH d’être reconnue comme acteur stratégique ?

Par rapport à la gouvernance, les administrateurs du groupe InVivo sont très fortement impliqués dans les thématiques RSE car ils sont issus du monde agricole. Le groupe a créé une direction RSE, et des compétences ont été intégrées dans chaque holding métier. Ce qui permet au conseil d’administration d’être informé sur des travaux de fond. Par ailleurs, à l’occasion de l’élaboration de « 2030 by InVivo », une commission « RSE et innovation » comprenant plusieurs administrateurs a été créé pour apporter leur réflexion sur la politique que devrait mener le groupe en RSE.  

L’univers des coopératives est-il une opportunité ou un frein à cette démarche ?

Nous avons coutume de dire que la coopération agricole est « RSE inside ». La traduction de la RSE en droit des entreprises a été concrétisée par la loi PACTE avec la création d’un nouveau statut juridique de « Société à mission ». La coopération agricole et InVivo ont été actifs lors des débats parlementaires et des réflexions sur la loi PACTE, pour aboutir au statut de Société à mission, outil complémentaire au développement de la RSE dans les coopératives. 

Comment la RSE intègre la « marque employeur » ?

L’attractivité d’InVivo passe par une grande visibilité via les médias et les réseaux sociaux, spécialement notre compte Twitter (@InVivoGroup) qui fonctionne très bien. Les projets mis en avant sont très liés aux thématiques RSE. Nous constatons d’ailleurs à travers les candidatures spontanées ou au moment des recrutements que les candidats sont très renseignés et concernés par les thématiques RSE. 

La financiarisation de la RSE donne-t-elle au Groupe une valeur financière reconnue par ses partenaires banquiers ?

Les critères RSE sont systématiquement au cœur des débats lors de levée de fonds ou discussions avec les partenaires financiers. Au-delà de l’impact sur la valeur financière de la filiale, la thématique RSE est génératrice de réel business. L’absence de la prise en compte de la RSE = l’absence de valeur. 

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Mots-clés: RSE, MagRH8

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