Pour aller plus loin avec la prospective ...

Reporting RSE, reporting de l’immatériel.

Reporting RSE, reporting de l’immatériel.

 

Par Jean-Claude Dupuis, professeur à l’Institut de Gestion Sociale, auteur de l’ouvrage « Économie et comptabilité de l’immatériel. Enjeux du reporting non financier »

Le champ du reporting non financier est travaillé depuis une vingtaine d’années par de nombreuses innovations tant au niveau national qu’international. D’un côté, des pratiques de reporting sur la Responsabilité Sociétale d’Entreprise (RSE) se sont développées, consacrées par le code de commerce : au-delà d’un certain seuil en capitalisation ou en effectifs, les sociétés ont l’obligation d’informer sur les impacts de leur activité et leurs engagements en matière de droits sociaux, de droits de l’homme, de protection de l’environnement, d’éthique des affaires, de liens avec les communautés environnantes et de gouvernance. D’un autre côté, la thématique du reporting du capital immatériel est montée en puissance avec un cortège d’initiatives visant à proposer des lignes directrices en matière de publication d’informations sur ledit capital immatériel.

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Interview de Fella Imalhayene Déléguée Générale du Global Compact France

Interview de Fella Imalhayene Déléguée Générale du Global Compact France

Interview de Fella Imalhayene

Fella Imalhayene, avant d’entrer dans le vif du sujet, pourriez-vous nous dire qui vous êtes et quel a été votre parcours avant d’assurer le développement et la gestion du Global Compact France en qualité de Déléguée Générale.

Une double formation, Gestion Dauphine et Philosophie, en ne pouvant ne me satisfaire ni que de l’une ni que de l’autre. Un fort intérêt pour l’entreprise et ses enjeux, mais voulant garder en permanence le lien avec le « sens ». J’ai commencé par faire des missions dans des environnements culturels à l’Unesco ou au Centre Pompidou où je me suis occupée de comprendre les problématiques d’égalité des chances vis-à-vis de la culture et proposer des actions pour permettre aussi bien aux populations handicapées (accessibilité) qu’aux classes économiquement défavorisées (en particulier les jeunes) d’être attirées par ce lieu. 

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Comment nous avons infusé une culture RSE auprès des collaborateurs de BETC

Comment nous avons infusé une culture RSE auprès des collaborateurs de BETC

Par Valérie Richard Responsable RSE chez BETC

Au cours des dernières années, la notion de RSE en entreprise a considérablement évolué en même temps que la fonction éponyme. D’un rôle plutôt technique d’identification, de contrôle des risques et de reportings, la RSE est devenue une fonction stratégique qui est en train de transformer profondément l’entreprise et ses marques. C’est le sens de l’histoire : après avoir recensé et diminué les impacts négatifs, la RSE s’attaque maintenant à maximiser les impacts positifs pour créer une nouvelle génération d’entreprises plus contributives et collaboratives. Pourquoi ? Parce que l’on s’est rendu compte que la RSE a un impact énorme sur la réputation de l’entreprise et donc sur sa valeur et sur ses résultats économiques. En 2017, le Reputation Institute estimait à 40% le poids de la RSE dans l’évaluation de la réputation d’une entreprise (études RepTrak). Cela, couplé à des changements climatiques de plus en plus visibles et à des scandales remettant en question les principes éthiques de certaines grandes sociétés, augmente encore plus la pression et la vigilance de la société civile et des consommateurs. C’est donc une poussée massive qui oblige les entreprises à intégrer la dimension RSE dans leurs produits et marques, mais aussi dans leur fonctionnement interne, et en particulier dans la politique RH, parce qu’elle devient un élément de plus en plus important dans l’attraction et la rétention des talents.

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La RSE : cerise sur le gâteau ou charrue avant les bœufs ?

La RSE : cerise sur le gâteau ou charrue avant les bœufs ?

Denis Monneuse, Enseignant-chercheur, directeur du cabinet de conseil « Poil à Gratter 

Les réunions de travail, c’est comme les relations sexuelles : on s’en souvient rarement en détail quelques jours après, mais celles dont on se souvient restent en revanche gravées dans notre mémoire à jamais.

Parmi celles dont je me souviens (les réunions de travail, pas les relations sexuelles !), il y a les cinq suivantes que je voudrais partager avec vous car elles ont contribué à forger mon regard sur la RSE. En deux mots : la RSE devrait être la cerise sur le gâteau, la nouvelle lubie d’une entreprise une fois qu’elle fonctionne parfaitement. Or l’expérience montre que les organisations mettent la charrue avant les bœufs : elles se délectent de responsabilité sociale, voire sociétale, alors qu’elles parviennent à peine à respecter les lois.

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La RSE en Belgique… dans le secteur bancaire…

Interview de Wilfried Remans, Directeur Corporate Social Responsability au sein de BNP Paribas Fortis.

Monsieur Remans, s’il fallait vous présenter vous-même que diriez-vous ?

Je suis responsable de la RSE et des Affaires Publiques depuis deux ans et demi, chez BNP Paribas-Fortis après avoir été Directeur des Affaires Sociales et membre des effectifs RH (Bien être au travail, relations sociales…) pour le reste vous pouvez voir mon profil LinkedIn…

Que pourriez vous dire de la situation belge de la RSE ?

Le contexte RSE est réellement étonnant. Nous faisons face à une accélération incroyable du processus depuis ces deux dernières années. D’abord les ODD (Objectifs de Développement Durable) de l’ONU avec ses 17 points ont atteint les entreprises qui ont pu ainsi s’en saisir et choisir leurs priorités, et puis il y a en 2015 les répercussions des Accords de Paris sur le climat qui ont donné un caractère d’urgence d’une prise en compte par tous les acteurs, y compris donc, les entreprises. C’est à ce moment que nous avons défini chez BNP Paribas, une stratégie d’engagement au plus haut niveau (Comex), allant jusqu’à définir l’impact de ces objectifs sur la rémunération variable des 5000 top rémunérations.

En Belgique nous venons de valider un plan stratégique pour 2025, y inclus la durabilité. Pour nous, dans le secteur bancaire, nous sommes forcément engagés en tant qu’entreprise citoyenne. 

Que voulez-vous dire ?

Notre premier rôle comme banque, c’est d’être une Banque. Nous pesons 100 milliards dans l’économie belge, nous représentons 13000 emplois directs et autant d’indirects, et nous payons 1 milliard d’euros de taxe et de prélèvements de Sécurité Sociale. Nous sommes donc totalement intégrés dans notre environnement sociétal. Et on peut jouer un rôle « moteur » sur trois niveaux.

Le premier ?

C’est la RSE que je qualifie de traditionnelle. C’est l’aspect « solidarité », voire « charité ». On donne de l’argent. Nous finançons une Fondation qui a soutenu, sur 10 ans, 1500 projets auprès des jeunes en précarité. La Fondation internationale met 12 millions d’Euros pour la Recherche sur le Climat, nous déployons des Fonds d’Investissements Responsables et une partie des commissions est reversée pour des actions sociales. Nous soutenons des opérations de « microfinances » : par exemple nous avons cocréé en Belgique une institution « microStart » où nos salariés ou pensionnés « compétents » accompagnent comme « volontaires » des projets d’entreprise, comme ceux initiés par des « réfugiés » par exemple. Chez nous ce n’est pas « une semaine RSE » mais c’est toute l’année. On prend en compte vos compétences et on les utilise pour des actions de solidarité.

Le deuxième niveau ?

Dans notre propre activité d’entreprise bancaire, nous devons maitriser des risques à effets négatifs sur l’environnement. Ce sont des sujets qui touchent les bâtiments, la mobilité et la pollution.

Nous avons choisi de réduire de 25% notre empreinte en CO2 entre 2012 et 2020. Toute l’électricité des bâtiments en Belgique est alimentée par l’énergie renouvelable. Le reste du CO2 à charge est compensée par le Groupe dans des projets en Inde et au Kenya. 

Nous représentons au niveau du groupe 200 000 personnes réparties dans 70 pays. Nos implantations possèdent des contraintes et des objectifs qui peuvent être différents. Néanmoins nous sommes vigilants sur les points qui touchent au climat, ou aux droits humains par exemple. C’est ainsi que nous mettons des critères ou nous sortons de certains secteurs sensibles. Nous appliquons des politiques sectorielles qui exigent le respect par nos clients des critères sociaux et environnementaux. C’est le cas, par exemple, dans les secteurs de la défense ou de l’huile de palme. J’ai deux exemples en tête ou on va encore un pas plus loin : le tabac : nous en sommes complétement sortis. Et c’est aussi le cas des pétroles et gaz de schiste, des sables bitumineux et également des exploitations en Artique. Au total, nous avons une liste de près de 850 Entreprises que nous ne finançons plus. Vous voyez, nous sommes en pleine remise à plat de nos politiques pour des raisons de nature RSE.

Et vous parliez de 3 niveaux…

Le troisième est d’un autre registre : il s’agit de participer à l’augmentation des impacts positifs.

Vous nous expliquez ?

Il est nécessaire de créer du business « win-win. » Nous offrons des instruments d’investissements « responsables » avec un impact positif. IL y a trois grands types de fonds ISR : 

Des fonds d’exclusion (e.g. pas d’investissements dans les armes), des fonds thématiques ( comme l’eau ou l’énergie renouvelable), et les fonds avec que des entreprises parmis les meilleures en RSE. Vous savez que des « rating agencies » se sont spécialisées dans ces analyses, Vigeo ou Sustainalytics par exemple. Les critères pris en compte se nomment ESG (E pour environnement, S pour social et G pour gouvernance). Ces derniers fonds n’investissent que dans les entreprises dans le top du ranking ESG. Nos clients réagissent positivement sur cette offre de fonds Responsables. Cela représente pour la banque un portefeuille de 11 milliards d’euros. Nous avons des équipes dédiées qui travaillent sur ce domaine. Un autre exemple qui représente 100 millions d’euros, c’est celui des attributions de crédits. Nous pouvons financer des entreprises sociales qui, en général, ont une une profitabilité lente et un cash-flow bas, mais nous pensons qu’elles sont souvent porteuses d’innovation et de création d’emplois. 

Des prêts peuvent aussi être consentis à des organisations en tenant compte de leur performance non financière (ou ESG ranking), comme les 300 millions d’euros pour la Poste belge en visant une augmentation de leur score ESG. Et on peut encore aller plus loin en matière d’émission d’obligations pour le Gouvernement pour soutenir la transition énergétique et se concentrer sur une « économie durable ».

En Europe, nous sommes vigilants à pouvoir accompagner l’accord global social et le mettre en œuvre dans tous les pays où BNP Paribas est présent. Ainsi nous participons au 1 million d’heures de volontariat de compétences pour favoriser la diversité et l’inclusion. Contrairement à la France nous avons peu de réglementations punitives en Belgique, comme les obligations concernant l’embauche des personnes handicapées. C’est à l’entreprise de faire…et donc cela devient un objectif RH. Des réseaux se forment et agissent en interne : les relations Femme/homme, les LGBT, le Handicap, l’Afrique, des réseaux de volontaires par thème (la durabilité papier/plastique…) C’est ainsi que nous avons 150 collègues qui sont labellisés Eco-coachs et ambassadeurs RSE, et des animateurs de réseaux.

Votre métier lui-même évolue. Faites-vous entrer la « compliance » dans les obligations RSE ?

Depuis la crise financière, nous avons à respecter 25 000 pages de réglementations nouvelles. Il est nécessaire d’avoir des experts et donc nous avons une structure ad-hoc. Mais comme il est nécessaire que ces obligations réglementaires (blanchiment, drogue…) soient appropriées par les métiers, les agences, les équipes de vente, cela devient une problématique sociétale et sociale. Une façon de pratiquer son métier en mode « responsable » et bien entendu, c’est aussi de la RSE.

Je vous ai signalé que le top 5000 du groupe avait sa rémunération variable impacté par des indicateurs RSE, en Belgique, les rémunérations variables sont posées sur les critères suivants : la satisfaction client, la compliance, la QVT, la consommation de papier, le bien-être au travail.

En France le leader du syndicat le plus important déclarait il y a peu que si l’emploi devait être défendu, il n’y avait pas d’emploi sur une terre morte. Les syndicats belges sont ils à ce stade de réflexion ? 

Depuis un an ou deux on assiste à une évolution incroyable. Si la hiérarchisation plaçait la QVT en tête des préoccupations syndicales, le fait de constater que les effets positifs génèrent aussi de l’innovation, de l’emploi et du développement social entraine une évolution des comportements. Même sur des sujets comme la digitalisation, les syndicats s’impliquent. Les demandes des salariés en matière de durabilité et d’écologie changent, et par voie de conséquences les syndicats aussi. 

Et cette approche RSE est-elle intégrée à votre élaboration de « marque employeur » ?

Bien sûr mais la condition est essentielle : ce ne doit pas être juste de la communication. Cela doit reposer sur des actions démontrables, sur des comportements observables. Un exemple, lors de nos journées d’accueil des nouveaux embauchés, nous sommes capables de sortir de nos murs pour organiser des rencontres entre les nouveaux entrants et des entreprises ou organisations sociales.

Aujourd’hui personne ne peut agir seul. La marque employeur, c’est aussi être capable de démontrer que nous sommes engagés avec des partenaires (d’autres groupes bancaires) pour faire évoluer les choses y compris auprès de l’ONU . Ce n’est plus que de l’investissement responsable dont il s’agit mais aussi de financement responsable.


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Mots-clés: RSE, MagRH8

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