Tous compétents ?

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme

Pierre LAMBLIN, Directeur des Etudes, APEC

Sous l’effet des évolutions technologiques, réglementaires mais aussi démographiques et sociales, les entreprises se dotent de compétences qualifiées et de cadres pour accompagner les innovations ainsi que les transformations, notamment numériques et organisationnelles. L’effectif cadre du privé a ainsi augmenté d’un tiers durant ces vingt dernières années pour s’approcher des 4 millions de cadres. Si beaucoup de métiers cadres de demain sont encore inconnus et en nombre difficiles à quantifier, la plupart des métiers cadres actuels vont continuer à se transformer en faisant évoluer les compétences recherchées. Expertise, management, autonomie et adaptabilité constituent aujourd’hui le socle de compétences marqueur de l’identité d’un cadre, mais, pour autant, certaines compétences, notamment comportementales, prennent de plus en plus d’importance aux yeux des managers et des recruteurs. 

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La SNIE : une ETI dont on peut dire… Elle a tout d’une grande…

La SNIE : une ETI dont on peut dire… Elle a tout d’une grande…

 

Par Laurent Crief, Directeur général,
Directeur du pôle social, administratif et financier
et François Carmeille, adjoint au DRH.

La SNIE a été créée en 1966 par André CRIEF (dans le sous-sol du pavillon familial). Elle est aujourd’hui dirigée par ses fils, Fabien et Laurent Crief. Elle s’est installée à Brie-Comte-Robert en 1971, a connu plusieurs déménagements, dont le dernier en janvier 2015 pour intégrer un site ouvert sur le respect de l’environnement et le bien-être des salariés.

Elle est spécialisée dans l’équipement électrique de logements neufs (essentiellement collectifs) dans la conception et la réalisation d'installations électriques dans les domaines de l'habitat et du bâtiment. Cette entreprise familiale est aujourd'hui l'un des leaders de son secteur.

à la date de rédaction de ces lignes, elle compte un peu moins de 500 salariés, traite plus de 9000 logements par an, et son chiffre d’affaires avoisine les 50 millions d’euros annuels. Ses clients sont essentiellement des promoteurs privés réalisant des programmes de construction neuves, dans lesquels co-interviennent différents acteurs de la Construction (Gros-œuvre, électriciens, plaquistes, peintres, etc.)

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Entretien avec Guy LE BOTERF

Entretien avec Guy LE BOTERF

A partir de quel moment la notion de compétence a-t-elle pris place dans les politiques de gestion des ressources humaines et de formation en France ?

Au début des années 70. Il faut se rappeler qu’avant 1973 la compétence n’était pas un « objet de travail  ». Dans le domaine de la formation et dans les entreprises on raisonnait en termes d’objectifs de formation ou d’objectifs pédagogiques. La notion de compétence est devenue essentielle sous l’influence de deux évènements majeurs : la loi Delors de 1971 sur la formation professionnelle continue et le choc pétrolier de 1973.

Des ressources financières étant disponibles avec la nouvelle législation sur la formation continue, la question s’est posée de savoir comment non plus faire de la formation une dépense sociale mais un investissement. Comment alors identifier le résultat attendu de cet investissement ? Que doit produire la formation ? La réponse fut : des compétences. 

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Et si les compétences entrepreneuriales construisaient une nouvelle employabilité ?

Et si les compétences entrepreneuriales construisaient une nouvelle employabilité ?

Sylvie Merran Ifrah, We Are Blue Moon. Spécialiste dans l’accompagnement du rebond entrepreneurial, Sylvie a passé plus de 15 ans dans le marketing et la communication, exercées aussi bien pour des grands groupes (Lafarge, CarteBleue Visa, DuPont de Nemours, Natixis, Ayming), que pour de petites structures innovantes dans différents secteurs. Elle s’appuie sur les outils de l’Intelligence Projective pour la conduite du changement et du Marketing pour la conception et le déploiement de plans d’actions pragmatiques.

L’entrepreneuriat revêt de nombreuses réalités : freelance, autoentrepreneur, entreprise individuelle mais aussi associés, dirigeants de startup innovantes, créateur d’entreprise de services… Et mobilisent de nombreuses aptitudes du fait de ces différences. Si Etre entrepreneur représente plutôt dans l’imaginaire collectif et professionnel un ensemble d’aptitudes, on ne naît pas seulement entrepreneur, on le devient grâce à un ensemble de compétences, « pas si soft que cela », des compétences plutôt techniques et éprouvées qui sont aujourd’hui organisées en référentiels et sont enseignées dans des cursus spécialisés. Pourtant, l’entrepreneur en France n’est pas aussi facilement accepté dans l’entreprise s’il voulait redevenir salarié, alors qu’aux Etats-Unis, on assiste à une survalorisation de son parcours. Comme aux Etats Unis, le salariat pourrait devenir un rebond possible pour l’entrepreneur en France, car après avoir dépassé craintes et fantasmes, il est temps d’envisager les compétences entrepreneuriales comme un socle fondateur d’une nouvelle employabilité. 

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La GPEC en réseau

Après des études de Marketing Fanta BERETE a travaillé 14 ans au sein du groupe Teleperformance France. Elle y a occupé les postes de RRH, de Responsable Développement RH et de Responsable communication interne. Après un Exécutive master communication à Sciences Po elle a intégré la tête de réseau des Chambre du Commerce et de l’industrie.

Elle y a géré pendant 4 ans le pôle développement RH en travaillant principalement sur l’uniformisation de l’ensemble des outils et en développant les modules RH du système d’information RH. Depuis juin 2018 elle est en charge du pôle pilotage projets. Avec son équipe elle est chargée de piloter l’ensemble des projets qui concernent l’organisation et l’évolution du réseau des CCI.

La GPEC, paraît toujours simple quand on récupère dans sa bibliothèque la méthodologie proposée par les grands auteurs RH.

Page après page, on pioche de l’information, on se dit que de nombreuses procédures explicitées existent déjà au sein de sa propre structure et que l’idée générale est de tout remettre en ordre et de développer quelques outils complémentaires.

Pas si simple…

Le réseau des CCI comme beaucoup d’autres organisations a commencé au cours des dernières années de nombreux travaux visant à la mise en œuvre d’une GPEC nationale. Depuis 2013, CCI France souhaite mettre en œuvre une politique RH harmonisée concernant l’évolution professionnelle des collaborateurs du réseau. Dans le sillage de la loi sur la régionalisation, l’idée était de proposer un dispositif national structuré, identifiable et identifié.

En 2014, nous nous engagions  à « Doter le réseau des CCI d’une gestion dynamique et anticipée de l’emploi pour disposer des meilleures ressources face aux besoins des organisations et à structurer cette gestion RH de manière à prendre en compte les besoins des différents niveaux (territorial, régional et national), dans un contexte de ressources fiscales complexe…  ».  C’est dans ce cadre, que nous avons lancé de grands chantiers de réflexion autour de l’emploi dans les chambres. Profitant, de l’impulsion donnée par la régionalisation, nous avons mené un long travail autour de la création d’une liste d’emplois nationaux. Cet exercice nous a permis au bout de quelques mois de rattacher les 19 000 emplois que comptait alors le réseau à la liste des 59 emplois nationaux.

Parallèlement, nous avons ouvert une plateforme de négociation avec nos partenaires et nous avons signé des accords majeurs  dont, les accords classification, mobilité, mutation géographique. Chacun de ces accords était pour nous une pièce supplémentaire dans la réalisation de notre puzzle GPEC.

En 2015,  les DRH du réseau consulaire,  ont souhaité aller plus loin en matière de gestion des ressources humaines en concluant des accords ayant pour objectif de favoriser la mise en œuvre d’une véritable GPEC (Accords GPEC national permettant une déclinaison régionale, formation, télétravail et prévention des risques psycho-sociaux RPS)


Fin 2015, il nous a semblé que nous avions un cadre réglementaire clair et adapté à l’introduction de procédures et d’outils communs pour optimiser le dispositif et parler un langage commun. C’est pour ces raisons que dès le début de l’année 2016, nous avons travaillé sur l’harmonisation de l’ensemble des procédures en lien avec l’entretien professionnel. Selon les régions il était fait ou pas, plus ou moins exhaustif, plus ou moins informatisé. Après ce travail d’harmonisation nous avons entrepris sa transposition dans notre système d’information RH. Deux ans après le déploiement du module paie, il était temps pour nous d’investir les modules RH. 

C’est toujours avec nos DRH de région que nous avons déterminé les procédures, les workflows nécessaires à l’établissement d’un entretien professionnel en ligne accessible à tous les managers en métropole et depuis les DROM. Puis, il nous a paru opportun de compléter notre démarche en proposant aux collaborateurs un portefeuille de compétences personnalisable. De nouveau, la fonction RH s’est retrouvée autour de la table. 

Nous avons alors travaillé sur un répertoire des compétences.

Ce répertoire est composé de 5 grandes parties :

  • Les compétences métier, compétences qui font directement référence à l’ensemble des métiers du réseau des CCI de France, 
  • Les compétences transversales,
  • Les expertises/thématiques en lien avec des spécificités observables dans nos différents emplois,
  • Les langues, 
  • Et enfin les diplômes, certification et habilitations.

Nous avons pensé un système permettant  la création d’un portefeuille de compétences personnel pour chaque collaborateur, mais l’idée était également, d’être en mesure de comparer les individus les uns avec les autres. 

C’est pour cette raison que nous avons établi un socle commun de compétences par emploi. Nous avons donc croisé chacun de nos 59 emplois avec un cœur de 4 à 5 compétences identiques sur l’ensemble du territoire.

Puis, chaque collaborateur a pu compléter avec son manager les compétences acquises en dehors du réseau ou dans le cadre d’autres activités 

Armés de l’ensemble des textes et des outils, il était temps de mettre en œuvre et pour cela nous avons décidé d’accompagner nos DRH de région en rédigeant le Guide « GPEC, Pas à pas  ». Pour cette partie nous avons fait le choix de nous faire accompagner par un professionnel de la question.

Ces travaux ont été réalisés entre 2017 et 2018, cependant l’actualité des chambres a fait que nous avons été dans l’obligation de freiner la mise en œuvre.

Cette année, nous bénéficions d’un contexte qui nous amène encore plus à développer la GPEC

1. Un contexte global complexe, qui finalement nous contraint à faire un réseau sur certaines questions 

Le réseau des chambres de commerce et d’industrie connaît une profonde mutation.

Depuis les lois de 2010 et de 2014, il s’est profondément transformé, notamment par des fusions d’établissements. Le réseau est, ainsi, passé de plus de 150 à une centaine d’établissements publics.

La taxe pour frais de chambre est passée de près d’1,4 milliard d’euros en 2012 à moins de 750 millions d’euros en 2018, avec, notamment, pour conséquence le départ de 4 000 collaborateurs dont 2 000 suppressions de postes.

Les annonces du gouvernement pour les prochaines années portent sur de nouvelles et fortes baisses de ressources fiscales (TFC), de -100 M€ par an sur 4 ans.

Parallèlement, le Ministre de l’Economie et des Finances, a fixé en juillet dernier différentes orientations pour le réseau des CCI :

  • une redéfinition des missions, autour d’un socle de services communs aux TPE/PME pour l’appui aux entreprises,
  • la formation initiale dans les territoires, notamment dans les plus petites agglomérations,
  • la représentation des entreprises.

Le ministre a réaffirmé que les CCI devaient être le relais de l’Etat pour la conduite des politiques publiques de développement des entreprises.

Après les départs successifs et les divers plans de mutualisation, seul le plan global autour de la GPEC peut nous permettre de mettre en œuvre d’autres dynamiques RH et organisationnelles.

2. Une tête de réseau renforcée 

La transformation du réseau passe aussi par le renforcement de la tête de réseau, CCI France.

Le projet de loi PACTE lui permet notamment de mettre en place une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) au niveau national.

Comme pour tout projet global, il faut une gouvernance claire afin que chaque acteur du réseau sente qu’il fait partie d’un ensemble et que comme tout un chacun il a un rôle individuel à jouer qui viendra servir un collectif.

3. Des objectifs qui s’affinent 

Au cours des derniers mois le réseau a accueilli de nombreuses missions des ministères de tutelle afin d’analyser nos activités. Peu à peu nous sommes en capacité de dessiner les contours des futures objectifs des CCI : 

  • faire évoluer le service rendu dans les territoires,
  • diversifier leurs financements et renforcer la fonction commerciale afin d’accroître la facturation de services.

L’ultime but est d’amener les CCI, à l’instar des autres établissements publics de l’Etat, à proposer des services adaptés en permanence à la demande des usagers et des clients, à améliorer les conditions d’exercice pour leurs collaborateurs, tout en intégrant la baisse des ressources budgétaires dans la stratégie globale du réseau.

Pour atteindre cet objectif, les CCI vont très prochainement finaliser leur Convention d’Objectifs et de Performance (COP) et leurs Conventions d’Objectifs et de Moyens (COM).

Les missions ainsi structurées et redéfinies permettront de définir les besoins en compétences dont le réseau des CCI aura besoin.

Ces différentes analyses aboutiront également à identifier les écarts entre les besoins en compétences du réseau des CCI d’ici à 2021 et les ressources dont il dispose actuellement.

La nécessité de combler ces écarts, alimente le Plan GPEC CCI 2021.

Confronté à une nécessaire et profonde transformation, notre réseau met donc en place, sur les années 2019-2021, un plan ambitieux de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences afin de faire évoluer les compétences de ses collaborateurs et d’accompagner ceux dont le poste est menacé.

4. Le Plan GPEC CCI 2021 poursuit trois objectifs majeurs :

  • Mieux organiser le réseau en mettant en place des centres d’expertises qui ont vocation à accroitre la satisfaction des clients en mettant en œuvre un plan d’accompagnement des CCI dans leurs efforts de mutualisation au niveau des effectifs comme à celui des moyens (notamment en systèmes d’information),
  • Mieux s’adapter à l’évolution des missions en proposant aux ressortissants devenant des clients des prestations personnalisées et à valeur ajoutée en mettant en œuvre des plans d’actions permettant de disposer des compétences nécessaires pour les activités des CCI dès fin 2019,
  • Développer l’employabilité des collaborateurs en interne et en externe, en mettant à leur disposition ainsi qu’aux managers et aux équipes RH un système d’information fiable, durable et permettant une gestion optimale des data RH (projection, pilotage, structuration).

Dans le même temps, l’analyse des écarts entre les besoins futurs et les ressources actuelles va mettre en évidence les compétences et, par conséquent, les postes qui ne seront plus utiles pour le réseau des CCI d’ici à 2021 du fait de la modification des missions, la mutation ou la disparition de métiers, la mutualisation des fonctions etc.

En conséquence, le réseau lance dès le premier semestre 2019 les processus qui lui permettront de :

  • identifier les personnes dont l’emploi est menacé, CCI par CCI,
  • être en mesure de proposer des solutions en interne à certains collaborateurs bien identifiés qui, suite à un parcours de formation dédié, pourront changer d’emploi ou évoluer vers un niveau d’expertise différent ou plus élevé.
  • être en capacité d’accompagner les autres collaborateurs vers une mobilité externe.

Cette année, est donc à priori la bonne pour nous. La tâche reste immense en cette fin février, mais l’avenir de notre réseau est en jeu. Tout le travail réalisé au fil des ans permettra sans nul doute à la fonction RH de travailler de relever ce défi. 

  

 

 

        

Mots-clés: FORMATiON, REFORME, APPRENTISSAGE, COMPETENCES, MagRH5, TEMOIGNAGE, GPEC, PROSPECTIVE

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