Tous compétents ?

Vous avez dit compétences ?

Vous avez dit compétences ?

 

L'évolution de la gestion des ressources humaines conduit à considérer : non pas que les hommes “sont” des ressources – c’est à dire qu’on peut les traiter comme des choses –, mais qu’ils “ont” des ressources ; et qu’il faut les convaincre d’orienter ces ressources au service de l’entreprise, de la manière la plus adéquate possible, dans des conditions de temps et de lieu définies, dans un contexte et des environnements circonstanciés.

La première notion qui vient à l’esprit, lorsqu’on parle de ressource humaine, est la compétence, puisqu’elle est condition nécessaire – et non suffisante – de la performance. La vocation originelle de la fonction RH est en effet de fournir, maintenir et accompagner, en quantité et en qualité, les besoins en compétence d’une organisation autour d’un projet, pour satisfaire à la totalité des missions, objectifs et tâches nécessaires.

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Compétences d’une illusion à un engagement bien nécessaire

Compétences d’une illusion à un engagement bien nécessaire

Certains pointent un travail démesuré avec des attendus fragiles ; d’autres, plus récemment, vantent les mérites des solutions algorithmiques de deep learning, d’intelligence artificielle, qui permettraient de dépasser toutes les difficultés. J’ai tenté, avec la posture du chercheur qui expérimente, de mieux approcher le sujet et d’apporter une réponse à la fois théorique et pratique à tous ces questionnements.

Mon entrée dans la fonction RH a parfaitement correspondu avec l’arrivée des outils informatiques. Curieux et technophile de nature, j’ai toujours cherché à comprendre comment ces outils pouvaient mieux m’aider dans les activités et les tâches qui étaient les miennes. D’abord dans le souci d’alléger le fardeau administratif d’un responsable de formation : supprimer autant que possible les tâches sans valeur ajoutée et éviter de perdre son temps dans les totalisations et les ventilations de multiples reportings. Ensuite, en voulant mieux percevoir les missions et responsabilités dans les équipes dont j’avais le suivi comme RH. Enfin en cherchant à appréhender et énoncer les points précis spécifiant l’adéquation au besoin (mission confiée) et ce que les collaborateurs pourraient valablement envisager ou ambitionner, formulé avec méthode et rigueur, sous une forme systémique. Pour ce faire, il faut faire appel à ces objets que sont les emplois et les compétences :  des « étiquettes » à apposer sur chacun, les cartes d’un jeu que chacun a en mains ou qu’il doit ou pourrait avoir.

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de l'homo-faber à l'homo-sapiens

de l'homo-faber à l'homo-sapiens

Hubert Landier

Il y a longtemps déjà, m’arrêtant à Hamamatsu, venant de Tokyo et me rendant à Kyoto, je tombai en arrêt, dans le hall de la gare, sur un spectacle à l’époque insolite. Un piano (bien entendu, un piano Yamaha puisque Hamamatsu en est le siège) qui jouait tout seul la Lettre à Elise. Ce n’était pas un simple enregistrement : les touches se levaient et s’abaissaient toutes seules, comme si elles avaient été actionnées par un pianiste invisible.

Spectacle qui peut paraître aujourd’hui banal. N’importe quel synthé peut être programmé de façon à jouer un air de musique. Et l’on pourrait donc imaginer que plusieurs synthés, programmés selon un même tempo, pourraient interpréter un air de musique de chambre. Steve Reich, le compositeur minimaliste (quoi qu’il dise) auquel on doit Music for 18 musicians, s’y est essayé. Hé bien, ça ne marche pas ! Quelle que soit la précision des algorithmes, les instruments ne parviennent pas à s’accorder. Il n’y a pas d’autre moyen que de rassembler des musiciens afin de parvenir à une véritable musique. C’est de leur coordination que résulte l’harmonie - et l’intelligence artificielle doit s’incliner devant l’intelligence humaine. Allons plus loin, la « musique relaxante » américaine, automatiquement composée, dont les sons peuvent s’enchaîner durant des heures, ne vaudra jamais un prélude de Debussy. Au moins en l’état actuel de la technique. Et il n’y a aucune raison que ça change.

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Comment repérer et développer les soft skills ?

Comment repérer et développer les soft skills ?

Jérémy Lamry

C’est quoi les soft skills ?

Depuis quelques mois, c’est devenu l’action à la mode : lancer un programme de développement des soft skills. Dans l’univers RH, difficile désormais de passer une semaine sans entendre parler des soft skills, ces compétences qui… ou plutôt ces comportements, ces aptitudes, enfin, ces trucs qu’on n’apprend pas en cours quoi. Voilà, le sujet est posé. On entend beaucoup parler des soft skills, mais elles semblent plutôt difficiles à décrire, à tel point que pour les nommer, nous utilisons un terme américain ! Et pourtant, même de l’autre côté de l’Atlantique, la notion de soft skills n’est pas très ancienne. 

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La SNIE : une ETI dont on peut dire… Elle a tout d’une grande…

 

Par Laurent Crief, Directeur général,
Directeur du pôle social, administratif et financier
et François Carmeille, adjoint au DRH.

La SNIE a été créée en 1966 par André CRIEF (dans le sous-sol du pavillon familial). Elle est aujourd’hui dirigée par ses fils, Fabien et Laurent Crief. Elle s’est installée à Brie-Comte-Robert en 1971, a connu plusieurs déménagements, dont le dernier en janvier 2015 pour intégrer un site ouvert sur le respect de l’environnement et le bien-être des salariés.

Elle est spécialisée dans l’équipement électrique de logements neufs (essentiellement collectifs) dans la conception et la réalisation d'installations électriques dans les domaines de l'habitat et du bâtiment. Cette entreprise familiale est aujourd'hui l'un des leaders de son secteur.

à la date de rédaction de ces lignes, elle compte un peu moins de 500 salariés, traite plus de 9000 logements par an, et son chiffre d’affaires avoisine les 50 millions d’euros annuels. Ses clients sont essentiellement des promoteurs privés réalisant des programmes de construction neuves, dans lesquels co-interviennent différents acteurs de la Construction (Gros-œuvre, électriciens, plaquistes, peintres, etc.)

Si la SNIE s’est développée de manière importante au cours des années, les principes sur la base desquels elle a réalisé cette croissance (autant dire son ADN) ont été relativement stables depuis l’origine.

Les enjeux de la gestion des compétences

La SNIE doit s’efforcer de conserver les marqueurs qui constituent son ADN : 

  • Entreprise familiale de culture fidélisante, avec une chaîne hiérarchique courte et un processus de décision rapide, 
  • Culture QSE : la culture de la Prévention (Santé et Sécurité) et la maîtrise des méthodes de travail (Qualité) sont ancrées de longue date. Celles-ci sont tracées, et l’ensemble des processus sont gérés en interne (du bureau d’études et de la conception de pieuvres électriques jusqu’à la livraison du chantier, en passant par la production en atelier, le transport, les achats, la veille technique, etc.), sans recours à la sous-traitance (100 % Made in SNIE)
  • Une forte culture de la promotion interne, de la formation interne, et de la reconnaissance des métiers manuels (avec un système de rémunération permettant une espérance de gains importante pour les personnels de chantier)
  • Un investissement marqué dans la Qualité de Vie au Travail : cf. divers articles de presse comme celui intitulé « À la Snie c’est comme chez Google  » faisant référence à l’investissement important réalisé dans le nouveau siège social inauguré en 2015 : Bâtiments HQE, équipements à disposition des salariés et services aux salariés (coachs sportifs, salles de sport, etc.)
  • Un dialogue social apaisé et constructif, raison pour laquelle Le premier Ministre et la Ministre du travail se sont rendus sur place le 30 novembre 2017. La SNIE a mis en place le tout premier Conseil d’Entreprise en France. 

Conserver son ADN… tout en faisant face aux défis nouveaux, comme par exemple : 

  • La RSE, si elle a toujours été « sous-entendue  » dans les valeurs et pratiques de management de l’entreprise, fait aujourd’hui l’objet d’une politique de mieux en mieux tracée et formalisée.
  • Tout comme l’entreprise a su négocier le virage de l’informatique dans les années 90, la « révolution digitale  » va impliquer, même s’ils/elles ont fait leurs preuves jusqu’ici, une nécessaire adaptation des outils et méthodes de travail, et de planification de l’activité.
  • Les évolutions de toute nature doivent faire l’objet d’une surveillance et d’une anticipation constantes : évolutions technologiques (logements connectés, techniques constructives, etc.), réglementaires et normatives, attentes de clients, etc.
  • D’une manière générale, la culture de l’amélioration continue doit pousser cette PME familiale devenue une ETI à être toujours plus performante en matière de veille, de prospective organisationnelle et stratégique, etc.

Gérer les compétences dans une ETI familiale : les outils

Les origines : la gestion des compétences avant que l’on ne parle de gestion des compétences

Les premiers véritables référentiels de compétences et de formation viennent incontestablement du terrain (et donc des Directions Technique et Travaux plus que de la Direction des Ressources Humaines). Ils sont centrés sur des compétences considérées comme à maîtriser (Guides descriptifs des tâches de certains métiers, parcours de formation interne standardisés sur des métiers à embauche récurrente, etc.) 

Gestion des compétences dans une ETI familiale : quelques principes de base

Processus annuel : principaux outils

Parallèlement, l’entreprise a mis en place progressivement, puis constamment amélioré au fil de l’eau les outils permettant de piloter la gestion de la performance et des compétences au sens classique du terme. 

Sur l’analyse des besoins (les fonctions / le requis) : 

  • Cartographie et description des emplois / postes (incluant activités et objectifs permanents de postes).
  • Référentiels de compétences requises (techniques, managériales, comportementales : « hard et soft skills  » comme les désignent le vocabulaire RH du moment).

Sur l’analyse des ressources (le détenu par rapport au requis) :

  • Les entretiens professionnels
  • Les entretiens d’évaluation de compétence et de performance (réelles) dérivent des compétences et objectifs et compétences (requis) identifiés plus haut, ainsi que des objectifs non permanents fixés par les managers bien entendu.

Des expérimentations et dispositifs ciblés

En marge des outils précités, l’entreprise a souhaité mettre en place, et continue à développer des processus de suivi de certaines compétences clés sur une périodicité infra-annuelle.

Des grilles d’évaluation continue sont en test sur des savoir-faire techniques particuliers et ciblés (hard skills cœur de métier).

Elles sont utilisées en dehors des entretiens classiques. Si elles concernent l’ensemble des collaborateurs et collaboratrices dans le métier et les compétences ciblées, elles sont considérées comme particulièrement adaptées à la période d’intégration, pour vérifier la progression de l’acquisition de savoirs de base essentiels.

Ce processus d’évaluation continue, malgré les débats de ces dernières années sur l’utilité (contestée) et la lourdeur (déclarée) des systèmes classiques d’évaluation, ne remettent pas en cause, à notre sens, les entretiens annuels. Ils en sont un complément, ciblé sur un objectif bien particulier : la gestion de compétences en période d’intégration et la maîtrise des savoir-faire capitaux dans nos métiers de base. 

De la Gestion des Compétences à la Gestion Prévisionnelle des Emplois, Effectifs, et Compétences (de la G.R.H. à la G.P.R.H. : une démarche et des acteurs)

Comme toutes les entreprises, la SNIE s’est posé la question de l’utilité et des limites de la « GPEEeC  » (Gestion Prévisionnelle des Emplois Effectifs et Compétences). Conscients des arguments des « opposants  » (on vit dans un monde imprévisible, les horizons de prospective ne sont pas les mêmes d’un métier à l’autre, toute prospective est par nature inexacte, réputation d’usine à gaz  »…etc.), l’entreprise a su associer le comité de Direction et la Direction RH pour mettre en œuvre une démarche plus qu’un ensemble d’outils.

Car c’est précisément parce-que l’environnement externe (technologique, réglementaire, économique, politique, social, marché, etc.) change que les fonctions de veille, d’anticipation et de prospective prennent tout leur sens.

Le rôle de la Direction RH aujourd’hui est d’aider le Comité de Direction stratégique à : 

  • Travailler sur les causes d’évolution (diagnostic stratégique) 
    • Analyser son environnement.
    • Identifier les opportunités et risques stratégiques qui en découlent.
  • Travailler sur les effets prévisibles (tout n’est pas prévisible cependant)
    • Evaluer les impacts sur l’organisation, puis sur la Gestion Prévisionnelle des Ressources Humaines (évolution prévisible des besoins en effectifs, compétences, structure des emplois) au travers d’un tableau de bord d’évolution des emplois effectifs et compétences.
    • Et alimenter la politique RH /les plans d’action (en incluant le traitement des besoins prévisibles - si besoin - aux côtés du traitement des besoins immédiats). 

Des outils à la politique RH

Les mesures/plans d’action en matière de G.R.H. et de G.P.E.C. / G.P.R.H. ne sont pas différentes. Elles mobilisent les mêmes leviers, mais ce sont les horizons d’action qui changent (besoins immédiats, besoins prévisibles).

A titre d’exemple, le plan de formation (devenant « plan de développement des compétences  ») est aujourd’hui la somme : 

  • des besoins d’adaptation au poste remontés par le Service Prévention (Santé /Sécurité au travail, formations obligatoires). 
  • des besoins d’adaptation au poste résultant de la gestion des compétences et de la performance (entretiens d’évaluation).
  • des besoins plus prospectifs soit individuels / issus des projets professionnels (entretien professionnel) ; soit collectifs (prospective métier, adaptation des organisations).

Entre modes managériales et recherche d’efficacité…

Les outils « traditionnels  » de Gestion des compétences subissent parfois les assauts du temps, et des tendances, pour ne pas dire « modes  »de management. 

A titre d’exemple la description de fonction est parfois décriée, mais les référentiels de compétences en découlent, et chacun s’accorde sur l’importance de décrire et d’évaluer des compétences conçues comme des ressources de performance, en ne se limitant d’ailleurs pas aux « hard skills  ».

La GPEC a été considérée comme lourde et complexe, voire inutile dans une approche résignée (on ne peut rien prévoir…) mais… les approches de « workforce planning  » nous rappellent constamment qu’il n’y a aucune raison pour laquelle la G.R.H. soit la seule matière de la gestion d’entreprise incapable de faie de la prévision autre que quantitative.

Et que dire des accords de GPEC qui ont tissé un lien dangereux entre GPEC défensive et problématiques de restructuration (Cf. accords post Loi Borloo).

Dans une ETI comme la nôtre, la Gestion (Prévisionnelle ou non) des compétences, et plus largement du capital humain, est une approche qui s’appuie sur l’opportunité et l’amélioration continue.

Si nous devons rester attentifs aux évolutions et tendances de management RH (évaluation continue, approche plus légère de la prospective…), il reste important de mettre en place et de faire évoluer un cadre structuré d’outils et de pratique en matière de Gestion des compétences. Un environnement changeant et complexe, la croissance de notre organisation, et l’accroissement de nos propres standards de gestion interne ne peuvent que nous y pousser.

L’avantage d’une ETI certes importante mais encore à taille humaine peut résider : 

  • dans une connexion directe entres les fonctions de gouvernance/stratégie et de G.R.H.
  • ainsi que dans sa capacité à faire évoluer rapidement ses outils et process de G.R.H. et de G.P.R.H. 

  

 

 

        

Mots-clés: FORMATiON, REFORME, APPRENTISSAGE, COMPETENCES, MagRH5, GPEC, PROSPECTIVE

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