Pour une meilleure qualité de vie au travail ...

La qualité de vie au travail est-elle une sucette pour les enfants sages ?

La qualité de vie au travail est-elle une sucette pour les enfants sages ?

Par Hubert LANDIER

L’irruption de la problématique relative à l’amélioration des conditions de travail peut être située en 1972, avec la grève des ouvriers de l’usine Renault du Mans. Et c’est l’année suivante qu’est créée l’ANACT. Du côté patronal, l’UIMM imagine les « équipes d’amélioration des conditions de travail ». Et c’est en 1982 que, sur une base paritaire, sera créé le CHSCT.

Cette problématique correspond, venant des syndicats, et plus particulièrement de la CFDT, à la conviction qu’aux revendications « quantitatives » (salaires, durée du travail) doivent s’ajouter, sinon se substituer, des revendications « qualitatives ». Autrement dit, le progrès social ne consiste pas seulement à obtenir une augmentation des salaires et une baisse de la durée du travail. Par exemple, il ne s’agit pas, ou il ne s’agit pas seulement, d’obtenir des « primes de poste » en faveur des travailleurs postés (3X8) mais de faire reculer le travail posté et, si ceci n’est pas possible, de l’aménager de façon à le rendre physiologiquement plus supportable compte tenu des rythmes circadiens qu’étudient les chronobiologistes.

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Quels leviers pour impacter sur la QVT ?

Quels leviers pour impacter sur la QVT ?

Mary Vigier est enseignante-chercheuse en Management, ESC Clermont ; responsable de la filière International Business du programme Bachelor ; secrétaire général de l’association scientifique Groupe d’études en Management et Langage ; membre de l’Academy o

La qualité de vie au travail est aujourd’hui un enjeu majeur pour les entreprises qui cherchent à allier performance et bien être dans l’entreprise en améliorant très concrètement les façons de travailler.

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Histoire de la santé au travail

Histoire de la santé au travail

Par André Perret

La pathologie professionnelle était déjà décrite dans la Bible, et dans l’antiquité, un papyrus de 2 500 ans av. J.-C. contient la description dans l’ancienne Égypte du lumbago aigu survenu accidentellement chez un ouvrier ayant participé à la construction d’une pyramide. Plus tard Hippocrate le père de la médecine avait déjà remarqué en 450 av. J.-C. que l’asthme était plus fréquent dans certaines professions, les tailleurs, les pêcheurs et les métallurgistes entre autres. On trouve également des allusions aux maladies professionnelles chez Pline l’Ancien puis Julius Pollux.

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La QVT au pays de l’ingénierie…

La QVT au pays de l’ingénierie…

Entretien avec Sophie Moreau-Follenfant, DRH Groupe d’EGIS

Pourriez vous nous repréciser ce que représente Egis en termes d’activités, de métiers et d’effectif ?

Le Groupe Egis est un groupe d’ingénierie, de montage de projets et d’exploitation, filiale de la Caisse des Dépôts. Ses métiers vont de la conception à l’exploitation d’infrastructures, en passant par le conseil, et le clé en main.

Ce sont plus de 14000 personnes, dont 9000 dans l’ingénierie, réparties à raison de 4000 en France, 5000 dans une centaine de pays, dont principalement trois gros pôles domestiques : l’Inde, le Brésil et le Moyen-Orient, ainsi que quelques implantations fortes comme l’Ukraine, la Pologne, le Kenya ou la Roumanie. 

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Mécenat de compétences et QVT

Jean-Michel Pasquier Après avoir créé Humaneo, une entreprise de conseil en ressources humaines, Jean-Michel Pasquier a souhaité concilier ses engagements associatifs personnels avec sa carrière professionnelle en créant Koeo.

A l’heure où les entreprises investissent de plus en plus le terrain du bien-être de leurs collaborateurs au travers d’espaces de travail et de vie plus conviviaux et chaleureux, de services liés à leur épanouissement physique au travers du sport ou de la relaxation, ou d’accompagnements dédiés à leur vie quotidienne de type conciergerie ou crèches d’enfants, il reste un domaine où elles commencent à découvrir peu à peu la richesse de bienfaits jusqu’à présent inexplorés : la quête de sens des salariés.

Souvent limité en terme de perception par le management RH ou RSE à un dispositif essentiellement inscrit dans la stratégie de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise, le mécénat de compétences, qui permet de façon volontaire le don d’expertises professionnelles ou personnelles de collaborateurs, pendant leur temps de travail, à des acteurs de proximité de l’intérêt général (associations ou collectivités locales), représente pourtant une formidable dynamique à plusieurs facettes pour enrichir la QVT des organisations. 

Tout d’abord, l’ouverture. Aller à la rencontre d’associations investies dans les enjeux sociétaux forts de notre époque (précarité, insertion par l’emploi, handicap, éducation, environnement pour ne prendre que des exemples qui nous concernent forcément toutes et tous), est une expérience très forte surtout pour celles et ceux qui jusqu’à présent n’avaient pas encore connu d’engagement bénévole dans leur sphère privée. Elle permet presque systématiquement de se ré-ancrer dans le réel et d’opérer une prise de recul souvent salutaire sur ses propres (et parfois très relatifs !) enjeux et préoccupations professionnels. Cette porte ouverte sur la Société est une formidable respiration même lorsqu’il ne s’agit que d’une mission de quelque heures.

Ensuite, la gratification. On le sait, et c’est un mal trop répandu, le manque de considération et de valorisation des compétences apportées par les collaborateurs dans leur propre organisation est bien souvent le reproche majeur qu’ils expriment par rapport à leur hiérarchie dans les enquêtes de satisfaction internes et autres baromètres RH. A l’inverse, générer un input même très simple en accompagnant par exemple un bénéficiaire d’association en situation de fracture numérique à utiliser un ordinateur ou un smartphone pour aller remplir des dossiers administratifs courants, va créer un sentiment d’utilité immédiat. On le sait, donner, c’est aussi recevoir, parfois beaucoup plus que le don lui-même.

Autre registre, conséquence et attribut naturels du don de compétences : l’adaptabilité. La fameuse sortie de sa zone de confort n’est pas un vain mot ni un concept quand on s’immerge dans une structure associative, où les bénévoles ne sont pas forcément les mêmes du jour au lendemain, et où les « temps » ne sont pas ceux rencontrés dans l’entreprise qui offre des process et les postes sont beaucoup plus normés et définis. A cela s’ajoute un effet induit très bénéfique : élargir ses soft skills. Un collaborateur en mécénat de compétences va aller chercher, utiliser et renforcer des qualités qu’il n’a peut être pas l’occasion de déployer dans un contexte purement professionnel : écoute, patience, compréhension, bienveillance notamment.

Un autre bénéfice vient s’ajouter, qui n’est pas le plus anodin : la proximité. Le don d’expertises est par essence local, il concerne des structures bénéficiaires oeuvrant sur le territoire de vie du collaborateur, pour des raisons logistiques évidentes. Fréquemment plongé dans des enjeux d’entreprise nationaux ou internationaux, les salariés aujourd’hui recherchent et revendiquent cette notion de territoire, voire même de terroir, sans doute pour équilibrer une société dite « mondialisée » qui standardise et uniformise un grand nombre de comportements et d’habitudes de vie. Retrouver le sens du local, de cette proximité presque « paysanne » au sens étymologique du terme (« pays ») est une aspiration réelle que le mécénat de compétences permet d’engendrer : j’agis pour mon lieu de vie, j’aide ma communauté, je construis l’intérêt général de ma sphère sociétale.

Et puis bien sûr, en résonnance avec la gratification évoquée précédemment, le sens. Ce fameux sens que l’on retrouve lui aussi dans tous les verbatims des salariés et agents depuis quelques années maintenant : le collaborateur veut avoir un « retour » et une vision de son propre investissement professionnel par rapport aux grands défis sociétaux auxquels nous devons désormais faire face. Pour quoi je travaille ? Dans quel but ? Pour quels résultats ? Sans parler des « bullshit jobs » qui incarnent l’extrême carence parfois ressentie en terme de « sens », nous sommes aujourd’hui confrontés à un virage sociétal majeur qui va arbitrer les nouveaux visages de l’entreprise de demain. D’où le succès croissant des structures de l’Economie Sociale et Solidaire auprès des jeunes diplômés, de l’émergence récente des Entreprises à Mission, de la Loi Pacte, etc. Remettre du sens doit passer par des actes : le mécénat de compétences, dispositif pragmatique et opérationnel s’il en est, est une magnifique porte d’entrée pour ce changement annoncé de paradigme des organisations.

Bref, QVT et mécénat de compétences se rejoignent aujourd’hui très naturellement : la qualité de vie construite autour du collaborateur dans l’entreprise ne peut pas oublier les fondations de son épanouissement psychologique, moral et citoyen. Aujourd’hui, tout est lié. Le salarié/consommateur/citoyen avance avec un visage unique : à nous entreprises d’opérer à temps cette ouverture vitale sur la vie de la cité, pour le bien du plus grand nombre. Bien commun et bien-être, même combat pour le bien vivre ensemble ! 

KOEO  accompagne et encadre le don de savoir-faire de professionnels d’entreprises, pendant leur temps de travail, au bénéfice d’associations et de leur projet d’intérêt général. Elle déploie ainsi depuis 2009 des programmes croisés de mécénat de compétences auprès d’associations et d’entreprises de toutes tailles.

  

 

 

        

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