Pour une meilleure qualité de vie au travail ...

Comment sortir de l'enfer de l'email et de la réunionite

Comment sortir de l'enfer de l'email et de la réunionite

 

Par Arthur VINSON, Arthur a travaillé sur des sujets d’innovation et de marketing chez Lafarge pendant 7 ans avant de créer Mailoop. 

Il est urgent d’agir concrètement sur nos pratiques de communication digitale. Si les chiffres augmentent année après année (+5% d’e-mails professionnels par an), le sujet n’est pas suffisamment porté au niveau stratégique. J’ai fait l’exercice, dans un contexte où l’expérience collaborateur devient la clé de l’approche RH, de changer de point de vue, pour dessiner à l’échelle du temps de travail l’expérience associée aux RH vécue par le collaborateur.

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Changer le regard

Changer le regard

Par Gaëlle MONTEILLER (Tod), Présidente et cofondatrice

Comment un autre regard sur les hommes et les femmes de l’entreprise peut-il contribuer a ameliorer la sante et le bien-etre des salaries ?

Aujourd’hui, il y a urgence à s’occuper de la santé psychique et du bien-être des collaborateurs. Le stress professionnel est devenu le premier risque pour la santé des travailleurs. Les souffrances pathologiques liées au travail ont augmenté en France au cours de la précédente décennie, conduisant aujourd’hui au chiffre affolant de 22 % des actifs présentant « une détresse orientant vers un trouble mental « (Fondation Pierre Deniker 2018). 

Sans aller jusqu’à la souffrance pathologique, toutes les études montrent aujourd’hui un désenchantement majeur des salariés pour leur travail (ennui, désenchantement, …) qui entraîne un « gâchis de talents », alors que les entreprises peinent à recruter ou à garder leurs meilleurs éléments. 

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La prévention cardio-vasculaire au coeur de l'entreprise

La prévention cardio-vasculaire au coeur de l'entreprise

Professeur Bernard PIERRE, Cardiologue Faculté de médecine Lyon-Sud / Charles Mérieux

En France, la mortalité de cause cardiovasculaire (CV) a été réduite de façon spectaculaire lors des dernières décennies (de l’ordre de 50 %). De ce fait, depuis 2004, chez l’homme (mais non pas encore chez la femme), la mortalité par maladies cardiovasculaires est passée au second rang derrière celle liée aux maladies cancéreuses. Les études nous montrent que cette baisse de mortalité CV est bien sûr le fait d’une prise en charge de plus en plus performante des maladies CV une fois constituées mais, plus encore, d’une meilleure prévention de celles-ci.

Cependant, il reste beaucoup à faire ! En effet si l’espérance de vie moyenne en France à la naissance est parmi les plus hautes du monde (79,5 ans pour l’homme, 85,3 pour la femme), l’espérance de vie en bonne santé (63 ans pour l’homme, 65 pour la femme) est notoirement moins bonne que dans de nombreux pays européens (chiffres  2018). Les experts considèrent que cela est le fait d’une médecine française essentiellement curative et trop peu axée sur la prévention.

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La QVT passe du quoi au comment

La QVT passe du quoi au comment

Wilfrid Vacher a travaillé plus de 20 ans dans diverses industries, principalement dans des fonctions managériales, à tous les niveaux. S’est spécialisé dans le management des risques psychosociaux et a développé et expérimenté un système de management de la Qualité de Vie au Travail. Fondateur de Mobilisation Management

L’importance de considérer ses ressources humaines au sein de l’entreprise est de plus en plus grande ; et pour cause. Elles sont la plus grande richesse de l’entreprise, sources d’innovation, de créativité et tout simplement de valeur ajoutée.  Après un engouement massif pour les baby-foot, les chief happiness officers et autres attentions à la périphérie du travail, comme les services de conciergerie et les « pause sophro » entre midi et deux, il y a consensus pour définir les leviers de la QVT à partir de ce que constitue réellement le travail des femmes et des hommes. L’Anact (Agence National pour l’Amélioration des Conditions de Travail) définissait la perception de la QVT selon trois piliers : le contenu du travail, les conditions d’emploi et la capacité d’expression et d’action des salariés. Un autre prisme qui ne dément pas le premier est celui de la psychodynamique du travail, qui considère l’écart entre le travail prescrit (tel qu’il est imaginé) et le travail réel (tel qu’il est vécu). Partant de ce constat, la « consultation » des salariés s’est démultipliée. De l’enquête de satisfaction annuelle, à une barométrie sociale digitale omniprésente, on interroge de plus en plus les salariés sur leurs perceptions du travail. Mais cela permet-il réellement un passage à l’action ?

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INRS : Qualité de vie au travail, risques psychosociaux et bien-être au travail

Bonjour Valérie Langevin. Pouvez-vous présenter l’INRS en quelques mots et ce que vous y faites ?.

L’INRSINRS est une association loi 1901, créée en 1947 sous l’égide de la Cnam, administrée par un Conseil paritaire (représentants d’employeurs et de salariés). L’Institut accompagne les entreprises du régime général - soit 2,2 millions d’établissements et 18,4 millions de salariés - en matière de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. L’Institut met à profit ses ressources pluridisciplinaires pour diffuser une culture de prévention dans les entreprises et proposer des outils adaptés à la diversité des risques professionnels.

J’y occupe un poste d’expert d’assistance et de conseil sur les risques psychosociaux. Je travaille à la promotion d’une démarche de prévention des risques psychosociaux le plus en amont possible, centrée sur le travail et son organisation.

Etes-vous une spécialiste de la qualité de vie au travail ?

Notre cadre de référence est la prévention des risques professionnels dont les risques psychosociaux (RPS) font partie. La qualité de vie au travail (QVT) ne fait pas partie en tant que telle des axes de travail de l’INRS. Néanmoins nous avons été amenés à positionner la prévention des RPS au regard des démarches QVT ou bien être au travail mises en place dans les entreprises.

Comment définissez-vous la QVT ?

Il est possible de se référer à deux définitions. Celle de l’accord national interprofessionnel (ANI) du 19 juin 2013 selon lequel la QVT peut être définie comme : « Un sentiment de bien-être au travail perçu collectivement et individuellement qui englobe l’ambiance, la culture de l’entreprise, l’intérêt du travail, les conditions de travail, le sentiment d’implication, le degré d’autonomie et de responsabilisation, l’égalité, un droit à l’erreur accordé à chacun, une reconnaissance et une valorisation du travail effectué ». C’est une définition issue du consensus social. Toutefois ce référentiel était valable 3 ans et a cessé de produire ses effets en avril 2017. Il n’oblige plus ses signataires. Ensuite il y a la définition du Code du travail concernant la négociation annuelle sur « l’égalité entre les femmes et les hommes et la QVT » (article L.2242-17).

La QVT c’est donc un objet de négociation ?

Oui absolument alors que la prévention des risques psychosociaux est une obligation réglementaire pour l’employeur.

En d’autres termes il n’y a pas de « droit à » la QVT ?

Non. Il y a par contre pour les salariés un « droit à » se maintenir en santé et en sécurité au travail.

Et le bien-être au travail ?

Derrière ce vocable, il peut y avoir des définitions et des pratiques très diverses. L’INRS se réfère à la définition du Bureau International du Travail (BIT, 2009) selon lequel le bien-être se rapporte « à tous les aspects de la vie professionnelle, de la qualité et la sécurité de l’environnement physique, à la façon dont les travailleurs se sentent à propos de leur travail, de leur environnement de travail, le climat de travail et l’organisation du travail ». Il n’est donc pas question de baby-foot et des plantes vertes… C’est une notion plus englobante que la santé physique et mentale. Au-delà de l’absence de maladies, elle prend en compte l’épanouissement dans le travail et des enjeux sociétaux (tels que la non-discrimination de genre, l’allongement de la vie professionnelle, la lutte contre l’exclusion de l’emploi).

L’approche bien-être au travail s’inspire et se rapproche des travaux de la psychologie positive. Mais celle-ci a été largement dévoyée pour promouvoir par exemple le bonheur au travail.

Le bien-être, le bonheur au travail ont-ils supplanté les risques psychosociaux ?

Ces approches « positives » sont plus faciles à aborder en entreprise que les risques psychosociaux et le mal-être au travail. Elles sont présentées comme « gagnant-gagnant » : les salariés sont plus heureux au travail et l’entreprise est plus performante.

La promotion du bonheur au travail n’est-elle pas critiquée ?

Il existe effectivement des écrits critiques de ce mouvement, par ceux de Illouz et Cabanas qui parlent « d’happycratie » ou encore ceux de de Funès et Bouzou. Il ne faut quand même pas perdre de vue que l’objectif premier d’une entreprise n’est pas de rendre les gens heureux mais de produire des biens et des services. Le bonheur au travail ne peut être qu’une heureuse conséquence.

Alors le Bonheur au Travail c’est un truc de riches ?

Il y a en tous cas le risque que ce soit dévoyé et ce mouvement aboutisse à des mesures gadgets.

Il est important de rappeler l’essentiel : le point de passage incontournable, c’est la prévention des risques psychosociaux en lien avec l’obligation de l’employeur. Ensuite, le développement de démarches QVT ou bien-être au travail sont possibles. Leurs enjeux sont complémentaires à ceux de la préservation de la santé et de la sécurité au travail.

  

 

 

        

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