Pour une meilleure qualité de vie au travail ...

Trop de QVT tue la performance !

Trop de QVT tue la performance !

Denis MONNEUSE, Enseignant-chercheur, directeur du cabinet de conseil « Poil à Gratter »

Donald Trump n’a pas le monopole des fake news. Et Facebook n’est pas le seul vecteur mêlant allégrement information et désinformation. LinkedIn et bien d’autres médias spécialisés en management et en ressources humaines sont infestés par des coachs, consultants et autres penseurs en tout genre qui ont un mot à dire sur tout en général et sur la qualité de vie au travail (QVT) en particulier. C’est ainsi que se répandent sur ce sujet des opinions et des croyances, peut être vraies, peut être fausses, mais nullement vérifiées empiriquement ni évaluées scientifiquement, pourtant présentées avec aplomb comme des vérités révélées.

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De la vitalité des collaborateurs à la vitalité de l'entreprise

De la vitalité des collaborateurs à la vitalité de l'entreprise

Par Véronique CHABERNAUD, Créer La Vitalité

Vous avez dit santé ?  Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la santé « est un état de complet bien-être physique, mental et social et qui ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». Une belle définition qui a donné lieu à une noble vision, puisque l’OMS, dès 1948, s’est fixée pour mission « d’amener tous les peuples de l’humanité au plus haut niveau de santé ». 

Nous sommes malheureusement très éloignés de cette ambition. En France aujourd’hui, près de 10 millions de personnes en âge de travailler ont une ou plusieurs maladies chroniques, parmi lesquelles 385 000 nouveaux cas de cancer par an, 530 000 nouveaux cas de maladies cardio-vasculaires par an, 3,7 Millions de diabétiques avérés. Et ce n’est que la partie immergée de l’iceberg. 

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SNCF, comment mettre la QVT sur la bonne voie ...

SNCF, comment mettre la QVT sur la bonne voie ...

Par Nicolas WURTZ,
chef de projet, développeur/concepteur, à la direction Digital SNCF

GRAOU : La QVT collaborative chez SNCF

Si vous deviez poser la question de ce qu’est la QVT, il est probable qu’on vous parle de machine à café ou de babyfoot. Et si ces propositions peuvent améliorer l’environnement de travail, c’est indéniable, est-ce vraiment de la qualité de vie au travail ?

Je fais partie de ces personnes qui ne boivent pas plus d’un café par jour, perdent au babyfoot, et s’ennuient devant un écran de télé accroché de toutes manières trop haut pour le regarder. C’est un peu caricatural, et pourtant, dans l’environnement de travail des personnels roulant que sont les agents de conduite et commerciaux des trains, les salles de repos sont nombreuses, et les bonnes idées de QVT se limitent bien souvent à une machine à café (payant), un babyfoot « qui ne sera pas remplacé si déterioré » et quelques éléments de décor pour égayer ces lieux — je suis une fois tombé sur une immense salle télé, contenant une vingtaine de chaises à bascule d’une célèbre marque suédoise tout le long et… c’est tout.

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Gérer la mobilité de l'entreprise

Gérer la mobilité de l'entreprise

Bruno Adeline Bruno Adeline crée JobiLX fin 2015 avec deux associés aux compétences techniques et marketing pour développer la plateforme de réduction des trajets domicile-travail par l’échange d’emplois. Ingénieur ESME,il a eu un parcours d’ingénieur d’Etudes dans l’ingénierie (SPIE / SGN) puis dans l’informatique (3M,Oracle). Depuis 20 ans il s’est consacré à sa sociéte dédiée au conseil en recrutement technique .

Les entreprises intègrent de  plus en plus  l’expérience  « globale »  du collaborateur  dans son  parcours de vie professionnelle et privée, pour privilégier des solutions de mobilité, de confort, de motivation, de formation de plus en plus individualisées.  La digitalisation des données offre l’opportunité de pouvoir le faire plus simplement et sans doute de manière plus « holistique » ; 

Mobilité professionnelle et mobilité géographique se confondent, l’une potentiellement au service de l’autre et réciproquement, le tout pour l’épanouissement du collaborateur et sa fidélisation à l’entreprise.

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INRS : Qualité de vie au travail, risques psychosociaux et bien-être au travail

Bonjour Valérie Langevin. Pouvez-vous présenter l’INRS en quelques mots et ce que vous y faites ?.

L’INRSINRS est une association loi 1901, créée en 1947 sous l’égide de la Cnam, administrée par un Conseil paritaire (représentants d’employeurs et de salariés). L’Institut accompagne les entreprises du régime général - soit 2,2 millions d’établissements et 18,4 millions de salariés - en matière de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. L’Institut met à profit ses ressources pluridisciplinaires pour diffuser une culture de prévention dans les entreprises et proposer des outils adaptés à la diversité des risques professionnels.

J’y occupe un poste d’expert d’assistance et de conseil sur les risques psychosociaux. Je travaille à la promotion d’une démarche de prévention des risques psychosociaux le plus en amont possible, centrée sur le travail et son organisation.

Etes-vous une spécialiste de la qualité de vie au travail ?

Notre cadre de référence est la prévention des risques professionnels dont les risques psychosociaux (RPS) font partie. La qualité de vie au travail (QVT) ne fait pas partie en tant que telle des axes de travail de l’INRS. Néanmoins nous avons été amenés à positionner la prévention des RPS au regard des démarches QVT ou bien être au travail mises en place dans les entreprises.

Comment définissez-vous la QVT ?

Il est possible de se référer à deux définitions. Celle de l’accord national interprofessionnel (ANI) du 19 juin 2013 selon lequel la QVT peut être définie comme : « Un sentiment de bien-être au travail perçu collectivement et individuellement qui englobe l’ambiance, la culture de l’entreprise, l’intérêt du travail, les conditions de travail, le sentiment d’implication, le degré d’autonomie et de responsabilisation, l’égalité, un droit à l’erreur accordé à chacun, une reconnaissance et une valorisation du travail effectué ». C’est une définition issue du consensus social. Toutefois ce référentiel était valable 3 ans et a cessé de produire ses effets en avril 2017. Il n’oblige plus ses signataires. Ensuite il y a la définition du Code du travail concernant la négociation annuelle sur « l’égalité entre les femmes et les hommes et la QVT » (article L.2242-17).

La QVT c’est donc un objet de négociation ?

Oui absolument alors que la prévention des risques psychosociaux est une obligation réglementaire pour l’employeur.

En d’autres termes il n’y a pas de « droit à » la QVT ?

Non. Il y a par contre pour les salariés un « droit à » se maintenir en santé et en sécurité au travail.

Et le bien-être au travail ?

Derrière ce vocable, il peut y avoir des définitions et des pratiques très diverses. L’INRS se réfère à la définition du Bureau International du Travail (BIT, 2009) selon lequel le bien-être se rapporte « à tous les aspects de la vie professionnelle, de la qualité et la sécurité de l’environnement physique, à la façon dont les travailleurs se sentent à propos de leur travail, de leur environnement de travail, le climat de travail et l’organisation du travail ». Il n’est donc pas question de baby-foot et des plantes vertes… C’est une notion plus englobante que la santé physique et mentale. Au-delà de l’absence de maladies, elle prend en compte l’épanouissement dans le travail et des enjeux sociétaux (tels que la non-discrimination de genre, l’allongement de la vie professionnelle, la lutte contre l’exclusion de l’emploi).

L’approche bien-être au travail s’inspire et se rapproche des travaux de la psychologie positive. Mais celle-ci a été largement dévoyée pour promouvoir par exemple le bonheur au travail.

Le bien-être, le bonheur au travail ont-ils supplanté les risques psychosociaux ?

Ces approches « positives » sont plus faciles à aborder en entreprise que les risques psychosociaux et le mal-être au travail. Elles sont présentées comme « gagnant-gagnant » : les salariés sont plus heureux au travail et l’entreprise est plus performante.

La promotion du bonheur au travail n’est-elle pas critiquée ?

Il existe effectivement des écrits critiques de ce mouvement, par ceux de Illouz et Cabanas qui parlent « d’happycratie » ou encore ceux de de Funès et Bouzou. Il ne faut quand même pas perdre de vue que l’objectif premier d’une entreprise n’est pas de rendre les gens heureux mais de produire des biens et des services. Le bonheur au travail ne peut être qu’une heureuse conséquence.

Alors le Bonheur au Travail c’est un truc de riches ?

Il y a en tous cas le risque que ce soit dévoyé et ce mouvement aboutisse à des mesures gadgets.

Il est important de rappeler l’essentiel : le point de passage incontournable, c’est la prévention des risques psychosociaux en lien avec l’obligation de l’employeur. Ensuite, le développement de démarches QVT ou bien-être au travail sont possibles. Leurs enjeux sont complémentaires à ceux de la préservation de la santé et de la sécurité au travail.

  

 

 

        

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