Bienvenue Joomla   Cliquez pour écouter le texte entier Bienvenue Joomla Ecoutez en ligne cet article du MagRH

Pour une meilleure qualité de vie au travail ...

C'est moi le patron

C'est moi le patron

 

Par Nolwenn Anier, Docteure en psychologie et directrice du Pôle Recherche chez Moodwork

Imaginez : vous êtes devant une montagne et votre objectif est de la gravir. Vous vous demandez sûrement si vous allez y arriver. Vos capacités objectives à réaliser cette action sont difficiles à évaluer, à moins d’avoir gravi cette montagne auparavant. La vraie question est donc : comment percevez-vous vos capacités ?

Eh oui ! Si vous êtes convaincu que vous n’avez pas les aptitudes nécessaires pour grimper sur une telle distance, vous entamerez une action que vous estimez vouée à l’échec. Il y a donc plus de chances que vous échouiez réellement. En effet, vous serez stressé et aborderez donc les potentielles difficultés comme découlant de vos aptitudes insuffisantes.

Lire la suite

Comment sortir de l'enfer de l'email et de la réunionite

Comment sortir de l'enfer de l'email et de la réunionite

 

Par Arthur VINSON, Arthur a travaillé sur des sujets d’innovation et de marketing chez Lafarge pendant 7 ans avant de créer Mailoop. 

Il est urgent d’agir concrètement sur nos pratiques de communication digitale. Si les chiffres augmentent année après année (+5% d’e-mails professionnels par an), le sujet n’est pas suffisamment porté au niveau stratégique. J’ai fait l’exercice, dans un contexte où l’expérience collaborateur devient la clé de l’approche RH, de changer de point de vue, pour dessiner à l’échelle du temps de travail l’expérience associée aux RH vécue par le collaborateur.

Lire la suite

Changer le regard

Changer le regard

Par Gaëlle MONTEILLER (Tod), Présidente et cofondatrice

Comment un autre regard sur les hommes et les femmes de l’entreprise peut-il contribuer a ameliorer la sante et le bien-etre des salaries ?

Aujourd’hui, il y a urgence à s’occuper de la santé psychique et du bien-être des collaborateurs. Le stress professionnel est devenu le premier risque pour la santé des travailleurs. Les souffrances pathologiques liées au travail ont augmenté en France au cours de la précédente décennie, conduisant aujourd’hui au chiffre affolant de 22 % des actifs présentant « une détresse orientant vers un trouble mental « (Fondation Pierre Deniker 2018). 

Sans aller jusqu’à la souffrance pathologique, toutes les études montrent aujourd’hui un désenchantement majeur des salariés pour leur travail (ennui, désenchantement, …) qui entraîne un « gâchis de talents », alors que les entreprises peinent à recruter ou à garder leurs meilleurs éléments. 

Lire la suite

La qualité de vie au travail c’est aussi des relations sociales de qualité ...

La qualité de vie au travail c’est aussi des relations sociales de qualité ...

Agnès Le Bot, Experte en dialogue social, Agnès le Bot a dirigé la CGT dans la région Nord Pas de Calais entre 2007 et 2014. Membre du bureau confédéral de la CGT de 2009 à 2015, elle a conduit des négociations nationales interprofessionnelles sur l’emploi et le dialogue social. Certifiée formatrice et en médiation, elle accompagne et conseille aujourd’hui les entreprises et les représentants salariés qui souhaitent améliorer leurs relations sociales. Elle est Intervenante-facilitatrice Appui aux Relations Sociales et assure également des  formations communes employeurs/salariés  au dialogue social en lien avec L’Institut National du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle.

Combien d’entreprises et de salariés se trouvent confrontés à des relations sociales mauvaises ou dégradées ? S’il est difficile d’établir un état des lieux précis, on peut supposer qu’il existe en la matière la partie visible et la partie immergée de l’iceberg. Aux delà des conflits éclatants au grand jour,  il faut s’arrêter sur des situations plus fréquentes qui doivent nous préoccuper.

Lire la suite

Well-being & work, le cas de Solvay

Entretien1 avec Bruce Fecheyr-Lippens, SVP, Global Head Agile Working, Digital HR, People Analytics, and HR Director Excellence Center, Solvay

MB : Pouvez-vous présenter Solvay et votre périmètre d’activité ?

BF : Solvay est une entreprise Franco-Belge de 27 000 collaborateurs, présente dans le monde entier, avec un tiers de nos revenus sur chaque continent (Etats-Unis, Europe, Asie). Nous sommes dans le secteur de la Chimie spécialisée où les marges sont élevées mais où nous devons innover très rapidement pour proposer des produits toujours plus légers, durables et de meilleure qualité.  Par exemple, un de nos plus grands Business est spécialisé dans les matériaux composites utilisés par l’industrie automobile et aéronautique pour rendre les voitures et les avions plus légers. 

Je suis positionné au niveau du Groupe et du Siège Social. Mon périmètre comprend trois axes :

  • Le premier concerne la réinvention des Ressources Humaines et de notre culture organisationnelle. Nous voulons une culture plus collaborative. C’est pourquoi nous remettons à plat nos processus. Par exemple, nous avons transformé notre système de  gestion de la performance. Et bien entendu nous créons différents outils digitaux et mettons en place une fonction RH plus centrée sur l’employé. 
  • Le deuxième axe concerne tout ce qui permet d’innover dans les façons de travailler en lien avec de fortes attentes de nos collaborateurs sur ce point : l’agilité, la cocréation, être beaucoup plus en mode de co-construction... Donc nous travaillons en mode plus agile, même dans le domaine de la Recherche et l’Innovation. 
  • Enfin, je suis le DRH pour « le Centre d’Excellence »  qui vise à s’assurer que dans les multiples Business de Solvay, dans nos opérations industrielles, nous appliquons les mêmes pratiques d’excellence dans le Management. Il s’agit d’identifier ce qui marche et de le déployer dans toute l’entreprise. 
MB : Comment vous abordez les questions qui tournent autour de la Qualité de vie au travail, de la Santé au travail ?

BF : En 2015, sous l’impulsion de Jean-Christophe Sciberras, notre DRH de Solvay France et directeur des relations sociales et de l’innovation sociale du groupe, nous avons signé une charte2 sur l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle. Depuis, la qualité de vie au travail (le well-being@work) est devenue l’une de nos priorités clés du Groupe. Chaque année nous lançons une enquête de satisfaction  auprès de nos collaborateurs. Et lors de l’enquête 2018, les données indiquaient clairement que nous pouvions mieux faire sur tout ce qui tourne autour du bien-être et de la qualité de vie au travail. 

Nous avons donc décidé de réaliser toute une série de formations, en présentiel, et de groupes de travail sur ces sujets pour permettre aux collaborateurs de prendre conscience de leurs comportements et pour leur donner les moyens d’améliorer leurs pratiques professionnelles pour plus de bien-être au travail. En effet, nous sommes dans un monde qui évolue vite et dans lequel les outils digitaux sont omniprésents. Ce n’est pas facile pour les collaborateurs d’avoir toujours un usage raisonné et maîtrisé du digital. 

MB : Pouvez-vous préciser la nature des formations que vous proposez ?

BF : Nous avons des formations différentes à la fois sous format vidéo et en présentiel :

1) Certaines formations sont centrées sur l’importance d’avoir une bonne qualité de vie au travail avec la mobilisation de travaux scientifiques. Par exemple, une de nos vidéos présente le cas d’une personne en situation de burn-out. Différents médecins expliquent les causes du burn-out et les conséquences en matière de santé pour l’individu et comment s’en prémunir.

2) Nous avons différentes formations sur la bonne utilisation des outils digitaux. Il s’agit de prévenir les collaborateurs du risque d’une utilisation excessive et leur donner des conseils pour un usage modéré et efficace.  

3) Nous avons aussi des Formations d’une demi-journée à une journée où après avoir détaillé certaines pratiques professionnelles et leurs impacts sur les collaborateurs, nous mettons les participants en mode design thinking et nous leur demandons de répondre à différentes questions pour faire émerger des plans d’actions concrets : Que pouvez-vous faire dans votre équipe au quotidien pour améliorer les choses ? Quelles sont les petites actions que vous pouvez adapter pour vous-même ? Quelles sont les veilles que vous pouvez mettre en place dans votre équipe pour assurer une bonne qualité de vie au travail ?

Nous avons eu déjà quelques milliers de collaborateurs qui ont suivi ces formations en 2018 cela continue ! C’est un point très important pour nous de déployer ces programmes de manière pragmatique et de permettre progressivement à l’ensemble des collaborateurs d’y avoir accès afin qu’ils puissent réfléchir sur leurs pratiques au travail et comment construire leur propre programme de développement pour améliorer leur bien-être au travail. 

MB : Considérez-vous que les attentes des collaborateurs concernant la qualité de vie au travail sont en augmentation ces dernières années ? Par exemple, constatez-vous dans le cadre des recrutements que c’est une préoccupation importante des candidats ?

BF : Tout à fait,  dans les recrutements, les candidats sont actifs et formulent des demandes sur le contexte et l’environnement de travail. Ils sont en attente de bonnes conditions de travail et que la qualité de vie au travail soit au rendez-vous. Ils nous posent des questions telles que : Quelle est la culture du groupe ? Quels sont les horaires de travail ? Est-ce qu’il y a beaucoup de mails pendant les week-end ? Est-ce que vous proposez des Formations autour du bien-être ? Avez-vous une charte sur le sujet ? Avez-vous des cas de burn-out dans l’entreprise ? Je trouve que c’est une très bonne chose que les candidats s’intéressent à ces sujets !

J’ai rejoint le groupe il y a deux ans et demi maintenant, à ce moment-là, nous parlions beaucoup moins des questions de bien-être. Aujourd’hui c’est vraiment devenu une priorité. Nous en parlons beaucoup plus, nous sommes beaucoup plus ouverts sur ces sujets et les gens s’expriment naturellement sur leurs attentes et leurs besoins.

Par exemple, en mars, nous avons eu une réunion mondiale de plusieurs heures avec tous les partenaires sociaux des différents pays sur ces questions. Nous souhaitions avoir leur feedback global. Nous leur avons demandé : Qu’est-ce qui marche, qu’est-ce qui ne marche pas ? Qu’est-ce qui peut être amélioré ? La discussion était riche et ouverte et nous avons senti une vraie volonté de faire progresser les choses.

Pour résumer notre philosophie : nous voulons nous assurer que les gens se sentent bien chez Solvay, parce que s’ils ne se sentent pas bien, ce n’est pas bien ni pour eux ni pour l’entreprise.

Et pour cela, Il est important d’en faire un sujet collectif et de co-construire nos pratiques avec l’ensemble des collaborateurs du groupe.

MB : Qu’en est-il de vos espaces de travailler et de la possibilité de prendre de son domicile ?

BF : Aujourd’hui, nous avons acté que les gens peuvent travailler de leur domicile, c’est-à-dire en télétravail. Les outils digitaux ont fait de tels progrès que l’on peut organiser des visioconférences et des échanges à distance de très bonne qualité. Cela limite les déplacements notamment les transports en avion. Et les collaborateurs sont demandeurs et cela contribue grandement à leur bien-être au travail. Depuis six mois, cela a progressé de façon incroyable et le télétravail s’est généralisé. Bien entendu, Chaque pays et chaque site ont leurs principes. Par exemple, à Bruxelles, au siège social, il n’y a pas de règles spécifiques. Nous laissons aux collaborateurs la possibilité de s’organiser librement et de décider des jours où ils télétravaillent. Par contre, dans les sites industriels, pays par pays, le télétravail est beaucoup plus encadré et il y a des accords qui spécifient précisément  le nombre de jours auxquels ont droit les collaborateurs et les conditions.

Concernant nos locaux, nous avons différents projets immobiliers, à Bruxelles et à Lyon notamment, de plusieurs centaines de millions d’euros pour rendre nos espaces de travail plus flexibles. Il ne s’agit surtout pas de faire des open space mais de créer différents espaces individuels ou collectifs pour permettre aux collaborateurs de choisir les lieux les plus appropriés en fonction de leur besoin (travail seul, mener un projet collectif, …).

MB : Avez-vous mis en place des solutions autour des pratiques sportives ou des activités centrées sur le bien-être ?

BF : Aujourd’hui, ce n’est pas institutionnalisé. Les choses se font de manière informelle et nous laissons les collaborateurs prendre des initiatives. Il n’y a aucune obligation. Par exemple ici à Bruxelles, nous avons un espace où les gens peuvent prendre un temps de pause, méditer, faire une sieste le midi. 

MB : Comment animez-vous la charte au quotidien ?

BF : Chaque RH doit porter les questions de bien-être dans son entité sous la coordination de Jean-Christophe Sciberras qui pilote le sujet au niveau mondial. Par exemple, je suis le DRH de mon entité. J’en ai fait une discussion d’équipe. Nous relisons la Charte chaque année en lien avec notre enquête interne et nous nous posons la question de savoir comment nous pouvons la respecter collectivement et individuellement. En quoi, elle nous correspond ? Nous avons décidé de passer de la charte de l’entreprise à notre propre charte d’équipe.  C’est un moyen de se donner des règles communes. Par exemple, ne pas envoyer de mails le week-end. Mais nous ne voulons pas non plus que la charte devienne un cadre rigide obligeant tous les collaborateurs à se comporter de la même manière.  Nous sommes un groupe qui souhaite laisser de la liberté afin que chacun puisse définir ses propres règles. Par exemple, décider de s’exonérer d’un point de la charte parce qu’il ne fonctionne pas dans le contexte de l’équipe ou ne convient pas à quelqu’un.

MB : En France, nous avons une polémique autour du terme « Chief Happiness Officer » c’est-à-dire Directeur en charge du Bonheur au travail, je ne sais pas comment vous voyez ce terme côté Belgique ?

BF : A titre personnel, je souhaite trouver le bonheur au travail. Je crois que c’est important de passer du temps à réfléchir à ce sujet. Mais je crois que c’est aussi très lié à la culture. Nous pouvons proposer différentes actions sur pas mal de sujets, mais si nous ne donnons pas du sens aux gens pour qu’ils puissent adhérer, si nous ne leur donnons pas la liberté de prendre du temps pour réfléchir sur ces sujets, si nous n’utilisons pas les bonnes méthodes et si nous ne valorisons pas la bonne culture, c’est un peu inutile ! Je crois que c’est une réflexion que nous devons avoir. Après, est-ce que nous avons besoin d’un « Chief Happiness Officer » pour faire ça, oui ou non ? Nous n’en n’avons pas aujourd’hui.  Si nous regardons autour de nous, dans l’entreprise, il y a plein de personnes qui jouent ce rôle sans le nommer ! C’est peut-être une meilleure option de partager ces préoccupations plutôt que de nommer quelqu’un en charge de ces questions. 

MB : Vous parliez d’Innovations RH dans votre périmètre, est-ce que vous avez engagé des initiatives avec des Start-up sur la question du bien-être ?

BF : Pour l’instant, nous avons ciblé l’innovation RH sur d’autres sujets pour développer plus de collaboration, plus de feedbacks, plus de discussions individuelles, plus de façons de travailler en mode projet, etc.

Ces derniers mois j’ai commencé à voir des Start-up qui proposent plein de belles choses en Well-being. Mais nous n’avons encore rien testé. Nous avons un budget mais à date nous ne savons pas encore quelles actions privilégier.  C’est l’un de nos prochains chantiers ! 

1 En partenariat avec HRBuilders Europe, spécialiste du Management de transition et du Recrutement en urgence dans le domaine RH (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

 

  

 

 

      

Les articles relatifs à la QVT

Cliquez pour écouter le texte Faites parler le MagRH