Pour une meilleure qualité de vie au travail ...

C'est moi le patron

C'est moi le patron

 

Par Nolwenn Anier, Docteure en psychologie et directrice du Pôle Recherche chez Moodwork

Imaginez : vous êtes devant une montagne et votre objectif est de la gravir. Vous vous demandez sûrement si vous allez y arriver. Vos capacités objectives à réaliser cette action sont difficiles à évaluer, à moins d’avoir gravi cette montagne auparavant. La vraie question est donc : comment percevez-vous vos capacités ?

Eh oui ! Si vous êtes convaincu que vous n’avez pas les aptitudes nécessaires pour grimper sur une telle distance, vous entamerez une action que vous estimez vouée à l’échec. Il y a donc plus de chances que vous échouiez réellement. En effet, vous serez stressé et aborderez donc les potentielles difficultés comme découlant de vos aptitudes insuffisantes.

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Les aménagements de travail, élément clé de la QVT

Les aménagements de travail, élément clé de la QVT

Par Sylvie LÉGUÉ, Ergonome

De nombreuses entreprises du tertiaire s’engagent dans des projets de déménagement et /ou de réaménagement des environnements de travail. L’objectif poursuivi est la recherche d’économie, et l’évolution du prix du m² dans les grandes villes risque de conduire encore, et encore d’autres entreprises à choisir cette option pour limiter ses charges fixes.

Ces projets sont le plus souvent présentés aux salariés comme visant l’amélioration des collaborations et coopérations, l’ouverture et la convivialité, une plus grande attractivité pour les jeunes générations …. De tels projets peuvent être de véritables opportunités de repenser la distribution des services selon les interactions, de moderniser et de réaménager des espaces avec des matériaux et matériels plus performants, plus adaptés à nos modes actuels de travail. Mais attention, ils peuvent aussi avoir des conséquences néfastes sur les conditions de travail, sur le collectif des salariés et par conséquent sur la performance. 

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La qualité de vie au travail dans les startups : une génération spontanée

La qualité de vie au travail dans les startups : une génération spontanée

 

Par Marie Pierre FLEURY

Il n’y a pas si longtemps, les jeunes entreprises avaient des difficultés à recruter. Trop risqué, trop de pression, pas assez structurées, des rémunérations inférieures, pas d’avantages. Quelques succès plus tard, l’image employeur de ces organisations a évolué. Les inconvénients d’hier ont trouvé des solutions ou sont devenus des opportunités. 

Parmi eux, la qualité de la vie au travail. Il faut aussi préciser qu’en parallèle, les entreprises dites « traditionnelles » ont de plus en plus de difficultés à conjuguer incertitude et empowerment des salariés, ce qui concourt à dégrader le travail et les conditions de travail, et à en détourner les salariés. Ainsi les premières générations de startups du numérique ont tout particulièrement marqué les esprits en matière de qualité de vie au travail. Pourtant dans ces startups pionnières, la qualité de vie au travail relève davantage de la génération spontanée que d’une stratégie intentionnelle.  

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Pour une approche holistique

Pour une approche holistique

Gaëlle Bassuel est Fondatrice & CEO de Yesweshare (www.yesweshare.fr)

La qualité de vie au travail doit être abordée de façon holistique et systémique car elle est la conjonction d’un faisceau de facteurs et d’actions : l’environnement de travail, le degré d’autonomie, la culture de la reconnaissance et du feedback, les perspectives d’évolution, le sens et les valeurs de l’organisation, le droit à l’erreur, l’ambiance de travail….

En particulier, se sentir considéré comme une personne à part entière et non pas réduit à une fonction est un élément essentiel de la qualité de vie au travail. Sentir que l’on est protégé dans son individualité et que l’on n’est pas mis en porte-à-faux vis-à-vis des valeurs que l’on défend en est un autre.

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Petite réflexion autour des nouveaux espaces de travail

La vogue des nouveaux espaces de travail nous interroge sur les opportunités et les contraintes de ces lieux mais également sur la façon de concevoir ces espaces. A travers un regard croisé entre le monde professionnel et des recherches similaires dans le milieu scolaire, Bertrand Chavanel aborde critères, méthodologie et philosophie de notre rapport à ces environnements.

On pourrait se dire qu’il existe une grande différence entre les espaces de travail et ceux destinés aux plus jeunes, mais il est intéressant de considérer les mécanismes qui amènent " petits et grands " à revoir leur rapport à l’environnement scolaire et à celui du travail.

Ce qui marche, ce qui coince

"La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d’échapper aux idées anciennes" John Maynard Keynes.

La remodélisation des espaces professionnels et d’apprentissage, recèle de nombreux atouts :

Tout d’abord, il s’agit de modifications plus incitatives qu’intrusives.

L’influence des environnements et des lieux sur nos comportements est par ailleurs beaucoup plus forte qu’on ne le pense, même si cela relève très souvent de notre inconscient.

De même, nous sommes toutes et tous rôdé(e)s à l’attrait des ambiances et de la décoration dans le cadre de nos choix de lieux de vacances ou de sorties par exemple.

Enfin, nous sommes nous-mêmes acteurs de ces organisations spatiales dans l’aménagement de nos propres lieux de vie.

L’excellent dossier " nouveaux espaces espaces de travail et expérience collaborateur " publié récemment par la Fabrique Spinoza reprend quelques éléments chiffrés (First results of the 2017 Global Coworking Survey, 2016) que je vous propose de partager :

  • 94% des collaborateurs affirment que les espaces de travail ont un impact sur leurs performances
  • 71% des coworkers ont déjà collaboré avec d’autres membres de leur espace
  • 45% des personnes en France souhaitent pourtant occuper un poste de travail dédié dans un bureau individuel
  • mais 93% des millenials ne veulent plus d’un bureau classique

On ne peut que constater les différences de point de vue selon les générations, et le poids des habitudes ou des organisations existantes. Il est vrai que du seul point de vue de l’ergonomie pure, il y aurait souvent bien des choses à dire sur les espaces de coworking : travailler " comme à la maison " ne relève ainsi pas toujours de l’étude de la meilleure position de production. De même, le bruit et les différents facteurs de perturbation inhérents aux espaces partagés semble être totalement incompatibles avec le mode de travail validé par bon nombre d’entre nous.

Pourtant, bon nombre d’intervenants médicaux, soulignent aujourd’hui la nécessité de produire du mouvement dans les espaces de travail. Le regard sur les postures physiques est ainsi devenu tout aussi important que celui de l’ergonomie : travailler ponctuellement debout, puis dans une situation relaxante ou sur différentes assises est synonyme d’exercice physique et de saine sollicitation du corps humain.

Au global, il serait tentant de considérer les effets des nouveaux espaces de travail comme un épiphénomène, ou comme résultant de variables strictement affectives peu compatibles avec les impératifs de nos activités professionnelles. Pourtant certains paramètres structurants, ainsi qu’un regard nouveau sur les organisations connexes offre des perspectives bien plus stables et profitables.

Des clés pour réussir

Existe-t-il une recette de cuisine pour composer ces nouveaux espaces ? Bien sûr, de nombreux architectes et designers d’intérieur talentueux maitrisent les règles de composition des espaces de coworking. Mais il est primordial de réfléchir à la possibilité de s’inscrire dans une véritable démarche projet collectif où les objectifs finaux et intermédiaires doivent être tout particulièrement étudiés.

Adopter et s’approprier un environnement relève ainsi de la possibilité de s’y resituer et procède de la capacité de chacun à s’intégrer dans le groupe. Cette règle primordiale joue autant sur la capacité à produire une transformation aboutie que sur le risque de rejet et de désimplication.

L’acceptation et la recherche du mouvement, de la mobilité, constitue un second critère. Plus on se sédentarise, moins l’on produit activement, notamment sur la durée. Michel Serres disait " on écrit avec les pieds ". Quiconque a déjà pratiqué des activités culturelles tel le théâtre sait combien il existe un lien entre les dynamiques physiques et notre potentiel à l’expression par exemple.

Adoption et appropriation, mouvement, le troisième critère de base de l’aménagement réside dans le pouvoir de communication et de suggestion des lieux. On parle ici non seulement de l’ambiance que dégage un espace, mais aussi de sa signalétique. En effet, si l’on peut concevoir que certains espaces soient naturellement compris par tous, il n’est pas superflu d’écrire et de flécher ce qui se passe potentiellement dans telle ou telle zone. Cela maximisera la perception d’adéquation des équipements aux pratiques attendues notamment.

La dénomination des salles participe donc à cette identification, mais on peut profiter de ces appellations pour les rendre visuellement décoratives et porteuses d’ambiance thématiques par exemple. On recherchera ici une certaine identité évocatrice à chaque lieu. Le rapport à la nature, les univers ludiques ou l’influence de l’artistique sont autant de pistes productives dans ce domaine. Sachant que dans tous les cas, il faut viser des points vus clairs et affirmés, et réellement présents : une plante verte (souvent en manque d’entretien …) dans un coin de la pièce, ne constitue en rien un acte accompli de végétalisation …

Repenser les salles de réunions peut ainsi être un bon cas de transition, sachant que cela permettra une expérience progressive de nouveaux aménagements : halte aux rangs de chaises tournées vers l’écran ou le tableau (" classe autobus " comme disent les enseignants), aux tables " rondes " qui utilisent 50% de la surface sans aucune valeur ajoutée, et oui aux dispositifs en îlots ateliers (mixer si possible la nature et la hauteur de ces équipements dans une même salle), même si chacun devra faire mouvement pour se resituer par rapport à la présentation.

Pratiquons l’art de la rupture de communication. Les espaces de coworking sont en réalité pleinement basés sur ce principe : On vient travailler dans un cadre qui ne ressemble pas vraiment à un cadre de travail conventionnel, et c’est sans doute pour cela que l’on change d’attitude. Le simple fait d’avoir le sentiment de transgresser les règles classiques du milieu professionnel constitue un acte d’affirmation de soi et donc d’appropriation, de prise d’autonomie et d’engagement.

Pour finir, définir des zones et donc des équipements en lien avec un objectif d’activité est l’un des meilleurs moyens pour éviter de produire un espace à l’opposé de ce qui doit s’y passer. Une réflexion portée par le réseau éducatif European Schoolnet basé à Bruxelles a ainsi défini un découpage d’espace par verbe d’action (cf schéma en illustration) où les lieux portent finalement un mix entre les activités et les attitudes attendues : " présenter ", " partager ", " rechercher ", " co construire " … sont autant d’appellations qui fixent les pratiques mais aussi les états d’esprit.

Vous l’aurez compris, alors que l’on pourrait restreindre cette réflexion au choix d’équipements destinés au bien-être, à la mise en place d’une opération de communication, ou encore à une tentative de réconciliation entre l’humain et l‘industriel, la refonte des espaces professionnels challenge notre capacité individuelle et collective à marier les extrêmes : intuitif et fonctionnel, dynamiques et contraintes, recherche de Sens et production.

"La valeur d’une idée dépend de son utilisation" Thomas Edison

Bertrand Chavanel

Bertrand Chavanel est en charge depuis 2016 des recherches et développement autour des nouveaux espaces éducatifs et des solutions qui lui sont rattachées pour Manutan Collectivités

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Mots-clés: FORMATiON, INNOVATION

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