Pour une meilleure qualité de vie au travail ...

Où est passée la QVT ?

Où est passée la QVT ?

Par Aude AMARUTTU,
Head of People
& Culture Development (DRH) chez Itelios

La QVT est partout !

Je suis littéralement obsédée par la QVT. Je pense QVT, je parle QVT, je réfléchis QVT, je dors même QVT. La QVT est au centre de mon action professionnelle depuis des années, si bien que pour moi il s’agit d’une préoccupation et d’une démarche naturelle. Chaque décision que je prends en tant que DRH, chaque orientation que je décide ou à laquelle je participe, chaque process que je mets en place prend en compte cette fameuse Qualité de Vie au Travail.

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La qualité de vie au travail c’est aussi des relations sociales de qualité ...

La qualité de vie au travail c’est aussi des relations sociales de qualité ...

Agnès Le Bot, Experte en dialogue social, Agnès le Bot a dirigé la CGT dans la région Nord Pas de Calais entre 2007 et 2014. Membre du bureau confédéral de la CGT de 2009 à 2015, elle a conduit des négociations nationales interprofessionnelles sur l’emploi et le dialogue social. Certifiée formatrice et en médiation, elle accompagne et conseille aujourd’hui les entreprises et les représentants salariés qui souhaitent améliorer leurs relations sociales. Elle est Intervenante-facilitatrice Appui aux Relations Sociales et assure également des  formations communes employeurs/salariés  au dialogue social en lien avec L’Institut National du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle.

Combien d’entreprises et de salariés se trouvent confrontés à des relations sociales mauvaises ou dégradées ? S’il est difficile d’établir un état des lieux précis, on peut supposer qu’il existe en la matière la partie visible et la partie immergée de l’iceberg. Aux delà des conflits éclatants au grand jour,  il faut s’arrêter sur des situations plus fréquentes qui doivent nous préoccuper.

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QVT, cette belle mystérieuse

QVT, cette belle mystérieuse

Par Marc Veyron & Philippe Cafiero

La QVT s’est installée progressivement dans l’agenda du DRH. C’est un sujet de négociation mais aussi d’attractivité et fidélisation. Comment ce thème s’est-il imposé et quelle place a-t-il ?

En juin 2013, il y a presque 6 ans, les partenaires sociaux signaient un accord national interprofessionnel sur la QVT et l’égalité professionnelle. Son titre « Vers une politique d’amélioration de la qualité de vie au travail et de l’égalité professionnelle », montrait la volonté d’enclencher une dynamique, plus que de fixer des nouvelles normes ou obligations. Cet accord avait une durée de 3 ans, il n’a pas fait l’objet d’une reconduction ni d’un bilan par les signataires. Il a donc juridiquement cessé de produire ses effets. Est-ce à dire que cela a été inutile ?

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La qualité de vie au travail est-elle une sucette pour les enfants sages ?

La qualité de vie au travail est-elle une sucette pour les enfants sages ?

Par Hubert LANDIER

L’irruption de la problématique relative à l’amélioration des conditions de travail peut être située en 1972, avec la grève des ouvriers de l’usine Renault du Mans. Et c’est l’année suivante qu’est créée l’ANACT. Du côté patronal, l’UIMM imagine les « équipes d’amélioration des conditions de travail ». Et c’est en 1982 que, sur une base paritaire, sera créé le CHSCT.

Cette problématique correspond, venant des syndicats, et plus particulièrement de la CFDT, à la conviction qu’aux revendications « quantitatives » (salaires, durée du travail) doivent s’ajouter, sinon se substituer, des revendications « qualitatives ». Autrement dit, le progrès social ne consiste pas seulement à obtenir une augmentation des salaires et une baisse de la durée du travail. Par exemple, il ne s’agit pas, ou il ne s’agit pas seulement, d’obtenir des « primes de poste » en faveur des travailleurs postés (3X8) mais de faire reculer le travail posté et, si ceci n’est pas possible, de l’aménager de façon à le rendre physiologiquement plus supportable compte tenu des rythmes circadiens qu’étudient les chronobiologistes.

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Petite réflexion autour des nouveaux espaces de travail

La vogue des nouveaux espaces de travail nous interroge sur les opportunités et les contraintes de ces lieux mais également sur la façon de concevoir ces espaces. A travers un regard croisé entre le monde professionnel et des recherches similaires dans le milieu scolaire, Bertrand Chavanel aborde critères, méthodologie et philosophie de notre rapport à ces environnements.

On pourrait se dire qu’il existe une grande différence entre les espaces de travail et ceux destinés aux plus jeunes, mais il est intéressant de considérer les mécanismes qui amènent " petits et grands " à revoir leur rapport à l’environnement scolaire et à celui du travail.

Ce qui marche, ce qui coince

"La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d’échapper aux idées anciennes" John Maynard Keynes.

La remodélisation des espaces professionnels et d’apprentissage, recèle de nombreux atouts :

Tout d’abord, il s’agit de modifications plus incitatives qu’intrusives.

L’influence des environnements et des lieux sur nos comportements est par ailleurs beaucoup plus forte qu’on ne le pense, même si cela relève très souvent de notre inconscient.

De même, nous sommes toutes et tous rôdé(e)s à l’attrait des ambiances et de la décoration dans le cadre de nos choix de lieux de vacances ou de sorties par exemple.

Enfin, nous sommes nous-mêmes acteurs de ces organisations spatiales dans l’aménagement de nos propres lieux de vie.

L’excellent dossier " nouveaux espaces espaces de travail et expérience collaborateur " publié récemment par la Fabrique Spinoza reprend quelques éléments chiffrés (First results of the 2017 Global Coworking Survey, 2016) que je vous propose de partager :

  • 94% des collaborateurs affirment que les espaces de travail ont un impact sur leurs performances
  • 71% des coworkers ont déjà collaboré avec d’autres membres de leur espace
  • 45% des personnes en France souhaitent pourtant occuper un poste de travail dédié dans un bureau individuel
  • mais 93% des millenials ne veulent plus d’un bureau classique

On ne peut que constater les différences de point de vue selon les générations, et le poids des habitudes ou des organisations existantes. Il est vrai que du seul point de vue de l’ergonomie pure, il y aurait souvent bien des choses à dire sur les espaces de coworking : travailler " comme à la maison " ne relève ainsi pas toujours de l’étude de la meilleure position de production. De même, le bruit et les différents facteurs de perturbation inhérents aux espaces partagés semble être totalement incompatibles avec le mode de travail validé par bon nombre d’entre nous.

Pourtant, bon nombre d’intervenants médicaux, soulignent aujourd’hui la nécessité de produire du mouvement dans les espaces de travail. Le regard sur les postures physiques est ainsi devenu tout aussi important que celui de l’ergonomie : travailler ponctuellement debout, puis dans une situation relaxante ou sur différentes assises est synonyme d’exercice physique et de saine sollicitation du corps humain.

Au global, il serait tentant de considérer les effets des nouveaux espaces de travail comme un épiphénomène, ou comme résultant de variables strictement affectives peu compatibles avec les impératifs de nos activités professionnelles. Pourtant certains paramètres structurants, ainsi qu’un regard nouveau sur les organisations connexes offre des perspectives bien plus stables et profitables.

Des clés pour réussir

Existe-t-il une recette de cuisine pour composer ces nouveaux espaces ? Bien sûr, de nombreux architectes et designers d’intérieur talentueux maitrisent les règles de composition des espaces de coworking. Mais il est primordial de réfléchir à la possibilité de s’inscrire dans une véritable démarche projet collectif où les objectifs finaux et intermédiaires doivent être tout particulièrement étudiés.

Adopter et s’approprier un environnement relève ainsi de la possibilité de s’y resituer et procède de la capacité de chacun à s’intégrer dans le groupe. Cette règle primordiale joue autant sur la capacité à produire une transformation aboutie que sur le risque de rejet et de désimplication.

L’acceptation et la recherche du mouvement, de la mobilité, constitue un second critère. Plus on se sédentarise, moins l’on produit activement, notamment sur la durée. Michel Serres disait " on écrit avec les pieds ". Quiconque a déjà pratiqué des activités culturelles tel le théâtre sait combien il existe un lien entre les dynamiques physiques et notre potentiel à l’expression par exemple.

Adoption et appropriation, mouvement, le troisième critère de base de l’aménagement réside dans le pouvoir de communication et de suggestion des lieux. On parle ici non seulement de l’ambiance que dégage un espace, mais aussi de sa signalétique. En effet, si l’on peut concevoir que certains espaces soient naturellement compris par tous, il n’est pas superflu d’écrire et de flécher ce qui se passe potentiellement dans telle ou telle zone. Cela maximisera la perception d’adéquation des équipements aux pratiques attendues notamment.

La dénomination des salles participe donc à cette identification, mais on peut profiter de ces appellations pour les rendre visuellement décoratives et porteuses d’ambiance thématiques par exemple. On recherchera ici une certaine identité évocatrice à chaque lieu. Le rapport à la nature, les univers ludiques ou l’influence de l’artistique sont autant de pistes productives dans ce domaine. Sachant que dans tous les cas, il faut viser des points vus clairs et affirmés, et réellement présents : une plante verte (souvent en manque d’entretien …) dans un coin de la pièce, ne constitue en rien un acte accompli de végétalisation …

Repenser les salles de réunions peut ainsi être un bon cas de transition, sachant que cela permettra une expérience progressive de nouveaux aménagements : halte aux rangs de chaises tournées vers l’écran ou le tableau (" classe autobus " comme disent les enseignants), aux tables " rondes " qui utilisent 50% de la surface sans aucune valeur ajoutée, et oui aux dispositifs en îlots ateliers (mixer si possible la nature et la hauteur de ces équipements dans une même salle), même si chacun devra faire mouvement pour se resituer par rapport à la présentation.

Pratiquons l’art de la rupture de communication. Les espaces de coworking sont en réalité pleinement basés sur ce principe : On vient travailler dans un cadre qui ne ressemble pas vraiment à un cadre de travail conventionnel, et c’est sans doute pour cela que l’on change d’attitude. Le simple fait d’avoir le sentiment de transgresser les règles classiques du milieu professionnel constitue un acte d’affirmation de soi et donc d’appropriation, de prise d’autonomie et d’engagement.

Pour finir, définir des zones et donc des équipements en lien avec un objectif d’activité est l’un des meilleurs moyens pour éviter de produire un espace à l’opposé de ce qui doit s’y passer. Une réflexion portée par le réseau éducatif European Schoolnet basé à Bruxelles a ainsi défini un découpage d’espace par verbe d’action (cf schéma en illustration) où les lieux portent finalement un mix entre les activités et les attitudes attendues : " présenter ", " partager ", " rechercher ", " co construire " … sont autant d’appellations qui fixent les pratiques mais aussi les états d’esprit.

Vous l’aurez compris, alors que l’on pourrait restreindre cette réflexion au choix d’équipements destinés au bien-être, à la mise en place d’une opération de communication, ou encore à une tentative de réconciliation entre l’humain et l‘industriel, la refonte des espaces professionnels challenge notre capacité individuelle et collective à marier les extrêmes : intuitif et fonctionnel, dynamiques et contraintes, recherche de Sens et production.

"La valeur d’une idée dépend de son utilisation" Thomas Edison

Bertrand Chavanel

Bertrand Chavanel est en charge depuis 2016 des recherches et développement autour des nouveaux espaces éducatifs et des solutions qui lui sont rattachées pour Manutan Collectivités

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Mots-clés: FORMATiON, INNOVATION

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