Pour une meilleure qualité de vie au travail ...

Pour une approche holistique

Pour une approche holistique

Gaëlle Bassuel est Fondatrice & CEO de Yesweshare (www.yesweshare.fr)

La qualité de vie au travail doit être abordée de façon holistique et systémique car elle est la conjonction d’un faisceau de facteurs et d’actions : l’environnement de travail, le degré d’autonomie, la culture de la reconnaissance et du feedback, les perspectives d’évolution, le sens et les valeurs de l’organisation, le droit à l’erreur, l’ambiance de travail….

En particulier, se sentir considéré comme une personne à part entière et non pas réduit à une fonction est un élément essentiel de la qualité de vie au travail. Sentir que l’on est protégé dans son individualité et que l’on n’est pas mis en porte-à-faux vis-à-vis des valeurs que l’on défend en est un autre.

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La prévention cardio-vasculaire au coeur de l'entreprise

La prévention cardio-vasculaire au coeur de l'entreprise

Professeur Bernard PIERRE, Cardiologue Faculté de médecine Lyon-Sud / Charles Mérieux

En France, la mortalité de cause cardiovasculaire (CV) a été réduite de façon spectaculaire lors des dernières décennies (de l’ordre de 50 %). De ce fait, depuis 2004, chez l’homme (mais non pas encore chez la femme), la mortalité par maladies cardiovasculaires est passée au second rang derrière celle liée aux maladies cancéreuses. Les études nous montrent que cette baisse de mortalité CV est bien sûr le fait d’une prise en charge de plus en plus performante des maladies CV une fois constituées mais, plus encore, d’une meilleure prévention de celles-ci.

Cependant, il reste beaucoup à faire ! En effet si l’espérance de vie moyenne en France à la naissance est parmi les plus hautes du monde (79,5 ans pour l’homme, 85,3 pour la femme), l’espérance de vie en bonne santé (63 ans pour l’homme, 65 pour la femme) est notoirement moins bonne que dans de nombreux pays européens (chiffres  2018). Les experts considèrent que cela est le fait d’une médecine française essentiellement curative et trop peu axée sur la prévention.

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Gérer la mobilité de l'entreprise

Gérer la mobilité de l'entreprise

Bruno Adeline Bruno Adeline crée JobiLX fin 2015 avec deux associés aux compétences techniques et marketing pour développer la plateforme de réduction des trajets domicile-travail par l’échange d’emplois. Ingénieur ESME,il a eu un parcours d’ingénieur d’Etudes dans l’ingénierie (SPIE / SGN) puis dans l’informatique (3M,Oracle). Depuis 20 ans il s’est consacré à sa sociéte dédiée au conseil en recrutement technique .

Les entreprises intègrent de  plus en plus  l’expérience  « globale »  du collaborateur  dans son  parcours de vie professionnelle et privée, pour privilégier des solutions de mobilité, de confort, de motivation, de formation de plus en plus individualisées.  La digitalisation des données offre l’opportunité de pouvoir le faire plus simplement et sans doute de manière plus « holistique » ; 

Mobilité professionnelle et mobilité géographique se confondent, l’une potentiellement au service de l’autre et réciproquement, le tout pour l’épanouissement du collaborateur et sa fidélisation à l’entreprise.

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Les aménagements de travail, élément clé de la QVT

Les aménagements de travail, élément clé de la QVT

Par Sylvie LÉGUÉ, Ergonome

De nombreuses entreprises du tertiaire s’engagent dans des projets de déménagement et /ou de réaménagement des environnements de travail. L’objectif poursuivi est la recherche d’économie, et l’évolution du prix du m² dans les grandes villes risque de conduire encore, et encore d’autres entreprises à choisir cette option pour limiter ses charges fixes.

Ces projets sont le plus souvent présentés aux salariés comme visant l’amélioration des collaborations et coopérations, l’ouverture et la convivialité, une plus grande attractivité pour les jeunes générations …. De tels projets peuvent être de véritables opportunités de repenser la distribution des services selon les interactions, de moderniser et de réaménager des espaces avec des matériaux et matériels plus performants, plus adaptés à nos modes actuels de travail. Mais attention, ils peuvent aussi avoir des conséquences néfastes sur les conditions de travail, sur le collectif des salariés et par conséquent sur la performance. 

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La qualité de vie au travail c’est aussi des relations sociales de qualité ...

Agnès Le Bot, Experte en dialogue social, Agnès le Bot a dirigé la CGT dans la région Nord Pas de Calais entre 2007 et 2014. Membre du bureau confédéral de la CGT de 2009 à 2015, elle a conduit des négociations nationales interprofessionnelles sur l’emploi et le dialogue social. Certifiée formatrice et en médiation, elle accompagne et conseille aujourd’hui les entreprises et les représentants salariés qui souhaitent améliorer leurs relations sociales. Elle est Intervenante-facilitatrice Appui aux Relations Sociales et assure également des  formations communes employeurs/salariés  au dialogue social en lien avec L’Institut National du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle.

Combien d’entreprises et de salariés se trouvent confrontés à des relations sociales mauvaises ou dégradées ? S’il est difficile d’établir un état des lieux précis, on peut supposer qu’il existe en la matière la partie visible et la partie immergée de l’iceberg. Aux delà des conflits éclatants au grand jour,  il faut s’arrêter sur des situations plus fréquentes qui doivent nous préoccuper.

Ces situations se caractérisent par le conflit larvé, les tensions durables. Elles minent au quotidien la santé des collaborateurs et des dirigeants, fragilisent l’entreprise et les conditions de sa performance durable.

Souvent silencieuses, parfois dissimulées parce que considérées comme honteuses par les acteurs de l’entreprise, ces relations sociales dégradées se révèlent par des signaux très divers : de l’ignorance de ses collègues à l’absentéisme, en passant par le turn-over, la constitution de clans, la rumeur persistante ou encore les pleurs . Parfois,  elles s’illustrent par des batailles de formalisme entre représentants salariés et direction se traduisant par un épuisement mutuel.

Ces signes ne sont pas la cause du mal : c’est le système qui est malade et qui dégrade la santé des uns et des autres.

Dans ces conditions, gare aux désillusions ! Mieux vaut laisser de côté la piste du Chief Happiness Officer censée rendre plus agréable voir plus humaine la vie de l’entreprise. 

Mieux vaut également ne pas trop compter sur la négociation collective d’entreprise pour surmonter les difficultés : les acteurs ne peuvent négocier sérieusement, loyalement dans des contextes aussi dégradés.

Il existe pourtant une offre publique de médiation préventive.  Animée par le réseau Anact-Aract en partenariat avec le Ministère du travail, le dispositif Appui aux Relations Sociales (ARESO) permet aux acteurs de sortir de ce type de difficultés.

Inspiré des techniques de médiation Québécoise, Areso présente des avantages non négligeables pour l’entreprise. 

Partant d’une approche systémique, tous les niveaux d’acteurs, direction, représentants du personnel, salariés, encadrement,  peuvent être mobilisés en fonction du diagnostic de la situation sociale. Areso repose sur l’engagement de bonne foi des parties, en oubliant d’emblée ce qui pourrait faire recours juridique et parasiter l’amélioration des relations. Les intervenants, externes à l’entreprise,  indépendants  et neutres,  sont issus de 3 familles : chargés de mission Aract, inspecteurs du travail (hors juridiction) et consultants indépendants.  Areso s’efforce aussi de prendre en compte les particularités de l’entreprise : TPE, PME et PMI peuvent bénéficier sous conditions, de financements  publics pour mener à bien leur démarche.

Soulignons ici quelques points saillants qui n’engagent que l’auteure de ces lignes.

La force de la démarche Areso est de conduire les acteurs à interagir sur la qualité du travail. Celle-ci  porte à mon sens plus loin que la QVT.

Que l’on songe à cette salariée d’un centre de formation qui s’exprime auprès de ses collègues et de sa direction : « j’ ai un projet que j’aimerais pouvoir défendre ! ». Il y a une double dimension dans cette affirmation : la qualité du travail et la qualité de la relation. Le  sentiment d’empêchement  semble altérer  le sens du travail et l’épanouissement au travail. Mais  le relationnel s’invite aussi dans ce souhait exprimé : s’agit-il de se concerter  avec les autres acteurs ?  de construire ensemble le projet ?  de le « défendre »par une discussion sur le fond ou une bataille de position ?

L’enjeu est de pouvoir permettre ce type de débat.  Areso agit ici comme un révélateur de ce que l’entreprise doit pouvoir traiter en son sein. Les parties prenantes de l’entreprise sont invitées à partager voire modifier leurs visions et comportements. Ce travail à faire n’est pas un luxe que pourrait s’offrir l’entreprise, il est essentiel à sa performance globale au moins pour deux raisons.

La première a trait à l’évolution des aspirations des individus et des compétences. Le centre de gravité que constituait autrefois le respect des process dans l’organisation est singulièrement mis à mal. Ce qui compte et va compter, c’est la place accordée à la prise d’initiative, à la capacité de création, à l’autonomie dans une articulation nouvelle avec le collectif. Sans doute y-a t’il lieu de considérer que le temps de débat voire de confrontation dans l’entreprise fait désormais partie du processus de création de la valeur.

La deuxième raison relève des évolutions lentes mais certaines de la conception de l’entreprise sous la pression des enjeux environnementaux , sociaux et sociétaux. Si le résultat de la loi Pacte sur la modernisation du rôle de l’entreprise peut -être considéré comme décevant, le mouvement est pour le moins  lancé et va grandir. Les entreprises ont intérêt à se préparer à cette nouvelle donne : mieux penser et conduire son entreprise comme un bien commun agissant sur l’environnement devient une nécessité.

L’intervention du tiers facilitateur qui conduit la démarche Areso est déterminante afin de permettre ce débat et cette interaction sur la qualité du travail. Créer les conditions pour que les acteurs surmontent leurs appréhensions, réticences, préjugés mais aussi les aider à assumer la controverse pour ce qu’elle permet d’élaboration par eux-mêmes des idées et des solutions.

La démarche implique pour les acteurs de se dégager des postures afin de  trouver ou retrouver l’écoute des différents points de vues et la discussion de fond autour de ceux-ci. Ce n’est pas un exercice futile de dialogue, bien au contraire ! 

On peut discuter pendant des heures entre direction et salariés sur les choix de gestion de l’entreprise en s’interrogeant au bout du compte sur ce qu’aura permis ce temps de discussion ! En revanche, discuter de la qualité du travail, du vécu comme du souhaitable, c’est déjà s’immiscer dans les choix stratégiques et la place de l’humain dans le système de création de valeurs.

Mettre la qualité du travail en discussion, c’est accepter pour les directions et encadrants de confronter celle-ci à son pouvoir disciplinaire et décisionnaire dans l’entreprise . L’exercice peut-être perçu comme périlleux au premier abord alors qu’il est  porteur d’une clarification et d’une légitimation utile à l’établissement  de relations sociales moins conflictuelles.

Le dispositif Areso gagnerait à être mieux connu et mobilisé par les entreprises et les salariés. Il apporte une réponse à la fois modeste et puissante en matière de capacité de dialogue et de relations sociales. Modeste parce qu’il conduit les acteurs à décider par eux-mêmes, puissant parce qu’il s’arrime parfaitement aux défis qu’ ils ont à relever ensemble.

Pour plus d’informations sur le dispositif Areso : ARESO

 

 

  

 

 

        
 

 

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