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Pour une meilleure qualité de vie au travail ...

La QVT « pour de vrai » : les défis de la mise en discussion du travail

La QVT « pour de vrai » : les défis de la mise en discussion du travail

Olivier MÉRIAUX (consultant, cabinet Plein Sens, ancien directeur technique et scientifique de l’ANACT) et Jean-Christophe MICHEL (consultant, cabinet Plein Sens)

Il est aujourd’hui de bon ton d’ironiser sur le babyfoot ou l’heure de yoga offerte par l’employeur en guise de « politique QVT », et nous-mêmes nous en privons rarement. Mais tirer sur l’ambulance Chief Happiness Officer témoigne aussi d’une certaine paresse intellectuelle si l’on ne cherche pas à comprendre pourquoi cette version de la QVT séduit davantage que la version symbolisée par l’accord interprofessionnel de 2013.

Alors que le discours managérial en vogue porte au pinacle l’innovation collaborative, le participatif à tous les étages et les « organisations responsabilisantes », comment expliquer que la plupart des entreprises en restent, dans la pratique, à une conception « maternaliste » de la QVT, quand elles ne sont pas dans un simple habillage de leurs obligations en matière de prévention des risques psychosociaux ? 

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Bonne et mauvaise nouvelle pour la QVT de votre entreprise

Bonne et mauvaise nouvelle pour la QVT de votre entreprise

Yves-C. Gagnon, Québec, Canada

Yves-C. Gagnon, M.Sc.(RI), MBA, Ph. D. est Consultant et Coach-formateur en Management stratégique. Après une carrière de Cadre-dirigeant dans différentes entreprises et Consultant Senior au sein d’un cabinet international d’audit et de conseil, il est actuellement Professeur d’université. Il a publié plusieurs livres et donné de nombreuses conférences et formations professionnelles. Il est aussi très actif dans le développement international, notamment dans les pays du Maghreb.

La bonne nouvelle est qu’un objectif unique d’intervention peut à lui seul maximiser l’impact de la QVT sur la performance de votre entreprise. La mauvaise est que si vous n’en tenez pas compte, elle se limitera à satisfaire, s’occuper du bonheur de vos employés. Cette cible c’est de donner du sens au travail de chacun d’eux.

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Numérique et Conditions de travail

Numérique et Conditions de travail

Daniel RATIER, Véritable expert des questions du numérique, actuellement chargé de mission interministériel à l’identité numérique, Daniel Ratier a coordonné avec Tristan Klein le rapport « Impact des technologies de l’information et de la communication sur les conditions de travail » (Direction Générale du Travail, Conseil d’Analyse Stratégique, 2012). Plusieurs années aprés la sortie du rapport, il nous est apparu intéressant de faire le point.

Comment évolue l’impact du numérique sur les conditions de travail ? La question reste plus que jamais posée puisque la progression des outils numériques reste constante dans le monde du travail où la part des professionnels utilisateurs ne cessent de croitre. 

En 2013, 71 % des salariés utilisaient des outils numériques  alors qu’ils n’étaient que 51 % en 1998. Cette progression régulière touche toutes les catégories de salariés qui voient leur activité quotidienne le plus souvent profondément impactée par l’usage du numérique, qui est non seulement toujours plus diffusé mais également plus intense. C’est le cas en France comme dans le reste des pays européens. En 2010, environ 26% des travailleurs européens ont signalé une utilisation intensive des TIC au travail ; en 2015, ce chiffre était passé à 37%. En revanche, sur la même période, la proportion de personnes signalant une faible utilisation des TIC, voire aucune, est passée de 56% à 43% .

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Bonheur & Bien Etre en entreprise ? avec Nolwenn ANIER

Bonheur & Bien Etre en entreprise ? avec Nolwenn ANIER

Dans StoryTelleRH, Nabil LASFER questionne directement au téléphone des acteurs de la sphère RH. Des questions impromptues, autour d'un sujet. Un format court et direct ... alors prêts à écouter et découvrir ?

Aujourd'hui Nabil interroge Nolwenn ANIER

Nolwenn Anier, Docteur en Psychologie sociale et Responsable du Pôle Recherche chez Moodwork, solution digitalepour la qualité de vie au travail.

 
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Pour en savoir plus : fr.linkedin.com/in/nolwenn-anier-ph-d-85118389

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Les aménagements de travail, élément clé de la QVT

Par Sylvie LÉGUÉ, Ergonome

De nombreuses entreprises du tertiaire s’engagent dans des projets de déménagement et /ou de réaménagement des environnements de travail. L’objectif poursuivi est la recherche d’économie, et l’évolution du prix du m² dans les grandes villes risque de conduire encore, et encore d’autres entreprises à choisir cette option pour limiter ses charges fixes.

Ces projets sont le plus souvent présentés aux salariés comme visant l’amélioration des collaborations et coopérations, l’ouverture et la convivialité, une plus grande attractivité pour les jeunes générations …. De tels projets peuvent être de véritables opportunités de repenser la distribution des services selon les interactions, de moderniser et de réaménager des espaces avec des matériaux et matériels plus performants, plus adaptés à nos modes actuels de travail. Mais attention, ils peuvent aussi avoir des conséquences néfastes sur les conditions de travail, sur le collectif des salariés et par conséquent sur la performance. 

En effet, les missions que l’on nous confie nous permettent de faire un certain nombre de constats qui malheureusement vont à l’encontre de l’amélioration des conditions de travail et de cette fameuse qualité de vie au travail !

Le premier d’entre eux est que bien souvent, ces projets sont confiés à des personnes qui se focalisent sur les aspects matériels et pensent les aménagements de façon « standard » sans que la réalité de l’activité des métiers de l’entreprise ne soit prise en compte. D’une entreprise à l’autre, et quels que soient les métiers, les projets se ressemblent, on y retrouve les mêmes principes :

  • Retrait des cloisons
  • Fin du bureau individuel pour les managers
  • Les espaces sont pensés selon différents temps d’activité (échanger, collaborer -écrire, réfléchir -téléphoner, s’isoler -se détendre…)
  • Parfois introduction du flex office pour certaines équipes voire pour toute l’entreprise

Ainsi les espaces sont souvent largement ouverts sur les circulations, les salariés sont censés produire à leur poste de travail et quitter leur espace pour téléphoner, pour se réunir ou prendre une pause. Les activités de travail ne se déroulent plus dans un même espace, elles sont séquencées selon leur nature dans différents espaces. Dans la réalité, selon le métier, ces conditions peuvent augmenter significativement le niveau de contrainte. Par exemple, un ingénieur qui réalise ses calculs ou ses modèles sur un ordinateur doté d’une tour, ne va pas pouvoir se retirer dans une salle de réunion avec son ordinateur pour échanger avec ses collègues sur un problème qui nécessite de partager ce qui se passe à l’écran. Si la spécificité de l’activité de cet ingénieur n’a pas été prise en compte dans la réflexion sur les aménagements, le salarié va perturber l’activité des collègues en proximité ou réduire les possibilités de collaboration spontanée avec d’autres.  Les moyens mis à disposition des salariés vont également avoir un effet sur l’utilisation des différents espaces : le nombre de salles de retrait pour téléphoner ou réaliser un travail exigeant de la concentration, le matériel numérique (chaque salarié dispose-t-il d’un ordinateur portable lui permettant de naviguer dans les différents espaces proposés, les salles sont-elles toutes équipées d’une connectique qui permet de se raccorder facilement à un écran, du matériel pour une conférence téléphonique à plusieurs ?). Le retrait dans un espace pour téléphoner suppose que les salariés disposent des technologies adaptées qui permettent, quand la conversation doit se prolonger, de quitter sa table de travail pour rejoindre un espace où s’isoler sans interrompre la conversation avec son interlocuteur.  Ce qui parait être une évidence est loin de l’être, nous avons vu certains projets prendre forme sans qu’une réflexion sur la mutation digitale/numérique de l’entreprise ne soit engagée. Là encore, c’est en analysant l’activité de travail que le travail réel et ces besoins sont identifiés.

La collaboration, annoncée comme favorisée, n’est pas toujours au rendez-vous. Elle dépend notamment de la densité des espaces : les échanges inter personnels dans un espace où il y a un salarié pour 5 ou 6 m² ne s’engagent pas de la même façon et n’ont pas le même effet sur le collectif que si chaque salarié dispose du double de m². Il est en effet plus facile d’échanger avec ses collègues si l’on voit qu’on ne dérange pas les autres situés en proximité. 

Nous voyons parfois des plateaux devenus silencieux concomitamment à l’ouverture des espaces : quid des échanges et des collaborations ? Les salariés expliquent que par respect pour la concentration de leurs collègues et parce que la densité est trop importante, ils ne se parlent plus et choisissent d’échanger par mail ou par chat. Nous le constatons, la promesse de collaboration, de transfert de compétences facilités par la proximité ne peut être tenue si les espaces ne sont pas pensés selon l’activité des métiers. C’est là que l’ergonome peut aider le chef de projet et/ou l’aménageur, dans sa compréhension des particularités de l’activité des métiers de l’entreprise, en réalisant des analyses de ces activités, en observant les modes de travail, de collaboration, les différents temps de l’activité… Les analyses doivent intervenir en amont afin qu’elles soient intégrées dans le projet dès sa conception. Bien souvent ce sont les informations-consultations du CHSCT sur le projet, déjà bien engagé, qui vont permettre de soulever les points critiques bien connus des représentants du personnel et totalement ignorés par les porteurs du projet. 

La question du bruit est omniprésente dans ces aménagements d’espaces ouverts. Le bruit est générateur de fatigue, il déconcentre, interrompt l’activité. Dans les métiers où la réflexion, le raisonnement représentent une part importante de l’activité, chaque interruption correspond à une perte de productivité puisqu’il faudrait une quinzaine de minutes à l’humain pour se reconcentrer sur un sujet. Force est de constater que dans nombre de projets, le travail sur l’acoustique des lieux est sacrifié parce qu’il coûte cher et que le maître d’ouvrage n’est pas toujours sensible aux arguments du coût indirect du bruit sur la santé et la performance des salariés. Les portes des bureaux ayant disparu, les salariés cherchent à s’isoler du bruit et on voit de plus en plus de personnes équipées de casques à leur poste de travail. Certains diffusent de la musique, d’autres cherchent juste à s’isoler du bruit ambiant et à adresser aux collègues un message d’indisponibilité à l’échange ou d’interruption.  Les espaces détentes, café, pause casse-croûte, doivent eux aussi être pensés de sorte qu’ils soient utilisés et implantés de façon à ne pas gêner les personnes qui travaillent à proximité. Tout cela relève du bon sens, cependant nous alertons régulièrement les entreprises dont le projet d’aménagement prévoit des espaces café ouverts sur les espaces de travail, ou disposés de telle sorte que personne ne s’y rendra jamais.

Quant au flex office, d’autres que nous ont déjà écrit sur l’impact que cela pouvait avoir sur les salariés et leurs conditions de travail. Précisons seulement que le taux d’occupation des locaux qui justifierait de proposer moins de postes de travail que de salariés met une fois de plus de côté l’activité réelle de travail.  Comment collaborer quand les collègues s’éparpillent dans un étage ou une partie d’étage en fonction des places disponibles et que l’on se retrouve chaque jour au côté d’une personne différente avec laquelle on ne partage aucune activité ?  

Des politiques de développement du télétravail accompagnent ces projets et permettent aux salariés d’éprouver moins de fatigue liée aux transports et de grouper sur ces temps les activités qui demandent le plus de concentration. Mais là encore, certains métiers ne sont pas compatibles avec un télétravail régulier et le dispositif proposé doit proposer une certaine souplesse permettant par exemple de choisir son jour de télétravail en fonction de l’activité plutôt qu’en jour fixe. Les plus jeunes qui seraient séduits par ces nouveaux espaces - ce serait à démontrer, car ceux que nous rencontrons sont loin d’être si enthousiastes qu’on veut bien le dire - ne disposent pas toujours des conditions propices au télétravail (logement, autonomie…) et s’excluent de fait du dispositif. 

Solliciter un ergonome en amont de son projet d’aménagement des espaces de travail permet d’apporter la connaissance de l’activité réelle des différents métiers de l’entreprise et de concevoir un projet qui n’altère pas les conditions de travail et contribue à la qualité de vie au travail des salariés.

 

  

 

 

        

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