Pour une meilleure qualité de vie au travail ...

Quels leviers pour impacter sur la QVT ?

Quels leviers pour impacter sur la QVT ?

Mary Vigier est enseignante-chercheuse en Management, ESC Clermont ; responsable de la filière International Business du programme Bachelor ; secrétaire général de l’association scientifique Groupe d’études en Management et Langage ; membre de l’Academy o

La qualité de vie au travail est aujourd’hui un enjeu majeur pour les entreprises qui cherchent à allier performance et bien être dans l’entreprise en améliorant très concrètement les façons de travailler.

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Comment sortir de l'enfer de l'email et de la réunionite

Comment sortir de l'enfer de l'email et de la réunionite

 

Par Arthur VINSON, Arthur a travaillé sur des sujets d’innovation et de marketing chez Lafarge pendant 7 ans avant de créer Mailoop. 

Il est urgent d’agir concrètement sur nos pratiques de communication digitale. Si les chiffres augmentent année après année (+5% d’e-mails professionnels par an), le sujet n’est pas suffisamment porté au niveau stratégique. J’ai fait l’exercice, dans un contexte où l’expérience collaborateur devient la clé de l’approche RH, de changer de point de vue, pour dessiner à l’échelle du temps de travail l’expérience associée aux RH vécue par le collaborateur.

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Du Bore Out et de son traitement médiatique

Du Bore Out et de son traitement médiatique

Par Emmanuel Abord de Chatillon et Céline Desmarais
Emmanuel Abord de Chatillon (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) Professeur des Universités à l’IAE de L’université de Grenoble. Il est responsable du Master Management Stratégique des Ressources Humaines et dirige la chaire Management et Santé au Travail. Il coordonne avec Olivier Bachelard (EM Lyon / St Etienne) et Tarik Chakor (Université de Savoie), le GRT Santé et Travail de l’AGRH.

Céline Desmarais (celine.desmarais@heig-vd) est professeur ordinaire à la Haute Ecole d’Ingénierie et de Gestion du canton de Vaud. Elle dirige le MAS Human System Engineering, formation originale qui promeut une vision du management comme responsable. Ses travaux de recherche portent sur le rôle des managers, les spécificités du management public, mais aussi l’analyse des outils de gestion de la santé au travail. Elle collabore à la chaire Management et Santé au Travail.

Nous nous intéressons à la santé au travail (c’est même une partie de notre activité de recherche) et nous avons tous les deux été surpris par l’ensemble de ce qui a été dit sur le bore-out. L’ensemble des supports de presse ont repris avec gourmandise une idée simple : on parle depuis trop longtemps de la souffrance au travail, notamment à travers les concepts de stress et de burnout, mais le problème n’est pas là. En nous focalisant sur le burnout (cf. débat à l’Assemblée Nationale sur sa reconnaissance), les médias semblent vouloir faire passer l’idée qu’en focalisant notre attention sur l’épuisement professionnel, nous nous étions trompés de cible. le problème n’est pas un travail pénible, c’est une absence d’activité au travail, un ennui perpétuel, ce que certain nomme par comparaison au burnout, le bore-out qui correspondrait à un ennui tel que les salariés en deviennent malades.

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La QVT au pays de l’ingénierie…

La QVT au pays de l’ingénierie…

Entretien avec Sophie Moreau-Follenfant, DRH Groupe d’EGIS

Pourriez vous nous repréciser ce que représente Egis en termes d’activités, de métiers et d’effectif ?

Le Groupe Egis est un groupe d’ingénierie, de montage de projets et d’exploitation, filiale de la Caisse des Dépôts. Ses métiers vont de la conception à l’exploitation d’infrastructures, en passant par le conseil, et le clé en main.

Ce sont plus de 14000 personnes, dont 9000 dans l’ingénierie, réparties à raison de 4000 en France, 5000 dans une centaine de pays, dont principalement trois gros pôles domestiques : l’Inde, le Brésil et le Moyen-Orient, ainsi que quelques implantations fortes comme l’Ukraine, la Pologne, le Kenya ou la Roumanie. 

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Les aménagements de travail, élément clé de la QVT

Par Sylvie LÉGUÉ, Ergonome

De nombreuses entreprises du tertiaire s’engagent dans des projets de déménagement et /ou de réaménagement des environnements de travail. L’objectif poursuivi est la recherche d’économie, et l’évolution du prix du m² dans les grandes villes risque de conduire encore, et encore d’autres entreprises à choisir cette option pour limiter ses charges fixes.

Ces projets sont le plus souvent présentés aux salariés comme visant l’amélioration des collaborations et coopérations, l’ouverture et la convivialité, une plus grande attractivité pour les jeunes générations …. De tels projets peuvent être de véritables opportunités de repenser la distribution des services selon les interactions, de moderniser et de réaménager des espaces avec des matériaux et matériels plus performants, plus adaptés à nos modes actuels de travail. Mais attention, ils peuvent aussi avoir des conséquences néfastes sur les conditions de travail, sur le collectif des salariés et par conséquent sur la performance. 

En effet, les missions que l’on nous confie nous permettent de faire un certain nombre de constats qui malheureusement vont à l’encontre de l’amélioration des conditions de travail et de cette fameuse qualité de vie au travail !

Le premier d’entre eux est que bien souvent, ces projets sont confiés à des personnes qui se focalisent sur les aspects matériels et pensent les aménagements de façon « standard » sans que la réalité de l’activité des métiers de l’entreprise ne soit prise en compte. D’une entreprise à l’autre, et quels que soient les métiers, les projets se ressemblent, on y retrouve les mêmes principes :

  • Retrait des cloisons
  • Fin du bureau individuel pour les managers
  • Les espaces sont pensés selon différents temps d’activité (échanger, collaborer -écrire, réfléchir -téléphoner, s’isoler -se détendre…)
  • Parfois introduction du flex office pour certaines équipes voire pour toute l’entreprise

Ainsi les espaces sont souvent largement ouverts sur les circulations, les salariés sont censés produire à leur poste de travail et quitter leur espace pour téléphoner, pour se réunir ou prendre une pause. Les activités de travail ne se déroulent plus dans un même espace, elles sont séquencées selon leur nature dans différents espaces. Dans la réalité, selon le métier, ces conditions peuvent augmenter significativement le niveau de contrainte. Par exemple, un ingénieur qui réalise ses calculs ou ses modèles sur un ordinateur doté d’une tour, ne va pas pouvoir se retirer dans une salle de réunion avec son ordinateur pour échanger avec ses collègues sur un problème qui nécessite de partager ce qui se passe à l’écran. Si la spécificité de l’activité de cet ingénieur n’a pas été prise en compte dans la réflexion sur les aménagements, le salarié va perturber l’activité des collègues en proximité ou réduire les possibilités de collaboration spontanée avec d’autres.  Les moyens mis à disposition des salariés vont également avoir un effet sur l’utilisation des différents espaces : le nombre de salles de retrait pour téléphoner ou réaliser un travail exigeant de la concentration, le matériel numérique (chaque salarié dispose-t-il d’un ordinateur portable lui permettant de naviguer dans les différents espaces proposés, les salles sont-elles toutes équipées d’une connectique qui permet de se raccorder facilement à un écran, du matériel pour une conférence téléphonique à plusieurs ?). Le retrait dans un espace pour téléphoner suppose que les salariés disposent des technologies adaptées qui permettent, quand la conversation doit se prolonger, de quitter sa table de travail pour rejoindre un espace où s’isoler sans interrompre la conversation avec son interlocuteur.  Ce qui parait être une évidence est loin de l’être, nous avons vu certains projets prendre forme sans qu’une réflexion sur la mutation digitale/numérique de l’entreprise ne soit engagée. Là encore, c’est en analysant l’activité de travail que le travail réel et ces besoins sont identifiés.

La collaboration, annoncée comme favorisée, n’est pas toujours au rendez-vous. Elle dépend notamment de la densité des espaces : les échanges inter personnels dans un espace où il y a un salarié pour 5 ou 6 m² ne s’engagent pas de la même façon et n’ont pas le même effet sur le collectif que si chaque salarié dispose du double de m². Il est en effet plus facile d’échanger avec ses collègues si l’on voit qu’on ne dérange pas les autres situés en proximité. 

Nous voyons parfois des plateaux devenus silencieux concomitamment à l’ouverture des espaces : quid des échanges et des collaborations ? Les salariés expliquent que par respect pour la concentration de leurs collègues et parce que la densité est trop importante, ils ne se parlent plus et choisissent d’échanger par mail ou par chat. Nous le constatons, la promesse de collaboration, de transfert de compétences facilités par la proximité ne peut être tenue si les espaces ne sont pas pensés selon l’activité des métiers. C’est là que l’ergonome peut aider le chef de projet et/ou l’aménageur, dans sa compréhension des particularités de l’activité des métiers de l’entreprise, en réalisant des analyses de ces activités, en observant les modes de travail, de collaboration, les différents temps de l’activité… Les analyses doivent intervenir en amont afin qu’elles soient intégrées dans le projet dès sa conception. Bien souvent ce sont les informations-consultations du CHSCT sur le projet, déjà bien engagé, qui vont permettre de soulever les points critiques bien connus des représentants du personnel et totalement ignorés par les porteurs du projet. 

La question du bruit est omniprésente dans ces aménagements d’espaces ouverts. Le bruit est générateur de fatigue, il déconcentre, interrompt l’activité. Dans les métiers où la réflexion, le raisonnement représentent une part importante de l’activité, chaque interruption correspond à une perte de productivité puisqu’il faudrait une quinzaine de minutes à l’humain pour se reconcentrer sur un sujet. Force est de constater que dans nombre de projets, le travail sur l’acoustique des lieux est sacrifié parce qu’il coûte cher et que le maître d’ouvrage n’est pas toujours sensible aux arguments du coût indirect du bruit sur la santé et la performance des salariés. Les portes des bureaux ayant disparu, les salariés cherchent à s’isoler du bruit et on voit de plus en plus de personnes équipées de casques à leur poste de travail. Certains diffusent de la musique, d’autres cherchent juste à s’isoler du bruit ambiant et à adresser aux collègues un message d’indisponibilité à l’échange ou d’interruption.  Les espaces détentes, café, pause casse-croûte, doivent eux aussi être pensés de sorte qu’ils soient utilisés et implantés de façon à ne pas gêner les personnes qui travaillent à proximité. Tout cela relève du bon sens, cependant nous alertons régulièrement les entreprises dont le projet d’aménagement prévoit des espaces café ouverts sur les espaces de travail, ou disposés de telle sorte que personne ne s’y rendra jamais.

Quant au flex office, d’autres que nous ont déjà écrit sur l’impact que cela pouvait avoir sur les salariés et leurs conditions de travail. Précisons seulement que le taux d’occupation des locaux qui justifierait de proposer moins de postes de travail que de salariés met une fois de plus de côté l’activité réelle de travail.  Comment collaborer quand les collègues s’éparpillent dans un étage ou une partie d’étage en fonction des places disponibles et que l’on se retrouve chaque jour au côté d’une personne différente avec laquelle on ne partage aucune activité ?  

Des politiques de développement du télétravail accompagnent ces projets et permettent aux salariés d’éprouver moins de fatigue liée aux transports et de grouper sur ces temps les activités qui demandent le plus de concentration. Mais là encore, certains métiers ne sont pas compatibles avec un télétravail régulier et le dispositif proposé doit proposer une certaine souplesse permettant par exemple de choisir son jour de télétravail en fonction de l’activité plutôt qu’en jour fixe. Les plus jeunes qui seraient séduits par ces nouveaux espaces - ce serait à démontrer, car ceux que nous rencontrons sont loin d’être si enthousiastes qu’on veut bien le dire - ne disposent pas toujours des conditions propices au télétravail (logement, autonomie…) et s’excluent de fait du dispositif. 

Solliciter un ergonome en amont de son projet d’aménagement des espaces de travail permet d’apporter la connaissance de l’activité réelle des différents métiers de l’entreprise et de concevoir un projet qui n’altère pas les conditions de travail et contribue à la qualité de vie au travail des salariés.

  

 

 

        

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