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Et si la RSE devenait [aussi] la responsabilité sociale de l’employé.e ?

Et si la RSE devenait [aussi] la responsabilité sociale de l’employé.e ?

Par Jérôme Delorme, ancien Chargé d’étude RSE et ancien Auditeur interne, Cofondateur de Mobeetip

On s’échine souvent sur le fait de savoir si l’acronyme RSE signifie Responsabilité « Sociale » ou « Sociétale » de l’Entreprise. Mais on se pose rarement la question si cela peut désigner aussi la Responsabilité Sociétale de l’Employé.e ? Bien sûr, elle est moindre que celle de l’entreprise, mais est-elle nulle pour autant ?

Malgré l’importance des enjeux sociaux et environnementaux, la RSE reste encore peu ou pas incarnée dans beaucoup d’entreprises, du plus haut au plus bas niveau. Alors que l’ensemble des individus est concerné et que chacun peut agir, comment améliorer la situation, compte tenu des ressources que nous mobilisons au quotidien ?

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Comment nous avons infusé une culture RSE auprès des collaborateurs de BETC

Comment nous avons infusé une culture RSE auprès des collaborateurs de BETC

Par Valérie Richard Responsable RSE chez BETC

Au cours des dernières années, la notion de RSE en entreprise a considérablement évolué en même temps que la fonction éponyme. D’un rôle plutôt technique d’identification, de contrôle des risques et de reportings, la RSE est devenue une fonction stratégique qui est en train de transformer profondément l’entreprise et ses marques. C’est le sens de l’histoire : après avoir recensé et diminué les impacts négatifs, la RSE s’attaque maintenant à maximiser les impacts positifs pour créer une nouvelle génération d’entreprises plus contributives et collaboratives. Pourquoi ? Parce que l’on s’est rendu compte que la RSE a un impact énorme sur la réputation de l’entreprise et donc sur sa valeur et sur ses résultats économiques. En 2017, le Reputation Institute estimait à 40% le poids de la RSE dans l’évaluation de la réputation d’une entreprise (études RepTrak). Cela, couplé à des changements climatiques de plus en plus visibles et à des scandales remettant en question les principes éthiques de certaines grandes sociétés, augmente encore plus la pression et la vigilance de la société civile et des consommateurs. C’est donc une poussée massive qui oblige les entreprises à intégrer la dimension RSE dans leurs produits et marques, mais aussi dans leur fonctionnement interne, et en particulier dans la politique RH, parce qu’elle devient un élément de plus en plus important dans l’attraction et la rétention des talents.

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Interview de Fella Imalhayene Déléguée Générale du Global Compact France

Interview de Fella Imalhayene Déléguée Générale du Global Compact France

Interview de Fella Imalhayene

Fella Imalhayene, avant d’entrer dans le vif du sujet, pourriez-vous nous dire qui vous êtes et quel a été votre parcours avant d’assurer le développement et la gestion du Global Compact France en qualité de Déléguée Générale.

Une double formation, Gestion Dauphine et Philosophie, en ne pouvant ne me satisfaire ni que de l’une ni que de l’autre. Un fort intérêt pour l’entreprise et ses enjeux, mais voulant garder en permanence le lien avec le « sens ». J’ai commencé par faire des missions dans des environnements culturels à l’Unesco ou au Centre Pompidou où je me suis occupée de comprendre les problématiques d’égalité des chances vis-à-vis de la culture et proposer des actions pour permettre aussi bien aux populations handicapées (accessibilité) qu’aux classes économiquement défavorisées (en particulier les jeunes) d’être attirées par ce lieu. 

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RSE, bien commun et projet d’entreprise

RSE, bien commun et projet d’entreprise

Patrick Storhaye, Président de Flexity, Professeur Associé au CNAM Paris, fondateur de RH info

En 2014, plusieurs acteurs de l’industrie pharmaceutique Nord-Américaine avaient été pointés du doigt, notamment par Hillary Clinton, pour avoir augmenté brutalement le prix de certains médicaments vitaux, et ce dans des proportions ahurissantes. Martin Shkreli, alors CEO de Turing Pharmaceuticals qui avait augmenté un de ses produits de 5 000%, était au centre de la polémique1 et fut alors désigné2 comme l’homme « le plus détesté » des Etats-Unis.  Dans un entretien sur CNBC3, le CEO de Valeant vantait de son côté les mérites de sa stratégie de croissance par acquisitions, financée par une dette aussi galopante qu’importante, comme la meilleure option pour ses actionnaires. Plusieurs articles4 fustigeaient alors sa propension à servir le seul intérêt de ses actionnaires au détriment de celui des patient·es. Elu CEO de l’année5 en 2015, il fut limogé6 en 2016, sa stratégie explosant en vol, puis arrêté7 ensuite pour soupçons de fraude. Warren Buffet8 le donna alors en exemple de ce qu’il ne faut pas faire pour présider aux destinées d’une entreprise.

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6 questions à Michel Yahiel

 

Vos fonctions tant à l'Elysée qu'à France Stratégie vous ont-elles permis d'avoir une vue élargie de l'importance de la RSE sur la cohabitation nécessaire entre Etat et Entreprise ?

En effet. Dans le premier cas ce constat est né du travail réalisé avec toutes les parties prenantes autour de la loi « devoir de vigilance », qui a débouché en 2017, après de multiples échanges et les nécessaires compromis qu'il a fallu susciter. La mobilisation et je dois dire le niveau de compétence des ONG a joué ici un rôle décisif.

Dans le second cas, à France Stratégie, j'ai retrouvé avec plaisir les acteurs de la plate-forme RSE, qui lui était rattachée suite à une décision de JM Ayrault, alors Premier ministre. L'activité était ici plus quotidienne et diversifiée, avec une forte production de rapports et d'avis, impliquant d'importants efforts pour bâtir du consensus. 

Vous étiez Président de l'ANDRH lors de l'arrivée massive de la RSE dans les entreprises. Avez-vous une explication au fait que les DRH ne se sont pas appropriés cette réflexion immédiatement et ne l'ont pas considéré comme partie intégrante de leur périmètre ?

Les DRH sont à l'image de l'école dans la société : nous attendons tout d'eux. Je crois que s'ils ont eu ce petit « retard à l'allumage » c'est d'abord que leurs patrons n'avaient pas franchi le pas, à de rares exceptions près. Cela n'allait pas de soi de changer de paradigme et, par exemple, de se préoccuper enfin d'environnement.

Le rapport Notat/Sénart et les changements sur l'objet même de l'entreprise vous semble-t-il aller dans le bon sens ?

Son existence même va dans le bon sens, ce genre de démarche portée par des personnalités emblématiques ayant au moins la même valeur que leurs propositions. Désormais, malgré des lacunes et de fortes disparités selon les secteurs, les groupes, les sites, ces sujets sont sur la table et l'on va davantage remarquer les cas où la dynamique patine que les progrès réalisés.

Aujourd'hui, la fonction RH semble vouloir s'approprier cette dynamique RSE ... que vous semble-t-il le plus important à mettre en œuvre pour que le S de Social prenne toute sa dimension ?

Cela renvoie d'abord au dialogue social et à la négociation. Certes, les enjeux sociaux et plus encore sociétaux vont au-delà mais soyons logiques : il ne peut y avoir de progrès social qui ne soit partagé, ni de démarche collaborative se limitant à des injonctions verticales. Là encore, la forme et le fond doivent aller de pair. 

La Caisse des Dépôts est « actionnaire » d'un grand nombre d'entreprise, la RSE fait-elle partie de ses critères de gouvernance ?

Absolument, d'autant que le groupe est très engagé lui-même dans ces démarches, en particulier la finance Responsable et qu'il travaille déjà très concrètement à la manière de mettre en œuvre les ODD, sur une base ambitieuse

Les organisations syndicales semblent vouloir aussi entrer dans cette approche, est-ce à votre avis une possibilité d'aller vers un nouveau dialogue social et vers une « coconstruction » sociétale ? 

Sans doute, et l'on voit bien que les acteurs sociaux au sens large interagissent de plus en plus, par exemple sur les enjeux liés à l'exclusion, à l'emploi, aux droits sociaux notamment à l'échelle européenne et internationale. Je pense d'ailleurs que cette ouverture n'est en rien contradictoire avec le syndicalisme « de service » prôné par beaucoup 

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Mots-clés: RSE, MagRH8

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