Pour aller plus loin avec la prospective ...

La RSE : cerise sur le gâteau ou charrue avant les bœufs ?

La RSE : cerise sur le gâteau ou charrue avant les bœufs ?

Denis Monneuse, Enseignant-chercheur, directeur du cabinet de conseil « Poil à Gratter 

Les réunions de travail, c’est comme les relations sexuelles : on s’en souvient rarement en détail quelques jours après, mais celles dont on se souvient restent en revanche gravées dans notre mémoire à jamais.

Parmi celles dont je me souviens (les réunions de travail, pas les relations sexuelles !), il y a les cinq suivantes que je voudrais partager avec vous car elles ont contribué à forger mon regard sur la RSE. En deux mots : la RSE devrait être la cerise sur le gâteau, la nouvelle lubie d’une entreprise une fois qu’elle fonctionne parfaitement. Or l’expérience montre que les organisations mettent la charrue avant les bœufs : elles se délectent de responsabilité sociale, voire sociétale, alors qu’elles parviennent à peine à respecter les lois.

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RSE et création de valeurs

RSE et création de valeurs

Par Bernard Attali, President de Gouvernance et Valeurs

Les premières approches de valorisation des actifs immatériels sont dues à EDITH PENROSE (theory of the growth of the firm) dont la dernière édition a été publiée en 2009, aux presses universitaires d’OXFORD. 

Si ce thème du capital immatériel est longtemps demeuré absent du champ de pensées des économistes, les premières réflexions sur le capital immatériel remontent maintenant à près de 60 ans avec les travaux d’Edith Penrose sur les ressources tangibles et intangibles.

Dans les années 1990, Henri Tezenas du Montcel expliquait que les actifs immatériels étaient insuffisamment intégrés dans toutes les formes d’évaluation des entreprises, précisant si justement qu’« on ne tient pas compte de ce qu’on ne mesure pas ».

En 2010, le groupe de travail Thésaurus-Bercy a été constitué à la demande de Christine Lagarde, ministre de l’Économie et des Finances, par Alan Fustec. 

Ses conclusions se présentent sous la forme de deux rapports : Thésaurus V1, publié le 7 octobre 2011, et Thésaurus V2, publié le 13 octobre 2015.

Le Thésaurus-Bercy V1 identifie les actifs suivants :

  1. Capital Client
  2. Capital Humain
  3. Capital Organisationnel
  4. Capital des Systèmes d’Information
  5. Capital de Savoir
  6. Capital de Marque
  7. Capital Partenaire
  8. Capital Actionnaire
  9. Capital Sociétal
  10. Capital Naturel.

Ainsi il apparait que dans les 10 items identifiés par thésaurus V1, le capital social et que le capital immatériel constituent les actifs immatériels, et sont donc créateurs de valeur. 

Nous allons définir plus précisément le capital sociétal, celui-ci rassemble tous ce qui relève de diverses parties prenantes au sens large et le capital naturel il rassemble tout ce qui relève de l’environnement, nous pourrions également rajouter par extension le capital humain, car les salariés compétents, motivés épanouis et fidèles permettent à l’entreprise de se développer facilement ;

Selon Bernard Marois et Alain Fustec, les actifs d’une entreprise regroupent :

  • Des actifs solides (les immobilisations)
  • Les actifs liquides (actifs circulant)
  • Les actifs gazeux(immatériels).

La RSE fait donc partie des actifs immatériels (actifs gazeux) ou (actifs invisibles). D’autres méthodes existent, tel que sharing value développée par JAKY Ouziel, dans cette démarche il convient de vérifier que la société est engagée dans ce processus grâce à la signature de différents accords : 

  • Le label Emplitude et la charte de la diversité pour l’emploi et l’insertion
  • Le label d’engagement volontaire objectif CO2 et le label CO2 neutral 
  • La RSE contribue à valoriser directement la marque de l’entreprise et indirectement à capter ou fidéliser sa clientèle.

Afin de valoriser cet actif intangible, on retient selon la méthode développée dans sharing value généralement un montant :

  • D’environ 3 à 5 % du CA en B2B,
  • De près de 5 à 10 % du CA en B2C. 

Victor Waknine quant à lui développe une approche qui réconcilie performance économique, engagement des hommes, et qualité sociale son indice IBET mesure la qualité de vie au travail.

Les investissements à impact social initiés par les grandes entreprises tel que DANONE et l’OREAL, témoignent de l’importance de la politique RSE dans l’appréciation des parties prenantes d’une entreprise et donc de la marque. Ces exemples s’il en était besoin démontrent bien qu’aujourd’hui, création de valeurs, RSE et engagement social sont étroitement liés. 

La prise en compte de la RSE en tant que création de valeur est également soulignée par le rôle croissant que jouent les agences de notations dans la prise en compte des facteurs RSE. La transposition de la directive européenne N° 2014 /95 UE par l’ordonnance du 19 juillet souligne s’il en était besoin que l’appréciation d’une performance d’une entreprise ne se limite pas à l’appréciation des états financiers stricto sensu. La certification par le commissaire aux comptes des éléments contenus dans le reporting extra financier souligne s’il en était nécessaire le caractère stratégique des démarches RSE menées par les entreprises. 

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RSE, Droit souple et droit dur…

RSE, Droit souple et droit dur…

 

Par Elisabeth Saubadu, Directrice Juridique RSE Orange

La Responsabilité Sociale d’Entreprise (RSE) permet  d’anticiper et de prévenir certains risques et d’obliger les entreprises à ne pas uniquement privilégier la croissance et les profits au détriment des droits humains et de l’environnement. Il n’y pas de définition unique de la RSE. Elle résulte d’influences multiples et repose à l’origine essentiellement sur des engagements volontaires, des initiatives et des comportements considérés et voulus comme vertueux.

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Comment le Sport contribue au rayonnement RSE des entreprises ?

Comment le Sport contribue au rayonnement RSE des entreprises ?

Par Boris Pourreau fondateur de Sport Heroes

Comment la qualité de vie au travail est une dynamique motrice de la RSE  ?

Une marque employeur mise en valeur

Un des aspects importants de la Responsabilité Sociale des Entreprises est l’amélioration de la Qualité de Vie au Travail (QVT). 

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La RSE : une question d’authenticité

Par Gaëlle Bassuel, Fondatrice & CEO de YesWeShare

Après s’être longtemps concentrée sur les questions environnementales, la RSE intègre de plus en plus l’humain dans son écosystème. Dans l’entreprise, la RSE rejoint les problématiques RH à travers le système de valeurs de l’entreprise, qui est un levier puissant d’engagement des collaborateurs et de transformations. Cela renvoie aux notions de culture, de sens et de « care ». Et donc aux actions de prévention (santé au travail), de sensibilisation (mixité, diversité, stéréotypes, handicap) et d’acculturation.

Les RH, la clé de la responsabilité d’entreprise

La responsabilité sociale des entreprises (RSE) n’est plus seulement un « nice to have », mais un élément essentiel de la stratégie des organisations. Les consommateurs sont de plus en plus enclins à prendre des décisions d’achat fondées sur l’empreinte sociale et environnementale des entreprises, et le succès du recrutement dépend souvent de l’authenticité des valeurs d’une organisation. Pour créer une culture de la responsabilité d’entreprise, il est essentiel que les ressources humaines jouent un rôle central.

Lorsque les ressources humaines animent la RSE au sein d’une entreprise, chaque employé s’engage à défendre vos valeurs au quotidien. Cela crée un environnement autorégulateur qui reste fidèle à la vision.

La RSE doit être reflétée dans la stratégie d’entreprise

La RSE ne consiste pas à faire bonne figure pour le public (on parle alors de « greenwashing ») mais à considérer les avantages que votre entreprise et ses décisions peuvent avoir pour la société. Même les plus petites décisions peuvent avoir un impact, c’est pourquoi la responsabilité de l’entreprise doit être une priorité pour chaque employé.

Contrairement aux stratégies descendantes qui sont souvent conçues pour limiter les risques, les ressources humaines peuvent constituer un lien entre les problèmes qui préoccupent vos employés et ce que l’entreprise peut faire pour les y aider. Cela permet aux collaborateurs de faire partie de la solution, crée davantage de responsabilité individuelle et réduit le risque que des éléments non contrôlés portent atteinte à la réputation de l’entreprise.

Lorsque la responsabilité d’entreprise fait partie de la culture de votre entreprise, elle crée de l’authenticité. Les collaborateurs ont besoin de voir que votre entreprise est engagée dans la RSE par le biais des actions prises quotidiennement, et non pas simplement par des déclarations publiques une ou deux fois par an.

La responsabilité sociale de l’entreprise n’est pas la responsabilité exclusive des ressources humaines - c’est finalement tout le monde dans l’organisation qui doit défendre vos convictions et vos valeurs - mais les ressources humaines sont le département qui a le plus d’impact sur le recrutement, la gestion des personnes, l’apprentissage et le développement. Ce sont ces fonctions qui peuvent garantir que la RSE imprègne toute l’entreprise.

Intégrer la RSE à la marque employeur

Les millennials constituent déjà la plus grande génération de main-d’œuvre et représenteront 50% de la main-d’œuvre mondiale d’ici 2020. Pour les attirer, la RSE doit être au cœur de la marque employeur, en particulier si l’on tient compte du pourcentage des collaborateurs, jeunes et moins jeunes, donnant priorité aux engagements sociaux et environnementaux d’une entreprise lorsqu’ils décident où travailler.

Parlez de vos initiatives en matière de RSE dans les entretiens, citez-les dans les descriptions de poste et faites-en davantage pour proposer des incitatifs faisant appel à la nature engagée des recrutements potentiels. Vous pouvez offrir du temps libre pour faire du bénévolat ou mettre en place une politique visant à faire correspondre les contributions des employés à des œuvres caritatives.

Une page sur la RSE sur votre site Web est importante, mais les employés potentiels s’attendront à ce que vos politiques et vos comportements internes reflètent vos valeurs au quotidien. Sinon, les employés risquent de se sentir déçus, ce qui pourrait poser des problèmes d’engagement à l’avenir.

Aligner la formation et le développement des managers sur les initiatives RSE

Les managers doivent être embarqués, et notamment encourager les collaborateurs à appliquer les politiques et utiliser les dispositifs de RSE de l’entreprise. Avec la bonne approche, les managers peuvent trouver le moyen d’aligner les objectifs individuels liés au travail sur les objectifs RSE de l’entreprise. Cela peut se traduire par la création de campagnes de marketing qui promeuvent votre produit tout en sensibilisant à la durabilité, ou l’organisation d’événements dédiés à la clientèle abordant également le problème de l’inégalité entre les femmes et les hommes.

Une question d’authenticité

Lorsque la RSE fait partie de votre culture et de vos valeurs, elle crée un environnement dans lequel les personnes prennent des décisions en ayant à l’esprit la vue d’ensemble.

C’est cette approche axée sur les personnes qui crée l’authenticité et, ce faisant, vos employés sont plus susceptibles de rester fidèles à votre organisation. Lorsque la RSE fait partie de votre processus d’embauche, elle contribue également à créer un cycle autonome et vertueux de responsabilité d’entreprise.

La plupart des gens peuvent faire la différence entre une entreprise qui se préoccupe réellement d’avoir un impact positif et une autre qui se borne à publier une déclaration de bonnes intentions bien conçue mais sans l’incarner. Pour que la RSE fasse partie de l’ADN d’une entreprise, elle doit se refléter dans l’ADN de vos collaborateurs. Cela ne peut se produire que lorsque les RH prennent les devants et s’emploient à intégrer la RSE à la culture et aux valeurs de l’entreprise.

Notre approche

Chez YesWeShare, nous pensons que l’intelligence artificielle et le machine-learning peuvent permettre de servir au mieux votre politique RSE en la liant étroitement aux enjeux RH.

Ceci en appliquant les techniques du micro-learning aux transformations, à la déconstruction des stéréotypes et des idées reçues. Et en couplant des contenus descendants avec des baromètres et feedbacks ascendants.

OSCAR by YesWeShare

YesWeShare a conçu OSCAR, Organisation Social CollAborative Robot, le chatbot au service des transformations positives : acculturation, prévention (sécurité, santé, addictions) et sensibilisation (handicap, mixité, diversité, écoresponsabilité).

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