Pour aller plus loin avec la prospective ...

Des entreprises prennent des initiatives pour reconfigurer la RSE et agir positivement sur l’environnement et la société

Des entreprises prennent des initiatives pour reconfigurer la RSE et agir positivement sur l’environnement et la société

Par Nicolas Treuvey (Chef de projet ANVIE)

Si elle est inscrite dans les pratiques des entreprises depuis de nombreuses années du fait de dispositifs de régulation (lois, règlements, normes, labels…), la RSE montre aujourd’hui ses limites. Des entreprises proactives, conscientes de l’ampleur des défis qui conditionnent la poursuite de leur activité et de l’impasse où mènent les modèles de développement actuels veulent aller plus loin : vers une RSE reconfigurée, voire vers une RSE « augmentée » qui prend en compte la performance extra-financière, l’impact social positif, la contribution à l’intérêt général. Cette (r)évolution soulève de nouvelles questions et appelle de nouvelles pratiques qui ont été au cœur d’un groupe de travail de l’Anvie au cours duquel chercheurs et praticiens d’entreprise ont croisé leurs points de vue et leurs expériences. 

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6 questions à Michel Yahiel

6 questions à Michel Yahiel

 

Vos fonctions tant à l'Elysée qu'à France Stratégie vous ont-elles permis d'avoir une vue élargie de l'importance de la RSE sur la cohabitation nécessaire entre Etat et Entreprise ?

En effet. Dans le premier cas ce constat est né du travail réalisé avec toutes les parties prenantes autour de la loi « devoir de vigilance », qui a débouché en 2017, après de multiples échanges et les nécessaires compromis qu'il a fallu susciter. La mobilisation et je dois dire le niveau de compétence des ONG a joué ici un rôle décisif.

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Du rapport Notat-Senard à la loi PACTE : quand la RSE s’invite dans le débat public

Du rapport Notat-Senard à la loi PACTE : quand la RSE s’invite dans le débat public

Par Martin RICHER est consultant en Responsabilité Sociale des Entreprises. Fondateur de Management & RSE

La RSE est un objet théorique ancré dans les sciences de gestion. Son demi-frère, le développement durable, est né au sein des sciences du vivant. L’une comme l’autre font rarement incursion dans le débat public. C’est pourtant ce qui s’est produit en 2018 et 2019 avec la concertation et la controverse qui ont entouré la réalisation du rapport Notat – Senard puis le vote de la loi PACTE. 

Remis au gouvernement le 9 mars 2018 par Nicole Notat, présidente de la société de notation Vigeo-Eiris et Jean-Dominique Senard, à l’époque président du groupe Michelin, le rapport sur « L’entreprise, objet d’intérêt collectif » a relevé le défi d’affronter la grande défiance que les citoyens français adressent à leurs grandes entreprises (voir : « L’entreprise en 2019 : la disruption ou la détestation ! » http ://management-rse.com/2019/02/19/lentreprise-en-2019-la-disruption-ou-la-detestation/). Si cette défiance s’adresse aux grandes entreprises alors que les TPE et PME font au contraire l’objet de jugements positifs, c’est bien que les premières apparaissent « hors-sol », indifférentes à leur écosystème, alors que les secondes sont insérées dans des relations de proximité avec leurs parties prenantes, notamment leur territoire et leurs salariés. 

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RSE, bien commun et projet d’entreprise

RSE, bien commun et projet d’entreprise

Patrick Storhaye, Président de Flexity, Professeur Associé au CNAM Paris, fondateur de RH info

En 2014, plusieurs acteurs de l’industrie pharmaceutique Nord-Américaine avaient été pointés du doigt, notamment par Hillary Clinton, pour avoir augmenté brutalement le prix de certains médicaments vitaux, et ce dans des proportions ahurissantes. Martin Shkreli, alors CEO de Turing Pharmaceuticals qui avait augmenté un de ses produits de 5 000%, était au centre de la polémique1 et fut alors désigné2 comme l’homme « le plus détesté » des Etats-Unis.  Dans un entretien sur CNBC3, le CEO de Valeant vantait de son côté les mérites de sa stratégie de croissance par acquisitions, financée par une dette aussi galopante qu’importante, comme la meilleure option pour ses actionnaires. Plusieurs articles4 fustigeaient alors sa propension à servir le seul intérêt de ses actionnaires au détriment de celui des patient·es. Elu CEO de l’année5 en 2015, il fut limogé6 en 2016, sa stratégie explosant en vol, puis arrêté7 ensuite pour soupçons de fraude. Warren Buffet8 le donna alors en exemple de ce qu’il ne faut pas faire pour présider aux destinées d’une entreprise.

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Il est temps que les DRH et les directeurs RSE se parlent  !

Interview de Fabrice Bonnifet, Président du C3D (Collège des directeurs du DD), Propos recueillis par Martin Richer

Pouvez-vous nous présenter le C3D en quelques mots ?

L’ambition du C3D est d’être l’association de référence des acteurs qui œuvrent pour des entreprises plus responsables ! Plus de 150 Responsables DD/RSE d’entreprises ont rejoint le C3D en 11 ans dont 42 dans les 12 derniers mois. Le C3D est une communauté de gens qui s’entendent bien et qui aiment collaborer ensemble pour le bien commun.

A quoi attribuez-vous la bonne dynamique de vos adhésions ? 

Le développement durable pour une entreprise n’a rien d’obligatoire car sa survie n’est pas non plus indispensable. A priori peu d’entreprises souhaitent disparaître alors le développement durable tend à s’imposer comme une évidence. Il était temps et c’est ce qui explique l’augmentation du nombre des adhésions, car au C3D nous travaillons sur la durabilité des modèles économiques dans un monde en voie de décarbonation. 

Quelles sont les principales tendances que vous voyez à l’œuvre concernant la RSE et le DD ?

La tendance est de passer du pourquoi au comment, du blabla à l’action, des analyses de risques à la mise en œuvre des actions correctives, du « faire moins mal » au « faire mieux autrement », de l’engagement à l’implication…. La tendance c’est de décarboner par tous les moyens, les autres aspects de la RSE en dépendent.

Que répondez-vous à ceux qui pensent que la RSE et le DD ne sont que le paravent masquant les dérives d’un « capitalisme devenu fou », pour reprendre l’expression d’Emmanuel Macron le 11 juin à l’OIT ? 

Je leur réponds que oui l’humanité marche sur la tête. Oui le modèle qui consiste à créer puis vendre certains produits dont nous n’avons vraiment pas besoin, avec de l’argent que beaucoup n’ont pas ou plus, tout cela pour impressionner d’autres gens qui en n’ont rien à faire est un modèle pour le moins bizarre et qui nous conduit à l’effondrement. Mais je leur répond aussi qu’il y a nombre d’entreprises qui œuvrent pour améliorer effectivement la vie quotidienne des gens…..personne ne veut retourner chez un dentiste des années 80 !, la technologie est utile il est idiot de le contester, mais les comportements de consommation vont devoir évoluer vers plus de sobriété, car les modes de vie actuels d’une partie de l’humanité ne sont pas soutenables. Face aux défis de la RSE, les fatalistes dénigrent, les lâches se cachent et les courageux et les lucides essaient d’agir !

Vous êtes un défenseur de la notion d’entreprise contributive. Qu’est-ce que cela apporte par rapport à tout ce que la RSE est déjà ? 

Avec Céline Puff Ardichvili nous souhaitons, avec la promotion du modèle de l’entreprise contributive, apporter des clés pour l’action des entreprises qui ambitionnent de faire évoluer leur raison d’être à partir des faits scientifiques, afin de concilier ce qui apparaît pour beaucoup comme irréconciliable : la durabilité et l’abondance pour les parties prenantes. L’impossible c’est du possible non encore réalisé, parait-il. La RSE représente la nomenclature des thèmes à aborder, les principes de l’entreprise contributive expliquent comment mettre pratiquement en œuvre une démarche crédible de durabilité. J’encourage tous les curieux à aller sur notre blog entreprisecontributive.blog.

Vous avez fait part de votre regret concernant le manque d’enthousiasme des DRH face aux enjeux sociétaux et environnementaux ; quels sont les points majeurs ? 

Pas tous les DRH mais beaucoup ! Au démarrage des démarches DD/RSE dans les entreprises, la fonction RH a souvent perçu le DD pour sa composante sociale comme une démarche « concurrente ». Ce n’est plus vraiment d’actualité mais que de temps perdu en lutte stérile et jeu de pouvoir inutile. Mais le tort était partagé, nous avons manqué de dialogue avec cette fonction. Compte tenu des enjeux, il est urgentissime de combiner nos compétences pour agir dans l’intérêt des collaborateurs et donc de nos entreprises.

Vous considérez que la mode du « flex-office » est déjà dépassée, pourquoi ? 

Complétement dépassé et pour moi c’est une énigme de voir perdurer cette pratique. Nous avons besoin d’aménagement de bureaux qui respectent les cycles physiologiques, l’intimité des gens, la concentration pour la réalisation des tâches critiques et qui subliment le travail collaboratif. Le flex-office vise le contraire de cet objectif. A la maison vous ne faites pas dans la chambre ce que vous faites dans la cuisine, non ? Tôt ou tard les bureaux seront organisés par typologie de tâches, afin d’apporter un confort optimum adapté aux différents usages. 85% des dépenses pour un bâtiment tertiaire ce sont les salaires, il est largement temps de faire évoluer simultanément les pratiques de management et les espaces de travail. 

Que faut-il faire pour que DRH et DRSE travaillent mieux ensemble ? 

Qu’ils se parlent ! 

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Mots-clés: RSE, MagRH8

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