Pour aller plus loin avec la prospective ...

Les collaborateurs au cœur de chaque « raison d’être » !

Les collaborateurs au cœur de chaque « raison d’être » !

Par Sylvain Reymond, Directeur Général de Pro Bono Lab

L’adoption de la loi Pacte permettait, en mai 2019, de fixer la nouvelle vocation sociale et environnementale de l’entreprise, l’encourageant à raisonner bien au-delà de ses seules performances économiques. Elle fixait la vision d’une économie plus vertueuse, plus solidaire, plus durable et venait donner un cadre à une tendance de fond impulsée par quelques dirigeants pionniers. Plus globalement, cette loi permettait d’insuffler une prise de conscience collective et concédait justement à l’entreprise un rôle nouveau, un rôle central même, dans la prise en charge des urgences sociales et sociétales les plus vives. Les grands défis auxquels notre génération est confrontée, en premier lieu celui du réchauffement climatique, ne pourront clairement pas être relevés sans des engagements forts pris par des entreprises et leurs parties prenantes. Les visions désuètes et les vieux débats  qui consistaient à exclure de fait l’entreprise de toute prise en charge de l’intérêt général ou de ces enjeux d’utilité sociale semblent donc définitivement clos. Oui, l’entreprise est devenue un acteur essentiel de l’intérêt général, et l’intérêt général une préoccupation permanente de l’entreprise.

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RH, Communication & RSE cher INVIVO

RH, Communication & RSE cher INVIVO

Interview de Sébastien Graff, Directeur des Ressources Humaines, de la Communication et de la RSE chez INVIVO

Depuis quand la fonction RH est-elle en charge de la RSE chez InVivo ?

La thématique de la RSE est apparue dans l’entreprise fin 2010 et s’est naturellement intégrée au sein de la direction des RH. L’objectif de l’époque était d’introduire un quadrilatère vertueux traitant des mêmes sujets RSE, au sein des directions de la RH, de la communication, de la RSE et d’« Invivo Foundation » (le fonds de dotation d’InVivo dédié à une mission d’intérêt général).

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La longue marche du DRH vers la RSE

La longue marche du DRH vers la RSE

Par Didier Rembert  DGRH de transition

Tôt ou tard votre directeur général lancera en comité de direction : « faut qu’on se mette à la RSE, tous nos clients en parlent, qui veut s’occuper de ça ? » Tout le monde se regardera, le directeur achat lancera telle une incantation, « moi, j’achète du papier recyclé, en plus c’est moins cher », le directeur financier ajoutera, « attention, on n’embauche pas de responsable RSE, ce n’est pas au budget », et le directeur commercial conclura « c’est sur que c’est important, nous on ne sait plus quoi dire au client quand il nous en parle ».

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Du rapport Notat-Senard à la loi PACTE : quand la RSE s’invite dans le débat public

Du rapport Notat-Senard à la loi PACTE : quand la RSE s’invite dans le débat public

Par Martin RICHER est consultant en Responsabilité Sociale des Entreprises. Fondateur de Management & RSE

La RSE est un objet théorique ancré dans les sciences de gestion. Son demi-frère, le développement durable, est né au sein des sciences du vivant. L’une comme l’autre font rarement incursion dans le débat public. C’est pourtant ce qui s’est produit en 2018 et 2019 avec la concertation et la controverse qui ont entouré la réalisation du rapport Notat – Senard puis le vote de la loi PACTE. 

Remis au gouvernement le 9 mars 2018 par Nicole Notat, présidente de la société de notation Vigeo-Eiris et Jean-Dominique Senard, à l’époque président du groupe Michelin, le rapport sur « L’entreprise, objet d’intérêt collectif » a relevé le défi d’affronter la grande défiance que les citoyens français adressent à leurs grandes entreprises (voir : « L’entreprise en 2019 : la disruption ou la détestation ! » http ://management-rse.com/2019/02/19/lentreprise-en-2019-la-disruption-ou-la-detestation/). Si cette défiance s’adresse aux grandes entreprises alors que les TPE et PME font au contraire l’objet de jugements positifs, c’est bien que les premières apparaissent « hors-sol », indifférentes à leur écosystème, alors que les secondes sont insérées dans des relations de proximité avec leurs parties prenantes, notamment leur territoire et leurs salariés. 

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Il est temps que les DRH et les directeurs RSE se parlent  !

Interview de Fabrice Bonnifet, Président du C3D (Collège des directeurs du DD), Propos recueillis par Martin Richer

Pouvez-vous nous présenter le C3D en quelques mots ?

L’ambition du C3D est d’être l’association de référence des acteurs qui œuvrent pour des entreprises plus responsables ! Plus de 150 Responsables DD/RSE d’entreprises ont rejoint le C3D en 11 ans dont 42 dans les 12 derniers mois. Le C3D est une communauté de gens qui s’entendent bien et qui aiment collaborer ensemble pour le bien commun.

A quoi attribuez-vous la bonne dynamique de vos adhésions ? 

Le développement durable pour une entreprise n’a rien d’obligatoire car sa survie n’est pas non plus indispensable. A priori peu d’entreprises souhaitent disparaître alors le développement durable tend à s’imposer comme une évidence. Il était temps et c’est ce qui explique l’augmentation du nombre des adhésions, car au C3D nous travaillons sur la durabilité des modèles économiques dans un monde en voie de décarbonation. 

Quelles sont les principales tendances que vous voyez à l’œuvre concernant la RSE et le DD ?

La tendance est de passer du pourquoi au comment, du blabla à l’action, des analyses de risques à la mise en œuvre des actions correctives, du « faire moins mal » au « faire mieux autrement », de l’engagement à l’implication…. La tendance c’est de décarboner par tous les moyens, les autres aspects de la RSE en dépendent.

Que répondez-vous à ceux qui pensent que la RSE et le DD ne sont que le paravent masquant les dérives d’un « capitalisme devenu fou », pour reprendre l’expression d’Emmanuel Macron le 11 juin à l’OIT ? 

Je leur réponds que oui l’humanité marche sur la tête. Oui le modèle qui consiste à créer puis vendre certains produits dont nous n’avons vraiment pas besoin, avec de l’argent que beaucoup n’ont pas ou plus, tout cela pour impressionner d’autres gens qui en n’ont rien à faire est un modèle pour le moins bizarre et qui nous conduit à l’effondrement. Mais je leur répond aussi qu’il y a nombre d’entreprises qui œuvrent pour améliorer effectivement la vie quotidienne des gens…..personne ne veut retourner chez un dentiste des années 80 !, la technologie est utile il est idiot de le contester, mais les comportements de consommation vont devoir évoluer vers plus de sobriété, car les modes de vie actuels d’une partie de l’humanité ne sont pas soutenables. Face aux défis de la RSE, les fatalistes dénigrent, les lâches se cachent et les courageux et les lucides essaient d’agir !

Vous êtes un défenseur de la notion d’entreprise contributive. Qu’est-ce que cela apporte par rapport à tout ce que la RSE est déjà ? 

Avec Céline Puff Ardichvili nous souhaitons, avec la promotion du modèle de l’entreprise contributive, apporter des clés pour l’action des entreprises qui ambitionnent de faire évoluer leur raison d’être à partir des faits scientifiques, afin de concilier ce qui apparaît pour beaucoup comme irréconciliable : la durabilité et l’abondance pour les parties prenantes. L’impossible c’est du possible non encore réalisé, parait-il. La RSE représente la nomenclature des thèmes à aborder, les principes de l’entreprise contributive expliquent comment mettre pratiquement en œuvre une démarche crédible de durabilité. J’encourage tous les curieux à aller sur notre blog entreprisecontributive.blog.

Vous avez fait part de votre regret concernant le manque d’enthousiasme des DRH face aux enjeux sociétaux et environnementaux ; quels sont les points majeurs ? 

Pas tous les DRH mais beaucoup ! Au démarrage des démarches DD/RSE dans les entreprises, la fonction RH a souvent perçu le DD pour sa composante sociale comme une démarche « concurrente ». Ce n’est plus vraiment d’actualité mais que de temps perdu en lutte stérile et jeu de pouvoir inutile. Mais le tort était partagé, nous avons manqué de dialogue avec cette fonction. Compte tenu des enjeux, il est urgentissime de combiner nos compétences pour agir dans l’intérêt des collaborateurs et donc de nos entreprises.

Vous considérez que la mode du « flex-office » est déjà dépassée, pourquoi ? 

Complétement dépassé et pour moi c’est une énigme de voir perdurer cette pratique. Nous avons besoin d’aménagement de bureaux qui respectent les cycles physiologiques, l’intimité des gens, la concentration pour la réalisation des tâches critiques et qui subliment le travail collaboratif. Le flex-office vise le contraire de cet objectif. A la maison vous ne faites pas dans la chambre ce que vous faites dans la cuisine, non ? Tôt ou tard les bureaux seront organisés par typologie de tâches, afin d’apporter un confort optimum adapté aux différents usages. 85% des dépenses pour un bâtiment tertiaire ce sont les salaires, il est largement temps de faire évoluer simultanément les pratiques de management et les espaces de travail. 

Que faut-il faire pour que DRH et DRSE travaillent mieux ensemble ? 

Qu’ils se parlent ! 

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Mots-clés: RSE, MagRH8

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