Pour aller plus loin avec la prospective ...

RSE et citoyenneté : la future donne du dialogue social ?

RSE et citoyenneté : la future donne du dialogue social ?

Par Gabriel Artero, Président de la CFE-CGC Métallurgie

Présent aux États-Unis depuis la fin des années 1950, le concept de la RSE (Responsabilité Sociétale - ou Sociale - de l’Entreprise) se définit en 2001, sous l’impulsion de la Commission européenne, comme un engagement volontaire des entreprises visant à satisfaire pleinement aux obligations juridiques en vigueur mais aussi aux fins d’investir davantage dans le capital humain et l’environnement. Il ne s’est véritablement développé dans les entreprises en France que depuis une petite décennie.

Replacer l’entreprise dans son environnement, pour lui rappeler ses obligations envers ses salariés, ses clients, ses fournisseurs, les communautés locales, plus largement, l’ensemble des parties prenante demeure une vaste ambition !

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La performance sociale : D’une contrainte légale à une opportunité de développement d’entreprises citoyennes

La performance sociale : D’une contrainte légale à une opportunité de développement d’entreprises citoyennes

Charlotte Dubois et Louis Vaneecloo, Solucial Avocats - www.solucial.com

En période de forte chaleur comme en cas de déluge, en tant qu’avocats en droit social, nous baignons quotidiennement dans le monde de l’Entreprise, dont la définition connaît ce qui pourrait bien à terme être considéré comme une révolution. En effet, la loi PACTE (Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises), entrée en vigueur le 22 mai 2019 a modifié pour la première fois la définition de l’entreprise, inscrite à l’article 1833 du Code Civil.

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6 questions à Michel Yahiel

6 questions à Michel Yahiel

 

Vos fonctions tant à l'Elysée qu'à France Stratégie vous ont-elles permis d'avoir une vue élargie de l'importance de la RSE sur la cohabitation nécessaire entre Etat et Entreprise ?

En effet. Dans le premier cas ce constat est né du travail réalisé avec toutes les parties prenantes autour de la loi « devoir de vigilance », qui a débouché en 2017, après de multiples échanges et les nécessaires compromis qu'il a fallu susciter. La mobilisation et je dois dire le niveau de compétence des ONG a joué ici un rôle décisif.

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Des entreprises prennent des initiatives pour reconfigurer la RSE et agir positivement sur l’environnement et la société

Des entreprises prennent des initiatives pour reconfigurer la RSE et agir positivement sur l’environnement et la société

Par Nicolas Treuvey (Chef de projet ANVIE)

Si elle est inscrite dans les pratiques des entreprises depuis de nombreuses années du fait de dispositifs de régulation (lois, règlements, normes, labels…), la RSE montre aujourd’hui ses limites. Des entreprises proactives, conscientes de l’ampleur des défis qui conditionnent la poursuite de leur activité et de l’impasse où mènent les modèles de développement actuels veulent aller plus loin : vers une RSE reconfigurée, voire vers une RSE « augmentée » qui prend en compte la performance extra-financière, l’impact social positif, la contribution à l’intérêt général. Cette (r)évolution soulève de nouvelles questions et appelle de nouvelles pratiques qui ont été au cœur d’un groupe de travail de l’Anvie au cours duquel chercheurs et praticiens d’entreprise ont croisé leurs points de vue et leurs expériences. 

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Une RSE d’impulsion

Interview Antoine Vignial, Secrétaire Général du Groupe Saint-Gobain en charge de la RSE

Pour Saint-Gobain, comment est structurée la « filière » RSE et quels sont les sujets prioritaires  ?

La RSE chez Saint-Gobain est prise en compte dans la stratégie et les décisions quotidiennes, dans les modes de management et la gouvernance, à tous les niveaux, mais elle n’est pas pilotée comme une filière à part. C’est une RSE d’impulsion : impulser des dynamiques, des politiques, des plans d’action, mis en œuvre par les équipes sur le terrain. La RSE porte une vision transversale des enjeux et des intérêts croisés, financiers, sociaux, sociétaux et environnementaux. Elle aide à créer un dialogue positif, elle s’assure que le niveau des objectifs fixés est bien à la mesure des attentes de nos parties prenantes, internes et externes. Elle met l’organisation sous tension là où les sujets ne sont pas naturellement abordés. 

Six enjeux prioritaires font l’objet d’un suivi du conseil d’administration : éthique des affaires, changement climatique, économie circulaire, santé et sécurité, diversité, et enfin création de valeur locale. 

Comment une entreprise internationale comme Saint-Gobain mobilise-t-elle l’ensemble de ses équipes dans une démarche globale  ?

Au niveau corporate, nous identifions les sujets prioritaires et menons une réflexion au contact de nos parties prenantes, et nous nous appuyons sur la remontée des bonnes pratiques du terrain, qui impliquent également les parties prenantes locales. Cela se traduit ensuite en plans d’action, déclinés localement. Chaque pays, chaque site, va les mettre en œuvre à son niveau et faire remonter les indicateurs. Puisqu’il n’y a pas de filière RSE structurée en tant que telle, ce sont les réseaux existants, avec toute leur légitimité opérationnelle, qui sont mobilisés sur chacun des enjeux : les RH sur les sujets diversité ou handicap, l’EHS ou le marketing sur le climat... 

Comment s’effectue la collaboration entre RSE et RH pour la partie Sociale de la RSE ?

Le volet social de la RSE repose en grande partie sur les équipes RH en raison du mode de fonctionnement que je viens de décrire. On ne souhaite pas créer de « supra politique » là où les structures existent et permettent une gestion des risques anticipée. Sur des sujets comme la diversité et l’égalité salariale, la RSE aide à définir des objectifs adéquats. L’enjeu réside toujours dans cette coordination avec les équipes opérationnelles, afin que chacun comprenne bien ce qu’on mesure et pourquoi. Enfin, notre organisation très décentralisée va aussi de pair avec un dialogue social très local, avec aussi pour ambition de favoriser au mieux l’inclusion des populations fragiles.

La RSE est-elle pour vous un véritable « actif immatériel » qui peut avoir un poids dans l’évaluation de la valeur de l’entreprise  ?

Il est difficile de définir précisément la valeur d’une entreprise : valeur boursière, valeur pour un territoire, réputation et attractivité ? Tout converge pour que la RSE prenne une place de plus en plus importante. La communauté financière, les clients, les autorités locales, et bien sûr nos collaborateurs et les talents que nous cherchons à attirer expriment des attentes très fortes. Justice sociale, nouvelles façons de travailler, ouverture sur l’extérieur, action en faveur du climat… Tous ces enjeux pèsent beaucoup, par exemple, dans le choix que les jeunes font aujourd’hui de l’entreprise dans laquelle ils vont travailler.

Plutôt que d’actif immatériel, on préfère parler de création de valeur partagée, qui valorise ce que l’entreprise apporte à l’économie locale, par exemple en matière d’éducation, d’emploi et de formation. Nous avons inauguré il y a quelques années en Inde un centre de R&D multi-métiers, qui a noué des relations très fortes avec les universités locales. Cela représente un vivier de talents pour Saint-Gobain et des débouchés professionnels pour de nombreux étudiants. Sur les sujets liés à la santé et à la sécurité sur nos sites, lorsque nous mettons en place des standards, souvent plus stricts que les législations locales, cela relève le niveau d’exigence globale pour l’ensemble des acteurs. Il y a partout des initiatives qui participent d’un mouvement général d’implication responsable de Saint-Gobain dans les territoires. En Afrique du Sud, un programme de formation lancé en partenariat avec l’ONG YouthBuild permet le partage de savoir-faire des salariés du Groupe avec des jeunes sans-emplois issus de milieux défavorisés. Cela répond aussi aux problématiques d’employabilité et de pénurie de main d’œuvre que l’on rencontre beaucoup dans les métiers de la construction. Tous ces exemples montrent que les actions de RSE ont du sens quand elles sont liées à nos métiers, et qu’elles résonnent avec les besoins locaux. Et surtout, que l’entreprise n’est pas qu’un acteur économique, qu’elle doit être utile à la société.

Fournisseurs, partenaires sociaux, managers... L’ensemble des parties prenantes du Groupe est-il fédéré sur ses objectifs  ?

En interne, la communication aux managers et le partage de bonnes pratiques sont essentiels pour fédérer les équipes. En matière d’éthique et de conformité, nos valeurs et notre culture sont un ciment très fort pour nos collaborateurs. Sur d’autres sujets, il faut arriver à adopter une approche qui permette de fédérer tout le monde en réunissant l’ensemble des parties prenantes. Nous avons aussi mis en place des modes de communication spécifiques : par exemple, une plateforme de dialogue entre acheteurs et fournisseurs pour notre politique d’achats responsables. Sur le sujet de l’économie circulaire, nous mobilisons les différents acteurs de chaines de valeur souvent complexes.

Et en termes de gouvernance  ?

Au sein de notre conseil d’administration, nous avons un « Comité stratégique et de la RSE ». Les administrateurs, qui y sont tous très sensibles et nous poussent à avancer sur tous les sujets, participent d’ailleurs à des formations régulières sur les grands enjeux comme le climat ou l’économie circulaire. Nous travaillons en parfaite interaction. Lors de notre dernière assemblée générale, Jean-Dominique Senard, notre administrateur référent, a d’ailleurs souligné l’intérêt que le Conseil portait à notre approche originale des sujets RSE.

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Mots-clés: RSE, MagRH8

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