Pour aller plus loin avec la prospective ...

Les collaborateurs au cœur de chaque « raison d’être » !

Les collaborateurs au cœur de chaque « raison d’être » !

Par Sylvain Reymond, Directeur Général de Pro Bono Lab

L’adoption de la loi Pacte permettait, en mai 2019, de fixer la nouvelle vocation sociale et environnementale de l’entreprise, l’encourageant à raisonner bien au-delà de ses seules performances économiques. Elle fixait la vision d’une économie plus vertueuse, plus solidaire, plus durable et venait donner un cadre à une tendance de fond impulsée par quelques dirigeants pionniers. Plus globalement, cette loi permettait d’insuffler une prise de conscience collective et concédait justement à l’entreprise un rôle nouveau, un rôle central même, dans la prise en charge des urgences sociales et sociétales les plus vives. Les grands défis auxquels notre génération est confrontée, en premier lieu celui du réchauffement climatique, ne pourront clairement pas être relevés sans des engagements forts pris par des entreprises et leurs parties prenantes. Les visions désuètes et les vieux débats  qui consistaient à exclure de fait l’entreprise de toute prise en charge de l’intérêt général ou de ces enjeux d’utilité sociale semblent donc définitivement clos. Oui, l’entreprise est devenue un acteur essentiel de l’intérêt général, et l’intérêt général une préoccupation permanente de l’entreprise.

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La RSE au Maroc

La RSE au Maroc

Entretien avec Jacques IGALENS, professeur émérite Université Toulouse Capitole, président de l’IAS et Jean Marie PERETTI, professeur ESSEC Business School à l’occasion de l’ouvrage d’Adil Cherkaoui « RESPONSABILITÉ SOCIÉTALE DES ENTREPRISES AU MAROC » (L’Harmattan, 2019), pour lequel ils ont rédigé préface et postface.

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RSE et création de valeurs

RSE et création de valeurs

Par Bernard Attali, President de Gouvernance et Valeurs

Les premières approches de valorisation des actifs immatériels sont dues à EDITH PENROSE (theory of the growth of the firm) dont la dernière édition a été publiée en 2009, aux presses universitaires d’OXFORD. 

Si ce thème du capital immatériel est longtemps demeuré absent du champ de pensées des économistes, les premières réflexions sur le capital immatériel remontent maintenant à près de 60 ans avec les travaux d’Edith Penrose sur les ressources tangibles et intangibles.

Dans les années 1990, Henri Tezenas du Montcel expliquait que les actifs immatériels étaient insuffisamment intégrés dans toutes les formes d’évaluation des entreprises, précisant si justement qu’« on ne tient pas compte de ce qu’on ne mesure pas ».

En 2010, le groupe de travail Thésaurus-Bercy a été constitué à la demande de Christine Lagarde, ministre de l’Économie et des Finances, par Alan Fustec. 

Ses conclusions se présentent sous la forme de deux rapports : Thésaurus V1, publié le 7 octobre 2011, et Thésaurus V2, publié le 13 octobre 2015.

Le Thésaurus-Bercy V1 identifie les actifs suivants :

  1. Capital Client
  2. Capital Humain
  3. Capital Organisationnel
  4. Capital des Systèmes d’Information
  5. Capital de Savoir
  6. Capital de Marque
  7. Capital Partenaire
  8. Capital Actionnaire
  9. Capital Sociétal
  10. Capital Naturel.

Ainsi il apparait que dans les 10 items identifiés par thésaurus V1, le capital social et que le capital immatériel constituent les actifs immatériels, et sont donc créateurs de valeur. 

Nous allons définir plus précisément le capital sociétal, celui-ci rassemble tous ce qui relève de diverses parties prenantes au sens large et le capital naturel il rassemble tout ce qui relève de l’environnement, nous pourrions également rajouter par extension le capital humain, car les salariés compétents, motivés épanouis et fidèles permettent à l’entreprise de se développer facilement ;

Selon Bernard Marois et Alain Fustec, les actifs d’une entreprise regroupent :

  • Des actifs solides (les immobilisations)
  • Les actifs liquides (actifs circulant)
  • Les actifs gazeux(immatériels).

La RSE fait donc partie des actifs immatériels (actifs gazeux) ou (actifs invisibles). D’autres méthodes existent, tel que sharing value développée par JAKY Ouziel, dans cette démarche il convient de vérifier que la société est engagée dans ce processus grâce à la signature de différents accords : 

  • Le label Emplitude et la charte de la diversité pour l’emploi et l’insertion
  • Le label d’engagement volontaire objectif CO2 et le label CO2 neutral 
  • La RSE contribue à valoriser directement la marque de l’entreprise et indirectement à capter ou fidéliser sa clientèle.

Afin de valoriser cet actif intangible, on retient selon la méthode développée dans sharing value généralement un montant :

  • D’environ 3 à 5 % du CA en B2B,
  • De près de 5 à 10 % du CA en B2C. 

Victor Waknine quant à lui développe une approche qui réconcilie performance économique, engagement des hommes, et qualité sociale son indice IBET mesure la qualité de vie au travail.

Les investissements à impact social initiés par les grandes entreprises tel que DANONE et l’OREAL, témoignent de l’importance de la politique RSE dans l’appréciation des parties prenantes d’une entreprise et donc de la marque. Ces exemples s’il en était besoin démontrent bien qu’aujourd’hui, création de valeurs, RSE et engagement social sont étroitement liés. 

La prise en compte de la RSE en tant que création de valeur est également soulignée par le rôle croissant que jouent les agences de notations dans la prise en compte des facteurs RSE. La transposition de la directive européenne N° 2014 /95 UE par l’ordonnance du 19 juillet souligne s’il en était besoin que l’appréciation d’une performance d’une entreprise ne se limite pas à l’appréciation des états financiers stricto sensu. La certification par le commissaire aux comptes des éléments contenus dans le reporting extra financier souligne s’il en était nécessaire le caractère stratégique des démarches RSE menées par les entreprises. 

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Une RSE d’impulsion

Une RSE d’impulsion

Interview Antoine Vignial, Secrétaire Général du Groupe Saint-Gobain en charge de la RSE

Pour Saint-Gobain, comment est structurée la « filière » RSE et quels sont les sujets prioritaires  ?

La RSE chez Saint-Gobain est prise en compte dans la stratégie et les décisions quotidiennes, dans les modes de management et la gouvernance, à tous les niveaux, mais elle n’est pas pilotée comme une filière à part. C’est une RSE d’impulsion : impulser des dynamiques, des politiques, des plans d’action, mis en œuvre par les équipes sur le terrain. La RSE porte une vision transversale des enjeux et des intérêts croisés, financiers, sociaux, sociétaux et environnementaux. Elle aide à créer un dialogue positif, elle s’assure que le niveau des objectifs fixés est bien à la mesure des attentes de nos parties prenantes, internes et externes. Elle met l’organisation sous tension là où les sujets ne sont pas naturellement abordés. 

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Une RSE d’impulsion

Interview Antoine Vignial, Secrétaire Général du Groupe Saint-Gobain en charge de la RSE

Pour Saint-Gobain, comment est structurée la « filière » RSE et quels sont les sujets prioritaires  ?

La RSE chez Saint-Gobain est prise en compte dans la stratégie et les décisions quotidiennes, dans les modes de management et la gouvernance, à tous les niveaux, mais elle n’est pas pilotée comme une filière à part. C’est une RSE d’impulsion : impulser des dynamiques, des politiques, des plans d’action, mis en œuvre par les équipes sur le terrain. La RSE porte une vision transversale des enjeux et des intérêts croisés, financiers, sociaux, sociétaux et environnementaux. Elle aide à créer un dialogue positif, elle s’assure que le niveau des objectifs fixés est bien à la mesure des attentes de nos parties prenantes, internes et externes. Elle met l’organisation sous tension là où les sujets ne sont pas naturellement abordés. 

Six enjeux prioritaires font l’objet d’un suivi du conseil d’administration : éthique des affaires, changement climatique, économie circulaire, santé et sécurité, diversité, et enfin création de valeur locale. 

Comment une entreprise internationale comme Saint-Gobain mobilise-t-elle l’ensemble de ses équipes dans une démarche globale  ?

Au niveau corporate, nous identifions les sujets prioritaires et menons une réflexion au contact de nos parties prenantes, et nous nous appuyons sur la remontée des bonnes pratiques du terrain, qui impliquent également les parties prenantes locales. Cela se traduit ensuite en plans d’action, déclinés localement. Chaque pays, chaque site, va les mettre en œuvre à son niveau et faire remonter les indicateurs. Puisqu’il n’y a pas de filière RSE structurée en tant que telle, ce sont les réseaux existants, avec toute leur légitimité opérationnelle, qui sont mobilisés sur chacun des enjeux : les RH sur les sujets diversité ou handicap, l’EHS ou le marketing sur le climat... 

Comment s’effectue la collaboration entre RSE et RH pour la partie Sociale de la RSE ?

Le volet social de la RSE repose en grande partie sur les équipes RH en raison du mode de fonctionnement que je viens de décrire. On ne souhaite pas créer de « supra politique » là où les structures existent et permettent une gestion des risques anticipée. Sur des sujets comme la diversité et l’égalité salariale, la RSE aide à définir des objectifs adéquats. L’enjeu réside toujours dans cette coordination avec les équipes opérationnelles, afin que chacun comprenne bien ce qu’on mesure et pourquoi. Enfin, notre organisation très décentralisée va aussi de pair avec un dialogue social très local, avec aussi pour ambition de favoriser au mieux l’inclusion des populations fragiles.

La RSE est-elle pour vous un véritable « actif immatériel » qui peut avoir un poids dans l’évaluation de la valeur de l’entreprise  ?

Il est difficile de définir précisément la valeur d’une entreprise : valeur boursière, valeur pour un territoire, réputation et attractivité ? Tout converge pour que la RSE prenne une place de plus en plus importante. La communauté financière, les clients, les autorités locales, et bien sûr nos collaborateurs et les talents que nous cherchons à attirer expriment des attentes très fortes. Justice sociale, nouvelles façons de travailler, ouverture sur l’extérieur, action en faveur du climat… Tous ces enjeux pèsent beaucoup, par exemple, dans le choix que les jeunes font aujourd’hui de l’entreprise dans laquelle ils vont travailler.

Plutôt que d’actif immatériel, on préfère parler de création de valeur partagée, qui valorise ce que l’entreprise apporte à l’économie locale, par exemple en matière d’éducation, d’emploi et de formation. Nous avons inauguré il y a quelques années en Inde un centre de R&D multi-métiers, qui a noué des relations très fortes avec les universités locales. Cela représente un vivier de talents pour Saint-Gobain et des débouchés professionnels pour de nombreux étudiants. Sur les sujets liés à la santé et à la sécurité sur nos sites, lorsque nous mettons en place des standards, souvent plus stricts que les législations locales, cela relève le niveau d’exigence globale pour l’ensemble des acteurs. Il y a partout des initiatives qui participent d’un mouvement général d’implication responsable de Saint-Gobain dans les territoires. En Afrique du Sud, un programme de formation lancé en partenariat avec l’ONG YouthBuild permet le partage de savoir-faire des salariés du Groupe avec des jeunes sans-emplois issus de milieux défavorisés. Cela répond aussi aux problématiques d’employabilité et de pénurie de main d’œuvre que l’on rencontre beaucoup dans les métiers de la construction. Tous ces exemples montrent que les actions de RSE ont du sens quand elles sont liées à nos métiers, et qu’elles résonnent avec les besoins locaux. Et surtout, que l’entreprise n’est pas qu’un acteur économique, qu’elle doit être utile à la société.

Fournisseurs, partenaires sociaux, managers... L’ensemble des parties prenantes du Groupe est-il fédéré sur ses objectifs  ?

En interne, la communication aux managers et le partage de bonnes pratiques sont essentiels pour fédérer les équipes. En matière d’éthique et de conformité, nos valeurs et notre culture sont un ciment très fort pour nos collaborateurs. Sur d’autres sujets, il faut arriver à adopter une approche qui permette de fédérer tout le monde en réunissant l’ensemble des parties prenantes. Nous avons aussi mis en place des modes de communication spécifiques : par exemple, une plateforme de dialogue entre acheteurs et fournisseurs pour notre politique d’achats responsables. Sur le sujet de l’économie circulaire, nous mobilisons les différents acteurs de chaines de valeur souvent complexes.

Et en termes de gouvernance  ?

Au sein de notre conseil d’administration, nous avons un « Comité stratégique et de la RSE ». Les administrateurs, qui y sont tous très sensibles et nous poussent à avancer sur tous les sujets, participent d’ailleurs à des formations régulières sur les grands enjeux comme le climat ou l’économie circulaire. Nous travaillons en parfaite interaction. Lors de notre dernière assemblée générale, Jean-Dominique Senard, notre administrateur référent, a d’ailleurs souligné l’intérêt que le Conseil portait à notre approche originale des sujets RSE.

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Mots-clés: RSE, MagRH8

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