Pour aller plus loin avec la prospective ...

RSE : le mécénat n’est plus la cerise sur le gâteau, il est la levure qui fait monter la pâte !

RSE : le mécénat n’est plus la cerise sur le gâteau, il est la levure qui fait monter la pâte !

Par Layticia Audibert, CEO Gandee

La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est la prise en compte par les entreprises des enjeux environnementaux, sociaux et éthiques dans leurs activités au sens large : économiques, interactions internes (salariés, dirigeants, actionnaires) et externes (fournisseurs, clients, partenaires). Dans ce cadre, le mécénat n’est plus un accessoire. Il représente dorénavant un maillon essentiel en constituant un outil de transformation globale de l’entreprise vers son but sociétal. 

Le mot bénéfice reprend sa valeur étymologique : « bene facere », faire le bien, bienfaits. Dans cette recette, le mécénat exalte les ingrédients recherchés par toutes les entreprises : valorisation de la marque employeur, attractivité des talents, augmentation de la productivité, réponse à la quête de sens, valorisation de la marque et acquisition de marchés.

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La RSE : une question d’authenticité

La RSE : une question d’authenticité

Par Gaëlle Bassuel, Fondatrice & CEO de YesWeShare

Après s’être longtemps concentrée sur les questions environnementales, la RSE intègre de plus en plus l’humain dans son écosystème. Dans l’entreprise, la RSE rejoint les problématiques RH à travers le système de valeurs de l’entreprise, qui est un levier puissant d’engagement des collaborateurs et de transformations. Cela renvoie aux notions de culture, de sens et de « care ». Et donc aux actions de prévention (santé au travail), de sensibilisation (mixité, diversité, stéréotypes, handicap) et d’acculturation.

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Interview de Fella Imalhayene Déléguée Générale du Global Compact France

Interview de Fella Imalhayene Déléguée Générale du Global Compact France

Interview de Fella Imalhayene

Fella Imalhayene, avant d’entrer dans le vif du sujet, pourriez-vous nous dire qui vous êtes et quel a été votre parcours avant d’assurer le développement et la gestion du Global Compact France en qualité de Déléguée Générale.

Une double formation, Gestion Dauphine et Philosophie, en ne pouvant ne me satisfaire ni que de l’une ni que de l’autre. Un fort intérêt pour l’entreprise et ses enjeux, mais voulant garder en permanence le lien avec le « sens ». J’ai commencé par faire des missions dans des environnements culturels à l’Unesco ou au Centre Pompidou où je me suis occupée de comprendre les problématiques d’égalité des chances vis-à-vis de la culture et proposer des actions pour permettre aussi bien aux populations handicapées (accessibilité) qu’aux classes économiquement défavorisées (en particulier les jeunes) d’être attirées par ce lieu. 

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Comment nous avons infusé une culture RSE auprès des collaborateurs de BETC

Comment nous avons infusé une culture RSE auprès des collaborateurs de BETC

Par Valérie Richard Responsable RSE chez BETC

Au cours des dernières années, la notion de RSE en entreprise a considérablement évolué en même temps que la fonction éponyme. D’un rôle plutôt technique d’identification, de contrôle des risques et de reportings, la RSE est devenue une fonction stratégique qui est en train de transformer profondément l’entreprise et ses marques. C’est le sens de l’histoire : après avoir recensé et diminué les impacts négatifs, la RSE s’attaque maintenant à maximiser les impacts positifs pour créer une nouvelle génération d’entreprises plus contributives et collaboratives. Pourquoi ? Parce que l’on s’est rendu compte que la RSE a un impact énorme sur la réputation de l’entreprise et donc sur sa valeur et sur ses résultats économiques. En 2017, le Reputation Institute estimait à 40% le poids de la RSE dans l’évaluation de la réputation d’une entreprise (études RepTrak). Cela, couplé à des changements climatiques de plus en plus visibles et à des scandales remettant en question les principes éthiques de certaines grandes sociétés, augmente encore plus la pression et la vigilance de la société civile et des consommateurs. C’est donc une poussée massive qui oblige les entreprises à intégrer la dimension RSE dans leurs produits et marques, mais aussi dans leur fonctionnement interne, et en particulier dans la politique RH, parce qu’elle devient un élément de plus en plus important dans l’attraction et la rétention des talents.

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Et si la RSE devenait [aussi] la responsabilité sociale de l’employé.e ?

Par Jérôme Delorme, ancien Chargé d’étude RSE et ancien Auditeur interne, Cofondateur de Mobeetip

On s’échine souvent sur le fait de savoir si l’acronyme RSE signifie Responsabilité « Sociale » ou « Sociétale » de l’Entreprise. Mais on se pose rarement la question si cela peut désigner aussi la Responsabilité Sociétale de l’Employé.e ? Bien sûr, elle est moindre que celle de l’entreprise, mais est-elle nulle pour autant ?

Malgré l’importance des enjeux sociaux et environnementaux, la RSE reste encore peu ou pas incarnée dans beaucoup d’entreprises, du plus haut au plus bas niveau. Alors que l’ensemble des individus est concerné et que chacun peut agir, comment améliorer la situation, compte tenu des ressources que nous mobilisons au quotidien ?

Des communautés d’intrapreneurs à la base du changement 

Loin de dédouaner les entreprises d’agir à leur propre niveau, de plus en plus de collaborateurs souhaitent agir dans leur quotidien, entre collègues. Dans un certain nombre d’entreprises, on assiste à l’émergence de réseaux d’acteurs internes, qui souhaitent mener des actions pour réduire l’impact de l’activité économique sur les territoires. Ces coordinations plus ou moins informelles sont parfois spontanées, parfois encourageés par l’entreprise.

Habilement, certaines entreprises utilisent cette énergie pour incarner leur stratégie de marque en général, et de marque employeur en particulier. C’est par exemple le cas du Groupe BNP Paribas, qui a développé le programme Intrapreneur4Good. Cette initiative permet de travailler sur le « sens » et « l’impact positif » en lien notamment avec le mouvement Tech4Good qui émerge partout dans le monde. Mais ce programme permet aussi de travailler sur l’initiative, voire sur la prise de risque, car c’est l’une des clés de l’innovation, notamment dans les grandes organisations traditionnelles.

De plus en plus de personnes ont conscience des moyens qui sont mis à leur disposition par l’entreprise pour pouvoir effectuer leur travail : un bureau, à chauffer ou à climatiser, de l’énergie, du matériel électronique, des espaces de stockages de données, des déplacements, parfois un service de restauration, etc.  Ce sont ces ressources qui ont un impact sur notre environnement. Cette problématique s’applique avant tout au cas typique du salarié-cadre d’un grand groupe, mais pas uniquement. Elle intéresse de fait tout ceux qui se définissent comme des « collabor’acteurs ».

La difficulté de réduire ensemble, et les frais généraux, et l’impact environnemental

Ces ressources représentent un coût substantiel pour l’entreprise et un impact non moins substantiel pour la planète. Les simples déplacements de collaborateurs représentent en moyenne plus de 1% du chiffre d’affaires d’une entreprise d’après l’AFTM1, et souvent beaucoup plus, dans son Bilan Carbone®. Lorsque l’entreprise parvient à mettre en œuvre un plan d’optimisation sur ces ressources avec ses collaborateurs, que ce soit pour des motivations environnementales ou économiques, elle peut réaliser des gains très importants, tout en donnant du sens, en produisant de l’impact qui sera tout autant sinon plus valorisables, dans la mesure où cela se fait en bonne intelligence.

Le dialogue social à la française est ainsi fait que c’est rarement par ce canal que passe la mise en place effective d’une politique et de pratiques RSE audacieuses. L’étape du Comité Social et Economique représente le plus souvent une étape obligatoire, en fin de parcours, lorsqu’il s’agit d’entériner un plan d’optimisation des ressources, ce que les membres du dudit Comité ne manquent pas de remarquer en séance.

Que ce soit au niveau des Instances Représentatives du Personnel, au niveau de nouvelles coordinations plus souples ou encore au niveau individuel, les écogestes sont un enjeu pour l’environnement mais aussi pour le compte de résultat. Alors comment aller plus loin ?

L’explosion des données, une opportunité pour des actions collectives renouvelées

En 2011, dans un article2 publié dans la Harvard Business Review, Michael Porter soulignait pourtant l’intérêt qu’il pouvait y avoir pour la compétitivité – et les résultats financiers -  d’une entreprise à cultiver le lien avec ses parties prenantes. Depuis cette date, c’est surtout la digitalisation du monde que l’on peut retenir. En 2018, 90% des données dans le monde ont été créées l’année précédente mais seulement 1% de ces données sont réellement utilisées selon Daniel Newman3. 

L’explosion des données est un problème puisque leur stockage implique des serveurs régulièrement alimentés en énergie produite à partir de centrales à charbon. Ce foisonnement de données peut également permettre de mieux partager l’information telle qu’elle se diffuse actuellement au sein des entreprises. En diffusant l’information, on conscientise et parfois, on favorise le passage à l’action.

Ce partage d’information permet de s’accorder sur des objectifs de manière plus souple, plus efficace ainsi que sur le fait qu’ils soient atteints ou non, et dans quelle proportion et à quelle fréquence. Il est possible de demander aux collaborateurs de faire des économies, ayant des effets positifs sur l’impact environnemental, dans la mesure où ils en perçoivent une part concrète et juste de leurs efforts.  

Par exemple, favoriser le train au détriment de l’avion, le vélo au détriment de la voiture pour ses déplacements domiciles-travail, pratiquer l’écoconduite avec le parc de véhicule présentent des doubles bénéfices évidents et des montants substantiels.

Le partage de gains via l’analyse de données permet de créer une incitation douce, un « nudge », au niveau individuel et/ou collectif en expliquant que personne ne peut forcer tout le monde à réduire. Il est possible de mesurer ces efforts et de récompenser ces réussites sur le principe du partage de gain, via le mécanisme que constitue l’intéressement, mais pas seulement. Des alternatives existent comme le fait de reverser une partie des gains à des projets internes, ou citoyens, choisis par les collaborateurs. Chacun peut devenir acteur et être rétribué pour cela.

Sur le créneau des économies pures, la startup californienne TripActions a levé 480 millions de dollars depuis sa création, sur le concept du partage de gains4. Cette entreprise est désormais valorisée 4 milliards de dollars.

Le partage de gains entre l’entreprise et ses collaborateurs constitue un nouveau partage de la valeur au sein de l’entreprise. Cette méthode, qui permet de mettre chacun en capacité, saura-elle bénéficier à la dimension environnementale en plus de la dimension financière ?

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Mots-clés: START-UP, RSE, MagRH8

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