Pour aller plus loin avec la prospective ...

Du rapport Notat-Senard à la loi PACTE : quand la RSE s’invite dans le débat public

Du rapport Notat-Senard à la loi PACTE : quand la RSE s’invite dans le débat public

Par Martin RICHER est consultant en Responsabilité Sociale des Entreprises. Fondateur de Management & RSE

La RSE est un objet théorique ancré dans les sciences de gestion. Son demi-frère, le développement durable, est né au sein des sciences du vivant. L’une comme l’autre font rarement incursion dans le débat public. C’est pourtant ce qui s’est produit en 2018 et 2019 avec la concertation et la controverse qui ont entouré la réalisation du rapport Notat – Senard puis le vote de la loi PACTE. 

Remis au gouvernement le 9 mars 2018 par Nicole Notat, présidente de la société de notation Vigeo-Eiris et Jean-Dominique Senard, à l’époque président du groupe Michelin, le rapport sur « L’entreprise, objet d’intérêt collectif » a relevé le défi d’affronter la grande défiance que les citoyens français adressent à leurs grandes entreprises (voir : « L’entreprise en 2019 : la disruption ou la détestation ! » http ://management-rse.com/2019/02/19/lentreprise-en-2019-la-disruption-ou-la-detestation/). Si cette défiance s’adresse aux grandes entreprises alors que les TPE et PME font au contraire l’objet de jugements positifs, c’est bien que les premières apparaissent « hors-sol », indifférentes à leur écosystème, alors que les secondes sont insérées dans des relations de proximité avec leurs parties prenantes, notamment leur territoire et leurs salariés. 

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RSE et citoyenneté : la future donne du dialogue social ?

RSE et citoyenneté : la future donne du dialogue social ?

Par Gabriel Artero, Président de la CFE-CGC Métallurgie

Présent aux États-Unis depuis la fin des années 1950, le concept de la RSE (Responsabilité Sociétale - ou Sociale - de l’Entreprise) se définit en 2001, sous l’impulsion de la Commission européenne, comme un engagement volontaire des entreprises visant à satisfaire pleinement aux obligations juridiques en vigueur mais aussi aux fins d’investir davantage dans le capital humain et l’environnement. Il ne s’est véritablement développé dans les entreprises en France que depuis une petite décennie.

Replacer l’entreprise dans son environnement, pour lui rappeler ses obligations envers ses salariés, ses clients, ses fournisseurs, les communautés locales, plus largement, l’ensemble des parties prenante demeure une vaste ambition !

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La RSE au Maroc

La RSE au Maroc

Entretien avec Jacques IGALENS, professeur émérite Université Toulouse Capitole, président de l’IAS et Jean Marie PERETTI, professeur ESSEC Business School à l’occasion de l’ouvrage d’Adil Cherkaoui « RESPONSABILITÉ SOCIÉTALE DES ENTREPRISES AU MAROC » (L’Harmattan, 2019), pour lequel ils ont rédigé préface et postface.

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La RSE, c’est aussi le « bien-être » des collaboratrices (teurs)…

La RSE, c’est aussi le « bien-être » des collaboratrices (teurs)…

Par Clara Getzel, Directrice générale de Kandu

Le confort des espaces de travail, un enjeu sous-estimé. 17,2 jours : c’est en moyenne le nombre de jours d’absence par an et par salarié en France1. Un record depuis 10 ans ! Les entreprises l’ont compris : un salarié épanoui au travail sera moins absent et plus productif. … les initiatives, parfois superficielles, se multiplient pour améliorer la cohésion des équipes et entretenir une bonne ambiance de travail. 

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Les collaborateurs au cœur de chaque « raison d’être » !

Par Sylvain Reymond, Directeur Général de Pro Bono Lab

L’adoption de la loi Pacte permettait, en mai 2019, de fixer la nouvelle vocation sociale et environnementale de l’entreprise, l’encourageant à raisonner bien au-delà de ses seules performances économiques. Elle fixait la vision d’une économie plus vertueuse, plus solidaire, plus durable et venait donner un cadre à une tendance de fond impulsée par quelques dirigeants pionniers. Plus globalement, cette loi permettait d’insuffler une prise de conscience collective et concédait justement à l’entreprise un rôle nouveau, un rôle central même, dans la prise en charge des urgences sociales et sociétales les plus vives. Les grands défis auxquels notre génération est confrontée, en premier lieu celui du réchauffement climatique, ne pourront clairement pas être relevés sans des engagements forts pris par des entreprises et leurs parties prenantes. Les visions désuètes et les vieux débats  qui consistaient à exclure de fait l’entreprise de toute prise en charge de l’intérêt général ou de ces enjeux d’utilité sociale semblent donc définitivement clos. Oui, l’entreprise est devenue un acteur essentiel de l’intérêt général, et l’intérêt général une préoccupation permanente de l’entreprise.

Raison d’être : l’heure du passage à l’acte

Après avoir posé ce cadre inédit et ambitieux, à l’heure où nombreuses sont les entreprises de toutes tailles qui se rêvent « à mission » et s’organisent pour définir au plus vite leur propre « raison d’être », vient indéniablement le temps du passage à l’acte. 

Au-delà d’une RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) normée et contrainte, en plus des pratiques responsables qu’elles adoptent (tant vis-à-vis de l’interne que de leurs parties prenantes externes), ou grandes orientations stratégiques vertueuses qu’elles se fixent pour faire le choix du long terme, les entreprises françaises disposent alors d’un très large panel d’investissements citoyens pour exprimer cet engagement de manière plus proactive. Le mécénat d’entreprise (porté en direct, par l’intermédiaire d’une fondation ou de tout autre véhicule), l’impact investing, l’open-innovation sociale, les JVS (Joint Venture Sociale), les contrats à impact social, le développement de produits « inclusifs », etc., qui consistent à mobiliser des financements, des compétences de collaborateurs ou des apports en nature, sont autant de leviers d’investissement qui permettent de renforcer cette vocation sociale. La France est ainsi un véritable laboratoire d’innovation sociale où se confrontent et se complètent les initiatives citoyennes d’acteurs très divers issus de la sphère publique, privée ou de la société civile. Le rôle de l’entreprise n’est désormais plus seulement de les soutenir financièrement, mais bien de les co-construire et de les porter très directement avec chacun. 

Au moment de construire ou d’arborer cette « raison d’être », fraîchement définie, nombreuses sont alors les entreprises qui oublient que leur premier capital reste la somme des compétences que les femmes et hommes qui la composent réunissent au service de cette mission. Que de l’épanouissement de ses ressources humaines dépendent leur pérennité et leur capacité à appréhender l’avenir sereinement. 

Le préalable au sein de toute entreprise engagée n’est-il pas de permettre à chacun de ses collaborateurs de pouvoir… s’engager eux-mêmes ? La première des raisons d’être d’une organisation collective, n’est-elle pas de permettre à ceux qui la composent de défendre et se faire les ambassadeurs directs de cette « Mission » ? N’est-elle pas, plus encore, d’agréger les engagements citoyens de chacune et chacun d’entre eux ? L’investissement citoyen le plus vertueux, le plus évident qu’il soit, à l’ère de la raison d’être, n’est-il pas l’investissement humain, la transmission directe de compétences quand 84% des structures qui font le bien public (associations, autres acteurs d’intérêt général, structures à finalité sociale, etc.), disent avoir besoin de compétences pour se développer durablement ?

Le partage de compétences, l’autre moyen d’investir dans la citoyenneté…

Pro bono est l’abréviation de l’expression latine pro bono publico, qui signifie « pour le bien public ». C’est le fait de transmettre gracieusement ses compétences à des structures à finalité sociale pour leur permettre de se développer durablement. A l’origine connu dans le monde du droit, aux Etats-Unis, le pro bono se répand désormais à tous types de professions, pour tous types de problématiques sociétales et dans plus de 30 pays à travers notre Global Pro Bono Network. En 2011, l’association Pro Bono Lab a été créée pour importer en France cette pratique. Notre pays s’étant doté en 2003 d’un dispositif fiscal en faveur du mécénat des entreprises parmi les plus généreux sur le plan international, la pratique du pro bono y intègre pleinement les dispositifs du mécénat de compétences (sur le temps de travail) comme du bénévolat de compétences (hors temps de travail).

Permettre à ses collaborateurs de s’engager, c’est leur ouvrir les portes de l’écosystème de l’entreprise et libérer des perspectives d’expérimentations nouvelles. C’est leur confier un rôle majeur dans le système d’investissement citoyen de l’entreprise, les rendre ambassadeurs-acteurs du projet et miser sur leurs talents pour mieux préparer l’avenir. Au contact d’acteurs nouveaux, le collaborateur développe de nouvelles compétences dont la résolution de problèmes complexes, l’empathie, la créativité... ces fameuses soft skills nécessaires pour exercer les métiers de demain. 

… et de mettre le collaborateur au cœur de la raison d’être.

L’implication des collaborateurs sert bien sûr les enjeux de réputation, de cohésion interne, de développement des ressources humaines ou d’ancrage territorial. Mais elle porte surtout, au cœur de l’entreprise, l’ambition d’un engagement transformatif qui irrigue l’ensemble de ses activités. Car elle ouvre de nouveaux modes de dialogue social et permet au salarié d’être pleinement acteur des mutations de l’entreprise, de mieux s’y préparer. Le Panorama du Pro Bono (Ifop-Pro Bono Lab – 2019) et les derniers chiffres d’impacts de l’Association Pro Bono Lab (Bilan 2018) révèlent que 78% des collaborateurs qui s’engagent disent développer de nouvelles compétences, bien au-delà de transmettre celles qu’ils possédaient déjà. 81% se sentent plus fiers d’appartenir à leurs entreprises après s’être engagés. 99% se sentent plus utiles, trouvant un sens supplémentaire à leur travail. 

Dans la grande diversité des formats d’engagement des salariés qui existent ou qu’il reste à inventer, l’engagement par le partage de compétences est celui qui sert et servira le mieux les enjeux de performance et d’impact social de l’entreprise engagée. De sa construction à son expression, les collaborateurs des entreprises sont au cœur de chaque raison d’être. Et leurs compétences constituent la meilleure ressource que l’on puisse adresser au bien public.

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Mots-clés: RSE, MagRH8

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