Pour aller plus loin avec la prospective ...

RSE et création de valeurs

RSE et création de valeurs

Par Bernard Attali, President de Gouvernance et Valeurs

Les premières approches de valorisation des actifs immatériels sont dues à EDITH PENROSE (theory of the growth of the firm) dont la dernière édition a été publiée en 2009, aux presses universitaires d’OXFORD. 

Si ce thème du capital immatériel est longtemps demeuré absent du champ de pensées des économistes, les premières réflexions sur le capital immatériel remontent maintenant à près de 60 ans avec les travaux d’Edith Penrose sur les ressources tangibles et intangibles.

Dans les années 1990, Henri Tezenas du Montcel expliquait que les actifs immatériels étaient insuffisamment intégrés dans toutes les formes d’évaluation des entreprises, précisant si justement qu’« on ne tient pas compte de ce qu’on ne mesure pas ».

En 2010, le groupe de travail Thésaurus-Bercy a été constitué à la demande de Christine Lagarde, ministre de l’Économie et des Finances, par Alan Fustec. 

Ses conclusions se présentent sous la forme de deux rapports : Thésaurus V1, publié le 7 octobre 2011, et Thésaurus V2, publié le 13 octobre 2015.

Le Thésaurus-Bercy V1 identifie les actifs suivants :

  1. Capital Client
  2. Capital Humain
  3. Capital Organisationnel
  4. Capital des Systèmes d’Information
  5. Capital de Savoir
  6. Capital de Marque
  7. Capital Partenaire
  8. Capital Actionnaire
  9. Capital Sociétal
  10. Capital Naturel.

Ainsi il apparait que dans les 10 items identifiés par thésaurus V1, le capital social et que le capital immatériel constituent les actifs immatériels, et sont donc créateurs de valeur. 

Nous allons définir plus précisément le capital sociétal, celui-ci rassemble tous ce qui relève de diverses parties prenantes au sens large et le capital naturel il rassemble tout ce qui relève de l’environnement, nous pourrions également rajouter par extension le capital humain, car les salariés compétents, motivés épanouis et fidèles permettent à l’entreprise de se développer facilement ;

Selon Bernard Marois et Alain Fustec, les actifs d’une entreprise regroupent :

  • Des actifs solides (les immobilisations)
  • Les actifs liquides (actifs circulant)
  • Les actifs gazeux(immatériels).

La RSE fait donc partie des actifs immatériels (actifs gazeux) ou (actifs invisibles). D’autres méthodes existent, tel que sharing value développée par JAKY Ouziel, dans cette démarche il convient de vérifier que la société est engagée dans ce processus grâce à la signature de différents accords : 

  • Le label Emplitude et la charte de la diversité pour l’emploi et l’insertion
  • Le label d’engagement volontaire objectif CO2 et le label CO2 neutral 
  • La RSE contribue à valoriser directement la marque de l’entreprise et indirectement à capter ou fidéliser sa clientèle.

Afin de valoriser cet actif intangible, on retient selon la méthode développée dans sharing value généralement un montant :

  • D’environ 3 à 5 % du CA en B2B,
  • De près de 5 à 10 % du CA en B2C. 

Victor Waknine quant à lui développe une approche qui réconcilie performance économique, engagement des hommes, et qualité sociale son indice IBET mesure la qualité de vie au travail.

Les investissements à impact social initiés par les grandes entreprises tel que DANONE et l’OREAL, témoignent de l’importance de la politique RSE dans l’appréciation des parties prenantes d’une entreprise et donc de la marque. Ces exemples s’il en était besoin démontrent bien qu’aujourd’hui, création de valeurs, RSE et engagement social sont étroitement liés. 

La prise en compte de la RSE en tant que création de valeur est également soulignée par le rôle croissant que jouent les agences de notations dans la prise en compte des facteurs RSE. La transposition de la directive européenne N° 2014 /95 UE par l’ordonnance du 19 juillet souligne s’il en était besoin que l’appréciation d’une performance d’une entreprise ne se limite pas à l’appréciation des états financiers stricto sensu. La certification par le commissaire aux comptes des éléments contenus dans le reporting extra financier souligne s’il en était nécessaire le caractère stratégique des démarches RSE menées par les entreprises. 

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La RSE face aux perspectives de l’anthropocène

La RSE face aux perspectives de l’anthropocène

Par Hubert Landier

Les entreprises, et plus particulièrement les grandes entreprises, sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses à se recommander de la RSE, ceci au double sens de responsabilité sociale et de responsabilité sociétale, ce qui inclut les relations avec leur environnement. Peu importe pour l’instant les raisons d’un tel engagement (on y reviendra). La question qui se pose, c’est celui de la pertinence d’une telle démarche face aux perspectives que nous laissent prévoir les travaux du GIEC et de la communauté scientifique mondiale en ce qui concerne l’habitabilité même de la planète d’ici la fin du siècle.

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La RSE dans l’Entreprise à Mission : Enfin une réalité ?

La RSE dans l’Entreprise à Mission : Enfin une réalité ?

 

Par Charles-Henri Besseyre des Horts, Professeur Emérite à HEC, Président de l’AGRH

Suite aux travaux d’une équipe de chercheurs de l’Ecole des Mines de Paris sur la SOSE (Société à Objet Social Etendu)1  en 2015 dont s’est largement inspiré le rapport Notat-Sénart2, publié en mars 2018, et l’application de certaines dispositions de la loi PACTE votée en Avril 2019, le concept d’entreprise à mission3 a acquis une forte notoriété avec l’importance nouvelle de la définition de la raison d’être pouvant être inscrite dans l’objet social de l’entreprise. 

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La féminisation de l’Armée de l’Air

La féminisation de l’Armée de l’Air

La RSE, dans sa partie « sociale », c’est aussi la parité Femme/homme, alors regardons de plus près les évolutions d’un secteur d’activité qui nous est souvent étranger, l’Armée. Et plus encore au sein de cette institution républicaine, l’Armée de l’Air… Cet article est le résultat d’une collaboration d’un collectif de femmes militaires et du DRH de l’Armée de l’Air.

Depuis Maryse Bastié, pionnière de l’aéronautique, dont les exploits militaires et sportifs ont tracé la voie de nombreuses femmes dans l’Armée de l’air, la place des aviatrices n’a cessé de s’affirmer, quel que soit leur grade ou leur spécialité. 

Si l’Armée de l’air affiche aujourd’hui le taux de féminisation le plus important des armées, c’est à la fois par la combinaison d’une politique volontariste et d’une tendance naturelle. Alors que cette dynamique se poursuit d’année en année, permettant à un plus grand nombre d’entre elles d’accéder à des postes à responsabilité, un investissement continu reste nécessaire afin de renforcer la mixité au sein de l’Armée de l’air.

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Recruter des militaires blessés : au-delà de la Responsabilité Sociale d’Entreprise, une démarche porteuse de sens

Par Dominique LEVY, Présidente du Groupe de Travail « Reconversion des Militaires Blessés » du Comité de Liaison Défense du MEDEF

Qu’elle survienne à l’entraînement, au combat, en opération extérieure ou dans le cadre du plan Vigipirate, la blessure chez le militaire est bien souvent une remise en question de l’avenir dans lequel il s’était projeté. Lorsque le parcours de soins médicaux s’achève par le couperet de l’inaptitude à exercer une profession combattante, un nouveau départ professionnel s’impose.

Les armées, soucieuses de ne laisser aucun des leurs au bord du chemin, ont mis en place un certain nombre de dispositifs pour aider les militaires blessés dans leur démarche de reconversion.

Favoriser la rencontre entre militaires blessés et entreprises

La Cellule d’Aide aux Blessés de l’Armée de Terre (Cabat) s’est montrée pionnière dans l’aide au retour à l’emploi de militaires blessés. En effet, l’enjeu est de taille : parmi les 1 000 blessés accompagnés en permanence par la Cabat, près de 400 sont en phase de reconversion professionnelle.

Sa cellule Réinsertion a conçu le parcours d’accompagnement Omega. Il permet à des blessés de découvrir le monde de l’entreprise au cours de stages d’immersion. Arquus, Renault, Michelin, la SBE, Thales ou encore SFIL en sont devenus des partenaires fidèles. Près de 170 soldats de l’Armée de Terre ont bénéficié de ce dispositif. Et 60 d’entre eux ont trouvé un nouvel élan professionnel dans le civil. Les cellules d’aide aux blessés de l’Armée de l’Air et de la Marine ont à leur tour adopté le dispositif Omega qui a prouvé son efficacité.

De plus, Défense Mobilité, l’agence de reconversion de la défense, propose aux sociétés désirant recruter un militaire blessé, des profils adaptés à leurs attentes. Grâce aux Périodes de Formation Gratuite en Entreprise (PFGE) et aux Périodes d’Adaptation en Entreprise (PAE), elles peuvent appréhender et développer les compétences du militaire avant son embauche. Durant cette période, le militaire se forme et se familiarise avec l’entreprise tandis que celle-ci s’assure de la performance de son futur collaborateur.

Quels que soient les dispositifs de réinsertion, ils sont gratuits pour les entreprises. Car ces « stagiaires » de haut niveau continuent, pendant leur stage, à être rémunérés par le Ministère des Armées. Et si l’entreprise et le militaire blessé décident de poursuivre leur collaboration, ce dernier s’engage dans un processus de réforme (radiation des effectifs des armées) afin de pouvoir signer un contrat (CDI, CDD,…) auprès de l’entreprise d’accueil.

Recruter des militaires : un atout pour l’entreprise

Les militaires, blessés ou non, ont développé au cours de leur carrière dans les armées des compétences recherchées. Et ce dans des métiers variés : électronique, informatique, encadrement, logistique, maintenance, transport, protection de site, etc.

Quant à leurs valeurs, elles sont un véritable atout : loyauté, engagement, sens du collectif, solidarité, discipline, autonomie… Et les effets sont vertueux : les entreprises accueillant des militaires voient se développer en leur sein l’émulation, le travail en équipe, le sens de la mission et du résultat.

Pour en savoir plus et recruter

Le Mouvement des Entreprises de France (Medef) s’est engagé auprès du Ministère des Armées pour favoriser la rencontre du monde de l’entreprise et des militaires blessés. A cette fin, un guide a été réalisé à destination des chefs d’entreprise, directeurs des ressources humaines, responsables RSE…   « Recruter dans vos équipes un militaire blessé : un engagement pour l’entreprise » est téléchargeable sur https://www.medef.com/fr/content/recruter-dans-vos-equipes-un-militaire-blesse-un-engagement-pour-lentreprise


Témoignage de Jean-Jacques Chovet, DRH chez Renault Trucks Defense

« Comme toute entreprise de plus de 20 salariés, nous devons employer un certain pourcentage de travailleurs en situation de handicap. J’ai longtemps cherché la solution quand un soir j’ai regardé un reportage sur le stage "mer et blessure" de la CABAT. J’ai vu de jeunes gens surmonter leur traumatisme et développer une vraie capacité de résilience. Après avoir contacté la CABAT nous avons été les premiers à accueillir deux militaires en stage d’immersion. J’ai rapidement vu leur potentiel. Ils apportaient des valeurs que toute entreprise recherche : la loyauté, l’investissement personnel, l’envie d’apprendre et d’accomplir la mission. Le plus difficile était de leur faire comprendre qu’ils avaient plus de capacités qu’ils ne croyaient. Quelle meilleure expérience que celle d’un pilote de VBCI (N.D.L.R. Véhicule Blindé de Combat de l’Infanterie) qui est intervenu sur son véhicule en plein désert malien ? Aujourd’hui trois d’entre eux ont signé un CDI chez nous, et nous espérons accueillir prochainement d’autres stagiaires en immersion. Le partenariat ne fait que commencer. Je téléphone régulièrement à la Cabat pour recruter plus de candidats de cette trempe. »


Témoignage de Robert N’Guyen, conseiller financier chez SBE

« En 2014, j’ai participé à l’opération Sangaris, ma première OPEX (N.D.L.R. Opération Extérieure). Je pensais être prêt. Je ne l’étais pas. Le retour a été dur, une blessure invisible est difficile à raconter. J’ai fait la démarche de consulter un spécialiste pour mettre des mots sur ce qui m’arrivait. Mon référent Cabat m’a soutenu et m’a permis de reprendre espoir. En 2016 j’ai eu la chance de rencontrer un cadre de la banque SBE qui m’a proposé une immersion au siège principal. J’y ai appliqué ce que je faisais déjà à l’armée : la rigueur, la discipline et l’envie. Aujourd’hui, je viens de signer un CDI, une nouvelle vie s’ouvre à moi. Sans l’aide de la Cabat et de Terre Fraternité, je serais peut-être encore cloîtré chez moi. C’est le message que je veux faire passer à tous mes camarades atteints de cette blessure : ne lâchez rien. Avec de l’aide et de la volonté, on peut s’en sortir. »


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