Pour aller plus loin avec la prospective ...

La RSE en Belgique… dans le secteur bancaire…

La RSE en Belgique… dans le secteur bancaire…

Interview de Wilfried Remans, Directeur Corporate Social Responsability au sein de BNP Paribas Fortis.

Monsieur Remans, s’il fallait vous présenter vous-même que diriez-vous ?

Je suis responsable de la RSE et des Affaires Publiques depuis deux ans et demi, chez BNP Paribas-Fortis après avoir été Directeur des Affaires Sociales et membre des effectifs RH (Bien être au travail, relations sociales…) pour le reste vous pouvez voir mon profil LinkedIn…

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RSE : le mécénat n’est plus la cerise sur le gâteau, il est la levure qui fait monter la pâte !

RSE : le mécénat n’est plus la cerise sur le gâteau, il est la levure qui fait monter la pâte !

Par Layticia Audibert, CEO Gandee

La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est la prise en compte par les entreprises des enjeux environnementaux, sociaux et éthiques dans leurs activités au sens large : économiques, interactions internes (salariés, dirigeants, actionnaires) et externes (fournisseurs, clients, partenaires). Dans ce cadre, le mécénat n’est plus un accessoire. Il représente dorénavant un maillon essentiel en constituant un outil de transformation globale de l’entreprise vers son but sociétal. 

Le mot bénéfice reprend sa valeur étymologique : « bene facere », faire le bien, bienfaits. Dans cette recette, le mécénat exalte les ingrédients recherchés par toutes les entreprises : valorisation de la marque employeur, attractivité des talents, augmentation de la productivité, réponse à la quête de sens, valorisation de la marque et acquisition de marchés.

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RSE et création de valeurs

RSE et création de valeurs

Par Bernard Attali, President de Gouvernance et Valeurs

Les premières approches de valorisation des actifs immatériels sont dues à EDITH PENROSE (theory of the growth of the firm) dont la dernière édition a été publiée en 2009, aux presses universitaires d’OXFORD. 

Si ce thème du capital immatériel est longtemps demeuré absent du champ de pensées des économistes, les premières réflexions sur le capital immatériel remontent maintenant à près de 60 ans avec les travaux d’Edith Penrose sur les ressources tangibles et intangibles.

Dans les années 1990, Henri Tezenas du Montcel expliquait que les actifs immatériels étaient insuffisamment intégrés dans toutes les formes d’évaluation des entreprises, précisant si justement qu’« on ne tient pas compte de ce qu’on ne mesure pas ».

En 2010, le groupe de travail Thésaurus-Bercy a été constitué à la demande de Christine Lagarde, ministre de l’Économie et des Finances, par Alan Fustec. 

Ses conclusions se présentent sous la forme de deux rapports : Thésaurus V1, publié le 7 octobre 2011, et Thésaurus V2, publié le 13 octobre 2015.

Le Thésaurus-Bercy V1 identifie les actifs suivants :

  1. Capital Client
  2. Capital Humain
  3. Capital Organisationnel
  4. Capital des Systèmes d’Information
  5. Capital de Savoir
  6. Capital de Marque
  7. Capital Partenaire
  8. Capital Actionnaire
  9. Capital Sociétal
  10. Capital Naturel.

Ainsi il apparait que dans les 10 items identifiés par thésaurus V1, le capital social et que le capital immatériel constituent les actifs immatériels, et sont donc créateurs de valeur. 

Nous allons définir plus précisément le capital sociétal, celui-ci rassemble tous ce qui relève de diverses parties prenantes au sens large et le capital naturel il rassemble tout ce qui relève de l’environnement, nous pourrions également rajouter par extension le capital humain, car les salariés compétents, motivés épanouis et fidèles permettent à l’entreprise de se développer facilement ;

Selon Bernard Marois et Alain Fustec, les actifs d’une entreprise regroupent :

  • Des actifs solides (les immobilisations)
  • Les actifs liquides (actifs circulant)
  • Les actifs gazeux(immatériels).

La RSE fait donc partie des actifs immatériels (actifs gazeux) ou (actifs invisibles). D’autres méthodes existent, tel que sharing value développée par JAKY Ouziel, dans cette démarche il convient de vérifier que la société est engagée dans ce processus grâce à la signature de différents accords : 

  • Le label Emplitude et la charte de la diversité pour l’emploi et l’insertion
  • Le label d’engagement volontaire objectif CO2 et le label CO2 neutral 
  • La RSE contribue à valoriser directement la marque de l’entreprise et indirectement à capter ou fidéliser sa clientèle.

Afin de valoriser cet actif intangible, on retient selon la méthode développée dans sharing value généralement un montant :

  • D’environ 3 à 5 % du CA en B2B,
  • De près de 5 à 10 % du CA en B2C. 

Victor Waknine quant à lui développe une approche qui réconcilie performance économique, engagement des hommes, et qualité sociale son indice IBET mesure la qualité de vie au travail.

Les investissements à impact social initiés par les grandes entreprises tel que DANONE et l’OREAL, témoignent de l’importance de la politique RSE dans l’appréciation des parties prenantes d’une entreprise et donc de la marque. Ces exemples s’il en était besoin démontrent bien qu’aujourd’hui, création de valeurs, RSE et engagement social sont étroitement liés. 

La prise en compte de la RSE en tant que création de valeur est également soulignée par le rôle croissant que jouent les agences de notations dans la prise en compte des facteurs RSE. La transposition de la directive européenne N° 2014 /95 UE par l’ordonnance du 19 juillet souligne s’il en était besoin que l’appréciation d’une performance d’une entreprise ne se limite pas à l’appréciation des états financiers stricto sensu. La certification par le commissaire aux comptes des éléments contenus dans le reporting extra financier souligne s’il en était nécessaire le caractère stratégique des démarches RSE menées par les entreprises. 

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Interview de Fella Imalhayene Déléguée Générale du Global Compact France

Interview de Fella Imalhayene Déléguée Générale du Global Compact France

Interview de Fella Imalhayene

Fella Imalhayene, avant d’entrer dans le vif du sujet, pourriez-vous nous dire qui vous êtes et quel a été votre parcours avant d’assurer le développement et la gestion du Global Compact France en qualité de Déléguée Générale.

Une double formation, Gestion Dauphine et Philosophie, en ne pouvant ne me satisfaire ni que de l’une ni que de l’autre. Un fort intérêt pour l’entreprise et ses enjeux, mais voulant garder en permanence le lien avec le « sens ». J’ai commencé par faire des missions dans des environnements culturels à l’Unesco ou au Centre Pompidou où je me suis occupée de comprendre les problématiques d’égalité des chances vis-à-vis de la culture et proposer des actions pour permettre aussi bien aux populations handicapées (accessibilité) qu’aux classes économiquement défavorisées (en particulier les jeunes) d’être attirées par ce lieu. 

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La RSE en Belgique… dans le secteur bancaire…

Interview de Wilfried Remans, Directeur Corporate Social Responsability au sein de BNP Paribas Fortis.

Monsieur Remans, s’il fallait vous présenter vous-même que diriez-vous ?

Je suis responsable de la RSE et des Affaires Publiques depuis deux ans et demi, chez BNP Paribas-Fortis après avoir été Directeur des Affaires Sociales et membre des effectifs RH (Bien être au travail, relations sociales…) pour le reste vous pouvez voir mon profil LinkedIn…

Que pourriez vous dire de la situation belge de la RSE ?

Le contexte RSE est réellement étonnant. Nous faisons face à une accélération incroyable du processus depuis ces deux dernières années. D’abord les ODD (Objectifs de Développement Durable) de l’ONU avec ses 17 points ont atteint les entreprises qui ont pu ainsi s’en saisir et choisir leurs priorités, et puis il y a en 2015 les répercussions des Accords de Paris sur le climat qui ont donné un caractère d’urgence d’une prise en compte par tous les acteurs, y compris donc, les entreprises. C’est à ce moment que nous avons défini chez BNP Paribas, une stratégie d’engagement au plus haut niveau (Comex), allant jusqu’à définir l’impact de ces objectifs sur la rémunération variable des 5000 top rémunérations.

En Belgique nous venons de valider un plan stratégique pour 2025, y inclus la durabilité. Pour nous, dans le secteur bancaire, nous sommes forcément engagés en tant qu’entreprise citoyenne. 

Que voulez-vous dire ?

Notre premier rôle comme banque, c’est d’être une Banque. Nous pesons 100 milliards dans l’économie belge, nous représentons 13000 emplois directs et autant d’indirects, et nous payons 1 milliard d’euros de taxe et de prélèvements de Sécurité Sociale. Nous sommes donc totalement intégrés dans notre environnement sociétal. Et on peut jouer un rôle « moteur » sur trois niveaux.

Le premier ?

C’est la RSE que je qualifie de traditionnelle. C’est l’aspect « solidarité », voire « charité ». On donne de l’argent. Nous finançons une Fondation qui a soutenu, sur 10 ans, 1500 projets auprès des jeunes en précarité. La Fondation internationale met 12 millions d’Euros pour la Recherche sur le Climat, nous déployons des Fonds d’Investissements Responsables et une partie des commissions est reversée pour des actions sociales. Nous soutenons des opérations de « microfinances » : par exemple nous avons cocréé en Belgique une institution « microStart » où nos salariés ou pensionnés « compétents » accompagnent comme « volontaires » des projets d’entreprise, comme ceux initiés par des « réfugiés » par exemple. Chez nous ce n’est pas « une semaine RSE » mais c’est toute l’année. On prend en compte vos compétences et on les utilise pour des actions de solidarité.

Le deuxième niveau ?

Dans notre propre activité d’entreprise bancaire, nous devons maitriser des risques à effets négatifs sur l’environnement. Ce sont des sujets qui touchent les bâtiments, la mobilité et la pollution.

Nous avons choisi de réduire de 25% notre empreinte en CO2 entre 2012 et 2020. Toute l’électricité des bâtiments en Belgique est alimentée par l’énergie renouvelable. Le reste du CO2 à charge est compensée par le Groupe dans des projets en Inde et au Kenya. 

Nous représentons au niveau du groupe 200 000 personnes réparties dans 70 pays. Nos implantations possèdent des contraintes et des objectifs qui peuvent être différents. Néanmoins nous sommes vigilants sur les points qui touchent au climat, ou aux droits humains par exemple. C’est ainsi que nous mettons des critères ou nous sortons de certains secteurs sensibles. Nous appliquons des politiques sectorielles qui exigent le respect par nos clients des critères sociaux et environnementaux. C’est le cas, par exemple, dans les secteurs de la défense ou de l’huile de palme. J’ai deux exemples en tête ou on va encore un pas plus loin : le tabac : nous en sommes complétement sortis. Et c’est aussi le cas des pétroles et gaz de schiste, des sables bitumineux et également des exploitations en Artique. Au total, nous avons une liste de près de 850 Entreprises que nous ne finançons plus. Vous voyez, nous sommes en pleine remise à plat de nos politiques pour des raisons de nature RSE.

Et vous parliez de 3 niveaux…

Le troisième est d’un autre registre : il s’agit de participer à l’augmentation des impacts positifs.

Vous nous expliquez ?

Il est nécessaire de créer du business « win-win. » Nous offrons des instruments d’investissements « responsables » avec un impact positif. IL y a trois grands types de fonds ISR : 

Des fonds d’exclusion (e.g. pas d’investissements dans les armes), des fonds thématiques ( comme l’eau ou l’énergie renouvelable), et les fonds avec que des entreprises parmis les meilleures en RSE. Vous savez que des « rating agencies » se sont spécialisées dans ces analyses, Vigeo ou Sustainalytics par exemple. Les critères pris en compte se nomment ESG (E pour environnement, S pour social et G pour gouvernance). Ces derniers fonds n’investissent que dans les entreprises dans le top du ranking ESG. Nos clients réagissent positivement sur cette offre de fonds Responsables. Cela représente pour la banque un portefeuille de 11 milliards d’euros. Nous avons des équipes dédiées qui travaillent sur ce domaine. Un autre exemple qui représente 100 millions d’euros, c’est celui des attributions de crédits. Nous pouvons financer des entreprises sociales qui, en général, ont une une profitabilité lente et un cash-flow bas, mais nous pensons qu’elles sont souvent porteuses d’innovation et de création d’emplois. 

Des prêts peuvent aussi être consentis à des organisations en tenant compte de leur performance non financière (ou ESG ranking), comme les 300 millions d’euros pour la Poste belge en visant une augmentation de leur score ESG. Et on peut encore aller plus loin en matière d’émission d’obligations pour le Gouvernement pour soutenir la transition énergétique et se concentrer sur une « économie durable ».

En Europe, nous sommes vigilants à pouvoir accompagner l’accord global social et le mettre en œuvre dans tous les pays où BNP Paribas est présent. Ainsi nous participons au 1 million d’heures de volontariat de compétences pour favoriser la diversité et l’inclusion. Contrairement à la France nous avons peu de réglementations punitives en Belgique, comme les obligations concernant l’embauche des personnes handicapées. C’est à l’entreprise de faire…et donc cela devient un objectif RH. Des réseaux se forment et agissent en interne : les relations Femme/homme, les LGBT, le Handicap, l’Afrique, des réseaux de volontaires par thème (la durabilité papier/plastique…) C’est ainsi que nous avons 150 collègues qui sont labellisés Eco-coachs et ambassadeurs RSE, et des animateurs de réseaux.

Votre métier lui-même évolue. Faites-vous entrer la « compliance » dans les obligations RSE ?

Depuis la crise financière, nous avons à respecter 25 000 pages de réglementations nouvelles. Il est nécessaire d’avoir des experts et donc nous avons une structure ad-hoc. Mais comme il est nécessaire que ces obligations réglementaires (blanchiment, drogue…) soient appropriées par les métiers, les agences, les équipes de vente, cela devient une problématique sociétale et sociale. Une façon de pratiquer son métier en mode « responsable » et bien entendu, c’est aussi de la RSE.

Je vous ai signalé que le top 5000 du groupe avait sa rémunération variable impacté par des indicateurs RSE, en Belgique, les rémunérations variables sont posées sur les critères suivants : la satisfaction client, la compliance, la QVT, la consommation de papier, le bien-être au travail.

En France le leader du syndicat le plus important déclarait il y a peu que si l’emploi devait être défendu, il n’y avait pas d’emploi sur une terre morte. Les syndicats belges sont ils à ce stade de réflexion ? 

Depuis un an ou deux on assiste à une évolution incroyable. Si la hiérarchisation plaçait la QVT en tête des préoccupations syndicales, le fait de constater que les effets positifs génèrent aussi de l’innovation, de l’emploi et du développement social entraine une évolution des comportements. Même sur des sujets comme la digitalisation, les syndicats s’impliquent. Les demandes des salariés en matière de durabilité et d’écologie changent, et par voie de conséquences les syndicats aussi. 

Et cette approche RSE est-elle intégrée à votre élaboration de « marque employeur » ?

Bien sûr mais la condition est essentielle : ce ne doit pas être juste de la communication. Cela doit reposer sur des actions démontrables, sur des comportements observables. Un exemple, lors de nos journées d’accueil des nouveaux embauchés, nous sommes capables de sortir de nos murs pour organiser des rencontres entre les nouveaux entrants et des entreprises ou organisations sociales.

Aujourd’hui personne ne peut agir seul. La marque employeur, c’est aussi être capable de démontrer que nous sommes engagés avec des partenaires (d’autres groupes bancaires) pour faire évoluer les choses y compris auprès de l’ONU . Ce n’est plus que de l’investissement responsable dont il s’agit mais aussi de financement responsable.


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Mots-clés: RSE, MagRH8

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