Former ou Déformer ?

Numérique et formation : quelles perspectives pour les praticiens ?

Numérique et formation : quelles perspectives pour les praticiens ?

Patrick Storhaye

Depuis toujours, les avancées technologiques ont contribué au développement des savoirs. Si l’outil n’est pas la « cause » de l’apprentissage, il constitue inévitablement une de ses « causes instrumentales » au sens aristotélicien. Le stylo n’est évidemment pas la cause principale du poème mais il ouvre bien un champ des possibles au poète. Or, ce champ des possibles va au-delà du choix des mots que l’esprit, l’âme ou le cœur aurait pu faire naître chez l’auteur·trice et dont le stylo n’est que « l’outil scripteur » pour reprendre un terme cher à l’éducation nationale française. Il ouvre en effet la perspective des calligrammes qu’affectionnait Guillaume Apollinaire, considéré comme à l’origine du mot, et qui lui fit dire à Pablo Picassso : « moi aussi je suis peintre ! ».

Il y a dans cette anecdote, deux remarques qui peuvent éclairer le débat sur le numérique et l’apprentissage :

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Blended learning: dans les coulisses des futures formations linguistiques

Blended learning: dans les coulisses des futures formations linguistiques

Robert Szabo

Toutes les études montrent un intérêt grandissant des Responsables Formation pour le blended learning – la combinaison entre e-learning en autonomie et travail avec un formateur. Cette modalité est particulièrement adaptée à la formation linguistique, mais elle n’est pas toujours bien exploitée. Après sa fusion avec le spécialiste du e-learning GlobalEnglish, l’organisme linguistique Learnship a entrepris de porter un regard neuf sur la formation blended, pour proposer une solution innovante – et surtout efficace.

La formation linguistique, un domaine en constante mutation

De tous les domaines de la formation, la branche linguistique est sans nulle doute celle qui a connu le plus de bouleversements ces dernières décennies. Dans les années 80 et 90, les formations en langue étaient principalement assurées en centre ou à domicile. Au tournant des années 2000, la démocratisation des Nouvelles technologies de l’information et la nécessité de rationaliser les coûts ont permis l’avènement de nombreuses plateformes linguistiques en ligne, dont les qualités techniques et ergonomiques étaient le meilleur argument contre des formateurs en langues traditionnels, jugés chers, contraignants et peu efficaces, comme le souligne A. Wickham dans son article Le formateur en langues revient par la fenêtre.

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Quand la RATP nous transporte dans l’avenir

Quand la RATP nous transporte dans l’avenir

Le Groupe RATP peut être aujourd’hui pris comme exemple d’une organisation en pleine mutation. Il nous a semblé extrêmement riche d’enseignements d’effectuer une visite approfondie du contexte, des interrogations et des solutions élaborées. Nous pourrons ainsi visualiser concrètement le défi que représente la mise en adéquation de la formation et du développement des compétences dans la réussite du projet stratégique et aussi des atouts que confèrent les outils et processus modernes dans la mise en application.

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Docendi : Comment développer des compétences durables à l’ère du digital ?

Docendi : Comment développer des compétences durables à l’ère du digital ?

Le continuum pédagogique docendi renforce le transfert des acquis et la mise en œuvre des engagements. Le parcours, qui mixe présentiel et accompagnement digital, se complète d’un outil de mesure d’impact pour démontrer son efficacité dans le développement des soft skills. Décryptage d’Anne Ambrosini, directrice pédagogie et développement 

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Le nouveau rôle de l’entreprise dans la formation aux gestes qui sauvent

Au préalable, un constat : la France fait partie des mauvais élèves de l’Europe dans le domaine de la formation de la population aux premiers secours. En effet, à peine 20% des Français sont formés alors que 90% des Norvégiens le sont. Cette trop modeste politique de formation a une incidence directe sur le taux de survie en cas d’arrêt cardiaque qui s’élève à 5% dans l’hexagone contre 40% en Norvège.  

Face à ce constat, et à la demande du Président de la République, le volet Prévention du plan Santé du gouvernement, adopté en 2018, doit permettre à la France de rattraper son retard et d’atteindre l’objectif de 80 % de la population initiée aux gestes de premiers secours. 

Pour changer la donne, c’est bien l’ensemble de la société : écoles, fonction publique, associations et entreprises, qui doivent se mobiliser. Avec le développement des politiques de responsabilisation sociale de l’entreprise (RSE) et en faveur de la qualité de vie au travail (QVT), l’entreprise a notamment un rôle majeur à jouer pour assurer la formation de plus de 20 millions de français. Or pour former autant, il est nécessaire de renouveler l’offre de formation. 

Longtemps restée sur ses acquis, la formation aux premiers secours s’adapte désormais, et s’ouvre aux nouvelles méthodes d’apprentissage et aux dernières technologies pour mieux répondre à l’enjeu qui pèse sur elle : former davantage pour sauver plus de vies. 

Les entreprises ont tout à y gagner

Que dit la loi : l’employeur est tenu de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés. Si la sensibilisation aux gestes de premiers secours est obligatoire depuis octobre 2018 pour les 3 millions de fonctionnaires, les entreprises de services n’ont, quant à elles, que le devoir de proposer des formations à leurs salariés.  L’INRS et les médecins du travail recommandent, de leur côté, un effectif de 10 à 15 % de salariés formés Sauveteurs Secouristes du Travail (SST).

De manière générale, tout le monde devrait être capable de pratiquer un massage cardiaque et d’utiliser un défibrillateur. En France, le décalage est trop élevé entre les personnes formées et celles qui jugent important l’apprentissage des « gestes qui sauvent ». Ces gestes citoyens très simples ne devraient pas être uniquement maitrisés par une poignée de collaborateurs, ils sont l’affaire de tous. 

Et si nous démocratisions la formation aux gestes qui sauvent en entreprise ? 

Le thème des premiers secours est un formidable vecteur de solidarité, de bien-être en entreprise, et même de citoyenneté. Pour le collaborateur, pouvoir compter sur ses collègues en cas d’urgence vitale est un élément de cohésion important ; pour l’entreprise, un pilier de sa politique RSE à valoriser. D’ailleurs, c’est un sujet de ressources humaines à prendre au sens large. 

Et si l’on faisait de la formation aux premiers secours un élément du parcours d’intégration des nouveaux arrivants ? 

Et si la proportion de personnes formées était un défi interne, suivi dans le rapport RSE annuel ? 

Des formats courts et immersifs  

La formation en entreprise évolue et celle aux premiers secours doit évoluer avec elle : des formats plus courts et plus immersifs ; de l’autoapprentissage grâce aux téléphones mobiles, à la vidéo; des formateurs qui orientent, guident, plutôt que de se limiter à la transmission des connaissances; du maintien des connaissances dans le temps grâce au micro-learning.

Le plan Santé du gouvernement doit permettre de passer de quelques salariés formés à 80% des salariés sensibilisés. Coûteuses pour l’entreprise et chronophages pour les collaborateurs, les formations sur une ou deux journées ne doivent donc pas rester la seule possibilité offerte aux entreprises. De nouvelles méthodes permettent de pratiquer plus efficacement, de recycler les savoirs dans le temps et de sensibiliser sur de courtes durées. 

Il s’agit bel et bien de former plus et mieux afin d’optimiser la chaîne des secours en plaçant le citoyen (son premier maillon) dans les meilleures conditions pour prévenir et agir. Dans ce domaine, de nouvelles solutions voient le jour qui incarnent, chacune à leur niveau, le nouveau visage de la formation aux premiers secours. Ainsi, les modules de e-learning proposés par Everyday Heroes et Salvum se déploient-ils sur les téléphones pour permettre d’apprendre ou de réviser, quelques minutes par jour, les enseignements des gestes qui sauvent. L’apprenant avance à son rythme dans les différents exercices, quizz et mises en situations. 

Côté pratique, les formats se raccourcissent et nous plongent au plus près du réel. C’est le parti-pris que nous avons choisi chez D’un Seul Geste en proposant une formation en réalité virtuelle où le mannequin de secourisme est représenté à l’apprenant sous la forme d’une victime, où les données (pression, tempo) du massage cardiaque sont affichées à l’apprenant pour qu’il corrige et améliore son geste jusqu’à atteindre un sentiment d’efficacité personnelle. La réalité virtuelle, par son immersion, apporte un ancrage mémoriel plus durable. Les résultats sont là : le taux de satisfaction des apprenants s’élève à plus de 97 %.

Et comme cette formation se doit d’être la plus accessible possible, nous avons construit, avec notre comité scientifique, un modèle pédagogique qui permet d’assurer une formation aux gestes qui sauvent en une heure seulement. 

Objectif ambitieux pour entreprise engagée 

Ces nouvelles méthodes d’apprentissage permettent d’inculquer les bases des gestes de premiers secours à tous les citoyens. L’entreprise doit jouer un rôle central en démocratisant les formations courtes et les pédagogies innovantes, appréciées par les collaborateurs qui deviennent ainsi acteurs de leur propre formation. Tout le monde peut donner une heure de son temps pour se former à ces gestes essentiels. Tout chef d’entreprise se doit de rendre cela possible. 

C’est un bon moyen pour l’entreprise de réaffirmer son attachement aux valeurs d’entraide, de solidarité et de bien-être qui composent sa stratégie RSE. 

Si les grandes entreprises se fixaient l’objectif ambitieux de former 80% des collaborateurs aux gestes qui sauvent, alors tous les citoyens pourraient compter les uns sur les autres pour intervenir en cas d’urgence vitale, dans l’entreprise, dans l’espace public ou à leur domicile. 

En se donnant les moyens de créer une chaine des secours plus réactive et plus efficace, on se donne les moyens de sauver plus de vies. C’est aussi le rôle d’une entreprise au cœur de la cité.

  

 

 

        

Mots-clés: FORMATiON, APPRENTISSAGE, COMPETENCES

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