Former ou Déformer ?

L'IA au service de l'éducation ...

L'IA au service de l'éducation ...

L’émergence de l’Intelligence Artificielle modifie profondément les compétences exigées par les entreprises. Les business school doivent adapter le contenu des enseignements et la manière même d’enseigner. Eclairage avec Renaud Champion, Directeur des Nouvelles Intelligences et de l’Institut AIM (Artificial Intelligence in Management) emlyon business school.

L’IA au service des nouveaux besoins des individus
et des entreprises


Réinventer l’éducation par l’Intelligence Artificielle (IA) n’est pas une idée neuve : sans remonter très loin, un blog américain spécialisé sur l’enseignement supérieur listait déjà en 2012 les 10 révolutions éducatives induites par l’IA. Sauf que la personnalisation de l’enseignement et l’automatisation de la notation étaient encore de l’ordre de la prospective.

Il est temps de penser au présent, alors que le machine learning, l’analyse de données ou les assistants virtuels font leur apparition concrète dans les processus pédagogiques. Aux Etats-Unis, le professeur Ashok Goel a développé un assistant virtuel capable de répondre aux questions des étudiants. Son nom : Jill Watson (élémentaire, ou presque !). emlyon business school développe de son côté, dans le cadre d’un partenariat mondial signé avec IBM en janvier 2018, un assistant d’employabilité, fondé sur le Big Data : un futur « GPS des compétences », une plateforme pour anticiper les tendances en matière d’emplois et proposer de nouveaux modèles de formations et d’accompagnements.

On pourrait multiplier les exemples. Ce qui est sûr, c’est que l’IA a déjà trois conséquences : elle modifie à moyen terme les compétences exigées par les entreprises. Elle modifie le contenu des enseignements. Elle bouleverse de plus en plus la manière même d’enseigner. 

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Le nouveau rôle de l’entreprise dans la formation aux gestes qui sauvent

Le nouveau rôle de l’entreprise dans la formation aux gestes qui sauvent

Au préalable, un constat : la France fait partie des mauvais élèves de l’Europe dans le domaine de la formation de la population aux premiers secours. En effet, à peine 20% des Français sont formés alors que 90% des Norvégiens le sont. Cette trop modeste politique de formation a une incidence directe sur le taux de survie en cas d’arrêt cardiaque qui s’élève à 5% dans l’hexagone contre 40% en Norvège.  

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Opcalia : 6 conseils pour une réussite incontournable de l’alternance en entreprise

Opcalia : 6 conseils pour une réussite incontournable de l’alternance en entreprise

Les regards sur l’alternance ont considérablement évolué – 74 % des Français ont une bonne image de l’alternance et plus de la moitié des 15-24 ans se disent prêts à intégrer une telle filière (Elabe - octobre 2017). Cela passe par l’encouragement des jeunes et des entre-prises à franchir le pas et par un engagement de l’en-semble des acteurs à la promouvoir. Opcalia s’y engage et livre, avec Solange Chappelart, Directrice Déléguée au Développement Opcalia, quelques conseils et outils, pour réussir l’alternance en entreprise.

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EM Normandie : Des formations adaptées à tous les besoins et attentes

EM Normandie : Des formations adaptées à tous les besoins et attentes

Rencontre avec Sabrina Letartre, Responsable de la Formation Continue, et Christophe Yver, Directeur de la Formation Professionnelle et Continue et de l’InsIDE, ils nous en disent plus sur le positionnement de l’EM Normandie et son offre de formation à destination des entreprises et de leurs collaborateurs. 

Dans le paysage de la formation continue, comment se distingue l’EM Normandie ?

L’EM Normandie dispose de plusieurs campus à Caen, au Havre, à Paris, mais aussi à Oxford et Dublin. Nous formons plus de 4 000 étudiants sur ensemble de nos campus. Nous proposons différents formats pour répondre aux besoins et attentes des stagiaires : e-learning, présentiel ou blended. D’ailleurs, notre programme Grande École peut être totale-ment suivi en e-learning. Nous avons plus de 9 nationalités qui préparent ce diplôme depuis leur pays respectif.

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emlyon business school : L’innovation managériale : une nécessité pour les entreprises ?

Un environnement économique et technologique en hyper mutation, des clients et salariés toujours plus exigeants ainsi qu’une concurrence exacerbée boule-versent le fonctionnement des entreprises. Pour main-tenir leur performance, elles doivent se différencier de leurs concurrents via des offres à haute valeur ajoutée, s’adapter et anticiper les évolutions du marché́ puis attirer et fidéliser les talents en phase avec leurs valeurs. Des défi s qui trouvent généralement leur solution dans la capacité d’innovation. Si le pari technologique semble être souvent la réponse à tous les problèmes, rares sont les leaders qui misent aussi sur l’innovation managériale, alors que c’est le véritable accélérateur d’engagement et d’intelligence collective. C’est en effet là que l’investissement et l’énergie devraient se concentrer, car la créa-tion d’une culture managériale est unique et génère de la valeur pour toute l’entreprise. Eclairage avec Thierry Nadisic.

A quels enjeux répond l’innovation managériale ?

L’innovation managériale doit surtout permettre de s’adapter aux incertitudes, aux bouleversements technologiques et à la concurrence. C’est une clé de la performance : le XXIème siècle est marqué par une rupture au sein des entreprises qui rendent certaines pratiques managériales (contrôle, reporting, management directif…) inefficaces voire contre-productives. L’avantage concurrentiel repose sur la capacité́ à inventer de nouvelles manières de faire fonctionner l’intelligence collective afi n de générer des idées, s’inscrire dans l’amélioration permanente ou imaginer de nouveaux produits et services… L’innovation managériale est le moteur d’une culture d’entre-prise créatrice de valeur fondée sur l’ouverture, la confiance et la prise d’initiative.

Pourquoi les entreprises aujourd’hui doivent-elles réinventer leurs pratiques managériales ?

En premier lieu, pour rester en phase avec des attentes salariales inédites : les Millennials, 50% de la population active en 2020, sont imprégnés de culture numérique. Ils privilégient le travail en mode projet et les organisations « désilotées », avec une forte appétence pour le travail collaboratif et autonome. 65% d’entre eux estiment que les méthodes de travail traditionnelles (descendantes, pyramidales, rigides…) les empêchent de développer tout leur potentiel¹. Ils rejettent le « micro management » et ne valorisent plus l’expertise du manager mais son savoir-être. Les compétences managériales indispensables² ? L’écoute (54%), le leadership (21%), l’empathie (11%) et l’humanité (11%). Une réponse à la révolution digitale : pour s’accorder aux cycles plus courts et itératifs de l’économie numérique, l’émergence de pratiques plus flexibles, agiles et créatives s’avère indispensable. De nouveaux modes de travail apparaissent donc au sein des entreprises, généralement inspirés par les pratiques des start-up : lean management, design thinking, méthode agile ou Kanban... Ces pratiques viennent renouveler le management et dépoussièrent les procédures internes.


Comment accompagnez-vous les entreprises à transformer leurs pratiques à emlyon business school ?
Pour répondre à tous ces enjeux, emlyon business school propose des programmes de formation sur-mesure destinés aux entreprises, pour accompagner concrètement les managers dans l’appropriation de nouvelles postures, valeurs et comportements. Les programmes se fondent sur différents piliers de l’innovation managériale : l’expérimentation pour encourager l’initiative, l’agilité́ afin de développer la souplesse et l’adaptation organisationnelle, la collaboration pour mobiliser l’intelligence collective, la responsabilisation et l’autonomie pour rendre chacun acteur de son développement ou encore la confiance et la transparence pour libérer les idées.

Quelle approche pédagogique développez-vous dans ces formations sur-mesure ?

Une approche agile et multimodale : le cursus s’étale au moins sur un an. Le temps nécessaire pour garantir une diffusion fluide de cette nouvelle culture au sein de l’organisation. Les managers ont à travailler plusieurs axes en parallèle : des séries de webinars, de vidéos, de cas pratiques en immersion, de cours présentiels, de projets terrain avec l’accompagnement de coachs dans des groupes de pairs solidaires, lieux de confiance et de progrès mutuel. Des outils pédagogiques pour favoriser « le développement du pouvoir d’agir » ou de « l’empouvoirement ». Les managers se voient doter des meilleurs outils pour apprendre à déléguer en toute sérénité, faire participer leurs collaborateurs, mieux coordonner leur travail et répartir le pouvoir de décision. En s’appuyant sur des méthodes de coaching individuel et collectif, comme par exemple les « processus délégués » initiés par le coach systémique Alain Cardon, les anciennes pratiques se libèrent, chacun peut participer aux processus de décisions, retrouver du sens à son travail et retrouver la motivation temporairement perdue. Tout ceci passe par l’expérimentation : mise en situation d’un comité de direction en co-responsabilité ou utilisation du questionnement pour générer des idées et développer l’écoute de ses équipes.

Avez-vous un exemple concret de programme développé pour une entreprise ?

emlyon a co-créé depuis octobre 2017 un programme d’innovation managériale pour répondre aux enjeux de la branche française d’Atos : aider les managers à mieux répondre aux nouveaux enjeux de leurs clients et développer un esprit collaboratif. Pour cela, pendant un an, 400 managers volontaires ont suivi le programme « Atos Excellence Program ».
Ce dispositif transmet des pratiques de leadership innovantes comme l’utilisation de son « intelligence émotionnelle », « des neurosciences», ou encore
« d’un mode de coaching positif de son équipe ».
Pour co-construire ce programme de leadership avec Atos, j’ai sélectionné, en tant que responsable pédagogique du programme, des intervenants de qualité avec trois expertises phares : capacité pédagogique à former, expertise pointue dans un domaine et compétence de coach. Après un kick-off de lancement du programme sur le campus parisien emlyon business school, les participants suivent une dizaine de journées de cours présentiels, complétées et approfondies par toute une série de dispositifs de renforcement par exemple des modules en ligne (lectures, capsules vidéo…). C’est avant tout une expérience collaborative orientée terrain : pour favoriser l’inclusion, la proximité et l’intrapreneurship, chaque promotion est divisée en « groupes de pairs » réunis autour d’un projet commun, par exemple « comment utiliser le fun au travail pour engager les équipes ». Les groupes travaillent en immersion sur leur projet et sont suivis régulièrement par un coach. À l’issue du programme, ils présentent leur initiative devant un jury pour valider la certification finale : un vrai levier pour « maintenir en tension » et développer l’employabilité des collaborateurs.

¹ Environnement de travail dans lequel la hiérarchie est au centre. Les méthodes traditionnelles sont caractérisées par leur formalisme : Étude PWC, «The future of work to 2030», 2017
² Une enquête de la Cegos (2017)

Bio express :Thierry Nadisic est chercheur à emlyon business school, docteur en comportement organisationnel et professeur agrégé. Conférencier, formateur et consul-tant, il accompagne le développement de personnes, groupes et organisations pour développer la coopération et le leadership. Il est l’auteur du livre « Le management juste » aux éditions UGA et du livre « S’épanouir sans gourou ni expert, le meilleur coach, c’est vous !».

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