Former ou Déformer ?

Démocratiser la réussite

Démocratiser la réussite

L’IAE Paris-Sorbonne Business School offre des formations diversifiées, à la fois généralistes et spécialisées en adéquation avec les besoins des entreprises. Rencontre avec Éric Lamarque, Directeur de l’IAE Paris-Sorbonne Business School, qui nous en dit plus sur cette école universitaire de management et les plus-values de ses formations

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Le co-apprentissage n’a pas encore vraiment profité de la transformation digitale

Le co-apprentissage n’a pas encore vraiment profité de la transformation digitale

L’apprentissage entre pairs (peer-to-peer learning, social learning) est une pédagogie beaucoup plus efficace que la formation traditionnelle pour deux raisons principales : 

  1. La formation est souvent vécue comme un processus vertical, avec un professionnel extérieur détenteur d’un savoir. Les adultes plus que les jeunes vivent mal cette position d’apprenant en face d’un sachant.
  2. Nous savons que dans un environnement VUCA, les solutions aux défis que doivent relever les entreprises viennent plus de la créativité et de l’intelligence collective que des procédures ou des règles bien apprises.

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Numérique et formation : quelles perspectives pour les praticiens ?

Numérique et formation : quelles perspectives pour les praticiens ?

Patrick Storhaye

Depuis toujours, les avancées technologiques ont contribué au développement des savoirs. Si l’outil n’est pas la « cause » de l’apprentissage, il constitue inévitablement une de ses « causes instrumentales » au sens aristotélicien. Le stylo n’est évidemment pas la cause principale du poème mais il ouvre bien un champ des possibles au poète. Or, ce champ des possibles va au-delà du choix des mots que l’esprit, l’âme ou le cœur aurait pu faire naître chez l’auteur·trice et dont le stylo n’est que « l’outil scripteur » pour reprendre un terme cher à l’éducation nationale française. Il ouvre en effet la perspective des calligrammes qu’affectionnait Guillaume Apollinaire, considéré comme à l’origine du mot, et qui lui fit dire à Pablo Picassso : « moi aussi je suis peintre ! ».

Il y a dans cette anecdote, deux remarques qui peuvent éclairer le débat sur le numérique et l’apprentissage :

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Les applications de l’intelligence artificielle dans l’éducation

Les applications de l’intelligence artificielle dans l’éducation

Les définitions de l’intelligence artificielle sont très nombreuses. Ce sont des techniques qui visent à imiter ou simuler l’intelligence humaine dans des machines. Dans la pratique, des fonctions très isolées de cette intelligence sont traitées. Elles le sont avec des performances qui vont en deçà ou au-delà des capacités humaines.

Les domaines où les machines nous dépassent sont la mémoire et la capacité de calcul. Cela se retrouve dans les fonctions du machine learning appliquées à de gros volumes de données d’entraînement et qui permettent de faire des prévisions chiffrées ou des classifications d’objets divers. Le traitement des images est un autre domaine où l’IA fonctionne très bien. Le deep learning qui s’est développé depuis 2012 permet de repérer des formes et objets dans les images avec une précision et une vitesse qui dépassent maintenant régulièrement les capacités humaines.

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La survie des entreprises passe par le "Learning Centric"

En lisant ce titre, vous vous dites probablement que le terme « survie » est un peu exagéré, et en toute honnêteté, c’est en partie vrai. Derrière ce titre accrocheur se cache une réalité nouvelle, un changement de paradigme : bien plus que la technologie, c’est la place de la formation dans l’entreprise qui va révolutionner la formation de demain.

Les nouveaux paradigmes de l’entreprise apprenante

La tendance actuelle consiste à résumer cette révolution par le passage d’une approche « Top-down » (descendante) vers une approche « Bottom-up » (ascendante). La formation n’est plus seulement proposée, voire imposée à l’apprenant, mais c’est à lui de la choisir selon ses envies et ses besoins opérationnels. Si cette évolution est réelle, il ne s’agit cependant pas de remplacer une approche par une autre, mais bien de faire cohabiter ces deux modalités de façon pertinente. 

Pour tout « disrupteur » qui se respecte, il est plus simple d’expliquer qu’il y a l’ancien monde et le nouveau, que de définir pourquoi et comment organiser l’articulation de ces deux approches. D’ailleurs, celui-ci nous expliquera volontiers que le l’approche ascendante est déjà « has been », car la formation moderne n’est pas tellement portée par la manière dont l’apprenant accède aux ressources pédagogiques mais d’avantage par la manière dont il contribue et co-construit ces ressources. Là encore, c’est une tendance pertinente si elle vient en complément des approches descendante et ascendante. Elle devient absurde si on la présente comme une ère nouvelle sans formateur, sans service formation totalement centré sur le partage du savoir.

Alors, si l’on prend un peu de hauteur en ne cherchant pas à disrupter la pédagogie mais au contraire à l’enrichir et lui assurer une progression lente et continue. Et, si l’on s’assure de mettre en place des évolutions absorbables par les équipes formation, c’est-à-dire en proposant une échelle temps compatible avec la nécessaire conduite du changement. N’est-ce pas prendre le risque d’être une structure qui se transforme trop lentement, déphasée de son marché et plus assez compétitive ?

La réponse est non, bien au contraire ! Mais à une seule condition, que la formation prenne une place centrale dans la stratégie de l’entreprise. 

Pour aller vite, être performante et agile, l’entreprise doit miser plus que jamais sur sa capacité à développer les compétences de ses collaborateurs, à transmettre de nouveaux savoir, savoir-faire et savoir-être. Le seul moyen d’y arriver est de fixer de nouveaux indicateurs de performance au plus haut niveau de l’entreprise. Le revenu et la marge dégagée ne doivent plus être les seuls objectifs d’une entreprise qui cherche à se transformer. Par conséquent, il est capital pour les directions d’aujourd’hui de mesurer et suivre la « capacité apprenante de l’entreprise ». La vraie disruption des années à venir n’est donc pas à attendre des acteurs technologiques mais plutôt de la direction des entreprises elle-même qui devra placer au cœur de sa stratégie la composante formation. C’est ce que l’on peut appeler une entreprise « learning-centric ».

Le digital learning intégré

Pour accompagner ce changement, on peut aussi imaginer que la place des outils dédiés au digital learning doit être modifiée.

En effet, si l’on veut faire de son entreprise une entreprise apprenante, la formation doit être partout. C’est loin d’être le cas aujourd’hui car elle encore est très fléchée et très compartimentée. J’entends souvent : « Vous voulez faire du présentiel alors allez sur cet outil. », « Vous voulez faire du digital alors allez sur tel LMS. », « Vous voulez accéder à la base de connaissances, alors cliquez sur cet outil de gestion documentaire. », etc. Chaque éditeur cherche à grignoter des parts de marché en recouvrant un peu plus le périmètre fonctionnel d’outils connexes. A ce petit jeu, il est fort à parier que tous perdront au profit de nos outils du quotidien : Microsoft et Google en tête. Ceci ne veut pas dire que ces sociétés ou leurs technologies vont disparaître, mais que leurs interfaces vont être amenées à devenir invisibles. Le salarié de l’entreprise apprenante de demain fera tout dans son Microsoft Teams ou son Slack, y compris suivre ses modules e-learning, échanger de façon collaborative ou effectuer le suivi de ses formations présentielles, même si en arrière-plan, les services formations continueront d’utiliser tel ou tel LMS.

La consommation du savoir VS les processus de digitalisation

Intégrer la formation comme pilier stratégique et proposer des formations distillées dans les outils de productivité de ses salariés : telle pourrait être la bonne trajectoire des années à venir pour un chef d’entreprise. C’est sans compter sur les acteurs de la formation d’aujourd’hui. Leurs places et leurs rôles seront de plus en plus stratégiques et leurs regards doivent évoluer. Aujourd’hui, les principaux enjeux des services formation, et donc des formateurs, se trouvent autour de la digitalisation : transformer des parcours présentiels en parcours blended learning, produire des ressources digitales, intégrer de l’interactivité dans le présentiel, mettre en place de la classe virtuelle, etc. Mais à quoi sert réellement cette digitalisation ?

Si l’on voulait faire une analogie, on pourrait dire que les services formation ont réussi à construire des formules 1 avec de belles carrosseries (l’expérience utilisateur au sein des LMS) et des moteurs plus ou moins puissants (les contenus digitaux intégrés au sein des LMS) mais ils ont, au mieux, oublié d’apprendre à piloter, et plus souvent, oublié qu’il fallait un pilote.

Pour réussir à porter la formation dans une nouvelle dynamique qui influence directement le cœur de la performance de l’entreprise, il faut nécessairement que les services formation intègrent le rôle de « Learning Success Manager » comme une composante clé. Selon la taille des services formation, une ou plusieurs personnes devront être consacrées à cette mission : optimiser l’usage et l’engagement des salariés dans leurs formations. A environnement contraint (LMS X ou Y, qualité et nombre de ressources digitales limités), le « Learning Success Manager » a pour mission de maximiser l’usage et donc, de fait, d’optimiser le retour sur investissement de la formation et ainsi favoriser la dimension apprenante de l’entreprise. Le « Learning Success Manager » devient ainsi le pilote de notre entreprise « learning-centric ».

  

 

 

        

Mots-clés: FORMATiON, APPRENTISSAGE, COMPETENCES

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