Former ou Déformer ?

Nouveaux formats, nouvelles technologies : les bénéfices pour l’apprentissage vus par les sciences cognitives

Nouveaux formats, nouvelles technologies : les bénéfices pour l’apprentissage vus par les sciences cognitives

Marie Lacroix

Aujourd’hui la formation connaît un profond renouvellement dans les outils et formats qu’elle propose. Le présentiel tend à devenir plus collaboratif et interactif, favorisant non seulement l’échange avec le formateur mais aussi de pair à pair, et mettant à profit les formats distanciels pour délivrer du contenu en amont et mettre les apprenants en action (classe inversée). Le distanciel, compatible avec plusieurs médias (smartphone, ordinateur,..), revêt des formats variés tels le e-learning, les vidéos interactives, les micro-learning ou encore les jeux sérieux. Et certains parcours intègrent même des formats comme la simulation 3D, la réalité virtuelle (VR) ou la réalité augmentée (AR). Mais qu’en dit notre cerveau ? Sur quels ressorts de la mémorisation ces " nouveaux " formats agissent-ils ?

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La formation au diapason de la situation de travail

La formation au diapason de la situation de travail

La formation est aujourd’hui plus que jamais un sujet stratégique pour l’ensemble des acteurs économiques. Permettre aux collaborateurs de monter en compétences sur leur poste de travail et créer ce lien direct entre formation et amélioration de la pratique professionnelle est un vrai challenge.

Ce rapprochement implique une ingénierie de formation complexe : un timing adapté, une personnalisation de la formation, une adéquation des rythmes de travail et d’apprentissage et des modalités d’apprentissage tournées vers le "faire” et l’analyse du "faire”. Le Blended Learning, désormais popularisé, est une première approche en ce sens. Maintenant, comment aller plus loin ? La modalité de l’AFEST constitue une approche intéressante, entre autres.

Le blended learning pour mieux s’adapter aux besoins d’apprentissage

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Pour s’adapter aux transformations de la société et aux nouvelles générations d’apprenants, la formation de demain sera phygitale

Pour s’adapter aux transformations de la société et aux nouvelles générations d’apprenants, la formation de demain sera phygitale

Former les étudiants d’aujourd’hui, c’est les préparer à évoluer, travailler et diriger dans une société transformée en profondeur par le numérique, un monde confronté également à des mutations profondes et globales. Cette nouvelle génération d’étudiants, d’apprenants de demain ne se formera plus selon des modes d’enseignement qui pour certains n’ont guère évolué, vraiment évolué, depuis les premières universités nées au moyen-âge. En repensant les liens entre pédagogie, technologie et espace, les interactions entre apprenants et la place de l’enseignant, la formation évolue elle aussi pour devenir phygitale.

Un contexte de transformation de la société profond et rapide

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IA, RH et formation : quels enjeux, quel impact ?

IA, RH et formation : quels enjeux, quel impact ?

Dans un océan de peurs et de fantasmes sur l’Intelligence Artificielle (IA), le monde des RH et de la formation doit se poser les bonnes questions pour envisager son avenir en connaissance de cause. De quoi parle-t-on vraiment ? Qu’est-ce que l’IA peut apporter aux recruteurs et aux formateurs ? Que remet-elle en question au quotidien ? Et l’apprenant, dans tout ça, est-ce qu’il apprend mieux ? 

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Pourquoi réactiver le Blended Learning dans une société digitalisée ?

Pourquoi réactiver le Blended Learning dans une société digitalisée ? ou la prise en compte de la dimension sectorielle

L’apprentissage au sens propre du terme ne cesse d’évoluer depuis la nuit des temps. Notre siècle en est la preuve parfaite avec depuis une cinquantaine d’années des moments assez disruptifs avec l’arrivée dans les années 90 du e-learning, puis vers les années 2010 du Social Learning sous différentes formes. Mais n’oublions pas qu’au-delà des modalités, des fonctionnalités qu’offre la technologie, ce sont également les apprenants qui ont changé. Ils veulent comme vous et moi tout, tout de suite, avec un alignement au besoin au plus près, où ils veulent et sur tout support (ATAWADAC).

Mais on oublie que l’apprentissage n’a de sens que s’il est efficace, c’est-à-dire capable de transformer des savoirs, des connaissances en attitude, en action concrète. Qui dit concret, dit action en situation. Le digital possède certes des avantages liés à sa mobilité, son accessibilité ou encore sa praticité mais l’apprentissage sera complet que lorsque l’apprenant aura pu tester, ressentir et visualiser ses erreurs. L’e-learning apporte l’instantanéité mais le présentiel confronte la théorie et les notions que l’apprenti pense maîtriser. Pourquoi faudrait-il choisir l’un ou l’autre ?

D’ailleurs, certains corps de métier ou secteurs sont dans l’obligation d’y parvenir comme dans le monde de l’aéronautique, spatial ou nucléaire. Difficile d’imaginer en effet, un pilote d’avion qui n’apprend que la théorie pour se mettre au commande d’un avion de ligne. Idem pour la navigation ; elle n’y échappe pas.

Éric Tabarly disait : « Dans bien des professions, on peut faire illusion. En bateau, on sait ou on ne sait pas »

Et c’est là où le Blended learning, ou mix-learning, alliant tous les champs du possible en termes d’ingénierie formation, entre en jeu. Partons de l’exemple du nautisme pour appuyer nos propos. Il implique différentes contraintes. La prise en main de l’outil doit être rapide et simple. La partie e-learning permet à l’apprenant de se projeter en amont de sa formation sur le bateau. Il doit pouvoir accéder facilement à son support lors de l’apprentissage des manoeuvres en conditions réelles. Le nautisme est l’image même de la mobilité. Nous pensons de suite à ces voyages en mer sans connexion. Le stagiaire ne doit pas avoir à se soucier de l’accès aux données mais au contraire elles doivent être disponibles en tout temps en mode déconnecté. En outre, qui de mieux que nos pairs pour nous apprendre les astuces du métier, les pièges à éviter ou encore nous rappeler pourquoi nous avons choisi de nous former à ce domaine. Cet exemple nous montre l’importance du contexte et l’impossibilité de généraliser un modèle de formation à tous les secteurs. Chacun implique des obligations différentes à prendre en compte : celui de l’assurance et la Directive sur la Distribution d’Assurances DDA, le secteur bancaire et le renforcement indispensable de la sécurité, ou encore la restauration rapide et les contraintes de l’entreprise étendue.

Intéressons-nous à cette boutique franchisée d’une pizzeria. La marque doit s’assurer que la qualité de ses produits est la même partout où elle est représentée. Elle utilise la formation présentielle pour transmettre les bons gestes et le suivi des recettes via des formateurs qualifiés. En parallèle, elle assure un suivi de cette transmission et une homogénéité en donnant l’accès à des vidéos tutoriels sur sa plateforme e-learning. Le digital lui permet également de motiver ses stagiaires en lançant des défis entre les boutiques franchisées ; celle ayant le meilleur score cumulé au quiz remporte le challenge ! Certains contextes ne peuvent se passer du Blended Learning qui se doit d’être au plus proche des besoins et objectifs de l’apprenant, du formateur et de l’administrateur. 

Le Blended Learning est si puissant que l’on est capable de préparer des hommes à marcher sur la lune. Il paraît alors évident que les professionnels de la formation ne peuvent pas occulter ce principe. L’idée est de faire de chaque moment d’apprentissage un moment engageant et ceci de la théorie, à la mise en pratique en situation réelle ou simulée, pour enfin appliquer en toute autonomie et être finalement en capacité d’améliorer ces compétences pour les transmettre aux futures générations.

La technologie et l’ensemble de ces domaines d’application ne sont alors que des moyens. Bien entendu, leurs capacités d’adaptation aux objectifs à atteindre en termes d’acquisition de compétences sont essentielles, mais restent secondaires quant au dispositif en lui-même.

Donc si certains contextes nécessitent de mixer les moments d’apprentissage, il reste à en définir leurs ingénieries pédagogiques, avec les experts, les formateurs. 

Par exemple, avoir une plateforme de ressources théoriques accessibles avant, pendant et après les mises en pratique tout en ayant des informations (data) permettront de personnaliser l’accès à un apprenant, de suivre et alimenter son engagement. Avoir un accompagnement sur le terrain tenant compte de ces principes et où le collectif joue un rôle important dans la réussite avec un formateur conscient et compétent sur ces sujets. Avoir dans la mise en application, un suivi par les pairs, une communauté d’experts renforcés par des supports et ressources adaptés pour ce « moment ». Etc.

Parmi les acteurs essentiels à la bonne mise en place du Blended Learning, nous trouvons le formateur. Nous lui donnons trois facettes qui peuvent être adoptées ou non par le même expert. Le pédagogue, créateur de formation articule et clarifie les concepts via des supports adaptés : classe virtuelle, présentation interactive, vidéo explicative ou encore un PDF bien construit. Le praticien anime la formation. Il est présent pour transmettre son savoir et échanger en direct avec les apprenants. Et enfin, le coach ou tuteur accompagne l’action de formation. Il opère un ancrage des compétences dans le temps, s’assure de la bonne compréhension des notions. Il réalise un suivi de la formation.

Ces trois facettes sont dédiées à chaque “moment” du Blended Learning, avant, pendant et après la formation. Cette association en assure son succès et s’ajoute, comme nous le disions précédemment, à la combinaison gagnante des ingénieries pédagogiques.

Renforcer l’efficience des investissements formation n’est donc pas seulement qu’une question de budget, ou de conviction de « Digitaliser » à tout va. C’est avant tout du bon sens, centré sur l’apprenant (sans oublier les autres acteurs) et les objectifs personnels qu’il poursuit.

  

 

 

        

Mots-clés: FORMATiON, APPRENTISSAGE, COMPETENCES

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