Former ou Déformer ?

Conception : fermons nos usines à gaz !

Conception : fermons nos usines à gaz !

Son Thierry Ly

Lorsque l’on doit concevoir un module de formation digitale, la lourdeur de la gestion de projet prend parfois le pas sur la réflexion pédagogique, qui est pourtant la clé de l’engagement et de la montée en compétence des apprenants. Dans cet article, Son LY, chercheur et CEO de la startup Didask, donne trois conseils aux équipes RH/Formation pour gagner en efficacité et en agilité dans les projets de conception e-learning : réduire la quantité de contenus à créer, être plus méthodique dans la phase de design pédagogique, utiliser des outils moins techniques.

Lire la suite

Comment l’Intelligence artificielle et le digital ont repoussé les limites de la formation...

Comment l’Intelligence artificielle et le digital ont repoussé les limites de la formation...

Sur un marché du travail toujours plus concurrentiel, force est de constater que la majorité des entreprises cherchent à améliorer leur qualité de service. Dans ce contexte, la notion de formation des collaborateurs est incontestablement un sujet central qui amène les entreprises à rechercher des moyens toujours plus performants de faire monter en compétence leurs équipes et notamment leurs forces commerciales qui se positionnent en première ligne vis-à-vis des clients. Ce constat est d’autant plus pertinent dans des secteurs en tension ou dans des métiers où l’innovation amène les collaborateurs à intégrer en continu des données complexes pour bien informer les clients.

Lire la suite

Intelligence artificielle & développement des compétences : vers une " organisation apprenante augmentée " ?

Intelligence artificielle & développement des compétences : vers une " organisation apprenante augmentée " ?

Lors d’une conférence au " Congrès Learning, Talent & Développement ", le philosophe Luc de Brabandère suggérait que l’enjeu du digital n’est pas tant d’améliorer le présent que de changer de "modèle mental", pour inventer des solutions de rupture. Penser la transformation avant la technologie est plus vrai encore avec l’intelligence artificielle (IA), si nous voulons éviter la malicieuse tentation de " faire ce qui est possible ", et l’utiliser comme source de progrès social.

Lire la suite

Numérique et formation : quelles perspectives pour les praticiens ?

Numérique et formation : quelles perspectives pour les praticiens ?

Patrick Storhaye

Depuis toujours, les avancées technologiques ont contribué au développement des savoirs. Si l’outil n’est pas la « cause » de l’apprentissage, il constitue inévitablement une de ses « causes instrumentales » au sens aristotélicien. Le stylo n’est évidemment pas la cause principale du poème mais il ouvre bien un champ des possibles au poète. Or, ce champ des possibles va au-delà du choix des mots que l’esprit, l’âme ou le cœur aurait pu faire naître chez l’auteur·trice et dont le stylo n’est que « l’outil scripteur » pour reprendre un terme cher à l’éducation nationale française. Il ouvre en effet la perspective des calligrammes qu’affectionnait Guillaume Apollinaire, considéré comme à l’origine du mot, et qui lui fit dire à Pablo Picassso : « moi aussi je suis peintre ! ».

Il y a dans cette anecdote, deux remarques qui peuvent éclairer le débat sur le numérique et l’apprentissage :

Lire la suite

Pourquoi réactiver le Blended Learning dans une société digitalisée ?

Pourquoi réactiver le Blended Learning dans une société digitalisée ? ou la prise en compte de la dimension sectorielle

L’apprentissage au sens propre du terme ne cesse d’évoluer depuis la nuit des temps. Notre siècle en est la preuve parfaite avec depuis une cinquantaine d’années des moments assez disruptifs avec l’arrivée dans les années 90 du e-learning, puis vers les années 2010 du Social Learning sous différentes formes. Mais n’oublions pas qu’au-delà des modalités, des fonctionnalités qu’offre la technologie, ce sont également les apprenants qui ont changé. Ils veulent comme vous et moi tout, tout de suite, avec un alignement au besoin au plus près, où ils veulent et sur tout support (ATAWADAC).

Mais on oublie que l’apprentissage n’a de sens que s’il est efficace, c’est-à-dire capable de transformer des savoirs, des connaissances en attitude, en action concrète. Qui dit concret, dit action en situation. Le digital possède certes des avantages liés à sa mobilité, son accessibilité ou encore sa praticité mais l’apprentissage sera complet que lorsque l’apprenant aura pu tester, ressentir et visualiser ses erreurs. L’e-learning apporte l’instantanéité mais le présentiel confronte la théorie et les notions que l’apprenti pense maîtriser. Pourquoi faudrait-il choisir l’un ou l’autre ?

D’ailleurs, certains corps de métier ou secteurs sont dans l’obligation d’y parvenir comme dans le monde de l’aéronautique, spatial ou nucléaire. Difficile d’imaginer en effet, un pilote d’avion qui n’apprend que la théorie pour se mettre au commande d’un avion de ligne. Idem pour la navigation ; elle n’y échappe pas.

Éric Tabarly disait : « Dans bien des professions, on peut faire illusion. En bateau, on sait ou on ne sait pas »

Et c’est là où le Blended learning, ou mix-learning, alliant tous les champs du possible en termes d’ingénierie formation, entre en jeu. Partons de l’exemple du nautisme pour appuyer nos propos. Il implique différentes contraintes. La prise en main de l’outil doit être rapide et simple. La partie e-learning permet à l’apprenant de se projeter en amont de sa formation sur le bateau. Il doit pouvoir accéder facilement à son support lors de l’apprentissage des manoeuvres en conditions réelles. Le nautisme est l’image même de la mobilité. Nous pensons de suite à ces voyages en mer sans connexion. Le stagiaire ne doit pas avoir à se soucier de l’accès aux données mais au contraire elles doivent être disponibles en tout temps en mode déconnecté. En outre, qui de mieux que nos pairs pour nous apprendre les astuces du métier, les pièges à éviter ou encore nous rappeler pourquoi nous avons choisi de nous former à ce domaine. Cet exemple nous montre l’importance du contexte et l’impossibilité de généraliser un modèle de formation à tous les secteurs. Chacun implique des obligations différentes à prendre en compte : celui de l’assurance et la Directive sur la Distribution d’Assurances DDA, le secteur bancaire et le renforcement indispensable de la sécurité, ou encore la restauration rapide et les contraintes de l’entreprise étendue.

Intéressons-nous à cette boutique franchisée d’une pizzeria. La marque doit s’assurer que la qualité de ses produits est la même partout où elle est représentée. Elle utilise la formation présentielle pour transmettre les bons gestes et le suivi des recettes via des formateurs qualifiés. En parallèle, elle assure un suivi de cette transmission et une homogénéité en donnant l’accès à des vidéos tutoriels sur sa plateforme e-learning. Le digital lui permet également de motiver ses stagiaires en lançant des défis entre les boutiques franchisées ; celle ayant le meilleur score cumulé au quiz remporte le challenge ! Certains contextes ne peuvent se passer du Blended Learning qui se doit d’être au plus proche des besoins et objectifs de l’apprenant, du formateur et de l’administrateur. 

Le Blended Learning est si puissant que l’on est capable de préparer des hommes à marcher sur la lune. Il paraît alors évident que les professionnels de la formation ne peuvent pas occulter ce principe. L’idée est de faire de chaque moment d’apprentissage un moment engageant et ceci de la théorie, à la mise en pratique en situation réelle ou simulée, pour enfin appliquer en toute autonomie et être finalement en capacité d’améliorer ces compétences pour les transmettre aux futures générations.

La technologie et l’ensemble de ces domaines d’application ne sont alors que des moyens. Bien entendu, leurs capacités d’adaptation aux objectifs à atteindre en termes d’acquisition de compétences sont essentielles, mais restent secondaires quant au dispositif en lui-même.

Donc si certains contextes nécessitent de mixer les moments d’apprentissage, il reste à en définir leurs ingénieries pédagogiques, avec les experts, les formateurs. 

Par exemple, avoir une plateforme de ressources théoriques accessibles avant, pendant et après les mises en pratique tout en ayant des informations (data) permettront de personnaliser l’accès à un apprenant, de suivre et alimenter son engagement. Avoir un accompagnement sur le terrain tenant compte de ces principes et où le collectif joue un rôle important dans la réussite avec un formateur conscient et compétent sur ces sujets. Avoir dans la mise en application, un suivi par les pairs, une communauté d’experts renforcés par des supports et ressources adaptés pour ce « moment ». Etc.

Parmi les acteurs essentiels à la bonne mise en place du Blended Learning, nous trouvons le formateur. Nous lui donnons trois facettes qui peuvent être adoptées ou non par le même expert. Le pédagogue, créateur de formation articule et clarifie les concepts via des supports adaptés : classe virtuelle, présentation interactive, vidéo explicative ou encore un PDF bien construit. Le praticien anime la formation. Il est présent pour transmettre son savoir et échanger en direct avec les apprenants. Et enfin, le coach ou tuteur accompagne l’action de formation. Il opère un ancrage des compétences dans le temps, s’assure de la bonne compréhension des notions. Il réalise un suivi de la formation.

Ces trois facettes sont dédiées à chaque “moment” du Blended Learning, avant, pendant et après la formation. Cette association en assure son succès et s’ajoute, comme nous le disions précédemment, à la combinaison gagnante des ingénieries pédagogiques.

Renforcer l’efficience des investissements formation n’est donc pas seulement qu’une question de budget, ou de conviction de « Digitaliser » à tout va. C’est avant tout du bon sens, centré sur l’apprenant (sans oublier les autres acteurs) et les objectifs personnels qu’il poursuit.

  

 

 

        

Mots-clés: FORMATiON, APPRENTISSAGE, COMPETENCES

Les articles relatifs à la formation