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Former ou Déformer ?

L'IA au service de l'éducation ...

L'IA au service de l'éducation ...

L’émergence de l’Intelligence Artificielle modifie profondément les compétences exigées par les entreprises. Les business school doivent adapter le contenu des enseignements et la manière même d’enseigner. Eclairage avec Renaud Champion, Directeur des Nouvelles Intelligences et de l’Institut AIM (Artificial Intelligence in Management) emlyon business school.

L’IA au service des nouveaux besoins des individus
et des entreprises

Réinventer l’éducation par l’Intelligence Artificielle (IA) n’est pas une idée neuve : sans remonter très loin, un blog américain spécialisé sur l’enseignement supérieur listait déjà en 2012 les 10 révolutions éducatives induites par l’IA. Sauf que la personnalisation de l’enseignement et l’automatisation de la notation étaient encore de l’ordre de la prospective.

Il est temps de penser au présent, alors que le machine learning, l’analyse de données ou les assistants virtuels font leur apparition concrète dans les processus pédagogiques. Aux Etats-Unis, le professeur Ashok Goel a développé un assistant virtuel capable de répondre aux questions des étudiants. Son nom : Jill Watson (élémentaire, ou presque !). emlyon business school développe de son côté, dans le cadre d’un partenariat mondial signé avec IBM en janvier 2018, un assistant d’employabilité, fondé sur le Big Data : un futur « GPS des compétences », une plateforme pour anticiper les tendances en matière d’emplois et proposer de nouveaux modèles de formations et d’accompagnements.

On pourrait multiplier les exemples. Ce qui est sûr, c’est que l’IA a déjà trois conséquences : elle modifie à moyen terme les compétences exigées par les entreprises. Elle modifie le contenu des enseignements. Elle bouleverse de plus en plus la manière même d’enseigner. 

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Un acteur au cœur de la digitalisation de la formation et des nouvelles compétences

Un acteur au cœur de la digitalisation de la formation et des nouvelles compétences

En bouleversant l’économie, la transformation numé-rique exige de fortes capacités d’adaptation et d’agilité, de la part des entreprises, et même des organismes de formation. Face à ces changements, la formation fournit une partie de la réponse en favorisant l’évolu-tion des compétences et des pratiques. Olivier Gauvin, Directeur Pôle Innovation Sourcing-Emploi-Formation chez Opcalia nous éclaire sur le rôle d’Opcalia dans l’accompagnement de la digitalisation.

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Neurosciences et sciences de l’éducation au service de l’innovation en formation des adultes

Neurosciences et sciences de l’éducation au service de l’innovation en formation des adultes

Neurosciences et sciences de l’éducation au service de l’innovation en formation des adultes, le cas de l’IFCAM, Université du Groupe Crédit Agricole. 

Apprendre ! Les talents du cerveau, le défi des machines de Stanislas Dehaene ; Apprendre au XXIe siècle de François Taddei; La Riposte, Ecole alternative, Neurosciences, Bonne vielles méthodes, Pour en finir avec le miroir aux alouettes de Philippe Meirieu, trois sorties littéraires de la rentrée qui montrent que pédagogie et neurosciences sont aujourd’hui au cœur des débats sur l’apprentissage et l’éducation.  

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emlyon business school : L’innovation managériale : une nécessité pour les entreprises ?

emlyon business school : L’innovation managériale : une nécessité pour les entreprises ?

Un environnement économique et technologique en hyper mutation, des clients et salariés toujours plus exigeants ainsi qu’une concurrence exacerbée boule-versent le fonctionnement des entreprises. Pour main-tenir leur performance, elles doivent se différencier de leurs concurrents via des offres à haute valeur ajoutée, s’adapter et anticiper les évolutions du marché́ puis attirer et fidéliser les talents en phase avec leurs valeurs. Des défi s qui trouvent généralement leur solution dans la capacité d’innovation. Si le pari technologique semble être souvent la réponse à tous les problèmes, rares sont les leaders qui misent aussi sur l’innovation managériale, alors que c’est le véritable accélérateur d’engagement et d’intelligence collective. C’est en effet là que l’investissement et l’énergie devraient se concentrer, car la créa-tion d’une culture managériale est unique et génère de la valeur pour toute l’entreprise. Eclairage avec Thierry Nadisic.

 

A quels enjeux répond l’innovation managériale ?

L’innovation managériale doit surtout permettre de s’adapter aux incertitudes, aux bouleversements technologiques et à la concurrence. C’est une clé de la performance : le XXIème siècle est marqué par une rupture au sein des entreprises qui rendent certaines pratiques managériales (contrôle, reporting, management directif…) inefficaces voire contre-productives. L’avantage concurrentiel repose sur la capacité́ à inventer de nouvelles manières de faire fonctionner l’intelligence collective afi n de générer des idées, s’inscrire dans l’amélioration permanente ou imaginer de nouveaux produits et services… L’innovation managériale est le moteur d’une culture d’entre-prise créatrice de valeur fondée sur l’ouverture, la confiance et la prise d’initiative.
Pourquoi les entreprises aujourd’hui doivent-elles réinventer leurs pratiques managériales ?
En premier lieu, pour rester en phase avec des attentes salariales inédites : les Millennials, 50% de la population active en 2020, sont imprégnés de culture numérique. Ils privilégient le travail en mode projet et les organisations « désilotées », avec une forte appétence pour le travail collaboratif et autonome. 65% d’entre eux estiment que les méthodes de travail traditionnelles (descendantes, pyramidales, rigides…) les empêchent de développer tout leur potentiel¹. Ils rejettent le « micro management » et ne valorisent plus l’expertise du manager mais son savoir-être. Les compétences managériales indispensables² ? L’écoute (54%), le leadership (21%), l’empathie (11%) et l’humanité (11%). Une réponse à la révolution digitale : pour s’accorder aux cycles plus courts et itératifs de l’économie numérique, l’émergence de pratiques plus flexibles, agiles et créatives s’avère indispensable. De nouveaux modes de travail apparaissent donc au sein des entreprises, généralement inspirés par les pratiques des start-up : lean management, design thinking, méthode agile ou Kanban... Ces pratiques viennent renouveler le management et dépoussièrent les procédures internes.


Comment accompagnez-vous les entreprises à transformer leurs pratiques à emlyon business school ?
Pour répondre à tous ces enjeux, emlyon business school propose des programmes de formation sur-mesure destinés aux entreprises, pour accompagner concrètement les managers dans l’appropriation de nouvelles postures, valeurs et comportements. Les programmes se fondent sur différents piliers de l’innovation managériale : l’expérimentation pour encourager l’initiative, l’agilité́ afin de développer la souplesse et l’adaptation organisationnelle, la collaboration pour mobiliser l’intelligence collective, la responsabilisation et l’autonomie pour rendre chacun acteur de son développement ou encore la confiance et la transparence pour libérer les idées.


Quelle approche pédagogique développez-vous dans ces formations sur-mesure ?
Une approche agile et multimodale : le cursus s’étale au moins sur un an. Le temps nécessaire pour garantir une diffusion fluide de cette nouvelle culture au sein de l’organisation. Les managers ont à travailler plusieurs axes en parallèle : des séries de webinars, de vidéos, de cas pratiques en immersion, de cours présentiels, de projets terrain avec l’accompagnement de coachs dans des groupes de pairs solidaires, lieux de confiance et de progrès mutuel. Des outils pédagogiques pour favoriser « le développement du pouvoir d’agir » ou de « l’empouvoirement ». Les managers se voient doter des meilleurs outils pour apprendre à déléguer en toute sérénité, faire participer leurs collaborateurs, mieux coordonner leur travail et répartir le pouvoir de décision. En s’appuyant sur des méthodes de coaching individuel et collectif, comme par exemple les « processus délégués » initiés par le coach systémique Alain Cardon, les anciennes pratiques se libèrent, chacun peut participer aux processus de décisions, retrouver du sens à son travail et retrouver la motivation temporairement perdue. Tout ceci passe par l’expérimentation : mise en situation d’un comité de direction en co-responsabilité ou utilisation du questionnement pour générer des idées et développer l’écoute de ses équipes.
Avez-vous un exemple concret de programme développé pour une entreprise ?
emlyon a co-créé depuis octobre 2017 un programme d’innovation managériale pour répondre aux enjeux de la branche française d’Atos : aider les managers à mieux répondre aux nouveaux enjeux de leurs clients et développer un esprit collaboratif. Pour cela, pendant un an, 400 managers volontaires ont suivi le programme « Atos Excellence Program ».
Ce dispositif transmet des pratiques de leadership innovantes comme l’utilisation de son « intelligence émotionnelle », « des neurosciences», ou encore
« d’un mode de coaching positif de son équipe ».
Pour co-construire ce programme de leadership avec Atos, j’ai sélectionné, en tant que responsable pédagogique du programme, des intervenants de qualité avec trois expertises phares : capacité pédagogique à former, expertise pointue dans un domaine et compétence de coach. Après un kick-off de lancement du programme sur le campus parisien emlyon business school, les participants suivent une dizaine de journées de cours présentiels, complétées et approfondies par toute une série de dispositifs de renforcement par exemple des modules en ligne (lectures, capsules vidéo…). C’est avant tout une expérience collaborative orientée terrain : pour favoriser l’inclusion, la proximité et l’intrapreneurship, chaque promotion est divisée en « groupes de pairs » réunis autour d’un projet commun, par exemple « comment utiliser le fun au travail pour engager les équipes ». Les groupes travaillent en immersion sur leur projet et sont suivis régulièrement par un coach. À l’issue du programme, ils présentent leur initiative devant un jury pour valider la certification finale : un vrai levier pour « maintenir en tension » et développer l’employabilité des collaborateurs.

¹ Environnement de travail dans lequel la hiérarchie est au centre. Les méthodes traditionnelles sont caractérisées par leur formalisme : Étude PWC, «The future of work to 2030», 2017
² Une enquête de la Cegos (2017)

Bio express :Thierry Nadisic est chercheur à emlyon business school, docteur en comportement organisationnel et professeur agrégé. Conférencier, formateur et consul-tant, il accompagne le développement de personnes, groupes et organisations pour développer la coopération et le leadership. Il est l’auteur du livre « Le management juste » aux éditions UGA et du livre « S’épanouir sans gourou ni expert, le meilleur coach, c’est vous !».

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Neurosciences et sciences de l’éducation au service de l’innovation en formation des adultes

Neurosciences et sciences de l’éducation au service de l’innovation en formation des adultes, le cas de l’IFCAM, Université du Groupe Crédit Agricole. 

Apprendre ! Les talents du cerveau, le défi des machines de Stanislas Dehaene ; Apprendre au XXIe siècle de François Taddei; La Riposte, Ecole alternative, Neurosciences, Bonne vielles méthodes, Pour en finir avec le miroir aux alouettes de Philippe Meirieu, trois sorties littéraires de la rentrée qui montrent que pédagogie et neurosciences sont aujourd’hui au cœur des débats sur l’apprentissage et l’éducation.  

En formation d’adultes, l’avancée des recherches en sciences cognitives et en sciences de l’éducation permet de sortir des neuro-mythes et d’être au plus près des spécificités de l’apprentissage tout au long de la vie : singulier, contextualisé et pouvant être développé grâce à la formation. En quoi aujourd’hui les neurosciences et les sciences de l’éducation peuvent-elles éclairer les pratiques pédagogiques en formation d’adultes ? 

Dans cet article nous proposons de situer les neurosciences dans le champ des sciences cognitives, d’en présenter les enjeux et la portée pour la formation en lien avec les sciences de l’éducation, et d’étudier dans quelle mesure elles sont facteurs d’innovation, à travers l’exemple de pratiques mises en œuvre à l’IFCAM, Université du groupe Crédit Agricole. 

Les neurosciences dans les champs des sciences cognitives

Les sciences cognitives, intimement liées à la technologie, sont nées au milieu du XXe siècle, avec la cybernétique et l’intelligence artificielle. Elles regroupent cinq disciplines fondatrices : l’intelligence artificielle, la linguistique, l’épistémologie, la psychologie cognitive et les neurosciences. Francisco Varela, neurobiologiste, dans son ouvrage Invitation aux Sciences Cognitives  les nomme ainsi « les sciences et les technologies de la cognition ». 

Daniel Andler, mathématicien et philosophe, en propose quant à lui la définition suivante : « Les sciences cognitives ont pour objet de décrire, d'expliquer et le cas échéant de simuler voire d'amplifier les principales dispositions et capacités de l'esprit humain – langage, raisonnement, perception, coordination motrice, planification, décision, émotion, conscience, culture... ». L’hexagone des sciences cognitives s’élargi, regroupant les sciences sociales, la linguistique, la philosophie, la psychologie, les neurosciences et les sciences de la modélisation.

Les neurosciences, qui relèvent des sciences de la vie, s’intéressent en particulier aux dimensions biologiques et physiologiques de la cognition. Elles étudient le système nerveux, les neurones et le cerveau (organe et structure), leur fonctionnement et leur dysfonctionnement. 

Le sujet pensant semble y être objectivé et analysé par le biais de son cerveau, indépendamment de son contexte de développement, de son histoire et de son apprentissage tout au long de la vie. Ce prisme, selon Bruno Falissard, pédopsychiatre, « écarte ainsi de fait tout ce qui constitue le vécu, l’expérience même de la pensée. Dire que le sujet « fonctionne comme cela » n’est pas suffisant pour donner du sens à ce que ce même sujet « est en train de vivre à l’intérieur de lui-même » ». 

Les neurosciences et les sciences de l’éducation

Les sciences de l’éducation, sont nées à la fin du XIXe siècle. On parlait alors de la science de l’éducation. C’est une discipline universitaire en France depuis 1967. Comme les sciences cognitives, elles sont pluridisciplinaires. Elles regroupent la sociologie, la psychologie, la didactique, la politique ou encore l'histoire. Dans le champ de la formation, elles ont ainsi parmi leurs objets, l’apprentissage et le développement professionnel des adultes. 

On comprend combien la prise en compte des résultats des travaux de recherche sur la mémoire ou l’attention issus des neurosciences peuvent compléter ceux sur la motivation en psychologie (discipline commune aux sciences de l’éducation et aux sciences cognitives) et sur l’apprentissage tout au long de la vie. La mobilisation des neurosciences dans le champ de la formation permet de comprendre les fonctionnements biologiques de la cognition humaine, les besoins physiologiques liés à l’apprentissage, les leviers de la mémoire et de l’attention. 

Les sciences de l’éducation, proposent d’étudier les dispositifs, les parcours et les usages dans des contextes et des situations spécifiques. Cela favorise selon nous la production de connaissances pour une meilleure articulation des dispositions des apprenants avec les dispositifs d’apprentissage et l’accompagnement au développement professionnel. 

La question de l’efficience et de l’efficacité des apprentissages et celle du développement professionnel se posent, au regard des trois échelles d’observation proposées par Dominique Desjeux : au niveau micro du ou des sujets, de leur cognition et de leurs usages, au niveau meso des dispositifs, des technologies et des organisations, et au niveau macro, du cadre institutionnel, du contexte politique voire des tendances de société. 

Les neurosciences nous renseignent plutôt sur la modélisation des fonctions et des structures cérébrales, au niveau micro. Les sciences de l’éducation observent à la fois les différents niveaux et aussi comment ils s’articulent. 

La prise en compte de ces trois échelles, permet ainsi de penser le sujet dans une dimension temporelle, dans des collectifs, des projets et des organisations spécifiques, d’utiliser les technologies les plus efficientes, de concevoir et de produire des dispositifs pédagogiques en lien avec les usages et qui ont vocation à être adaptés au fonctionnement cognitif et affectif des individus.

Comment ces avancées scientifiques sont-elles prises en compte dans les projets conduits à l’IFCAM ?

Depuis plus de 40 ans, l’IFCAM a développé une approche nourrie par les résultats de la recherche scientifique, les innovations technologiques et les expérimentations pédagogiques.

En 2018, l’IFCAM crée une direction de l’Expérience Apprenant. Cette direction réunit quatre pôles un Lab Prospective Formation, l’Ecole des Nouveaux Métiers de la Banque, les Services Campus et la Communication et Expérience Apprenant. 

Cette direction s’inscrit dans une démarche tripartite : 

  • Axe 1 : S’appuyer sur les résultats connus de la recherche scientifique et une veille sur les technologies.
  • Axe 2 : Mettre en œuvre une démarche d’expérimentation pour l’élaboration des dispositifs : observation/ enquête, expérimentation, évaluation, adaptation
  • Axe 3 : Développer une approche « UX » en faisant participer directement (co-design, tests utilisateurs) ou indirectement (enquête amont et aval) les apprenants aux projets et au design des dispositifs. 

Les objectifs de cette démarche sont : d’améliorer en permanence les dispositifs ; de communiquer efficacement avec les clients, les adhérents, les partenaires (Edtechs), les intervenants pédagogiques…; de fidéliser et d’accompagner les apprenants et les intervenants ; de passer d’université de référence à une université de préférence ; de préparer le futur, le développement d’offres en lien avec les nouveaux usages ; de développer un positionnement de place notamment par rapport aux Edtechs ; …

Ces trois axes sont mis en œuvre individuellement et/ou de façon intégrée (articulation des trois), selon les projets. La Direction Expérience Apprenant travaille ainsi en collaboration et en coopération avec les autres directions de l’IFCAM, les apprenants et les clients. 

Premier exemple d’application : l’ingénierie et la production d’un dispositif d’évaluation : 

L’IFCAM propose aujourd’hui à ses clients (clients et adhérents) un dispositif d’évaluation diagnostique afin d’individualiser les parcours de formation : Scan Up. 

Ce dispositif a été co-élaboré en mobilisant la littérature scientifique sur la « docimologie », ce qui a permis de proposer un accompagnement à la méthodologie d’élaboration des quiz (formation, ateliers, guides méthodologiques), en réduisant notamment les effets de hasard ou de biais (axe 1), et dans une démarche de test des quiz auprès de futurs utilisateurs (axe 3). En parallèle des expérimentations ont été réalisées (axe 2), en amont des déploiements. 

Seconde mise en œuvre des trois axes, les expositions apprenantes

La Direction organise ainsi sur les campus des Expositions apprenantes destinées à sensibiliser sur des thématiques d’actualité et qui incluent une dimension expérientielle. 

Une exposition sur « l’apprentissage et la Réalité Virtuelle» a permis de tester des activités collaboratives, de s’immerger dans des univers inaccessibles, … «Vortex 40 ans d’innovation» exposition en cours propose une rétrospective et une prospective sur l’histoire de l’IFCAM en parallèle avec celle des technologies. 

« Apprendre, le cerveau livre ses secrets», exposition permanente sur les campus Silvae et la Boetie, permet de s’informer sur le fonctionnement de la mémoire, de l’attention, d’expérimenter les effets de la surcharge cognitive et propose des « cognitips » (trucs et astuces pour mieux apprendre) aux apprenants et aux formateurs. Actuellement les collaborateurs du groupe sont aussi invités à venir découvrir le monde des robots et de l’intelligence artificielle dans le cadre d’une nouvelle exposition.

Ce dispositif d’exposition apprenantes nourrit aussi les projets IFCAM et réciproquement : 

Vortex propose des démonstrations, comme la toute dernière formation en vidéo interactive sur le risque terroriste ; des guides pédagogiques ont été élaborés à partir de l’exposition sur le cerveau, complétée par des recherches sur la prise de note et la mémoire, pour mieux accompagner les formateurs et les apprenants. 

L’IFCAM développe aussi des projets utilisant le big data et l’IA et notamment l’adaptive learning.

Des principes pédagogiques qui illustrent et opérationnalisent les résultats de la recherche scientifique :

Dans le cadre de l’ouverture de son nouveau Campus à Silvae et de la modernisation du campus de la Boétie, les principes pédagogiques de l’IFCAM continuent à être affinés et précisés au regard des nouvelles ressources physiques et numériques proposées aux apprenants et aux formateurs.

Principe

Principe pédagogique en cours de formalisation

Principaux concepts et notions sous-jacents

Exemples de possibles mises en œuvre

Principe n°1

Sur le Campus de l’Université du Crédit Agricole, l’apprenant sera acteur de son parcours individualisé.

 

Projet pédagogique, motivation, agentivité, mémorisation

A la fin de la journée,  chacun devra être capable de présenter une synthèse de ses apprentissages en 3 mn

Cette présentation (individuelle ou collective) pourrait prendre plusieurs formes : une vidéo, une page de journal, un dessin, un sketch note,… Cette présentation sera nourrie tout au long de la journée, lors de moments de capitalisation / prise de recul.

Les espaces Fablab, studio vidéo,… seront accessibles.

 

Principe n°2

Sur le Campus IFCAM, l’accompagnement sera personnalisé et l’accès à des ressources sera facilité

Individualisation

Apprentissage par l’expérience, Environnement capacitant

L’espace libre service du Grand Hall ou la bibliothèque du Foyer seront utilisés pour accéder à des ressources en ligne. Tout au long de la journée, les apprenants seront incités à trouver l’information par eux-mêmes,  et à la partager : via les intranets du groupe, via leurs contacts, … ils seront aussi incités à se déplacer pour aller chercher l’information. Ils alimenteront en mode wiki les réponses aux questions identifiées en début de séminaire.

 

Principe n°3

Sur le Campus, l’apprenant apprend seul mais pas sans les autres pour co-produire des savoirs avec des collaborateurs du Groupe qu’’il n’aurait pas eu l’occasion de croiser ailleurs

Apprenance, apprentissage social

L’apprenant dans l’espace Learning Lab travaille en sous-groupe sur une simulation de conduite de projet Groupe

Principe n°4

Sur le Campus, l’apprenant vit une dynamique d’apprentissage physiquement, de salle en salle, dans un  parcours d’apprentissage multimodal.

Attention, pédagogie active, parcours

Habituellement les « salles de cours » sont totalement neutres et interchangeables : ce qui compte c’est le groupe et le formateur qui va l’utiliser.

L’idée ici est qu’une partie des salles seront au contraire caractérisée par une finalité pédagogique : la créativité, le travail en groupe, la concentration sur des contenus théoriques, la dimension commerciale, telle technique bancaire, le management, l’informatique, les langues,…

Ceci permettra d’aller beaucoup plus loin dans l’articulation entre un contenu et un lieu et d’aménager ces différentes salles en poussant le plus loin possible l’utilisation de l’espace, l’aménagement technique, les ressources adaptées…

Cela permettra également de concrétiser l’idée de parcours pédagogique qui invitera les apprenants à se déplacer de salle en salle et non de rester dans une même salle en attendant que l’on change de thème. La dynamique d’apprentissage se vivra physiquement.

 

Principe n°5

Sur le Campus, l’apprenant se sent bien et y fait des rencontres et des découvertes toujours renouvelées.

Motivation, émotion, apprentissage social, socialisation

Prévoir un temps à l’extérieur, sur la terrasse pour bénéficier d’un point de vue panoramique sur les entités parisiennes du Groupe

Utiliser une appli pour une pause réparatrice de quelques minutes pour mieux apprendre, pour renouveler son énergie et son engagement

La convivialité et les rencontres : seront sources d’engagement

Principe n°6

Le Campus sera un lieu de prospective et sera ouvert sur l’extérieur.

Réflexivité, développement professionnel

Les apprenants seront amenés à découvrir le showroom de l’IFCAM et les expositions du moment, réfléchiront à l’évolution des métiers dans le Groupe : quels métiers pour demain ? quels impacts de l’IA, des data, des robots, ? comment apprendra-t-on demain ?

 

Figure 1 : principes pédagogiques sur les Campus IFCAM

La prégnance du cerveau et de la dimension neuronale de l’humain se retrouvent dans les nouveaux termes qui apparaissent aujourd’hui comme neurosciences cognitives, neuro-éducation,… Certains courants de pensée se rencontrent ou se confrontent autour de concepts comme celui d’esprit, assimilé au cerveau, incorporé ou au contraire distinct de ce celui-ci. 

Une approche inter- voire trans-disciplinaire pour concevoir et développer nos dispositifs d’apprentissage nous paraît aujourd’hui nécessaire. Elle nous permet de dépasser les clivages intelligence artificielle  / intelligence humaine et d’être dans une démarche d’usage raisonné des technologies et de renouvellement de nos pratiques pédagogiques pour accompagner efficacement les collaborateurs du Groupe Crédit Agricole, au service de nos clients. 

Dorothée Cavignaux-Bros, Ingénieure Formation, Direction de l’Expérience Apprenant

 

  

 

 

      

Références

  1. https://www.ca-ifcam.fr/Pages/siif.aspx; http://ifcam-formation.fr/

  2. 1e édition 1988, réédité en 1996

  3. https://www.universalis.fr/encyclopedie/sciences-cognitives/

  4. « Trente ans d'observation « partiellement participante » dans l'univers des neurosciences », Hermès, La Revue 2014/1 (n° 68), p. 133-138.

  5.  Desjeux D. (2004), Les Sciences sociales, Paris, Presses Universitaires de France, « Que sais-je ? ».

  6. http://ifcam-formation.fr/blog/2018/03/30/scanup-competences-innovant/

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