Former ou Déformer ?

Formation tout au long de la vie : redonnons le pouvoir aux collaborateurs !

Formation tout au long de la vie : redonnons le pouvoir aux collaborateurs !

 

On le sait : le monde du travail est en évolution constante. La révolution technologique entraîne de nombreux bouleversements sur les processus métiers et une mutation des besoins en compétences. Aujourd’hui, la durée de vie d’une compétence en entreprise est estimée à cinq ans et d’ici quelques années, plus d’un tiers des compétences de base qui seront souhaitées dans la plupart des professions ne sont pas encore considérées comme essentielles aujourd’hui. Ainsi, l’apport du digital transforme la formation, mais il faut aussi prendre en compte l’évolution même des collaborateurs dans leur façon d’appréhender le développement de leurs compétences, et dans leurs manières d’apprendre et de se former. 

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Devenir une entreprise apprenante... Entretien express avec Dominique PEPIN

Devenir une entreprise apprenante... Entretien express avec Dominique PEPIN

Dominique Pépin

Dominique Pépin, avant d’entrer dans le vif du sujet, pourriez vous nous résumer ce qu’est, pour vous, la politique formation du Groupe.

La politique Formation se décline sur trois axes majeurs : D’abord comment accompagner les transformations culturelles et l’évolution nécessaire du management. Ensuite comment la formation peut-elle contribuer au développement du Groupe… (développement du portefeuille client, croissance du chiffre d’affaire…) et enfin, comment offrir une meilleure expérience aux salariés, ce qui passe par une remise en cause de la RH, des responsables formation, bref, de questionner comment nous travaillons.

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La VAE dans tous ses états

La VAE dans tous ses états

Le 17 janvier 2002, la VAE nait. Expériences, compétences et savoirs enfin réunis. La main et l’esprit. Un triomphe espéré. Mais elle se heurte vite au réel. L’enfance est difficile. Les entreprises ne prennent pas le temps d’appréhender ce nouveau dispositif. Le corps professoral est sceptique. Les jurys peinent à se mobiliser. L’adolescence est tout autant tumultueuse. La VAE est écartée des grandes réformes mais elle se bat et refuse de succomber à la diplômite aiguë, cette terrible maladie tellement française.

Le 17 janvier 2020, la VAE devient majeure. Elle fête ses 18 ans et redresse la tête. C’est aujourd’hui. C’est l’âge de tous les possibles. Et elle entend le faire savoir.

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Blended Learning avec la Réalité Virtuelle : comment l’intégrer dans son parcours de formation ?

Blended Learning avec la Réalité Virtuelle : comment l’intégrer dans son parcours de formation ?

Dans un contexte de transformation digitale, les nouvelles technologies occupent une place de plus en importante dans le parcours de formation des employés.  Depuis peu, la Réalité Virtuelle (VR) révolutionne la façon dont les professionnels se forment, depuis leur onboarding jusqu’à l’acquisition de nouvelles compétences.

La VR permet de s’immerger complètement dans un monde virtuel interactif, grâce à un casque de Réalité Virtuelle. Ce monde virtuel peut être réalisé en 3D - à la façon d’un jeu vidéo - où en Vidéo 360° grâce à une caméra sphérique qui vient filmer l’environnement dans son ensemble. Les deux formats permettent de vivre des situations concrètes, d’apprendre et de mettre en pratique ses connaissances. Cela est possible par la réalisation de gestes métiers à l’aide des manettes ou par la progression à travers un scénario conditionnel, dont l’issue dépend des choix de l’utilisateur. De par son aspect pratique et concret, il est possible de couvrir l’ensemble des besoins métier de la plupart des secteurs d’activité : sécurité, soft skills, management, gestion de crise, industrie, vente, relation client, etc.

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La technologie nous connecte au monde, elle peut aussi nous connecter à nos émotions

Anaïs Roux

Il est rapide aujourd’hui de penser que les soft skills liées aux émotions deviennent essentielles en réaction au développement exponentiel des nouvelles technologies. Comme si on cherchait à remettre de l’humain dans ce contexte digital, comme si les deux semblaient aux antipodes et que l’un venait contrebalancer l’autre. Et si on changeait de prisme ? Et si on imaginait une technologie pouvant, au contraire, permettre la connaissance de soi et de ses émotions ?

Les émotions au coeur du travail de demain

En 2018, le World Economic Forum a posé une question toute simple à 15 millions de personnes : " Comment sera le travail dans 5 ans ? ". Sans surprise, les compétences techniques émergentes étaient presque toutes liées aux technologies : maîtriser l’analyse de big data, machine learning, application mobile, réalité virtuelle, impression 3D...

Face à cette technologie croissante et à la digitalisation de nombreux métiers, nous devons nous adapter, développer notre flexibilité, rester curieux et cultiver notre posture d’apprenant. Les aptitudes essentielles à acquérir sont les fameuses soft skills (ou en français : compétences psychosociales), notamment celles liées à un élément très complexe, sujet encore aujourd’hui à de nombreuses recherches : les émotions. Régulation des émotions, vulnérabilité, empathie, intelligence émotionnelle, résilience, tolérance au stress, seront les compétences phare de la décennie.

Un enjeu de maîtrise et d’expression

Les émotions semblent être la clé pour s’intégrer, s’adapter et réussir dans le monde professionnel de demain. Elles vont diriger notre attention sur certains éléments de l’environnement, vont nous aider à prendre des décisions, donnent une teneur à nos perceptions sensorielles, nous aident à développer nos relations sociales et à ancrer plus fortement un souvenir en mémoire. Pour cela, il faut savoir les reconnaître, les réguler et les exprimer. En effet, ces émotions peuvent aussi nous handicaper, notamment lorsque, face à une situation donnée, elles sont injustifiées, d’une intensité ou d’une durée mal adaptée. La nécessité est donc de les identifier précisément et de les exprimer de la manière qui nous convient le mieux à un moment donné. Ainsi, notre vie émotionnelle devient plus fluide, elle s’accorde avec les réalités de notre environnement. C’est ce qu’on appelle la régulation émotionnelle et elle est essentielle pour gérer son stress et son anxiété.

En plus de savoir réguler ses émotions, il est important d’accepter de les montrer et de savoir les partager. Le potentiel à savoir être vulnérable est une véritable mesure du courage managérial. Le leader de demain doit être honnête et authentique, car de là, émerge la confiance des collaborateurs. Mais encore faut-il pour tout cela connaître et comprendre ses propres émotions.

La connaissance de soi à travers le lien corps-esprit

La clé des softs skills liées aux émotions semble donc être la connaissance de soi. La connaissance de soi c’est être conscient de nos pensées, de nos faiblesses et de nos forces. Mais c’est aussi connaître notre corps et donc nos émotions : qu’est-ce qu’il ressent, à quel moment il le ressent, où il le ressent et comment cela s’exprime ? La connaissance de soi est un composé d’analyse de notre cognition et d’écoute de son corps.

Tasha Eurich, chercheuse et psychologue, a récemment découvert que bien que la plupart des personnes disent bien se connaître, seules 10 à 15% d’entre elles répondent réellement aux critères de la connaissance de soi. Et plus la personne est dans une position de leadership, plus elle tend à surestimer ses soft skills, notamment celles liées aux émotions telles que l’empathie et la régulation émotionnelle.

La connaissance de ses émotions est en effet difficile à acquérir, et ce pour de nombreuses raisons. Pour commencer, parce que prendre connaissance des ressentis de son corps n’est plus si évident. Le lien corps-esprit a depuis longtemps été renié, le flux d’informations provenant de l’extérieur et en particulier du monde digital capture littéralement notre attention. Nous devons donc réapprendre à écouter notre corps. Aussi, la connaissance de soi passe notamment par un feedback externe. Qu’est-ce que les autres me renvoient de moi-même et de mes compétences cognitives, émotionnelles et sociales ? Un feedback honnête est difficile à trouver. Plus la personne est haut placée dans l’entreprise, moins les collaborateurs osent faire de feedback critique.

Face à cette difficulté à se constituer une image de soi juste, honnête et complète, la technologie et l’évaluation qu’elle permet, nous apparaît comme étant, paradoxalement, la solution la plus pertinente. Mais attention, pour que la technologie nous rapproche de nous-mêmes et soit au service de notre bien-être, il est nécessaire que celle-ci soit conçue dans ce sens (“ethic by design”).

La technologie comme outil puissant de connaissance de soi

La technologie mise au service de nos émotions, est un accélérateur de la connaissance de soi et de son corps. Par technologie, j’aborde principalement ici deux outils : la réalité virtuelle et le biofeedback.

La réalité virtuelle consiste à reproduire de manière artificielle une expérience sensorielle : le sujet est plongé dans un environnement virtuel immersif en 3D avec lequel il peut interagir. C’est une mise en situation réaliste.

Le biofeedback quant à lui, consiste à mesurer et montrer en temps réel au participant ses réactions physiologiques à l’aide de capteurs : respiration, rythme cardiaque, transpiration, changements de température ou encore activité cérébrale.

Couplez ces deux technologies et vous obtenez une mise en situation réaliste, réveillant des réactions cognitives et émotionnelles authentiques, pouvant être mesurées de façon juste et précise

en un temps bref. L’individu peut ainsi agir directement sur les signaux de son corps, qu’il perçoit grâce au biofeedback, en s’entraînant à s’auto-réguler avec ses propres solutions. Par exemple, la réalité virtuelle me place dans une situation qui provoque une forte charge mentale, dépassant les ressources que je pense pouvoir mobiliser. Le biofeedback m’indique que mon coeur bat très vite et que mes mains transpirent suite au stress créé. Je continue l’exercice en tentant de respirer profondément et lentement, et je peux en direct calmer mon corps, mes émotions et me donner plus de lucidité cognitive pour réaliser la tâche.

La connaissance de soi, de ses émotions et de son corps, semble être à la base du développement des autres softs skills essentielles dans le monde du travail de demain. Les recherches de Tasha Eurich ont notamment montré que lorsque nous avons clairement conscience de nous-mêmes, nous sommes plus confiants et créatifs. Nous prenons des décisions plus justes et communiquons efficacement. En tant que leader, la connaissance de soi est le meilleur moyen de bâtir des relations solides avec les équipes : plus un leader se connaît et connaît la façon dont le perçoivent ses équipes, plus il manifestera de l’empathie, saura se mettre à leur place et construira une relation saine.

Les technologies émergentes dans le domaine des interactions homme-machine offrent donc de nouvelles pistes pour observer et comprendre de façon précise son fonctionnement cognitif, émotionnel et social, pour en retour apprendre à mieux gérer des situations de stress ou de forte charge mentale.

 

Anaïs Roux

Diplômée de l’Ecole des Psychologues Praticiens et spécialisée dans l’évaluation des fonctions cognitives et de la motivation au travail. Anaïs Roux est aujourd’hui psychologue chez Open Mind Neurotechnologies, institut privé de recherche en neurosciences cognitives accompagnant les entreprises dans le développement des soft skills de leurs collaborateurs grâce aux technologies

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Mots-clés: FORMATiON, APPRENTISSAGE, ENGAGEMENT, EMOTONS

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