Former ou Déformer ?

La formation au diapason de la situation de travail

La formation au diapason de la situation de travail

La formation est aujourd’hui plus que jamais un sujet stratégique pour l’ensemble des acteurs économiques. Permettre aux collaborateurs de monter en compétences sur leur poste de travail et créer ce lien direct entre formation et amélioration de la pratique professionnelle est un vrai challenge.

Ce rapprochement implique une ingénierie de formation complexe : un timing adapté, une personnalisation de la formation, une adéquation des rythmes de travail et d’apprentissage et des modalités d’apprentissage tournées vers le "faire” et l’analyse du "faire”. Le Blended Learning, désormais popularisé, est une première approche en ce sens. Maintenant, comment aller plus loin ? La modalité de l’AFEST constitue une approche intéressante, entre autres.

Le blended learning pour mieux s’adapter aux besoins d’apprentissage

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Le Digital Learning : révolution ou exhumation pédagogique ?

Le Digital Learning : révolution ou exhumation pédagogique ?

 

Beaucoup présentent aujourd’hui le Digital Learning et plus largement les EdTech comme des domaines porteurs d’innovations voire d’une révolution à la fois technique et pédagogique. Outre le fait que le terme « innovation » soit désormais éculé, tant chacun est tenté d’en faire un usage immodéré voire inapproprié le vidant de son sens premier, il ne semble pas, dans les faits, qu’une révolution soit en cours.

En effet, des plateformes permettant de concevoir et de diffuser des dispositifs de formation en ligne (FOAD) ou des applications dédiées à des apprentissages ciblés existent depuis plus de quinze ans. Les plus récentes d’entre elles, certes dotées de nouvelles fonctionnalités intéressantes (notamment audiovisuelles), proposent toutefois des dispositifs généralement instructionnistes centrés sur un ou quelques « sachants » s’adressant à des « apprenants » passifs. De ce point de vue, et cela quelle que soit la pertinence de l’outil technique, on se contente souvent de reproduire ce qui se passe dans une classe, un amphithéâtre ou une salle de formation mais en changeant d’échelle : de quelques dizaines voire centaines d’apprenants on passe à plusieurs dizaine de milliers sans que le risque de la « solitude du e-learner » soit toutefois réellement considéré.

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Docendi : Comment développer des compétences durables à l’ère du digital ?

Docendi : Comment développer des compétences durables à l’ère du digital ?

Le continuum pédagogique docendi renforce le transfert des acquis et la mise en œuvre des engagements. Le parcours, qui mixe présentiel et accompagnement digital, se complète d’un outil de mesure d’impact pour démontrer son efficacité dans le développement des soft skills. Décryptage d’Anne Ambrosini, directrice pédagogie et développement 

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La vidéo est le nouveau langage, le digital sa grammaire

La vidéo est le nouveau langage, le digital sa grammaire

Guillaume de Maison Rouge

Ou comment augmenter la performance de la vidéo dans le learning !

La vidéo comme premier média pour accéder à l’information est incroyablement populaire - +85% du trafic web dès 2020 (source: Deloitte) - et désormais accessible aux professionnels du Learning, tant en création qu’en diffusion.

Mais comme tout langage émergent, la vidéo en formation traverse une phase d’apprentissage, de tâtonnement où nous cherchons les bons mots, les bonnes pratiques qui la rendent intelligible. Elle a besoin d’une grammaire qui va la structurer, l’organiser, la séquencer pour la rendre compréhensible par tous et performante. On le sait : " la construction qui est grammaticalement juste est celle qui se révèle la plus efficace pour la communication " (Tomasello).

Le digital associé à la vidéo permet de donner ce cadre dans lequel les règles vont pouvoir s’inscrire et le langage se développer, pour une performance d’apprentissage décuplée !

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De nouvelles communautés d’apprentissage

Comme les médias pour l’information il y a 15 ans, le transfert de savoirs académiques et professionnels est transformé par de nouvelles pratiques en ligne. En particulier, on voit se constituer des communautés d’apprentissage qui, si elles n’ont rien inventé, aspirent à de nouvelles pratiques, relations et outils pour atteindre leurs objectifs de savoir ou de compétences.

Depuis l’arrivée des MOOCs, le eLearning est devenu Digital learning. Toujours en anglais, ce glissement sémantique porte peu de sens en soi, mais il est témoin de la vitesse d’obsolescence des contenus d’apprentissage depuis les MOOCs, premiers cours massifs en ligne.

Cette évolution de l’offre est venue " de l’extérieur " : au départ d’une expérience de George Siemens à l’Université d’Abathasca (Canada, 2008), connue pour ses expérimentations pédagogiques, elle est devenue un phénomène avec la réussite initiale de Coursera (USA, 2012), même s’il reste encore à cette dernière à trouver le modèle de ses ambitions. Puis quelques initiatives ont suivi, dont FUN-MOOC en France (2015), dont les ambitions et la vocation ont également changé à plusieurs reprises. Ces premiers MOOCs eux-mêmes sont rapidement devenus obsolètes. Le niveau académique élevé et la gratuité souvent inédite ont attiré l’attention, voire le succès de certains d’entre eux. Mais la révolution n’a pas encore eu lieu, elle commence.

Comme les médias au tournant des années 2000, le transfert de savoirs est en train d’être saisi par ceux à qui il est destiné. On assiste à la création de communautés d’apprentissages comme on voyait se construire les premiers forums sur Internet il y a 25 ans. Contrairement à ce qu’elles pourraient laisser imaginer, ces communautés d’apprentissage ne réunissent pas les fanatiques de l’apprentissage en ligne des premiers MOOCs, éblouis à juste titre de pouvoir assister à des cours qui leur auraient été sinon interdits à jamais. Aujourd’hui, ce sont des individus qui, sans préavis ni préjugés, cherchent chaque jour à dépasser l’apprentissage informel facilité par les requêtes dans Google (on ne dira jamais assez combien le moteur de recherche a transformé l’apprentissage).

Les premiers sachants d’Internet créaient des blogs, parfois interactifs. Quelques professeurs et formateurs ont fait de même. Et, comme pour les blogs, la facilité d’accès aux outils a ouvert le droit à former à qui se l’octroyait. Les médias les plus agiles se sont saisis de ces pratiques, parfois avec succès comme SkyRock qui réunit des millions d’usagers quand c’était encore un exploit, il y a…. À peine 20 ans, l’âge de Facebook qui réunit aujourd’hui 2,5 milliards d’usagers dans le monde, dans pratiquement autant de bulles d’usages.

Certains médias ont percé en éditant des outils de partage, mais peu ont su créer des communautés d’usage. Ce sont surtout les outils dédiés qui ont permis à certains de se construire une audience inédite avec Facebook évidemment, YouTube devenu une plateforme d’échange autour de vidéos, Instagram tôt racheté par Facebook, Linkedin plus récemment qui, après avoir acheté Linda.com devenu Linkedin Learning a été racheté en 2017 par Microsoft. Le dirigeant d’une Grande Ecole constatait récemment que plus de 20% des étudiants de son institution était recrutés par Linkedin : 1 étudiant sur 5 " accroché " par le 1er réseau professionnel mondial à son entrée dans la vie active !

En France, à juste titre, c’est surtout OpenClassRooms qui défraie la chronique. L’éditeur de cours en ligne dont le cœur du modèle économique était encore en 2015 la publication de ses cours en format papier a choisi, après 3 levées de fonds, de développer son modèle entièrement en ligne : par le haut en s’associant à des institutions académiques dont la plateforme a avantageusement exploité la valeur de marque, par le bas en offrant toujours plus de cours gratuits à une communauté de plus en plus grande. Seul changement : OpenClassRooms a introduit un modèle freemium où, soit par appât académique, soit par opportunité économique avec un tiers-payeur, soit par nécessité d’usage ou d’accès, elle a recruté des apprenants en nombre. Au-delà de considérations sur les cours qu’on y trouve ou la stratégie de l’entreprise, il est remarquable de relever qu’en 3 ans environ, OpenClassRooms ait fait la preuve que l’on pouvait créer une communauté d’apprenants prêts à payer pour apprendre en ligne, avec ou sans accompagnement tutoriel, jusqu’à un certificat ou un diplôme, reconnaissances que l’on commence à voir circuler sur les CVs de jeunes candidats à l’emploi en entreprise. C’est le miroir commercial de Wikipedia, la plus extraordinaire machine à construire collectivement du savoir, mais sans volonté d’associer un parcours d’apprentissage, ce n’est pas sa vocation.

Aujourd’hui, nous constatons que les cours tutorés en ligne que nous distribuons, ou aidons nos 300 clients à assembler, sont d’une efficacité d’apprentissage inégalée.

Ce que ces quelques exemples illustrent, c’est l’extraordinaire vague de fond qui est en train de retourner le modèle de l’apprentissage, jusque dans les institutions académiques les plus prestigieuses. Aux dires des dirigeants de certaines d’entre elles, l’appel des étudiants en début de cours a été rétabli, faute de quoi certains cours étaient quasiment vides. Non que les étudiants soient en vadrouille, mais ils s’agrègent en groupe de projet, en groupe de TD, pour créer une entreprise, etc. afin de construire ensemble, en équipe et par association comme ils le font depuis qu’ils sont en âge de tripoter un téléphone et les réseaux auxquels il donne accès.

De leur côté, les entreprises qui font face à des contraintes de normes, accréditations, etc. de plus en plus nombreuses, ont saisi l’opportunité de construire des parcours en ligne de mise à niveaux, obligatoires pour leurs collaborateurs, jusqu’aux certifications qui établissent le chaînage de la délégation de responsabilités, à coût réduit. Les organisations voient maintenant leurs salles de réunion ou cafétéria transformées en salles d’études, où leurs collaborateurs réunis apprennent et passent des certifications en ligne, avec des protocoles de sécurité plus ou moins avancés, ou surveillés selon les enjeux économiques sous-jacents des certificats.

La révolution commence au premier sens du terme, les pratiques d’apprentissage évoluent rapidement avec des pratiques d’empowerment (littéralement de " prise de pouvoir ") des usagers. De même, les outils de production les plus utilisés au monde (la suite Office de Microsoft et ses équivalents) sont considérablement modifiés par leur élargissement à des outils de partage comme Teams ou similaires ; et l’intégration de ces outils aux plateformes d’apprentissage transforme la perspective de chacun sur le savoir et le chemin pour l’acquérir.

Pour tous les opérateurs de la chaîne de valeur de l’éducation, de la formation professionnelle, voire des entreprises, c’est un changement profond des rapports entre les parties prenantes qui est engagé. " La fonction crée l’organe ", dit-on. C’est commencé. Le prochain enjeu des nouveaux médiateurs de savoirs, est de construire les modèles et outils d’apprentissage en groupe, qui permettront aux organisations de soutenir les ambitions d’apprentissage de leurs membres.

Cyril Bedel

Edunao, CEO de Edunao Editeur et distributeur de solutions d’apprentissage

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Mots-clés: FORMATiON, E-LEARNING, APPRENTISSAGE, COLLABORATIF, DIGITAL

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