Former ou Déformer ?

La technologie nous connecte au monde, elle peut aussi nous connecter à nos émotions

La technologie nous connecte au monde, elle peut aussi nous connecter à nos émotions

Anaïs Roux

Il est rapide aujourd’hui de penser que les soft skills liées aux émotions deviennent essentielles en réaction au développement exponentiel des nouvelles technologies. Comme si on cherchait à remettre de l’humain dans ce contexte digital, comme si les deux semblaient aux antipodes et que l’un venait contrebalancer l’autre. Et si on changeait de prisme ? Et si on imaginait une technologie pouvant, au contraire, permettre la connaissance de soi et de ses émotions ?

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la formation : expertise, accompagnement et proximité

la formation : expertise, accompagnement et proximité

Avec plus de 15 000 personnes formées chaque année, Francis Lefebvre Formation se positionne comme une référence dans le domaine de la formation en combinant accompagnement, adaptation des parcours et nouveautés. Le point avec Jean François Ferret, Directeur de l’offre et de la pédagogie.

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L’intérêt primordial de la technologie dans la singularité des softskills ...

L’intérêt primordial de la technologie dans la singularité des softskills ...

Stéphane Pomares

Les softskills sont des compétences comportementales humaines, liées à nos émotions, à notre connaissance de nous-mêmes. Les neurosciences ont beaucoup évolué ces 3 dernières décennies et nous permettent aujourd’hui de comprendre comment un comportement naît, s’ancre et se modifie. Parallèlement est apparu le courant de la Psychologie Comportementale et l’ère du Numérique. Au regard de ces nouvelles connaissances et sciences, comment la formation professionnelle peut-elle faire évoluer ses pratiques pour gagner en efficacité tout en réduisant ses coûts pour être accessible à un public plus large ?

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" L’attitude professionnelle " : ça s’apprend et ça se comprend !

" L’attitude professionnelle " : ça s’apprend et ça se comprend !

Transmettre et expliquer les enjeux, les codes et comportements professionnels aux nouveaux talents pour faciliter leur intégration et leur engagement dans l’entreprise

Quelle entreprise n’a pas été confrontée dès l’arrivée de jeunes fraîchement embauchés, de stagiaires ou d’apprentis, à des comportements décalés, inappropriés, inadaptés à son mode de fonctionnement ou à sa culture ? Même si ces phénomènes ne sont que ponctuels et peu impactant dans certaines entreprises, dans d’autres, ils peuvent se révéler particulièrement fréquents, énergivores, chronophages et déstabilisants pour les managers et leurs équipes.

Un sujet préoccupant pour les dirigeants, qui leur coûte très cher

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De nouvelles communautés d’apprentissage

Comme les médias pour l’information il y a 15 ans, le transfert de savoirs académiques et professionnels est transformé par de nouvelles pratiques en ligne. En particulier, on voit se constituer des communautés d’apprentissage qui, si elles n’ont rien inventé, aspirent à de nouvelles pratiques, relations et outils pour atteindre leurs objectifs de savoir ou de compétences.

Depuis l’arrivée des MOOCs, le eLearning est devenu Digital learning. Toujours en anglais, ce glissement sémantique porte peu de sens en soi, mais il est témoin de la vitesse d’obsolescence des contenus d’apprentissage depuis les MOOCs, premiers cours massifs en ligne.

Cette évolution de l’offre est venue " de l’extérieur " : au départ d’une expérience de George Siemens à l’Université d’Abathasca (Canada, 2008), connue pour ses expérimentations pédagogiques, elle est devenue un phénomène avec la réussite initiale de Coursera (USA, 2012), même s’il reste encore à cette dernière à trouver le modèle de ses ambitions. Puis quelques initiatives ont suivi, dont FUN-MOOC en France (2015), dont les ambitions et la vocation ont également changé à plusieurs reprises. Ces premiers MOOCs eux-mêmes sont rapidement devenus obsolètes. Le niveau académique élevé et la gratuité souvent inédite ont attiré l’attention, voire le succès de certains d’entre eux. Mais la révolution n’a pas encore eu lieu, elle commence.

Comme les médias au tournant des années 2000, le transfert de savoirs est en train d’être saisi par ceux à qui il est destiné. On assiste à la création de communautés d’apprentissages comme on voyait se construire les premiers forums sur Internet il y a 25 ans. Contrairement à ce qu’elles pourraient laisser imaginer, ces communautés d’apprentissage ne réunissent pas les fanatiques de l’apprentissage en ligne des premiers MOOCs, éblouis à juste titre de pouvoir assister à des cours qui leur auraient été sinon interdits à jamais. Aujourd’hui, ce sont des individus qui, sans préavis ni préjugés, cherchent chaque jour à dépasser l’apprentissage informel facilité par les requêtes dans Google (on ne dira jamais assez combien le moteur de recherche a transformé l’apprentissage).

Les premiers sachants d’Internet créaient des blogs, parfois interactifs. Quelques professeurs et formateurs ont fait de même. Et, comme pour les blogs, la facilité d’accès aux outils a ouvert le droit à former à qui se l’octroyait. Les médias les plus agiles se sont saisis de ces pratiques, parfois avec succès comme SkyRock qui réunit des millions d’usagers quand c’était encore un exploit, il y a…. À peine 20 ans, l’âge de Facebook qui réunit aujourd’hui 2,5 milliards d’usagers dans le monde, dans pratiquement autant de bulles d’usages.

Certains médias ont percé en éditant des outils de partage, mais peu ont su créer des communautés d’usage. Ce sont surtout les outils dédiés qui ont permis à certains de se construire une audience inédite avec Facebook évidemment, YouTube devenu une plateforme d’échange autour de vidéos, Instagram tôt racheté par Facebook, Linkedin plus récemment qui, après avoir acheté Linda.com devenu Linkedin Learning a été racheté en 2017 par Microsoft. Le dirigeant d’une Grande Ecole constatait récemment que plus de 20% des étudiants de son institution était recrutés par Linkedin : 1 étudiant sur 5 " accroché " par le 1er réseau professionnel mondial à son entrée dans la vie active !

En France, à juste titre, c’est surtout OpenClassRooms qui défraie la chronique. L’éditeur de cours en ligne dont le cœur du modèle économique était encore en 2015 la publication de ses cours en format papier a choisi, après 3 levées de fonds, de développer son modèle entièrement en ligne : par le haut en s’associant à des institutions académiques dont la plateforme a avantageusement exploité la valeur de marque, par le bas en offrant toujours plus de cours gratuits à une communauté de plus en plus grande. Seul changement : OpenClassRooms a introduit un modèle freemium où, soit par appât académique, soit par opportunité économique avec un tiers-payeur, soit par nécessité d’usage ou d’accès, elle a recruté des apprenants en nombre. Au-delà de considérations sur les cours qu’on y trouve ou la stratégie de l’entreprise, il est remarquable de relever qu’en 3 ans environ, OpenClassRooms ait fait la preuve que l’on pouvait créer une communauté d’apprenants prêts à payer pour apprendre en ligne, avec ou sans accompagnement tutoriel, jusqu’à un certificat ou un diplôme, reconnaissances que l’on commence à voir circuler sur les CVs de jeunes candidats à l’emploi en entreprise. C’est le miroir commercial de Wikipedia, la plus extraordinaire machine à construire collectivement du savoir, mais sans volonté d’associer un parcours d’apprentissage, ce n’est pas sa vocation.

Aujourd’hui, nous constatons que les cours tutorés en ligne que nous distribuons, ou aidons nos 300 clients à assembler, sont d’une efficacité d’apprentissage inégalée.

Ce que ces quelques exemples illustrent, c’est l’extraordinaire vague de fond qui est en train de retourner le modèle de l’apprentissage, jusque dans les institutions académiques les plus prestigieuses. Aux dires des dirigeants de certaines d’entre elles, l’appel des étudiants en début de cours a été rétabli, faute de quoi certains cours étaient quasiment vides. Non que les étudiants soient en vadrouille, mais ils s’agrègent en groupe de projet, en groupe de TD, pour créer une entreprise, etc. afin de construire ensemble, en équipe et par association comme ils le font depuis qu’ils sont en âge de tripoter un téléphone et les réseaux auxquels il donne accès.

De leur côté, les entreprises qui font face à des contraintes de normes, accréditations, etc. de plus en plus nombreuses, ont saisi l’opportunité de construire des parcours en ligne de mise à niveaux, obligatoires pour leurs collaborateurs, jusqu’aux certifications qui établissent le chaînage de la délégation de responsabilités, à coût réduit. Les organisations voient maintenant leurs salles de réunion ou cafétéria transformées en salles d’études, où leurs collaborateurs réunis apprennent et passent des certifications en ligne, avec des protocoles de sécurité plus ou moins avancés, ou surveillés selon les enjeux économiques sous-jacents des certificats.

La révolution commence au premier sens du terme, les pratiques d’apprentissage évoluent rapidement avec des pratiques d’empowerment (littéralement de " prise de pouvoir ") des usagers. De même, les outils de production les plus utilisés au monde (la suite Office de Microsoft et ses équivalents) sont considérablement modifiés par leur élargissement à des outils de partage comme Teams ou similaires ; et l’intégration de ces outils aux plateformes d’apprentissage transforme la perspective de chacun sur le savoir et le chemin pour l’acquérir.

Pour tous les opérateurs de la chaîne de valeur de l’éducation, de la formation professionnelle, voire des entreprises, c’est un changement profond des rapports entre les parties prenantes qui est engagé. " La fonction crée l’organe ", dit-on. C’est commencé. Le prochain enjeu des nouveaux médiateurs de savoirs, est de construire les modèles et outils d’apprentissage en groupe, qui permettront aux organisations de soutenir les ambitions d’apprentissage de leurs membres.

Cyril Bedel

Edunao, CEO de Edunao Editeur et distributeur de solutions d’apprentissage

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Mots-clés: FORMATiON, E-LEARNING, APPRENTISSAGE, COLLABORATIF, DIGITAL

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