Former ou Déformer ?

De l’usage raisonné de la technologie pour développer notre humanité

De l’usage raisonné de la technologie pour développer notre humanité

Olivier Wautier

Nous sommes entrés il y a plus de 20 ans dans l’ère de la transformation perpétuelle. Les révolutions (internet, digital, data, IA…) se suivent et se ressemblent dans la manière dont elles bouleversent l’entreprise. Dans ce contexte, un consensus commence à se former autour de l’importance des soft skills, ces "compétences du 21é siècle” qui permettent de gagner en résilience et de traverser le changement dans la sérénité et non dans la fébrilité. Ces compétences nous renvoient finalement à ce qui fait notre humanité dans un monde toujours plus technologique. Cependant, les solutions pour les développer efficacement à l’échelle de l’entreprise sont rares. Seuls les plus chanceux bénéficient par exemple d’un coaching professionnel, réputé comme l’outil le plus puissant de développement des soft skills. La technologie pourrait-elle ironiquement répondre à cet enjeu?

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Fidal Formations : Réforme de la formation professionnelle : enjeux et perspectives

Fidal Formations : Réforme de la formation professionnelle : enjeux et perspectives

La réforme de la formation professionnelle couvre différents enjeux sociaux et économiques, dont le développement des compétences, le financement de la formation dans le cadre du CPF, la formation des jeunes ou encore le développement de la formation en alternance.  Le point avec Cyril Parlant, Avocat Expert au sein de FIDAL.

Quelles sont les grandes lignes de la réforme de la formation professionnelle ?

Elle vise à rendre le système plus efficient pour que chaque euro dépensé en formation ait son utilité et contribue au développement de l’employabilité des actifs de manière globale. Pour les entreprises, il s’agit aussi d’une réforme du système de financement. Dorénavant, les entreprises de plus de 50 salariés vont contribuer au financement de la formation dans les plus petites entreprises. Dans ce cadre, la monétisation du CPF est un autre point important soulevé par la réforme. Il a vocation à devenir un instrument du dialogue social et collectif dans les entreprises afin d’atteindre les objectifs de co-construction et de co-financement.

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Au delà des croyances, la naissance d’un nouveau rôle

Au delà des croyances, la naissance d’un nouveau rôle

Messaoud MAHMOUD

Une nouvelle façon d’envisager la formation a émergé il y a quelques années, avec la prise en compte dans les parcours de l’affect et de l’émotion ressentis par l’apprenant qu’on nomme " l’expérience apprenant ". Inspiré par l’expérience client, l’enjeu est de concevoir la formation comme un parcours expérientiel qui va faciliter l’acquisition des savoirs et des compétences de l’apprenant dans la mesure où l’expérience en formation implique nécessairement une mise en situation de celui-ci. Autrement dit penser la formation du point de vue de celui qui apprend et non de celui qui forme. Cela est d’autant plus vrai qu’avec la réforme de la formation professionnelle, il va falloir  transformer une contrainte en opportunité avec des fonds de formation qui se réduisent. Et c’est bien là qu’intervient le digital comme arme de déploiement massif de formation des collaborateurs, permettant dans le même temps de réduire significativement les coûts du présentiel.

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IA, RH et formation : quels enjeux, quel impact ?

IA, RH et formation : quels enjeux, quel impact ?

Dans un océan de peurs et de fantasmes sur l’Intelligence Artificielle (IA), le monde des RH et de la formation doit se poser les bonnes questions pour envisager son avenir en connaissance de cause. De quoi parle-t-on vraiment ? Qu’est-ce que l’IA peut apporter aux recruteurs et aux formateurs ? Que remet-elle en question au quotidien ? Et l’apprenant, dans tout ça, est-ce qu’il apprend mieux ? 

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Valoriser les compétences pour maîtriser le changement

Parce que la fonction RH traverse toutes les strates et toutes les business unit de l’entreprise, Aix-Marseille Université améliore et optimise son offre de formation en permanence. Rencontre avec Ariel Mendez, Professeure de Sciences de gestion et du management et responsable de la mention GRH et Christophe Baret, Professeur de Sciences de gestion et du management et Directeur du département Management, Culture et Territoires (MCT) au sein de la Faculté d’économie et de gestion à Aix-Marseille Université.

L’Université d’Aix-Marseille est le fruit de la fusion de trois universités pour donner naissance à une grande université de rang mondial. Dites-nous en plus.

A.M : La formation, la recherche, l’innovation et la valorisation caractérisent les missions de l’université. Toutes ses composantes fonctionnent en complète interaction. Grâce à la fusion des 3 universités sur le site d’Aix Marseille, nous sommes devenus un véritable pôle d’excellence. En effet, l’université se place aujourd’hui parmi les plus grandes universités francophones et est un acteur majeur en France, en Europe et dans l’espace euroméditerranéen. Nous avons, d’ailleurs, réussi à remporter des appels d’offres au niveau des programmes d’investissement d’avenir. Aix-Marseille est Initiative d’excellence et nous venons récemment de remporter un appel à projet européen avec 7 partenaires pour créer CIVIS, université civique européenne. L’objectif est de favoriser la mobilité des personnels et des étudiants. Cette initiative européenne va rassembler près de 400 000 étudiants et plus de 55 000 enseignants-chercheurs qui vont travailler sur des thématiques importantes d’un point de vue sociétal et scientifique autour des objectifs de développement durable.

Nous privilégions également le décloisonnement entre la formation et la recherche afin que nos diplômés soient des futurs professionnels polyvalents et innovants. C’est l’objectif des nouveaux instituts que crée aujourd’hui Aix-Marseille Université. L’idée est d’identifier les besoins des entreprises et de les traduire pour les inscrire dans nos formations en lien avec la recherche. La formation repose sur 3 pôles qui doivent être absolument interconnectés :

  • Les besoins des entreprises et des milieux sociaux économiques ;
  • Le développement des compétences et des connaissances ;
  • La recherche.

La mention GRH participe à l’institut Créativité et Innovations d’Aix-Marseille (l’InCIAM).

Vous proposez des formations courtes, qualifiantes et sur-mesure. Qu’est-ce qui les caractérise, notamment en ce qui concerne les nouveaux besoins des entreprises ?

C.B : La réponse aux besoins des entreprises et des individus se fait via deux structures à la fois distinctes et complémentaires :

  • Un service de formation professionnelle continue à l’université dédié à l’élaboration des projets de formations modulables et adaptées aux demandes des entreprises. Certifié ISO 9001 et référençable sur Datadock, ce service organise également les Validation d’Acquis de l’Expérience (VAE) ;
  • Une structure au niveau des facultés dédiée à la formation continue diplômante.

Nous avons fait le choix de mettre en place cette organisation afin de répondre aux différentes demandes du marché, de concevoir des formations sur mesure et de proposer des formations diplômantes de la licence au master en formation continue, en contrat de professionnalisation ou en apprentissage. Nous couvrons, à ce titre, une très large palette de formations.

En interne, Vous avez mis en place une politique RH ambitieuse. En votre qualité de Responsable de la mention GRH, expliquez-nous cette approche. Quels sont vos objectifs dans ce cadre ?

A.M : Suite à la fusion des 3 universités, la gouvernance a élaboré un schéma directeur des ressources humaines décliné en plusieurs étapes. Ce schéma est le fruit de réflexions et de consultations auprès des personnels, de leurs représentants et d’un groupe de travail autour des questions de GRH au niveau individuel et collectif. Il touche à la fois la gestion des carrières, la mobilité, la rémunération et la gestion des compétences.

Parce que l’université est un établissement de recherche et de formation public, les ressources octroyées par l’État ne sont pas toujours suffisantes pour concrétiser ce genre de démarche ambitieuse. Ainsi, nous sommes amenés à rechercher des ressources supplémentaires au niveau européen en nous appuyant sur l’engagement des équipes de l’université qui sont incitées à répondre aux appels à projets. Pour cela, la commission européenne requiert que les établissements aient un label HRS4R (Human resources strategy for researchers). Ce label valorise les établissements signataires de la « charte européenne des chercheurs » et du « code de conduite de recrutement des chercheurs ». Cela constitue un défi de plus auquel est confrontée l’université qui s’engage aujourd’hui dans une réflexion pour obtenir ce label et ainsi renforcer son attractivité auprès des chercheurs internationaux. L’idée est de soutenir et amplifier notre politique en matière de GRH et de formation de nos personnels.

D’autre part, l’université a mis en place un Centre d’Innovation Pédagogique (CIPE) qui propose une offre de formation à destination des personnels enseignants pour leur permettre de maintenir et de développer leurs compétences pédagogiques.

Vous vous orientez de plus en plus vers l’échange avec les partenaires socio-économiques et les collectivités. Quel est l’impact de cette orientation sur votre positionnement ?

C.B : La GRH s’est fortement développée suite à nos échanges réguliers avec nos partenaires sociaux économiques. Au fil des ans, nous avons diversifié le nombre de parcours de la mention de master GRH notamment les spécialisations de master 2ème année. Par exemple, c’est pour répondre aux demandes des associations que nous avons ancré une formation autour la gestion des RH et l’animation d’équipe dans le cadre du parcours « Economie sociale et solidaire ». Ce parcours bénéficie d’une forte notoriété depuis plusieurs années et a pour vocation de former des futurs responsables de projet, des futurs directeurs du secteur de l’économie sociale mais aussi du secteur associatif, culturel et les ONG.

De la même manière, à la demande de l’Institut de formation des cadres de santé des hôpitaux de Marseille (AP-HM), nous avons créé le parcours « Management des équipes de soin » qui permet de former les futurs cadres aux spécificités de la GRH dans un contexte hospitalier.

Cette réponse aux demandes des entreprises se traduit aussi par l’ouverture de l’apprentissage. Les diplômes de la mention GRH seront désormais ouverts à l’apprentissage à partir de septembre 2019. Le but est de répondre à cette demande de diversité des modes de financement de la formation en alternance.

Qu’en est-il des autres sujets qui vous mobilisent ?

A.M : Les formations mettent en place des conseils de perfectionnement qui réunissent des membres de l’université, des enseignants-chercheurs, des personnels administratifs, des anciens étudiants et des professionnels. Plus particulièrement, la mention GRH a récemment tenu son conseil de perfectionnement autour du développement de la digitalisation et de l’intelligence artificielle. Même si l’évolution technologique est présente depuis longtemps, il y a aujourd’hui une certaine accélération qui vient modifier significativement de nombreux secteurs d’activité. Nous restons donc vigilants et en veille permanente pour adapter nos formations à ces profondes mutations afin d’être en adéquation avec les évolutions du marché. Nous devons aussi être capables de cultiver chez nos étudiants et futurs diplômés un certain nombre de compétences qui leur permettront d’assurer des missions en termes d’innovation, d’accompagnement du changement, de gestion de projet ou encore de développement de méthodes agiles… L’enjeu est de faire monter nos diplômés en agilité et en flexibilité. Nous sommes intimement convaincus, qu’il ne suffit pas de leur donner les bons outils. Il faut leur apprendre à se réinventer tout au long de leur carrière dans un environnement plus que jamais incertain.


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