Former ou Déformer ?

Quel avenir pour la formation des futurs professionnels RH ?

Quel avenir pour la formation des futurs professionnels RH ?

Quel est le périmètre RH au sein de l’IGS ?

L’école IGS-RH existe depuis 45 ans, ce qui en fait le pionnier de l’enseignement dans le domaine des RH. Aujourd’hui, l’école offre des diplômes avec un cycle Bachelor (Post-bac +3), un cycle Mastère (+5) et un Master of Science International HR (+5), avec trois campus à Lyon, Paris et Toulouse.

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Faire grandir et transformer vos collaborateurs avec la pédagogie Early Maker

Faire grandir et transformer vos collaborateurs avec la pédagogie Early Maker

Thierry Picq, Directeur Early Maker Development d’emlyon business school,
nous présente cette approche innovante et nous explique quelle est sa valeur ajoutée pour les entreprises et les organisations.

Qu’est-ce que signifie votre approche Early Maker ? 

Au travers de cette pédagogie, nous voulons former des individus et accompagner des organisations afin qu’ils deviennent porteurs d’innovations et acteurs du changement. Dans un monde complexe, incertain et hautement technologique, les modes d’apprentissages « top down » de connaissances figées sont devenus obsolètes. Pour faire évoluer nos programmes avec notre approche « Early Maker », nous nous concentrons sur :
• Le renouvellement des contenus : au-delà des disciplines classiques du business, nous nous intéressons aux enjeux sociétaux, aux nouvelles technologies et à leur limite, à la capacité à anticiper et à travailler dans l’incertitude pour développer une posture en adéquation avec le monde actuel ;
• Le processus pédagogique : nous privilégions l’expérience et la mise en situation en misant sur le coaching, le tutorat, le mentoring et des dispositifs qui permettent de recueillir un feedback et de faire un suivi. 

L’idée est de former des personnes qui pourront remettre en cause l’existant en questionnant et observant le monde qui les entoure, mais qui seront aussi capables de passer à l’acte même si elles ne disposent pas de toutes les informations. En effet, un Early Maker est quelqu’un qui agit, qui tire les conclusions de ce premier passage à l’acte pour mieux penser la suite et travailler en boucle itérative en ayant notamment recours au management agile, au design thinking…

Comment cela se traduit-il au niveau de vos formations executive ?

Nous proposons aux entreprises des formations sur-mesure centrées sur l’Action Learning. Il s’agit de former par la pratique, d’apprendre en faisant et de développer la capacité à faire autrement. Cela peut se traduire sous différentes formes dans la pédagogie. Nous concevons par exemple des programmes basés sur l’intrapreneuriat : nous incitons les participants à entreprendre au sein
même de leur organisation en travaillant sur des projets innovants qui répondent à plusieurs enjeux : business, RH, sociétaux….

Dans le cadre du programme co-construit avec Bristol Myers Squibb, cette démarche a fait émerger plusieurs projets tel que « Vik-e » (Victory in Innovation for Kids) : des robots
avatars mis à disposition d’enfants hospitalisés en onco-pédiatrie leur permettant de maintenir un lien social avec l’extérieur (maison, école…). L’immersion en start-up constitue également un bon moyen pour faire sortir les participants de leur zone de confort. Nous proposons ce mode d’apprentissage dans le programme conçu avec Bouygues Telecom.

Pendant 6 mois, les collaborateurs travaillent de manière active sur un projet d’une start-up, et font ainsi l’expérience de l’innovation frugale favorisant le transfert d'idées au sein de leur entreprise.

Quels sont les atouts et les spécificités de ces formations ? 

Aujourd’hui, les entreprises s’appuient de plus en plus sur leurs collaborateurs pour être des acteurs de l’innovation en interne. Notre approche Early Maker permet de répondre avec pertinence à ces attentes en proposant des programmes sur-mesure autour de leurs enjeux de transformation et d’innovation. Au-delà de la création de valeur directe pour l’entreprise, c’est aussi un vecteur
efficace de développement des compétences sur le plan collectif et individuel. L’Action Learning permet aux participants de développer leur capacité à entreprendre et à innover, mais aussi d’apprendre à travailler ensemble au sein de leur entreprise et de leur écosystème. Cette approche favorise le développement des réseaux, l’ouverture sur l’extérieur, et renforce la capacité à aller chercher là où se trouvent les ressources et les compétences nécessaires. Cette pédagogie active permet ainsi aux individus et aux entreprises de passer à l’action et de bénéficier immédiatement des apports de la formation.

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La technologie nous connecte au monde, elle peut aussi nous connecter à nos émotions

La technologie nous connecte au monde, elle peut aussi nous connecter à nos émotions

Anaïs Roux

Il est rapide aujourd’hui de penser que les soft skills liées aux émotions deviennent essentielles en réaction au développement exponentiel des nouvelles technologies. Comme si on cherchait à remettre de l’humain dans ce contexte digital, comme si les deux semblaient aux antipodes et que l’un venait contrebalancer l’autre. Et si on changeait de prisme ? Et si on imaginait une technologie pouvant, au contraire, permettre la connaissance de soi et de ses émotions ?

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Beaucoup d’innovations, pas (encore ?) de révolution

Beaucoup d’innovations, pas (encore ?) de révolution

Alexandre Malarewicz

Les innovations se multiplient dans le champ de la formation. Du micro à l’adaptative en passant par le virtual ou encore le mobile learning, on ne compte plus les nouveautés. Ce tumulte pose néanmoins question : le secteur en est-il profondément transformé pour autant ? Quelle est véritablement l’efficacité de ces nouvelles modalités d’apprentissage ? Comment sélectionner ses outils et méthodes pour se concentrer sur l’impact des formations sans céder aux sirènes de la nouveauté ?

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Au delà des croyances, la naissance d’un nouveau rôle

Messaoud MAHMOUD

Une nouvelle façon d’envisager la formation a émergé il y a quelques années, avec la prise en compte dans les parcours de l’affect et de l’émotion ressentis par l’apprenant qu’on nomme " l’expérience apprenant ". Inspiré par l’expérience client, l’enjeu est de concevoir la formation comme un parcours expérientiel qui va faciliter l’acquisition des savoirs et des compétences de l’apprenant dans la mesure où l’expérience en formation implique nécessairement une mise en situation de celui-ci. Autrement dit penser la formation du point de vue de celui qui apprend et non de celui qui forme. Cela est d’autant plus vrai qu’avec la réforme de la formation professionnelle, il va falloir  transformer une contrainte en opportunité avec des fonds de formation qui se réduisent. Et c’est bien là qu’intervient le digital comme arme de déploiement massif de formation des collaborateurs, permettant dans le même temps de réduire significativement les coûts du présentiel.

Digital learning l’âge de la maturité ?

Dans les premières heures du digital learning, il s’est agi de digitaliser des contenus existants. C’est-à-dire un PowerPoint recraché à l’apprenant via un e-learning de 45min à 1 heure. Cela a d’ailleurs dégouté toute une génération sacrifiée à la fin des années 90 et début des années 2000. Nous avons depuis et heureusement passé cette étape avec des initiatives plus ou moins couronnées de succès ou les taux d’engagement des campagnes e-learning n’étaient pas toujours au rendez-vous, très loin de là. Très souvent cela est venu du piège dans lequel les entreprises sont souvent tombées de penser outil et technologie avant l’usage.

Selon l’étude de L’ISTF (l’institut des métiers du blended learning) en 2017, les organisations faisaient encore donc principalement appel au digital learning pour faire des économies sur leur budget de formation (à 43%) et moderniser l’image de leur structure (à 40%).

Il semble que nous passons désormais à une nouvelle ère. De plus en plus d’organisations proposent à leurs collaborateurs des expériences pédagogiques variées intégrant les codes du digital : Webinars, classe virtuel, e-learning, mobile learning…etc, dans une approche mieux intégrée également au plan de développement des compétences.

Le mythe de l’autonomie, naissance d’un nouveau rôle…

Malgré tout, une des croyances fortes du moment est que, notamment par la grâce du digital l’apprenant soit rendu complétement autonome. Certes l’apprenant est de plus en plus incité à être acteur de son parcours mais la réalité du terrain nous montre que c’est loin d’être évident. On constate que la plupart des apprenants ont besoin d’être guidés, d’avoir un référent pour apprendre. Face à ce constat un nouveau rôle ultra stratégique émerge, celui du facilitateur/animateur de la communauté apprenante. Ce rôle de facilitateur est d’autant plus important dans la formation à distance pour soutenir les efforts d’apprentissage et rompre l’isolement afin d’atteindre les objectifs pédagogiques.

La question étant comment construire une expérience apprenante, fluide, personnalisée et collaborative avec l’appui du digital learning ?

Fluidité

Très longtemps la fluidité a été le parent pauvre des parcours avec de nombreuses étapes de validation, pour accéder à son contenu, des sessions de formation sur plusieurs heures voire plusieurs jours. Il convient donc de le fluidifier au maximum par des modules très spécifiques au moment où ils en ont le plus besoin. Les éditeurs s’inspirent de plus en plus de l’UX des sites internet et notamment e-commerce. Fini les 6 ou 7 clics pour arriver à son contenu. Tout réside dans la capacité de créer des interfaces de plus en plus simples, accessibles et engageantes.

Personnalisation

Pour ce qui est du contenu personnalisé intervient la sempiternelle IA avec dans la formation l’adaptative learning qui nous est promis mais dont on est encore qu’aux prémisses en matière de solutions disponibles sur le marché. Le déploiement d’un parcours doit bien évidemment être pensé par profil, incluant la pertinence de la thématique, le niveau de connaissance sur le sujet, l’adaptation du contenu. Le digital nous permettra de plus en plus d’hyper personnaliser les parcours. S’il devait y avoir une incarnation de ce changement d’approche, ce serait du côté de l’avènement de la LXP (Learning Experience plateforme) qu’il faudrait regarder. Ces nouvelles plateformes ouvertes offrent aux apprenants des contenus de formation via une expérience personnalisée. Elles s’appuient sur l’adaptive learning avec des données issues des évaluations et des recommandations.

Collaboratif

Apprendre en mode collaboratif existait bien avant l’avènement du digital mais les solutions et outils existants permettent de s’affranchir des distances et des cloisonnements organisationnels. Avec le social learning, l’apprenant peut apprendre par ses pairs et s’enrichir de retours d’expériences. La plupart des LMS (Learning management system) incluent cette possibilité même si on remarque qu’elle est assez peu utilisée. En effet pour être efficace, cela nécessite une démarche pensée en amont et là encore d’un véritable animateur de communauté afin d’inciter à l’échange entre apprenants.

Le bon dosage et l’équilibre

Aujourd’hui ce n’est pas tant les moyens que nous avons à disposition que l’usage et leur intégration qui posent question.

Car au-delà des trois éléments cités, on peut bien sûr parler du séquençage en blocs des contenus qui permettent d’appréhender en cycle court et de mieux assimiler, de la gamification afin d’engager les apprenants, des dispositifs qui permettent l’immersion et l’interactivité comme la réalité virtuelle. Comment trouver la meilleure recette avec tous les ingrédients dont nous disposons en mettant au cœur de la conception des dispositifs l’apprenant moderne ? Les dispositifs tel que la pédagogie inversée où l’apprenant travaille en autonomie à distance, en amont d’un présentiel où il mettra à contribution les savoirs pour les transformer en savoir-faire en salle me paraît à l’heure actuelle un des modèles les plus efficaces. Cela car il propose une expérience qui respecte le rythme d’apprentissage, qu’il donne du sens aux outils digitaux mis en place et valorise l’action du formateur. C’est ce fragile équilibre pédagogique qui sera garant d’une bonne expérience apprenante.

 

Messaoud MAHMOUD

Messaoud MAHMOUD est responsable de projet pédagogiques et digitaux pour Lefebvre Sarrut

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Mots-clés: FORMATiON, E-LEARNING, APPRENTISSAGE, COLLABORATIF, DIGITAL

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