Former ou Déformer ?

Quand la RATP nous transporte dans l’avenir

Quand la RATP nous transporte dans l’avenir

Le Groupe RATP peut être aujourd’hui pris comme exemple d’une organisation en pleine mutation. Il nous a semblé extrêmement riche d’enseignements d’effectuer une visite approfondie du contexte, des interrogations et des solutions élaborées. Nous pourrons ainsi visualiser concrètement le défi que représente la mise en adéquation de la formation et du développement des compétences dans la réussite du projet stratégique et aussi des atouts que confèrent les outils et processus modernes dans la mise en application.

Lire la suite

Les Edtech au service de l’expérience apprenant ?

Les Edtech au service de l’expérience apprenant ?

Antoine Amiel

Avec notre start-up edtech, nous révolutionnons l’expérience apprenant ! Plus rien ne sera comme avant, nous vous garantissons un ROI de la formation élevé et un engagement unique...  Créée par des entrepreneurs passés par les accélérateurs de startups, formés au pitch et qui ont tous les codes de la Startup Nation, la nouvelle génération de startups edtech n’hésite pas à promettre monts et merveilles. Comment y voir plus clair dans cette myriade d’offres et de promesses, pour faire les bons choix ? Quelles sont les tendances digitales de l’expérience apprenant ?

Lire la suite

E-learning, EAD, FOD, FOAD, …. Désormais parlons F.C.A.D (Formation Continue A Distance).

E-learning, EAD, FOD, FOAD, …. Désormais parlons F.C.A.D (Formation Continue A Distance).

Une observation d’opérationnel

Depuis 2011, le Service Formation Continue de l’Université de Strasbourg (SFC Unistra) a mis en place un plan de recherche et développement ambitieux sur le E-learning. Bien que public, il est comparable à un organisme de formation privé qui développe chaque jour des contenus de formation en étant confronté au management de formateurs et aux contraintes économiques de son activité. Ces développements ont nécessité d’acquérir un grand nombre de nouvelles compétences, voire d’en créer. Ces compétences sont à la fois technologiques, pédagogiques, économiques, juridiques et marketing. En fait, tout ce qui représente la chaine de valeur de la création de formations continues à distance.

Lire la suite

Travailler en équipe : le nouveau moteur de la formation professionnelle

Travailler en équipe : le nouveau moteur de la formation professionnelle

Selon l’OCDE, près de 50% des métiers existant aujourd’hui n’existeront plus en 2030. Une transformation rapide du monde du travail qui crée une inadéquation entre les formations délivrées et les compétences nécessaires immédiatement. Pour s’adapter, les entreprises misent plus que jamais sur la formation, notamment sur le partage d’expérience et la formation sur le terrain. Historiquement, dans les organisations, les programmes de formation on-the-job ont fait la part belle à l’acquisition de compétences techniques (hard skills) accompagnés d’un mentor ou tuteur. Ces mêmes hard skills ne sont plus uniquement des compétences formellement démontrables, nées d’un apprentissage académique mais des compétences que l’individu doit maintenant acquérir au fur et à mesure des journées, des semaines, des mois passés à travailler sur des projets, en équipe. 

Lire la suite

Construire un écosystème apprenant

 

Les organisateurs du MOOC Dys – une formation ouverte sur les troubles spécifiques du langage et de l’apprentissage en 6 langues, co-financé par le programme européen Erasmus+  – souhaitaient avant tout susciter la création d’une intelligence collective sur ces troubles.  Le meilleur moyen d’y parvenir était de créer un " écosystème apprenant ".  Ce qui compose cet écosystème, ce sont des relations d’interdépendance entre acteurs, médiées par la technologie éducative.

Un écosystème, c’est un espace où vivent différentes espèces – animales et végétales – interdépendantes.  On sait depuis peu que les bisons ont un impact direct sur les prairies qu’ils broutent : ils rasent l’herbe verte la plus nutritive – la " vague verte " - ce que font également les autres ongulés.  Mais, alors que ces derniers doivent migrer pour retrouver cette herbe verte ailleurs, les bisons restent sur le même territoire jusqu’à l’automne, créant ainsi une sorte de printemps artificiel.   Les analyses montrent que les bisons rasent la vague verte, mais pas le reste de l’herbe tandis que leurs déjections engraissent et renouvellent la partie la plus nutritive de la plante.  L’herbe nourrit le bison mais le bison nourrit l’herbe dans un cycle constamment renouvelé.

Un écosystème apprenant, c’est une communauté d’humains qui ont des relations interdépendantes et qui se nourrissent les uns les autres.  

Se nourrir mutuellement par la médiation des outils numériques

Apprenants et formateurs peuvent se nourrir mutuellement par la médiation des outils numériques.  Ce qui constitue l’écosystème, ce n’est donc pas l’outil numérique : ce sont les relations dynamiques entre les membres du système.  Des relations interdépendantes qui s’articulent autour d’objectifs communs – que veut-on apprendre ? 

Mais l’outil numérique bien conçu doit permettre ces relations, les amplifier, les conserver dans sa mémoire pour qu’ils constituent une base de connaissances réutilisables.

Quand nous avons conçu le MOOC Dys, nous voulions non pas un des ces MOOC paresseux qui alternent vidéos et quiz selon une trame impersonnelle.  Nous voulions diffuser une information vérifiée et validée scientifiquement qui serve de médiation entre les participants. 

Ces derniers n’étaient pas des pages blanches sur lesquelles nous allions inscrire de nouvelles connaissances anonymes.  Mais bien des parents, des enseignants et des professionnels qui disposaient déjà une connaissance empirique de ces troubles, d’une expérience quotidienne significative. 

Nous voulions capitaliser sur ces connaissances et ces expériences.  Nous voulions que cette rencontre entre deux publics soit l’occasion de générer une intelligence collective de ces troubles.  Que les participants échangent, créent et partagent leurs propres angoisses mais aussi leurs propres solutions.

Un réseau d’ambassadeurs pour booster la communauté.

Nous voulions aussi assurer une large diffusion de notre MOOC ainsi que construire un réseau de relais au sein du MOOC.  Un groupe de personnes qui puissent diffuser l’information à l’extérieur, mais aussi accueillir les participants, leur donner un coup de pouce, animer leurs propres actions au sein du MOOC…

D’où l’idée du Réseau des Ambassadeurs.  Ce réseau serait interne : il serait constitué de participants du MOOC, volontaires et qui bénéficieraient d’un accès anticipé à la fois à la plateforme et au contenu du MOOC.

Nous avons donc lancé un appel sur le blog du MOOC et un webinaire en live, rediffusé en accès libre sur YouTube.  Et une soixantaine de personnes se sont inscrites suite à cet appel.  Pour les identifier et les récompenser de leur engagement, elles ont reçu un badge spécifique (la plateforme The Course Networking que nous avons utilisée pour le MOOC DYs est gamifiée et propose une batterie d’outils d’apprentissage social).

Les Ambassadeurs nous ont rapidement demandé une affiche et un dépliant que nous leur avons fournis.  En quelques mois, nous sommes passés de 1.500 inscriptions à plus de 17.000…

L’un des Ambassadeurs, Jean-Luc Rio, nous a même créé une vidéo de promotion qui est devenue la vidéo officielle du MOOC.

Aujourd’hui, plus d’an an après la fin du MOOC, les contenus sont toujours accessibles et nos Ambassadeurs continuent à publier et à échanger.

La magie des grands nombres

Une des grandes peurs qui hantent les enseignants ou les formateurs face à ces MOOC et à leur nombre impressionnant de participants, est la perte de contrôle.

Et en effet, on ne contrôle pas tout dans un MOOC.  Et tant mieux.

A partir d’un certain seuil, une magie des grands nombres apparaît : lorsqu’un participant est en difficulté ou s’il pose une question, les formateurs n’ont pas le temps de répondre.  Un ou plusieurs participants l’ont fait avant même que le formateur ait repéré la question…

Parfois la réponse est excellente.  Parfois elle l’est moins.  Dans ce cas, le formateur peut apporter un complément d’information ou un correctif.  Cela peut engendrer une discussion profitable pour tous.

L’acceptation des différences

Il faut pouvoir accepter les différences : une communauté, ce n’est pas forcément un espace où toutes les personnes pensent et agissent de la même façon.   Un écosystème apprenant efficace doit permettre à chacun d’agir différemment, à divers endroits, selon ses envies, les circonstances, etc.

Par exemple, certains participants du MOOC Dys étaient parents d’enfants autistes. Or, l’autisme occupait quelques paragraphes du contenu, principalement pour noter que ce trouble pouvait être associé à la dyslexie ou la dyspraxie, par exemple.

Grâce à un système de hashtags, les participants peuvent créer leur propre communauté d’intérêt au sein du réseau global de CN.  Ils peuvent donc publier sur l’autisme, effectuer des sondages, partager des informations au sein de leur propre communauté.  Mais cela ne les empêche pas de participer aux activités communes du MOOC.

Chacun peut donc, au sein de l’écosystème apprenant global, générer son propre réseau de relations centrées sur des objectifs, des intérêts ou des besoins communs.

Les événements une autre manière d’exercer la présence pédagogique

Deux auteurs britanniques, Garrison et Arbaugh, ont défini la présence pédagogique comme " le fait pour les apprenants de pouvoir exercer une influence sur leur parcours pédagogique, sur sa structuration et sa planification ".

Dans notre plateforme The CN, les participants, comme les formateurs, peuvent créer des événements, en ligne ou hors-ligne.  Il peut s’agir d’une classe virtuelle, d’une conférence en présentiel, d’une réunion, etc.

Nous avons créé, en tout et pour tout, 5 événements : les classes virtuelles hebdomadaires.  Les participants en ont créé 151…  Il s’agit de conférences, de " café ergo " organisé chaque jeudi par les ergothérapeutes, de vidéo-conférences organisées par une enseignante roumaine, etc.

Un éco-système apprenant, ça ne se décrète pas

Un écosystème apprenant, ça se construit, jour après jour.  Avant l’action, il faut construire la communauté, en se basant sur un intérêt commun.  Une communauté, a fortiori un écosystème apprenant, ne peut fonctionner que s’il y a des interactions sociales.  Mais des interactions guidées par des règles, explicites ou implicites. 

Nos règles étaient plutôt simples : ne pas heurter ou insulter les autres participants.  Pour les professionnels, ne pas profiter du MOOC pour faire de publicité intempestive.  Sur les 6.200 participants du MOOC en français, nous avons dû en exclure deux pour ces motifs, ce qui ne paraît pas excessif.  Voilà de quoi rassurer les obsédés du contrôle.

Pour le reste, nous encouragions les initiatives et les discussions.  Ce qui s’est réalisé puisque par exemple, les participants du MOOC francophone ont échangé plus de 15.900 billets pendant le MOOC.  Les recordmen absolus de la longueur des échanges étaient les participants grecs dont les billets étaient en moyenne 5 fois plus longs que les billets français…

Le dernier facteur de réussite d’un écosystème apprenant, c’est la technologie.  Il faut que celle-ci puisse traduire en actes, en interactions sociales et cognitives, l’intention pédagogique initiale.  Je place volontairement ce facteur en dernier, car souvent, les formateurs (et moi le premier) se laissent tenter par le " fétichisme technologique " : la fascination pour l’outil.  J’espère que nous avons évité cet écueil…

Marco Bertoloni

Marco Bertoloni est consultant spécialisé en formation. www.marco-bertolini.com

  • MagRH1
  • MagRH2
  • MagRH3
  • MagRH4
  • MagRH5
  • MAgRH6
  • MagRH7
  • MAgRH7b
  • MagRH8
  • MagRH9LT
  • MagRH10

Mots-clés: FORMATiON, E-LEARNING, APPRENTISSAGE, COLLABORATIF

Les articles relatifs à la formation