Former ou Déformer ?

Des différentes utilisations de l’IA dans la formation

Des différentes utilisations de l’IA dans la formation

Au-delà d’une expérience utilisateur personnalisée, un véritable pilotage de vos formations.

On entend de plus en plus parler de l’Intelligence Artificielle et des bénéfices qu’elle apporte aux professionnels que nous sommes. Mais il peut-être difficile parfois de savoir ce qui est faisable aujourd’hui, dans quelle direction on doit tendre pour ne pas rater le coche. Nous distinguons aujourd’hui trois niveaux auxquels l’intelligence artificielle peut être utilisée : micro, macro et stratégique. Pour une réelle efficacité, il faut toutefois essayer de tendre dès le début vers l’intégration de solutions alliant et synchronisant ces trois niveaux.

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Formation tout au long de la vie : redonnons le pouvoir aux collaborateurs !

Formation tout au long de la vie : redonnons le pouvoir aux collaborateurs !

 

On le sait : le monde du travail est en évolution constante. La révolution technologique entraîne de nombreux bouleversements sur les processus métiers et une mutation des besoins en compétences. Aujourd’hui, la durée de vie d’une compétence en entreprise est estimée à cinq ans et d’ici quelques années, plus d’un tiers des compétences de base qui seront souhaitées dans la plupart des professions ne sont pas encore considérées comme essentielles aujourd’hui. Ainsi, l’apport du digital transforme la formation, mais il faut aussi prendre en compte l’évolution même des collaborateurs dans leur façon d’appréhender le développement de leurs compétences, et dans leurs manières d’apprendre et de se former. 

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Pour une renaissance systémique de la création

Pour une renaissance systémique de la création

Nous, acteurs de l’innovation, de la création, du design, sommes orphelins d’un modèle qui nous avait bercés depuis la Renaissance. Il est grand temps de faire face à cette mort et de réinventer une autre façon de créer. 

Ce modèle dont nous sommes aujourd’hui orphelins copiait la Création divine. Une intention puissante créait une œuvre parfaite. Dieu était l’artiste et l’artiste était Dieu. L’inévitable mise en histoire de cette œuvre n’était que souillure et dégradation. Comme la création divine souillée par l’autre de DIeu, qui fait entrer la création dans une histoire, une dégradation, la création artistique devait être protégée du temps, mise sous verre, ne plus être touchée, et être parfois restaurée, ressuscitée, une nouvelle alliance en somme. Le modèle était donc subjectiviste, une intention puissante crée, et ahistorique, le temps dégrade.

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Les environnements d’apprentissage à l’heure de l’entreprise X.0

Les environnements d’apprentissage à l’heure de l’entreprise X.0

Si dans le milieu des ressources humaines les compétences requises se polarisent fortement aujourd’hui entre des « hard » et « soft skills », notamment avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, cette polarité implique surtout un développement d’excellence du capital humain au sein des entreprises. Pour ce faire, le secteur de la formation est invité à se transformer et à embarquer la technologie au centre de l’expérience de l’apprenant. L’enjeu : stimuler nos compétences cognitives, nous confronter aux meilleurs scenarios d’apprentissage, séduire les talents. Parler ainsi de la formation de demain, c’est savoir créer les environnements homme-machine (ou « IHM » pour Interfaces Homme-Machine, voire « ICM » pour Interfaces Cerveau-Machine) capables de préparer les salariés aux avancées technologiques et au virage X.0 pris par les entreprises. Nouvelles compétences, « growth mindset » et agilité vis-à-vis des environnements de travail toujours plus complexes : autant de gages pour booster la performance et soutenir la transformation des entités. Retour sur les transformations qui s’opèrent dans le monde de la formation.

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Construire un écosystème apprenant

 

Les organisateurs du MOOC Dys – une formation ouverte sur les troubles spécifiques du langage et de l’apprentissage en 6 langues, co-financé par le programme européen Erasmus+  – souhaitaient avant tout susciter la création d’une intelligence collective sur ces troubles.  Le meilleur moyen d’y parvenir était de créer un " écosystème apprenant ".  Ce qui compose cet écosystème, ce sont des relations d’interdépendance entre acteurs, médiées par la technologie éducative.

Un écosystème, c’est un espace où vivent différentes espèces – animales et végétales – interdépendantes.  On sait depuis peu que les bisons ont un impact direct sur les prairies qu’ils broutent : ils rasent l’herbe verte la plus nutritive – la " vague verte " - ce que font également les autres ongulés.  Mais, alors que ces derniers doivent migrer pour retrouver cette herbe verte ailleurs, les bisons restent sur le même territoire jusqu’à l’automne, créant ainsi une sorte de printemps artificiel.   Les analyses montrent que les bisons rasent la vague verte, mais pas le reste de l’herbe tandis que leurs déjections engraissent et renouvellent la partie la plus nutritive de la plante.  L’herbe nourrit le bison mais le bison nourrit l’herbe dans un cycle constamment renouvelé.

Un écosystème apprenant, c’est une communauté d’humains qui ont des relations interdépendantes et qui se nourrissent les uns les autres.  

Se nourrir mutuellement par la médiation des outils numériques

Apprenants et formateurs peuvent se nourrir mutuellement par la médiation des outils numériques.  Ce qui constitue l’écosystème, ce n’est donc pas l’outil numérique : ce sont les relations dynamiques entre les membres du système.  Des relations interdépendantes qui s’articulent autour d’objectifs communs – que veut-on apprendre ? 

Mais l’outil numérique bien conçu doit permettre ces relations, les amplifier, les conserver dans sa mémoire pour qu’ils constituent une base de connaissances réutilisables.

Quand nous avons conçu le MOOC Dys, nous voulions non pas un des ces MOOC paresseux qui alternent vidéos et quiz selon une trame impersonnelle.  Nous voulions diffuser une information vérifiée et validée scientifiquement qui serve de médiation entre les participants. 

Ces derniers n’étaient pas des pages blanches sur lesquelles nous allions inscrire de nouvelles connaissances anonymes.  Mais bien des parents, des enseignants et des professionnels qui disposaient déjà une connaissance empirique de ces troubles, d’une expérience quotidienne significative. 

Nous voulions capitaliser sur ces connaissances et ces expériences.  Nous voulions que cette rencontre entre deux publics soit l’occasion de générer une intelligence collective de ces troubles.  Que les participants échangent, créent et partagent leurs propres angoisses mais aussi leurs propres solutions.

Un réseau d’ambassadeurs pour booster la communauté.

Nous voulions aussi assurer une large diffusion de notre MOOC ainsi que construire un réseau de relais au sein du MOOC.  Un groupe de personnes qui puissent diffuser l’information à l’extérieur, mais aussi accueillir les participants, leur donner un coup de pouce, animer leurs propres actions au sein du MOOC…

D’où l’idée du Réseau des Ambassadeurs.  Ce réseau serait interne : il serait constitué de participants du MOOC, volontaires et qui bénéficieraient d’un accès anticipé à la fois à la plateforme et au contenu du MOOC.

Nous avons donc lancé un appel sur le blog du MOOC et un webinaire en live, rediffusé en accès libre sur YouTube.  Et une soixantaine de personnes se sont inscrites suite à cet appel.  Pour les identifier et les récompenser de leur engagement, elles ont reçu un badge spécifique (la plateforme The Course Networking que nous avons utilisée pour le MOOC DYs est gamifiée et propose une batterie d’outils d’apprentissage social).

Les Ambassadeurs nous ont rapidement demandé une affiche et un dépliant que nous leur avons fournis.  En quelques mois, nous sommes passés de 1.500 inscriptions à plus de 17.000…

L’un des Ambassadeurs, Jean-Luc Rio, nous a même créé une vidéo de promotion qui est devenue la vidéo officielle du MOOC.

Aujourd’hui, plus d’an an après la fin du MOOC, les contenus sont toujours accessibles et nos Ambassadeurs continuent à publier et à échanger.

La magie des grands nombres

Une des grandes peurs qui hantent les enseignants ou les formateurs face à ces MOOC et à leur nombre impressionnant de participants, est la perte de contrôle.

Et en effet, on ne contrôle pas tout dans un MOOC.  Et tant mieux.

A partir d’un certain seuil, une magie des grands nombres apparaît : lorsqu’un participant est en difficulté ou s’il pose une question, les formateurs n’ont pas le temps de répondre.  Un ou plusieurs participants l’ont fait avant même que le formateur ait repéré la question…

Parfois la réponse est excellente.  Parfois elle l’est moins.  Dans ce cas, le formateur peut apporter un complément d’information ou un correctif.  Cela peut engendrer une discussion profitable pour tous.

L’acceptation des différences

Il faut pouvoir accepter les différences : une communauté, ce n’est pas forcément un espace où toutes les personnes pensent et agissent de la même façon.   Un écosystème apprenant efficace doit permettre à chacun d’agir différemment, à divers endroits, selon ses envies, les circonstances, etc.

Par exemple, certains participants du MOOC Dys étaient parents d’enfants autistes. Or, l’autisme occupait quelques paragraphes du contenu, principalement pour noter que ce trouble pouvait être associé à la dyslexie ou la dyspraxie, par exemple.

Grâce à un système de hashtags, les participants peuvent créer leur propre communauté d’intérêt au sein du réseau global de CN.  Ils peuvent donc publier sur l’autisme, effectuer des sondages, partager des informations au sein de leur propre communauté.  Mais cela ne les empêche pas de participer aux activités communes du MOOC.

Chacun peut donc, au sein de l’écosystème apprenant global, générer son propre réseau de relations centrées sur des objectifs, des intérêts ou des besoins communs.

Les événements une autre manière d’exercer la présence pédagogique

Deux auteurs britanniques, Garrison et Arbaugh, ont défini la présence pédagogique comme " le fait pour les apprenants de pouvoir exercer une influence sur leur parcours pédagogique, sur sa structuration et sa planification ".

Dans notre plateforme The CN, les participants, comme les formateurs, peuvent créer des événements, en ligne ou hors-ligne.  Il peut s’agir d’une classe virtuelle, d’une conférence en présentiel, d’une réunion, etc.

Nous avons créé, en tout et pour tout, 5 événements : les classes virtuelles hebdomadaires.  Les participants en ont créé 151…  Il s’agit de conférences, de " café ergo " organisé chaque jeudi par les ergothérapeutes, de vidéo-conférences organisées par une enseignante roumaine, etc.

Un éco-système apprenant, ça ne se décrète pas

Un écosystème apprenant, ça se construit, jour après jour.  Avant l’action, il faut construire la communauté, en se basant sur un intérêt commun.  Une communauté, a fortiori un écosystème apprenant, ne peut fonctionner que s’il y a des interactions sociales.  Mais des interactions guidées par des règles, explicites ou implicites. 

Nos règles étaient plutôt simples : ne pas heurter ou insulter les autres participants.  Pour les professionnels, ne pas profiter du MOOC pour faire de publicité intempestive.  Sur les 6.200 participants du MOOC en français, nous avons dû en exclure deux pour ces motifs, ce qui ne paraît pas excessif.  Voilà de quoi rassurer les obsédés du contrôle.

Pour le reste, nous encouragions les initiatives et les discussions.  Ce qui s’est réalisé puisque par exemple, les participants du MOOC francophone ont échangé plus de 15.900 billets pendant le MOOC.  Les recordmen absolus de la longueur des échanges étaient les participants grecs dont les billets étaient en moyenne 5 fois plus longs que les billets français…

Le dernier facteur de réussite d’un écosystème apprenant, c’est la technologie.  Il faut que celle-ci puisse traduire en actes, en interactions sociales et cognitives, l’intention pédagogique initiale.  Je place volontairement ce facteur en dernier, car souvent, les formateurs (et moi le premier) se laissent tenter par le " fétichisme technologique " : la fascination pour l’outil.  J’espère que nous avons évité cet écueil…

Marco Bertoloni

Marco Bertoloni est consultant spécialisé en formation. www.marco-bertolini.com

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Mots-clés: FORMATiON, E-LEARNING, APPRENTISSAGE, COLLABORATIF

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