Former ou Déformer ?

Les applications de l’intelligence artificielle dans l’éducation

Les applications de l’intelligence artificielle dans l’éducation

Les définitions de l’intelligence artificielle sont très nombreuses. Ce sont des techniques qui visent à imiter ou simuler l’intelligence humaine dans des machines. Dans la pratique, des fonctions très isolées de cette intelligence sont traitées. Elles le sont avec des performances qui vont en deçà ou au-delà des capacités humaines.

Les domaines où les machines nous dépassent sont la mémoire et la capacité de calcul. Cela se retrouve dans les fonctions du machine learning appliquées à de gros volumes de données d’entraînement et qui permettent de faire des prévisions chiffrées ou des classifications d’objets divers. Le traitement des images est un autre domaine où l’IA fonctionne très bien. Le deep learning qui s’est développé depuis 2012 permet de repérer des formes et objets dans les images avec une précision et une vitesse qui dépassent maintenant régulièrement les capacités humaines.

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La formation informatique en entreprise survivra-t-elle au digital ?

La formation informatique en entreprise survivra-t-elle au digital ?

Toan Nguyen

La transformation digitale dans les grandes organisations est en vogue, et a un impact quotidien dans la vie de leurs employés : ils sont submergés de nouvelles applications informatiques, à utiliser tous les jours ou presque. Selon le cabinet Josh Bersin, ce n’est pas moins de 20 applications qui figurent en moyenne sur le poste de travail !

Cette digitalisation à outrance a des conséquences sur la façon de travailler. D’un côté, le digital casse des silos et ouvre des modes de collaboration inédits : partage et travail simultané sur les fichiers bureautiques, travail à distance et télétravail, passage de l’email unidirectionnel à la messagerie de groupe (slack, Microsoft Teams).

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Un acteur au cœur de la digitalisation de la formation et des nouvelles compétences

Un acteur au cœur de la digitalisation de la formation et des nouvelles compétences

En bouleversant l’économie, la transformation numé-rique exige de fortes capacités d’adaptation et d’agilité, de la part des entreprises, et même des organismes de formation. Face à ces changements, la formation fournit une partie de la réponse en favorisant l’évolu-tion des compétences et des pratiques. Olivier Gauvin, Directeur Pôle Innovation Sourcing-Emploi-Formation chez Opcalia nous éclaire sur le rôle d’Opcalia dans l’accompagnement de la digitalisation.

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La loi avenir professionnel ...

La loi avenir professionnel ...

Sophie PELICIER-LOEVENBRUCK, avocat associé, cabinet FROMONT BRIENS

La réforme de la formation professionnelle issue de la loi du 5 septembre 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » met en exergue qu’en réalité l’obligation de formation qui incombe à toute entreprise employant des salariés sur le territoire français a un double objet. 

L’obligation de tout employeur de contribuer au financement de la formation professionnelle de tous les actifs au travers de la nouvelle contribution au financement de la formation professionnelle et de l’apprentissage (CUFPA)

1er objet : il s’agit d’une obligation financière qui se traduit par le versement en pratique de deux contributions respectivement dédiées à la formation dite continue d’une part et à l’apprentissage d’autre part (à raison de : 0,55 % et 1% de la masse salariale brute pour les entreprises de moins et de 11 salariés et plus pour la première et de 0,68% de la MSB pour la seconde). 

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Construire un écosystème apprenant

 

Les organisateurs du MOOC Dys – une formation ouverte sur les troubles spécifiques du langage et de l’apprentissage en 6 langues, co-financé par le programme européen Erasmus+  – souhaitaient avant tout susciter la création d’une intelligence collective sur ces troubles.  Le meilleur moyen d’y parvenir était de créer un " écosystème apprenant ".  Ce qui compose cet écosystème, ce sont des relations d’interdépendance entre acteurs, médiées par la technologie éducative.

Un écosystème, c’est un espace où vivent différentes espèces – animales et végétales – interdépendantes.  On sait depuis peu que les bisons ont un impact direct sur les prairies qu’ils broutent : ils rasent l’herbe verte la plus nutritive – la " vague verte " - ce que font également les autres ongulés.  Mais, alors que ces derniers doivent migrer pour retrouver cette herbe verte ailleurs, les bisons restent sur le même territoire jusqu’à l’automne, créant ainsi une sorte de printemps artificiel.   Les analyses montrent que les bisons rasent la vague verte, mais pas le reste de l’herbe tandis que leurs déjections engraissent et renouvellent la partie la plus nutritive de la plante.  L’herbe nourrit le bison mais le bison nourrit l’herbe dans un cycle constamment renouvelé.

Un écosystème apprenant, c’est une communauté d’humains qui ont des relations interdépendantes et qui se nourrissent les uns les autres.  

Se nourrir mutuellement par la médiation des outils numériques

Apprenants et formateurs peuvent se nourrir mutuellement par la médiation des outils numériques.  Ce qui constitue l’écosystème, ce n’est donc pas l’outil numérique : ce sont les relations dynamiques entre les membres du système.  Des relations interdépendantes qui s’articulent autour d’objectifs communs – que veut-on apprendre ? 

Mais l’outil numérique bien conçu doit permettre ces relations, les amplifier, les conserver dans sa mémoire pour qu’ils constituent une base de connaissances réutilisables.

Quand nous avons conçu le MOOC Dys, nous voulions non pas un des ces MOOC paresseux qui alternent vidéos et quiz selon une trame impersonnelle.  Nous voulions diffuser une information vérifiée et validée scientifiquement qui serve de médiation entre les participants. 

Ces derniers n’étaient pas des pages blanches sur lesquelles nous allions inscrire de nouvelles connaissances anonymes.  Mais bien des parents, des enseignants et des professionnels qui disposaient déjà une connaissance empirique de ces troubles, d’une expérience quotidienne significative. 

Nous voulions capitaliser sur ces connaissances et ces expériences.  Nous voulions que cette rencontre entre deux publics soit l’occasion de générer une intelligence collective de ces troubles.  Que les participants échangent, créent et partagent leurs propres angoisses mais aussi leurs propres solutions.

Un réseau d’ambassadeurs pour booster la communauté.

Nous voulions aussi assurer une large diffusion de notre MOOC ainsi que construire un réseau de relais au sein du MOOC.  Un groupe de personnes qui puissent diffuser l’information à l’extérieur, mais aussi accueillir les participants, leur donner un coup de pouce, animer leurs propres actions au sein du MOOC…

D’où l’idée du Réseau des Ambassadeurs.  Ce réseau serait interne : il serait constitué de participants du MOOC, volontaires et qui bénéficieraient d’un accès anticipé à la fois à la plateforme et au contenu du MOOC.

Nous avons donc lancé un appel sur le blog du MOOC et un webinaire en live, rediffusé en accès libre sur YouTube.  Et une soixantaine de personnes se sont inscrites suite à cet appel.  Pour les identifier et les récompenser de leur engagement, elles ont reçu un badge spécifique (la plateforme The Course Networking que nous avons utilisée pour le MOOC DYs est gamifiée et propose une batterie d’outils d’apprentissage social).

Les Ambassadeurs nous ont rapidement demandé une affiche et un dépliant que nous leur avons fournis.  En quelques mois, nous sommes passés de 1.500 inscriptions à plus de 17.000…

L’un des Ambassadeurs, Jean-Luc Rio, nous a même créé une vidéo de promotion qui est devenue la vidéo officielle du MOOC.

Aujourd’hui, plus d’an an après la fin du MOOC, les contenus sont toujours accessibles et nos Ambassadeurs continuent à publier et à échanger.

La magie des grands nombres

Une des grandes peurs qui hantent les enseignants ou les formateurs face à ces MOOC et à leur nombre impressionnant de participants, est la perte de contrôle.

Et en effet, on ne contrôle pas tout dans un MOOC.  Et tant mieux.

A partir d’un certain seuil, une magie des grands nombres apparaît : lorsqu’un participant est en difficulté ou s’il pose une question, les formateurs n’ont pas le temps de répondre.  Un ou plusieurs participants l’ont fait avant même que le formateur ait repéré la question…

Parfois la réponse est excellente.  Parfois elle l’est moins.  Dans ce cas, le formateur peut apporter un complément d’information ou un correctif.  Cela peut engendrer une discussion profitable pour tous.

L’acceptation des différences

Il faut pouvoir accepter les différences : une communauté, ce n’est pas forcément un espace où toutes les personnes pensent et agissent de la même façon.   Un écosystème apprenant efficace doit permettre à chacun d’agir différemment, à divers endroits, selon ses envies, les circonstances, etc.

Par exemple, certains participants du MOOC Dys étaient parents d’enfants autistes. Or, l’autisme occupait quelques paragraphes du contenu, principalement pour noter que ce trouble pouvait être associé à la dyslexie ou la dyspraxie, par exemple.

Grâce à un système de hashtags, les participants peuvent créer leur propre communauté d’intérêt au sein du réseau global de CN.  Ils peuvent donc publier sur l’autisme, effectuer des sondages, partager des informations au sein de leur propre communauté.  Mais cela ne les empêche pas de participer aux activités communes du MOOC.

Chacun peut donc, au sein de l’écosystème apprenant global, générer son propre réseau de relations centrées sur des objectifs, des intérêts ou des besoins communs.

Les événements une autre manière d’exercer la présence pédagogique

Deux auteurs britanniques, Garrison et Arbaugh, ont défini la présence pédagogique comme " le fait pour les apprenants de pouvoir exercer une influence sur leur parcours pédagogique, sur sa structuration et sa planification ".

Dans notre plateforme The CN, les participants, comme les formateurs, peuvent créer des événements, en ligne ou hors-ligne.  Il peut s’agir d’une classe virtuelle, d’une conférence en présentiel, d’une réunion, etc.

Nous avons créé, en tout et pour tout, 5 événements : les classes virtuelles hebdomadaires.  Les participants en ont créé 151…  Il s’agit de conférences, de " café ergo " organisé chaque jeudi par les ergothérapeutes, de vidéo-conférences organisées par une enseignante roumaine, etc.

Un éco-système apprenant, ça ne se décrète pas

Un écosystème apprenant, ça se construit, jour après jour.  Avant l’action, il faut construire la communauté, en se basant sur un intérêt commun.  Une communauté, a fortiori un écosystème apprenant, ne peut fonctionner que s’il y a des interactions sociales.  Mais des interactions guidées par des règles, explicites ou implicites. 

Nos règles étaient plutôt simples : ne pas heurter ou insulter les autres participants.  Pour les professionnels, ne pas profiter du MOOC pour faire de publicité intempestive.  Sur les 6.200 participants du MOOC en français, nous avons dû en exclure deux pour ces motifs, ce qui ne paraît pas excessif.  Voilà de quoi rassurer les obsédés du contrôle.

Pour le reste, nous encouragions les initiatives et les discussions.  Ce qui s’est réalisé puisque par exemple, les participants du MOOC francophone ont échangé plus de 15.900 billets pendant le MOOC.  Les recordmen absolus de la longueur des échanges étaient les participants grecs dont les billets étaient en moyenne 5 fois plus longs que les billets français…

Le dernier facteur de réussite d’un écosystème apprenant, c’est la technologie.  Il faut que celle-ci puisse traduire en actes, en interactions sociales et cognitives, l’intention pédagogique initiale.  Je place volontairement ce facteur en dernier, car souvent, les formateurs (et moi le premier) se laissent tenter par le " fétichisme technologique " : la fascination pour l’outil.  J’espère que nous avons évité cet écueil…

Marco Bertoloni

Marco Bertoloni est consultant spécialisé en formation. www.marco-bertolini.com

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Mots-clés: FORMATiON, E-LEARNING, APPRENTISSAGE, COLLABORATIF

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