Former ou Déformer ?

L'IA au service de l'éducation ...

L'IA au service de l'éducation ...

L’émergence de l’Intelligence Artificielle modifie profondément les compétences exigées par les entreprises. Les business school doivent adapter le contenu des enseignements et la manière même d’enseigner. Eclairage avec Renaud Champion, Directeur des Nouvelles Intelligences et de l’Institut AIM (Artificial Intelligence in Management) emlyon business school.

L’IA au service des nouveaux besoins des individus
et des entreprises


Réinventer l’éducation par l’Intelligence Artificielle (IA) n’est pas une idée neuve : sans remonter très loin, un blog américain spécialisé sur l’enseignement supérieur listait déjà en 2012 les 10 révolutions éducatives induites par l’IA. Sauf que la personnalisation de l’enseignement et l’automatisation de la notation étaient encore de l’ordre de la prospective.

Il est temps de penser au présent, alors que le machine learning, l’analyse de données ou les assistants virtuels font leur apparition concrète dans les processus pédagogiques. Aux Etats-Unis, le professeur Ashok Goel a développé un assistant virtuel capable de répondre aux questions des étudiants. Son nom : Jill Watson (élémentaire, ou presque !). emlyon business school développe de son côté, dans le cadre d’un partenariat mondial signé avec IBM en janvier 2018, un assistant d’employabilité, fondé sur le Big Data : un futur « GPS des compétences », une plateforme pour anticiper les tendances en matière d’emplois et proposer de nouveaux modèles de formations et d’accompagnements.

On pourrait multiplier les exemples. Ce qui est sûr, c’est que l’IA a déjà trois conséquences : elle modifie à moyen terme les compétences exigées par les entreprises. Elle modifie le contenu des enseignements. Elle bouleverse de plus en plus la manière même d’enseigner. 

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Création d'alliances stratégiques avec les entreprises

Création d'alliances stratégiques avec les entreprises

Rencontre avec Christophe Yver, Directeur de la Formation Professionnelle et Continue au sein de l’EM Normandie. Dans cet entretien, il nous en dit plus sur la valeur ajoutée de l’offre de formation l’école sur un marché de plus en plus concurrentiel et régit par les réformes.

Quelques mots pour nous présenter l’EM Normandie et son positionnement sur le marché de la formation.

Créée en 1871, l’EM Normandie est l’une des plus anciennes écoles de management françaises. Aujourd’hui, nous sommes implantés sur 5 campus en France et à l’International : Caen, Le Havre, Paris, Dublin et Oxford. L’École est positionnée à la fois sur le marché de la formation initiale et sur celui de la formation continue.

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Grande Ecole et acteur innovant de la Formation Continue, ça va de pair.

Grande Ecole et acteur innovant de la Formation Continue, ça va de pair.

Géraldine Minguet, Directrice du Développement Economique du Groupe ESC Clermont, gère la Formation Continue de l’Ecole. Depuis 5 ans elle et son équipe ont construit une offre globale, en croisant les savoir-faire et les travaux de recherche en sciences de gestion des professeurs de l’Ecole, aux apports et besoins des entreprises et managers du territoire.

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Des programmes diversifiées et sur-mesure

Des programmes diversifiées et sur-mesure

EDHEC Business School place l’excellence académique et la proximité avec les entreprises au cœur de sa stratégie. Le point avec Stéphane Canonne, Directeur d’EDHEC Executive Education & MBAs,  qui nous en dit plus sur l’école, son positionnement sur le marché de la formation ainsi que les différents programmes proposés en formation continue.

Quelques mots pour nous présenter l’EDHEC et son cœur de métier.

Fondée en 1906 par et pour des entrepreneurs du Nord de la France, l’EDHEC figure parmi les 15 meilleures Business Schools européennes. Aujourd’hui, nous sommes uniques sur le marché, tant par notre modèle de recherche que par notre indépendance, et veillons à conserver dans notre ADN cet esprit entrepreneurial qui fait de nous une école très proche du business, alliant proximité avec les entreprises et excellence académique. L’ensemble des programmes de l’enseignement supérieur sont proposés au sein de l’EDHEC, qu’il s’agisse des masters, du bachelor ou de la formation continue.

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E-learning, EAD, FOD, FOAD, …. Désormais parlons F.C.A.D (Formation Continue A Distance).

Une observation d’opérationnel

Depuis 2011, le Service Formation Continue de l’Université de Strasbourg (SFC Unistra) a mis en place un plan de recherche et développement ambitieux sur le E-learning. Bien que public, il est comparable à un organisme de formation privé qui développe chaque jour des contenus de formation en étant confronté au management de formateurs et aux contraintes économiques de son activité. Ces développements ont nécessité d’acquérir un grand nombre de nouvelles compétences, voire d’en créer. Ces compétences sont à la fois technologiques, pédagogiques, économiques, juridiques et marketing. En fait, tout ce qui représente la chaine de valeur de la création de formations continues à distance.

Pourquoi insister sur FCAD ?

Une des spécificités de notre approche est que nous avons en permanence abordé ce développement sur quatre axes concomitants : technologique, pédagogique, économique et juridique. La dimension marketing étant apparue plus récemment.
Une autre dimension en lien avec l’angle économico-juridique arrive avec force, celle de la mesure de l’efficacité de la formation. Son retour sur investissement, va au-delà de la simple preuve d’assiduité.
Ce sont, en effet les particularités de la FCAD (Formation Continue À Distance).
C’est pourquoi nous utiliserons ce sigle, plutôt que EAD, FOD, … pour bien marquer le cadre dans lequel nous nous trouvons.


Mais pourquoi ces particularités ?

Nous avons observé un grand nombre d’expérimentations pour développer notre modèle et bâtir notre positionnement. Je parle bien là de positionnement au sens marketing du terme en partant avant tout du besoin client.
Dans ces différentes observations, nous avons souvent constaté que les structures partaient surtout de l’angle technologique. Beaucoup l’abordent par la nouveauté technique, le côté
« gadget » et ont justement tendance à zapper les fondamentaux pédagogiques, ou la finalité de la formation.
Par exemple, un important organisme de formation tenait absolument à avoir son serious-game pour être à la pointe de l’innovation. Ils ont donc développé un outil très bien fait, mais ils se sont étonnés deux ans après que celui-ci n’était pratiquement pas utilisé. Ils avaient une jolie vitrine, mais peu opérationnelle, nous parlerons également d’efficience pédagogique. Nous pourrions aussi avec ce même exemple aborder le coût de développement et son retour sur investissement. D’autres structures abordent leur développement essentiellement sous l’angle pédagogique et là c’est souvent l’aspect économique qui est oublié. Nous pouvons observer de très jolies ressources, très attractives mais qui demandent un coût de développement énorme et parfois un délai de production peu réactif dans certains contextes de marché.
Que dire des MOOCS qui ont été développés en réaction de peur par rapport à l’arrivée des MOOCS US, sans aucune analyse stratégique. Bons nombres avaient surtout pour objectif de montrer que nous savions produire des ressources avec des contenus de pointe liés à la recherche. Mais ils se sont développés hors du contexte économique de la FC et du besoin client, ce qui fait de leur question principale aujourd’hui : « Quel est leur modèle économique ? ».
C’est pourquoi développer de l’EAD en privilégiant un axe d’entrée particulier peut faire passer à côté de bien des contraintes qui font la particularité de la FCAD. Maitriser l’ensemble des technologies possibles est important, porter une grande attention à la pédagogie spécifique est primordial, mais la FCAD évolue dès le départ et plus que jamais dans un contexte économique et juridique spécifique.
Ces quatre dimensions s’inter-pellent en permanence dans un système complexe qui conditionne fortement la construction pédagogique.

Pas de modèle imposé

D’autres travers de constructions se traduisent par une injonction de modèles prédéterminés. Des structures décident d’une stratégie en disant : dans l’année, je veux que toutes mes formations soient 50% présence et 50% distance, ou 20/80 ou même certains parcours complètement à distance.
Imposer un modèle de construction uniquement pour des raisons d’innovation ou de choix économiques n’est pas plus pertinent et peut conduire à un manque d’efficience pédagogique majeur.
Nous avons eu comme souci constant lors de notre développement de conduire graduellement les formateurs à passer du présentiel au distanciel, sans les effrayer avec des concepts technologiques ou des néologismes purement marketing.
Ensuite, c’est l’objectif de développer une formation à distance aussi efficiente qu’une formation en présence de qualité qui a été notre deuxième leitmotiv.
Mise en situation pédagogique, tutorat fort, suivi rigoureux des apprenants, proximité fortes avec les créateurs des ressources sont des ingrédients qui peuvent être modulés par chacun selon sa stratégie mais qui représentent des facteurs de succès indéniables pour tous. Le développement de la FCAD est plus que jamais une analyse stratégique et technico/pédagogique, pour une efficience qui combine Qualité et Rentabilité.

La législation un point très délicat et majeur

En 2014 est apparu le premier décret qui assurait enfin la reconnaissance de la formation à distance. Ce décret a été mis à jour dans la nouvelle loi 2018 avec trois exigences de preuves.

- Mettre en place une assistance technique et pédagogique pour accompagner le bénéficiaire dans le déroulement de son parcours.
- Informer le bénéficiaire sur les activités pédagogiques à effectuer à distance et leur durée moyenne estimée.
- Mettre en place des évaluations qui jalonnent ou concluent l’action.
Si les conditions de niveaux de preuves sont réunies, on est bien dans du E-learning et pas sur de la mise à disposition d’un outil distanciel.

Les deux effets légaux sont donc :
  1. Si l’apprenant ressort d’une entreprise de moins de 50 salariés, c’est finançable par l’OPCO.
  2. `Et dans tous les cas, parce que les conditions de preuves sont réunies, l’entreprise va pouvoir valoriser cette formation dans sa base de données économiques et sociales et la comptabiliser comme étant une véritable action de formation.

Ce contexte juridique impacte à la fois la construction de la formation sur le plan des outils spécifiques choisis et la construction pédagogique particulière pour répondre à ces faisceaux de preuves. Ce qui fait du E-Learning, dans ce contexte de la FCAD.

Pour maitriser un développement FCAD, il est impératif de :

  • Bien s’imprégner des contraintes et aides Techniques : Technologie (plate-forme LMS, production de cours).
  • Connaître les différents possibilités Pédagogiques : Maitriser la pédagogie à distance (mix de pédagogie, outils, production de cours)Ne pas perdre de vue le modèle économique : Mettre en place le modèle le plus efficient, selon les critères de conception.
  • Garder à l’esprit le cadre juridique dans lequel nous nous inscrivons : (code du travail, décret des faisceaux de preuves

Le développement de la formation continue à distance est plus que jamais une analyse stratégique et technico/pédagogique ... Pour une efficience qui combine Qualité et Rentabilité

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